Depuis trois semaines, je suis en campagne même si mes activités professionnelles… et d’élu doivent encore être assurées en parallèle. Avec Joëlle, ma suppléante – qui elle aussi jongle avec ses horaires incompressibles – et une équipe légère, mobile et d’humeur plutôt joyeuse, je parcours avec bonheur ces rues et ces avenues du 5e canton, qui me rappellent tant de petits et grands combats. Une équipe éclectique, où on trouve, pêle-mêle, kiné, philosophe, agent des impôts, retraité, prof d’histoire, étudiant, et bien d’autres encore.Souvent, un passant m’interpelle, me rappelant une rencontre, une intervention, une anecdote drôle ou émouvante. Là, un couple que j’ai marié, ici un commerçant qui se souvient de la mobilisation contre l’ouverture des grandes surfaces le dimanche, ailleurs, un étudiant qui me demande sa note de partiel, une vieille dame qui se rappelle de notre combat contre la publicité envahissante, une autre à qui on a facilité les formalités de demande d’APA, un copain de course à pied qui s’inquiète de mon niveau d’entraînement, un électeur anonyme qui vient me dire comme ça, gratuitement, qu’il apprécie mon travail… Le bonheur quoi !
Aux parlophones, il suffit que je me présente pour que les portes les mieux protégées s’ouvrent généreusement. S’il n’y avait cette colère qui s’exprime de plus en plus contre la politique nationale et ses déclinaisons locales, on pourrait se croire hors contexte électoral.
La Virgule, Chez Tintin, Les deux avenues, La Dominante, L’hippocampe, Le Penalty, La Brasseria nissarda, Le Dauphin, Le Saint Maurice, La Station Gambetta, Le Vernier, Le Nord Sud, Le Homy’s, Le Guets, L’ami de pain, et bien d’autres lieux pittoresques et charmants, ponctuent nos longues déambulations. Mais qu’on ne s’y trompe pas : café et noisette constituent l’essentiel de notre carburant. Même douce, la campagne est encore longue.

















