27 avril 2011

Les idées reçues sur l’immigration

« Les échos » est le premier journal économique français. Sa réputation de sérieux n’est plus à faire et son orientation politique, même si elle n’est pas directe, est plutôt à droite. Pourtant dans son numéro du 26 avril, il publie une enquête maison qui remet en cause le discours gouvernemental et présidentiel sur l’immigration.

1ère idée reçue : les immigrés sont de plus en plus nombreux

Dans les années 20, la moyenne annuelle des entrées en France était de 300 000 immigrés. Ils n’étaient que 200 000 l’an dernier. Comme 100 000 personnes quittent chaque année l’Hexagone, ce ne sont que 100 000 nouveaux arrivant qu’il faut accueillir par an, depuis la régulation des flux migratoires en 1974.

2e idée reçue : la France a plus d’immigrés que les autres pays

En France il y a, comme en Allemagne, 3 immigrés pour 1000 personnes contre 6 en Grande-Bretagne, 8 en Suède et en Italie, 9 en Espagne, 10 en Norvège et 19… en Suisse !

3e idée reçue : les immigrés font exploser les comptes sociaux

En fait, les populations immigrées bénéficient plus du chômage (1,7 fois plus en moyenne que les nationaux) et du RMI (3,8 fois plus), mais ils sont peu représentés parmi les plus de 60 ans qui sont les premiers bénéficiaires de la protection sociale (maladie et retraite). Du coup, la contribution nette moyenne des immigrés au budget de l’Etat est supérieure à celle des natifs.

4e idée reçue : une baisse de l’immigration ferait reculer le chômage

Les emplois occupés par les immigrés sont les plus pénibles, les moins bien payés et les plus précaires. Du coup, ils intéressent peu les chômeurs français. Réduire l’immigration légale aboutirait donc à augmenter le travail au noir et l’immigration illégale. De plus, en période de crise, les immigrés ont joué un rôle d’amortisseur, ce qui a permis aux Français d’origine de se maintenir dans une position plus favorable (20% de chômage chez les immigrés africains).

En clair, la critique quantitative de l’immigration n’est qu’un leurre démagogique. Reste bien sûr le débat qualitatif sur le communautarisme et la capacité de la République à intégrer des populations d’horizons culturels et religieux différents. Mais ce débat pourra être abordé d’autant plus sereinement qu’on ne dira plus de contrevérités sur les chiffres de l’immigration.

25 avril 2011

A propos de Marie-France Pisier



Parce qu’elle était niçoise, célèbre, talentueuse, réputée intelligente et terriblement jolie, parce qu’elle symbolisait si bien la femme des années 80, j’ai toujours rêvé d’avoir Marie-France Pisier comme présidente d’un de mes comités de soutien.

A ma décharge, je crois qu’il n’y a pas eu, au cours de ces dernières décennies, un candidat aux cantonales, aux législatives, aux municipales, à la présidence de son clos de boules ou à l’assemblée de sa copropriété qui n’ait pas souhaité la même chose dans notre bonne ville de Nice.

A ma connaissance, la dame n’a jamais rien présidé, je ne suis même pas sûr que quelqu’un ait eu le courage de le lui demander.

Et finalement c’est très bien, comme ça, il n’y a pas de jaloux. On ne t’en veut pas Marie-France. La preuve, si là-haut auprès de Saint Pierre tu as besoin d’un parrainage pour entrer au paradis des belles dames qui nous ont fait rêver, moi je veux bien faire partie de ton comité de soutien céleste !

24 avril 2011

Mes villes du monde (2) : Florence



Florence n’est pas comme on le pense trop souvent seulement une ville musée. C’est aussi une grande métropole, avec ses quartiers périphériques, ses centres commerciaux, ses HLM, et une circulation digne de l’Enfer de Dante.

Mais de la place de la Signora au Ponte Vecchio, le centre de la ville des Medicis est si beau que c’est par lui que le visiteur est aimanté, c’est une évidence.

Pour ce énième rendez-vous avec la capitale de la Toscane, nous avons pu constater que la magie opère toujours. Intacte.

Les façades polychromes, les piazzas intemporelles, le ciel vaporeux, les collines bibliques, jusqu’à cet Arno si paisible quand il n’est pas redoutable.

L’atmosphère joyeuse mais respectueuse également reste inchangée avec ces voyageurs, jeunes, vieux, tchèques, espagnols, japonais, touroperatorisés, érudits ou pèlerins… une sorte de communion païenne avec l’humanisme de la Renaissance, à laquelle je participe rituellement en allant piétiner l’endroit où s’élevait le bûcher des vanités de Savonarole. Ma façon de constater sans juger que la beauté de la ville doit plus à la virtù du Prince qu’à la vertu du Moine…

Au fil des visites, on se fabrique aussi sa Florence à soi. Pour nous, cette ville appropriée commence en général par une visite aux dames de Sandro : la Vénus, bien sûr, l’allégorie du Printemps, évidemment, mais aussi cette Vierge à la grenade avec laquelle j’entretiens une relation si particulière. Puis, c’est le pèlerinage à San Miniato al Monte qu’au fil du temps nous avons fini par préférer aux orgueilleuses Santa Maria Novella et autres Santa Croce.

Et puis, une ville subjective, c’est aussi celle où, à chaque visite, on ajoute une émotion, une odeur, une image… Celle de ce séjour fut insolite et brève. D’une fenêtre de la galerie des Offices, mon regard suivait paresseusement le cours de l’Arno quand une carpe gigantesque fit un saut périlleux au milieu du fleuve offrant, le temps d’un éclair, son ventre et ses écailles dorées aux rayons du soleil. Elle retomba si brutalement que la surface de l’eau fut pour longtemps ridée de cercles concentriques…

Une ville, ce sont aussi des rencontres. Comme celle qui nous fit connaître, un soir de décembre 1978, dans une trattoria du centre ville, John et Robyn, deux jeunes australiens de passage en Italie qui vivait alors en Angleterre. Naquit une amitié qui, de la Baie des Anges à celle de Sydney, de l’Outback d’Ayers Rock aux monts du Beaujolais, jamais ne sera démentie. Les retrouver au cœur de cette Toscane où nous nous étions rencontrés pour la première fois il y a trente-trois ans sera un bonheur dont l’intensité ne fut que peu atteinte par la mélancolie du temps qui passe.

 Dominique, John et Robyn à Florence, en 1978

20 avril 2011

Où, quand et qui ?

Non remplacement d’un fonctionnaire sur deux… Cette phrase si souvent répétée par les autorités du régime se veut raisonnable et responsable. En temps de crise, mon pauvre Monsieur ! un peu comme s’il fallait expier les années de supposées goinfreries de l’Etat Providence post-Trente glorieuses à la façon du Maréchal Pétain et de sa « divine surprise » effaçant la débauche sociale du Front Populaire.

A chaque fois que cette petite phrase a été prononcée dans une assemblée où je siégeais, j’ai toujours répondu : où ? quand ? qui ? n’obtenant que des sourires gênés en guise de réponse.

A ceux qui auraient encore quelques complaisances pour ce type de démagogie, je suis prêt à narrer mes trois visites à l’école Saint Barthélemy (5e canton), mes deux visites avec Dominique à l’école des Acacias (7e canton), ma visite à l’école Fuon Cauda (6e canton). Le tout en moins de deux semaines. Il s’agissait, aux côtés des parents, de défendre des postes, des classes, des heures de soutien aux élèves les plus fragiles…

En fait, nous ne faisons qu’essayer de résister sur le terrain aux conséquences dramatiques de la règle du non remplacement. Quand le slogan se heurte au mur des besoins sociaux, il explose ; mais ses éclats n’en finissent pas de faire des ravages.

17 avril 2011

Les « noirs » d’Odilon Redon



Après un samedi consacré à l’identité républicaine et au passionnant colloque organisé par le PRG avec des personnalités aussi diverses que François Hollande, Jean-Louis Borloo, Arnaud Montebourg ou Simone Veil, nous avons profité de cette escapade parisienne pour faire un tour au grand Palais et à l’exposition consacrée au peintre symboliste Odilon Redon.

C’était l’occasion de faire connaissance avec un artiste à la fois familier – il y a toujours quelques tableaux de lui dans les grands musées – et méconnu – on a du mal à identifier son œuvre dans sa globalité.

Si la diversité du travail de Redon est bien rendue par la rétrospective, j’ai été avant tout impressionné par les lithographies que l’artiste appelle « ses noirs » avec toute la conviction du moraliste qui a dit un jour : « Il faut respecter le noir. Rien ne le prostitue ».

Il s’agit, à travers des séries illustrant très librement et très symboliquement des œuvres littéraires, des rêves ou même la théorie de l’évolution, d’une vertigineuse plongée dans un univers hanté de créatures mi-homme, mi-bête, plus démons qu’anges, aux lisières du crépuscule et de la nuit, de la vie et de la mort, du mythe et de la réalité.

Mais là où, par exemple, les monstres de Bosch semblent sortir tout droit de l’imaginaire ricanant et finalement rassurant de l’artiste, ceux de Redon s’extirpent des cauchemars glaiseux de la partie la plus marécageuse de notre subconscient. Du coup, ces créatures ne sont pas seulement terrifiantes, elles sont dérangeantes. Pas étonnant de la part d’un artiste qui affirme être effrayé par « le silence éternel des espaces infinis » et qui est persuadé « qu’il doit y avoir quelque part des figures primordiales dont les corps ne sont que les images ».

Ces images, à coup sûr, nous conduisent à l’intuition de ces figures primordiales et je ne suis pas sûr que nous aimons cela. Et de se dire que, pour notre confort personnel, il aurait peut-être été plus sage d’aller à l’expo Manet…

15 avril 2011

E la nave va…



Au Conseil général, ce matin, la séance inaugurale avait pour objectif de dispatcher responsabilités et représentations entre les élus de la majorité mais aussi de l’opposition dans un certain nombre de cas.

Pour ma part, je peux considérer que je suis bien servi. La tâche va être rude, mais probablement passionnante.

Tout d’abord, je deviens co-président de la Commission d’évaluation et de contrôle des marchés. Cet organisme est chargé de veiller à la transparence et à la régularité des nombreux et importants marchés publics passés par le Département. Il ne s’agit donc pas de présider une commission de gestion (comme le font les socialistes et Verts en Mairie de Nice), mais d’œuvrer pour que, dans l’intérêt général, l’argent public soit employé au mieux à l’abri de dérapages éventuels. Le fait que Jean-François Knecht ait été le premier co-président de cette commission ajoute une émotion certaine à cette nomination.

Ensuite, en devenant administrateur de la MDPH (maison départementale des personnes handicapées) et du Foyer de l’Enfance des Alpes-Maritimes, je prends dans ces deux importantes institutions la succession (l’intérim) de Dominique qui s’y était beaucoup investie lors du dernier mandat. Poursuivre, avec son aide ce travail constructif est un challenge plutôt excitant.

Par ailleurs, je reste au Conseil d’administration de mon cher collège Vernier dont je suis membre depuis 1998. A un moment où l’équipe pédagogique montre, à juste titre, des signes de découragement devant la modicité des moyens mis à sa disposition, je suis évidemment très heureux de rester parmi eux. Parallèlement, mon mandat d’administrateur du collège privé Saint Barthélemy a été confirmé ce qui me permettra d’approfondir mes relations avec une institution longtemps repliée sur elle-même. Aux collèges Valéri et Matisse du 7e canton, je ne suis que membre suppléant. Mais je compte bien m’investir en faveur de deux établissements qui conservent un très bon souvenir de la précédente conseillère générale…

Enfin, je suis désormais membre du Conseil de discipline de recours de la Région PACA (fonction publique territoriale) et suppléant au Conseil d’administration du SDIS (service départemental d’incendie et de secours), l’une des institutions les plus importantes du Conseil général.

En ce qui concerne les commissions thématiques, je participerai aux travaux de sept d’entre elles :
- commission des finances,
- commission santé, personnes âgées, insertion et personnes handicapées,
- commission écologie et développement durable,
- commission éducation, enseignement supérieur et recherche,
- commission art et culture,
- commission sports et jeunesse.

Sur ce, je boucle ce billet, je retrousse mes manches et… que la nave va !

13 avril 2011

Metropolis



Depuis quelques semaines, on polémique à qui mieux mieux sur le thème de la Métropole niçoise que Christian Estrosi veut imposer aux forceps avant un possible retour de la gauche au pouvoir national. Le débat s’inscrit grosso modo autour d’un rapport de force droite-gauche et des ambitions supposées du maire de Nice, même si certains maires comme Antoine Damiani (PS, Carros) ne s’inscrivent pas tout à fait dans ce schéma.

En ce qui me concerne, depuis des années, je fais partie de ceux qui dénoncent l’indigeste millefeuille de la décentralisation à la française que ce soit à la fac ou dans les différentes assemblées dont j’ai été l’élu.

En 1982, j’ai cru comme beaucoup à la naissance d’un nouvel Etat Providence plus transparent et plus démocratique adossé à une décentralisation rationnelle et moderne. Hélas ! Cet espoir a vite été déçu. Avec quelques 36 500 communes, la France compte toujours autant de ces communautés de base que l’ensemble des autres pays européens. Les 101 départements sont toujours des structures intermédiaires – sans équivalent chez nos voisins – qui ont été créées par la Révolution et Napoléon pour dynamiter les Provinces qui menaçaient « la République une et indivisible ». Nées tardivement en 1982, les régions françaises sont atteintes de nanisme géographique, financier et politique. Quant à la gamme d’une demi-douzaine de structures intercommunales, elle traduit, dans la confusion, l’impuissance des pouvoirs publics à imposer à « l’esprit de clocher » des fusions de communes.

Face à ce tableau, il est évident qu’il faut réformer l’ensemble. Du coup, la philosophie qui sous-tend la réforme Sarkozy (communes et communautés de communes élues au SUD d’un côté, départements et régions de l’autre) ne me semble pas à priori illogique. Même s’il peut sembler baroque d’enclencher le processus avec d’abord une réforme électorale…

Par contre, que penser de la Métropole dans tout cela ? Eh bien, tout simplement, qu’elle joue contre la logique même de la réforme. En effet, celle-ci va pouvoir s’approprier une partie des pouvoirs du Département et de la Région, détruisant l’équilibre naissant et les regroupements nécessaires prévus par la réforme. Avec une métropole hypertrophiée et les restes d’un département exsangue, l’attelage maralpin sera bien difficile à conduire.

Du coup, rien ne justifie la naissance de la métropole niçoise. C’est donc pour cette raison, et non par une volonté d’obstruction politicienne, que je m’opposerai au projet de Christian Estrosi.

09 avril 2011

Les pages que j’aurais aimé écrire (6)



Lors des cent cinquante mariages que j’ai eu l’honneur de célébrer en mairie de Nice, il m’est arrivé de citer quelques extraits d’un des plus beaux et plus universels poèmes d’amour : le Cantique des Cantiques de l’Ancien Testament.

Voici l’un de mes passages préférés.

« - Allons, ma tendre amie, ma belle, viens.
L’hiver est passé, la pluie a cessé, elle est loin.
On voit les champs fleurir ;
c’est le temps où tout chante.
Sur nos terres on entend la tourterelle qui roucoule.
Les figues vertes grossissent sur les figuiers,
les vignes sont en fleur et répandent leur parfum.
Allons ma tendre amie, ma belle, viens.
Ma colombe nichée au creux des rochers,
cachée dans la falaise, montre-moi ton visage ;
fais-moi entendre ta voix, elle est si agréable,
et ton visage est si joli !
Que tu es belle, ma tendre amie,
que tu es belle !
Derrière ton voile
tes yeux ont le charme des colombes.
Un ruban rouge : ce sont tes lèvres ;
ta bouche est ravissante.
Derrière ton voile tes pommettes ont la rougeur
d’une tranche de grenade.
Tes deux seins sont comme deux cabris,
comme les jumeaux d’une gazelle,
qui broutent parmi les anémones.
A la fraîcheur du soir,
quand les ombres s’allongeront
je compte bien venir à ta montagne de myrrhe
et à ta colline d’encens.
Tout en toi est beauté, ma tendre amie,
et sans aucun défaut.
Tu es mon jardin privé, petite sœur, ma promise,
ma source personnelle, ma fontaine réservée.
Place-moi contre ton cœur,
comme ton cachet personnel ;
garde-moi près de toi, comme la pierre
gravée à ton nom que tu portes au bras.
C’est que l’amour est aussi fort que la mort.
Comme la mort aussi la passion vous tient.
Elle est une flamme ardente,
elle frappe comme la foudre.
Toute l’eau des océans ne suffirait pas
à éteindre le feu de l’amour et toute l’eau des fleuves serait incapable de le noyer. »

07 avril 2011

L'interview de Philippe Fiametti

Cliquer sur la photo pour lire l'article


Sur le Nice-Matin de ce jour, l'interview post-électorale de Philippe Fiametti.

05 avril 2011

Focus sur l'invité surprise

Boniface (debout) et Emile, chez les parents de Dominique

L'actualité me conduit naturellement à reproduire ce billet publié le 21 janvier 2006 sous le titre de "Devine qui vient dîner ?" il sera même, quelques mois plus tard, la matrice d'un des "Fragments de Nice".


Nous sommes au début des années 80. Ce soir-là, avec Dominique, nous avions invité une fois de plus à dîner nos amis Emile et Boniface. C’étaient des étudiants ivoiriens avec lesquels nous avions sympathisé dans nos DEA respectifs. Issus de milieux sociaux modestes et ruraux, ils réussissaient un parcours universitaire particulièrement brillant, tout en militant pour faire évoluer leur pays, encore englué dans le néo-colonialisme « gaullo-africain », vers la démocratie et une vraie indépendance.


Leur marxisme était parfois un peu rude dans sa formulation. Il n’avait pas la subtilité dialectique de celui de Berlinguer alors en vogue chez les étudiants progressistes modérés que nous étions. Mais notre tiers-mondisme nous interdisait toute critique vis-à-vis de ces camarades du Sud qui luttaient si fort contre "l’impérialisme" et la "bourgeoisie comprador"…

Au delà du militantisme politique, Emile et Boniface étaient de charmants compagnons et ils s’étaient intégrés sans problème à notre cercle d’amis. A nos familles aussi, puisqu’il leur arrivait de partager des repas de fête comme à Noël.

Ce soir-là, je me souviens très bien du coup de fil de Boniface nous demandant, légèrement embarrassé, s’ils pouvaient venir accompagnés d’un ami compatriote qui faisait ses études à Paris et qui était de passage… Nous avons tout naturellement accepté. Et l’invité surprise se révéla drôle, cultivé et extraordinairement pertinent dans l’analyse des phénomènes politiques africains. Son argumentation était subtile, même si parfois affleurait, au détour d’un raisonnement, une saillie un peu dogmatique. Il jouissait apparemment d’un grand prestige auprès de nos deux amis.

Ce fut une belle soirée.

Aujourd’hui, vingt-cinq ans après, nous avons perdu la trace de Boniface. Nous savons qu’Emile, qui entre-temps était devenu ministre de l’Intérieur de son pays, a été assassiné. Quant à l’invité surprise, il va bien. Nous avons même régulièrement de ses nouvelles.

Il s’appelait Laurent Gbagbo.