Deux soirées théâtrales en cette fin de semaine, deux soirées pourtant très différentes.
« L’enterrement », au Théâtre de Nice
Il s’agit en fait de la suite du formidable « Festen »
joué dans le même théâtre il y a quelques années (Sophie Duez était encore
actrice…) d’après un film danois de Thomas Vinterberg qui avait fait forte impression au Festival de Cannes. Une
pièce sur l’inceste où, à l’issue d’un repas de famille guindé, le pater
familias était démasqué. « L’enterrement » est précisément celui du
père indigne et, au cours de la réunion des proches assistant aux obsèques, on
s’aperçoit que cette lourde histoire n’a pas laissée indemne la descendance du
pédophile. On pouvait s’en douter.
Si ce n’est la curiosité de voir Caroline Proust, la
fliquette boudeuse de la série de Canal + « Engrenages » piquer de
jolies crises d’hystérie, ce Festen-le retour est assez vain avec une mise en
scène grandiloquente et une distribution XXL sous-employée (Mélanie Doutey,
Samuel Le Bihan, Mathilda May, Dominique Labourier).
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Bénédicte Leturcq |
« L’envoûtement », au Théâtre des Enfants du
Paradis (Sophia Antipolis)
Cette pièce du dramaturge belge Jean-Pierre Dopagne, sur le
thème du harcèlement et de la souffrance au travail est d’une grande subtilité
doublée d’une grande cruauté : Marylène, fraîchement engagée dans une boîte
d’événementiel, va tout faire pour évincer, avec une fausse ingénuité,
Patricia, l’employée modèle depuis seize ans.
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Laure Gauffridy |
Mise en scène avec effeicacité par
Valérie D’Amodio, la pièce est drôle, très drôle. Mais le talent des actrices
(Bénédicte Leturcq et Laure Gauffridy, épatantes) nous rappelle que « L’envoûtement »
n’est pas qu’une pièce comique. Au-delà de la caricature affleure la critique
sociale et là, bien sûr, le rire des spectateurs se fige.
En résumé : Envoûtement 1 – Enterrement 0. Le petit théâtre
associatif l’emporte par KO sur le grand théâtre subventionné. Ce dernier nous
doit une revanche.
3 commentaires:
Finalement, c'est comme au Ray où, le même soir, le petit Gym a terrassé l'ogre parisien.
Moi j'ai bien aimé "l'enterrement", en tout cas, ça ne m'a pas laissée indifférente. Peut-être parce que je n'avais pas vu "Festen"...
Envoûtement et enterrement, un rapport avec ce qui se passe à l'UMP ?
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