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02 novembre 2011

Je m’abonne à nouveau à Charlie Hebdo




Très franchement, je ne suis pas un inconditionnel de l’humour de Charlie Hebdo. Question d’épiderme et de sensibilité probablement. Pourtant, je me suis abonné une année  il y a quelques temps à cet hebdomadaire satirique. C’était après l’affaire des caricatures. Car si je ne suis vraiment amateur de l’humour- maison, je soutiens sans nuance la ligne éditoriale anti-intégriste du journal. Conseiller municipal, j’avais même affiché la une de l’hebdo sur la porte de mon bureau en signe de solidarité. La liberté de la presse doit être défendue car elle est l’essence même de la démocratie.

Puis le temps passa et je n’ai pas éprouvé le besoin de renouveler mon abonnement. Aujourd’hui après le lâche attentat de la nuit dernière, c’est avec fierté que je vais renouveler mon engagement d’il y a quelques années. C’est que le combat contre la bête immonde de l’intégrisme n’est jamais achevé et que Charia-Hebdo le vaut bien.

29 mars 2011

Tout faux

Soirée électorale 27 mars, Nice-matin, France 3, Radio Bleu Azur

Si l’accord Gauche Autrement-PS a plutôt rempli son rôle dans les cantonales niçoises, on ne peut pas en dire autant du pudding indigeste concocté par le PS, les Verts, et le PC du 06.

Première erreur : avoir protégé les cantons 12 et 14, tous deux perdants. Va encore pour le 14, largement symbolique, avec des candidatures de droite et d’extrême droite emblématiques. L’unité de candidature allait de soi même si, au final, le résultat est très en retrait par rapport aux Régionales. Par contre, protéger le 12, fut une magistrale erreur. Pour qui – et ce fut mon cas – a participé à la partielle qui a abouti à l’élection de Benoît Kandel, il ne faisait pas de doute que le 12e canton n’est pas près de revenir à gauche. Résultat des courses : avec 23% des voix, la candidate d’union fait un score faible, dramatiquement en retrait par rapport aux Régionales.

Deuxième erreur : avoir laissé prospérer une candidature PC dans le 11e canton, condamnant Claude Giauffret à l’élimination dès le premier tour malgré un score encourageant qui aurait permis une victoire au second.

Troisième erreur : dans le 7e canton, Dominique Boy Mottard, conseillère générale sortante dans l’un des cantons les plus à droite de la ville, se voit opposer un candidat PC et un candidat des Verts qui fait ouvertement campagne contre elle. Avec plus de 26%, elle améliore, à elle seule, le score des régionales et fait 3% de plus que la candidate d’union du 12e. Malheureusement, pour 16 voix, elle ne sera pas qualifiée pour le second tour, alors même qu’elle aurait dû être largement en tête et réaliser probablement l’un des meilleurs scores de la gauche à Nice.

Résultat des courses : on a protégé deux cantons qui ont perdu et on a enfoncé deux cantons qui auraient pu gagner à côté du 3e et du 5e.

C’est ce qui s’appelle un plantage intégral.
 Nice-Matin, 29/03/2011

17 septembre 2010

Deux questions simples

Sans entrer dans le débat (q’ailleurs quel débat ?), je constate, effaré, les dégâts de l’offensive anti-Roms du Pouvoir :
- stigmatisation d’un groupe humain,
- réveil des sentiments xénophobes d’une partie de la population,
- la patrie des Droits de l’Homme montrée du doigt par l’Europe et le Monde,
- le mensonge d’Etat devenu méthode de gouvernement.

Et je me pose deux questions très simples :
1) Quel pourcentage de la population française est en contact direct avec une communauté Rom ?
2) Que ce serait-il passé si l’UMP avait gagné les élections régionales ?




15 septembre 2010

La geôle suédoise

« Une Française emprisonnée… » : l’article occupe la quasi totalité de la page 15 de l’édition de mardi d’un quotidien national.

Il s’agit de l’histoire de Caroline, une jeune Française de 26 ans, jetée dans un cul-de-basse-fosse avec une accusation de maltraitance envers son jeune fils de six mois.

Si ce fait-divers tragique mais banal s’était déroulé en France, il aurait probablement été relaté en deux lignes par le même journal. Mais voilà, il a eu lieu dans un pays à l’Etat de droit incertain et aux geôles particulièrement inhospitalières : la Suède ! De surcroît, nous apprend le journal, la jeune femme souffre d’une maladie de la tyroïde et sa vie est donc en danger dans ce pays notoirement sous-équipé sur le plan médical !

Dire que cet article m’a irrité est un doux euphémisme : il est tout simplement la caricature de ce tropisme hexagonal qui consiste à considérer nos compatriotes arrêtés à l’étranger comme forcément innocents (il est possible que Caroline soit innocente, rien ne permet de dire que c’est probable…), les systèmes juridiques des autres pays comme quasiment moyenâgeux et leurs prisons forcément inhumaines (si vous pensez cela, je vous invite à visiter la prison… de Nice !).

C’est avec ce type de raisonnement qu’il y a quelques années, le transfert de Bernard Cantat de Vilnius à Paris était presque apparu comme une opération humanitaire et l’emprisonnement de la compagne d’un caïd mexicain comme le supplice de Sainte Blandine !

Du coup, pour des affaires qui se seraient passées en France dans l’anonymat de la moulinette judiciaire, on voit se mobiliser à la fois les médias et les plus hautes autorités de la République. Le Président – qui décidément n’en rate pas une – adore ce genre de situation qui le conduit à plaider pour un compatriote en marge d’une visite d’Etat tout en accueillant, trémolos dans la voix et regard humide, les familles éplorées à L’Elysée. C’est qu’il faut, selon une formule « compassionnellement » correcte, tout faire pour que le malheureux – ou la malheureuse – puisse passer les fêtes de Noël en famille dans ce pays de cocagne où l’erreur judiciaire est bannie qu’est la France…

A un moment où notre pays est montré du doigt précisément sur la question des droits de l’homme, cette nouvelle manifestation de l’arrogance française m’est insupportable, même si, trop souvent, elle est validée par l’opinion publique.

02 septembre 2010

Non à l'enseignement low coast

Quoi ? Deux journées de grève dans l’Education Nationale dès la rentrée ? Non seulement celle générale du 7 septembre pour les retraites, mais aussi une journée spéciale le 6 septembre ?

On les entend déjà ceux qui sont prompts à critiquer ces flemmards de profs en bloc, leurs congés, leurs horaires, leur salaire…

Sauf que, sauf que… cette fois il en ira peut-être différemment. Pourquoi ? Parce que là on est allé trop loin. Là, il ne s’agit plus seulement de contester les conditions générales d’un travail devenu de plus en plus difficile avec les contraintes supplémentaires ajoutées chaque année (pourtant qui peut le nier s’il veut bien s’informer ?). Là, avec une réforme (une de plus…) qui touche à la formation des maîtres, beaucoup ont fini par se rendre compte qu’on s’attaque à l’avenir de leurs enfants. Il ne s’agit plus de la question quantitative des moyens mais de la question qualitative de la pédagogie.

Déjà, le non remplacement d’un enseignant sur deux qui part à la retraite, suscite l’incompréhension de nos concitoyens (80% des Français pensent qu’il s’agit d’une mauvaise chose). Mais affecter à temps plein dans des classes, sans aucune formation (à l’exception d’un vague et partiel tutorat-compagnonage dans les premiers mois), 15 500 professeurs à peine recrutés, ça ne passe pas. Cette « mastérisation » (bac = 5) qui consiste à remplacer l’année de formation en alternance dans les IUFM par une année supplémentaire d’études générales n’a pas seulement des conséquences sur la rémunération des professeurs (la première était payée aux stagiaires, pas la seconde) : elle a des conséquences sur la capacité de ceux-ci à se retrouver devant des élèves sans y avoir été préparés d’une quelconque manière. Or, nous ne sommes plus à l’époque de « La gloire de mon père » : revêtir l’habit de maître ne suffit plus pour s’imposer devant un public devenu très imprévisible. De plus, quand on sait que les jeunes enseignants sont ceux qui se retrouvent dans les établissements et les classes les plus difficiles, on voit à quel point cela peut être catastrophique non seulement pour eux mais aussi pour leurs élèves.

Alors peut-être que cette fois, il y aura un peu plus de voix, en dehors du milieu enseignant lui-même – à commencer par l’ensemble des parents d’élèves – pour dénoncer cet enseignement low coast à un moment où une jeunesse facebookée a plus que jamais besoin de repères et de cadres.

01 juillet 2010

La France n’est pas une République bananière

L’affaire Woerth devient un Himalaya de mauvaise foi. Il y aurait chasse à l’homme vis-à-vis d’un responsable qui passe pour être un bon ministre mais qui a eu la courage d’incarner la réforme gouvernementale des retraites.

Mais il y a quand même un moment où il faut cesser de prendre les enfants du bon dieu pour des canards sauvages… Il y a d’abord la situation professionnelle pour le moins baroque de Madame Woerth. Bien sûr, il ne faut pas remettre en cause l’indépendance professionnelle des époux, mais on peut quand même relever, sans être un Torquemada en puissance, que madame travaillait dans une société chargée d’optimiser les placements de Liliane Bettencourt. Ce qui est une façon très politiquement correcte de dire qu’elle organisait l’évasion fiscale. En clair, le Ministre Woerth lutte officiellement contre des pratiques qui constituent l’activité professionnelle principale de son épouse. Etonnant, non ? aurait dit Pierre Desproges.

Et puis, surtout, on nous sert la fable du ministre qui n’intervient jamais dans les contrôles fiscaux. En fait pour les contribuables d’importance (et Madame Bettencourt représente une des plus grandes fortunes de France), l’autorisation de vérification est accordée après avis d’un bureau de la direction générale des impôts qui travaille en étroite relation avec une cellule du cabinet du ministre. Si le ministre veut bloquer un contrôle fiscal, il suffit donc qu’il ne l’autorise pas…

Là aussi, pas besoin d’être un ancien rédacteur de « Je suis partout » pour en conclure que le dossier est suffisamment lourd pour que le ministre s’efface. Ce n’est pas le cas et le Président lui apporte un soutien appuyé… Exception française quand tu nous tiens…

Cessons de dire que la France est une République bananière. Même dans une République bananière le ministre aurait déjà démissionné.

19 avril 2010

Trop c'est trop !

Dans le 5e canton, l’essentiel de la campagne régionale avait consisté à assurer la promotion du prochain candidat socialiste made in Biscarra pour les cantonales de l’an prochain.

Les élections passées, le concombre masqué de la Fédération du PS continue de frapper nuitamment puisque nous trouvons régulièrement des tracts assurant sa promotion.

La puissante stratégie du PS 06 vise à assurer une confortable place au FN pour le deuxième tour de cette élection au nom du TSM (Tout Sauf Mottard). La légitime défense devient donc une ardente obligation pour Gauche Autrement qui n’aura donc aucun complexe pour présenter d’excellents candidats (chacun peut deviner lesquels) dans les 11e et 14e cantons.

Quand une gauche prise en otage par un clan se déshonore jusqu’à faire sciemment le jeu des extrêmes au nom d’ambitions personnelles et de calculs médiocres, elle n’est plus la gauche… Déjouer ces manœuvres devient donc un acte citoyen.

10 février 2010

L’a volé, l’orange…

Kiev, place de l'Indépendance, août 2006

Au départ tout était simple. Un certain Ianoukovitch sponsorisé par Poutine et les oligarques russophones avait triché massivement pour gagner les élections présidentielles. On soupçonnait même son entourage d’avoir tenté d’empoisonner son principal rival Victor Iouchtchenko qui restera d’ailleurs défiguré à vie. Du coup, le peuple était descendu dans la rue pour renvoyer le tricheur dans les poubelles de l’histoire tout en plébiscitant Iouchtchenko comme Président d’une Ukraine qui devait s’ouvrir à la démocratie et à l’Europe.

Il y a quatre étés, nous étions sur la place de L’indépendance de Kiev pour humer le parfum de la Révolution. En réalité, la situation était déjà plus complexe qu’on ne le pensait en France (Cf. « Orange givrée » sur mon blog). Mais de là à imaginer que le 7 février 2010, Ianoukovitch serait élu, sans contestation cette fois, Président, il y avait une marge impossible à franchir.

Bien sûr, Iouchtchenko a fait des erreurs, bien sûr, le camp « orange » s’est divisé et même déchiré, bien sûr, l’Europe n’a peut-être pas fait les gestes nécessaires, bien sûr, il y a la crise… Bien sûr !... Bien sûr !

Mais tout de même, si on veut bien se débarrasser de la langue de bois de l’innocence démocratique, il y a des circonstances où on a bien du mal à se dire que le peuple a toujours raison.

21 décembre 2009

Lâchez un peu les crampons de l’OL…


Lu à la une du Nice Matin de ce jour : « Monaco musèle (sic) Lyon : 1-1 ». En général un match nul à l’extérieur, qui plus est devant une équipe présentée il y a encore peu comme un outsider du championnat est plutôt considéré comme une bonne performance… pas pour l’Olympique Lyonnais qui a été – dixit - muselé !

Nouvel exemple de ce dénigrement systématique des performances de l’OL par les médias depuis deux ans.

Sept fois de suite, l’OL a gagné la Ligue 1, réalisant même en 2008 un doublé retentissant. Parallèlement, il enchaînait les performances en Ligue des Champions en étant la seule équipe française de niveau européen.

Depuis l’an dernier, l’équipe évolue un ton en dessous : rien de dramatique au demeurant. Elle a terminé le dernier championnat sur le podium tout en assurant une qualification en huitième de finale de la Ligue des Champions où elle sera battue par l’imbattable Barça. Cette année, l’OL a renouvelé sa performance en éliminant – excusez du peu – Liverpool et rencontrera au printemps les Galactiques du Real de Madrid. En Ligue 1, Lyon est actuellement 4e à deux points du second. On peut le voir, le bilan est plutôt flatteur. En tout cas, rien qui ne justifie ce déchaînement de mauvaise foi des médias qui transforment Aulas en disciple de Coué, Puel en caporal psychorigide et l’équipe en conglomérat sans âme et sans talent.

Pendant ce temps, l’OM, usine à scandales et chouchou des médias (des dizaines de pages dans l’Équipe) qui n’a rien gagné depuis l’époque Tapie et les matchs truqués, s’est fait éliminé sans gloire en phase de poules de la Ligue des Champions. Le PSG, autre star des médias, se débat comme chaque année dans le ventre mou du classement. Quant au Bordeaux de Laurent Blanc, son parcours depuis un an est réellement impressionnant, mais il lui reste tout à prouver sur la durée…

Alors Messieurs les journalistes, même si la sage équipe rhodanienne vous fait vendre moins de papier, un peu plus d’objectivité, un peu moins de copinage, lâchez les crampons de l’OL !

07 octobre 2009

Ni de droite, ni de gauche, la connerie est universelle

Retour sur image : après vingt-cinq ans de militantisme politique, Dominique Boy-Mottard décide (seule) de se présenter à des élections pour servir autrement ses valeurs. Pas n’importe quelle élection… Pas un scrutin de liste avec quota féminin protecteur, mais un bon vieux scrutin de circonscription, au contact direct des électeurs, dans le canton de la ville à priori le plus difficile pour la gauche.

Après une courte défaite, une annulation (elle défendra elle-même celle-ci devant la justice administrative), elle l’emportera, avec sa propre équipe militante, contre l’un des principaux lieutenants du maire de l’époque.

Désormais, à côté de Patrick Mottard (excusez cette utilisation de la 3e personne…), il y avait une nouvelle conseillère générale qui ne devait sa victoire qu’à son travail et à la force de ses convictions.

L’événement fut alors largement salué par la presse. Au Conseil général, elle fut accueillie par la quasi-totalité des élus de tous les groupes avec respect. Ils voyaient en elle, et à juste titre, la gagnante d’un dur combat politique et en aucun cas « la femme de… ».

C’est du côté du PS, où nous étions encore à l’époque, que soufflèrent les premiers vents mauvais. Pas d’attaques frontales, rien de franc : ce n’est pas le genre de la maison. Des bruits, des ragots, beaucoup de méchanceté et, déjà, ce terme odieux de « Thénardier » qui nous est revenu aux oreilles plusieurs fois.

Mais le meilleur restait à venir. Quand, après avoir consommé notre rupture avec le PS, nous avons décidé – comme les élus communistes à la mairie viennent de le faire il y a quelques jours – de constituer notre groupe au Conseil général, Patrick Allemand nous attaqua violemment en séance publique, devant une assemblée médusée, en stigmatisant la constitution d’un « groupe familial ». Lui, le super cumulard, venait d’inventer le cumul familial…

Or, depuis peu, il n’est plus seul. Il vient de recevoir le soutien spectaculaire de l’ineffable Lionel Luca qui cumule d’ailleurs, en toute bonne conscience, son poste de député et sa vice-présidence du conseil général. En réunion publique, et avec le relais bienveillant de Nice-Matin, ce monsieur a cru bon de dire : « … il y a la nouvelle mode des monsieur madame qui « cumulent à deux » comme ça… il n’y a pas de cumul ! Les « Bompard » par exemple, ou les Mottard. Ce sont les Thénardier de la politique ».

Quelle belle symétrie ! Jusqu’à la reprise plus qu’étrange du terme « Thénardier »…

Et nous avons la surprise de trouver ainsi le représentant du PS et l’ancien lieutenant de Pasqua main dans la main pour promouvoir une bien étrange conception du rôle de la femme en politique. Probablement une bouffée de nostalgie pour l’époque où le Code civil organisait la soumission de l’épouse.

Plus sûrement la preuve qu’ils appartiennent à la catégorie de ceux qui – comme le disait en son temps Michel Audiard – osent tout… et que c’est même précisément à cause de ça qu’on les reconnaît…

03 septembre 2009

Le sirop Typhon des primaires...

« Buvons, buvons, buvons
Le sirop Typhon, Typhon, Typhon,
Universelle panacé-é-ée… »

On se souvient de « l’inoubliable » refrain de Richard Anthony. Avec le débat sur les primaires, on a effectivement l’impression que le PS a trouvé l’Universelle panacé-é-ée…

Alors qu’il ne me semble pas avoir entendu un seul commentaire pertinent des porte-parole du Parti sur des événements mineurs comme la victoire du centre-gauche au Japon ou sur l’accord en voie de finalisation entre la Turquie et l’Arménie, nous sommes sursaturés de petites phrases et de grandes gesticulations sur ces fameuses primaires.

Passons sur les détails d’organisation d’un tel happening (qui ? comment ? quand ? où ?) même si on a conscience que le diable adore se planquer parmi eux. Examinons plutôt les effets de la potion magique quand elle a été utilisée.

En Italie d’abord. La première fois, la primaire, techniquement réussie, n’a fait que confirmer le candidat qui était prévu de longue date. La victoire sur le fil du rasoir qui s’en est suivi fut génératrice de crise et la coalition des partis qui s’étaient mis d’accord sur la procédure éclata à la suite du désaccord sur la politique appliquée. Après la deuxième primaire, la crise n’eut pas le loisir d’éclater car une défaite humiliante contre la droite de Berlusconi était au rendez-vous.

Aux Etats-Unis, on est bien entendu fasciné par la réussite d’Obama. Mais qui peut nier la spécificité du système politique désidéologisé des USA ? Un système capable du meilleur comme du pire : n’oublions pas les investitures de démagogues analphabètes comme Reagan ou Bush.

En France même, on peut citer l’exemple de 2007. En effet, l’investiture PS avec les « adhérents à 20 € » ressemblait à s’y méprendre à une primaire. On a vu le résultat : Ségolène Royal battant DSK et Fabius. Sans commentaire. Circonstance aggravante : beaucoup ont voté Royal car, en tête des sondages, c’est elle qui avait le plus de chances de l’emporter. On touche là un autre effet pervers des primaires : on ne vote pas pour celui qui est le meilleur mais pour celui qui paraît avoir le plus de chances de gagner.

Une preuve de plus que primaires et sondages sont les deux mâchoires du même piège à cons.

Au lieu de chercher l’Universelle panacée à travers cette invention microcosmique des primaires, le PS ferait mieux de « profiter de la crise » pour ouvrir des perspectives, avec un projet crédible s’appuyant sur une critique anthropologique sans concession de l’économie financière et des propositions sur les grandes questions que sont l’avenir de la protection sociale, les retraites, l’éducation, la culture, les rapports Nord-Sud, l’Europe, le développement durable débarrassé des colifichets de la mode…

Et tant qu’à se focaliser sur la machinerie et le fonctionnement du système politique, le débat sur le cumul des mandats me semble cent fois plus signifiant que celui sur les primaires.

Oui, mais là, on touche aux intérêts des élus cumulards et de leurs commensaux. Gageons que sur cette question, pourtant courageusement posée par Martine Aubry, on se contentera brouiller les pistes avec de la poudre de Perlimpinpin…

04 avril 2009

Dégueulasse !

Simone est une militante septuagénaire qui force l’admiration, presque une légende. Féminisme, laïcité, socialisme, elle a épousé toutes les grandes causes du siècle dernier, et elle continue. A son arrivée à Nice, il y a une trentaine d’années, elle a continué à se dévouer corps et âme pour ce Parti socialiste qu’elle aime tant, malgré un état de santé catastrophique qui l’oblige à de fréquents séjours à l’hôpital.

Mais Simone, la super militante, a une faiblesse : elle est fidèle ! D’abord à Jean Poperen qu’elle soutiendra jusqu’à sa mort dans ses combats pour un socialisme républicain ancré à gauche. Localement, elle sera régulièrement à mes côtés que ce soit en externe, dans mes aventures électorales, ou en interne, dans les psychodrames locaux.

Lors des dernières municipales, c’est donc tout naturellement que cette militante pourtant disciplinée fera le choix de la fidélité en acceptant une place symbolique sur la liste de Nice Autrement. Quelle fierté pour moi d’avoir Simone sur ma liste !

Mais les néostaliniens du PS 06 veillent et Simone sera exclue sans coup férir, sans même avoir la possibilité de s’expliquer. Après quarante ans de bons et loyaux services.

Mais on pouvait aller encore plus loin. La preuve.

L’autre jour, un responsable fédéral demi-solde du PS 06 fait miroiter à Simone une éventuelle réintégration au parti en lui faisant passer le message suivant : il faut désormais tourner la page – il peut l’aider, il est bien placé au PS maintenant, dit-il – car « Patrick et Dominique ont rejoint la droite via le groupe Besson ».

… Simone, bien sûr, a confiance, mais l’autre est si persuasif qu’elle passera une nuit blanche à se demander quelle était la vérité… Ce n’est qu’au matin, après quelques coups de fil salvateurs, qu’elle sera rassurée. Mais elle restera bouleversée longtemps suite au choc provoqué par cette triste manipulation.

Voilà à quoi est réduit le PS des Alpes-Maritimes. Bien sûr, c’est dégueulasse. Et surtout, comme je l’ai déjà dit en d’autres circonstances, que se passerait-il si ces personnes avaient un jour le vrai pouvoir ?

07 mars 2009

Pédophilies

Comme je venais de m’inscrire dans un groupe Facebook intitulé « Contre la pédophilie », une proche (très proche) me fait remarquer l’inutilité de ce type d’engagement en faveur de causes consensuelles. Qui peut être contre le fait d'être contre la pédophilie ?

S’il est vrai que les manifestations les plus médiatiques de ce phénomène font l’objet d’une hostilité que je qualifierais de rituelle, d’autres manifestations quantitativement beaucoup plus importantes bénéficient d’une certaine mansuétude de la part du grand public, de l’opinion publique, de nous-mêmes…

Haro sur le pédophile qui fait la une des journaux, ce monstre surgi des entrailles de la société. Il faut le supprimer : du bistouri à la guillotine, on n’a pas de remèdes assez radicaux dans les cafés du commerce pour éliminer ces créatures qui déshonorent le genre humain. C’est à ce prix que notre société pétrie d’humanité retrouvera sa quiétude. Certains hommes politiques ne sont pas les derniers à hurler avec les loups alors qu’ils savent très bien que la sanction, la répression, la punition n’auront aucune prise sur des malades qui agissent au gré de leurs pulsions et que, par conséquent, le risque zéro n’existera jamais.

Par contre, ces hommes politiques et le café du commerce seront beaucoup plus discrets lorsqu’on aura affaire à un cas de pédophilie incestueuse. Tous les travailleurs sociaux, tous les éducateurs sont d’accord pour nous dire que la pédophilie des bons pères de famille est largement plus répandue que la pédophilie des monstres. Mais voilà : celle-là dérange beaucoup plus car elle remet en cause la sacro-sainte cellule familiale. Ici la discrétion, donc la complicité, sont de mise. Vous comprenez : il ne faut pas troubler la famille, il faut sauver ce qui peut l’être, après tout, c’était quand même un bon père… Et c’est ainsi que les victimes deviennent suspectes et qu’on trouve tant de bonnes raisons pour ne pas agir. Pourtant là, la solution serait simple. Il suffirait qu’on soit un peu plus attentif, un peu plus courageux, pour que des milliers de vies ne soient plus brisées.

Nous pouvons tenir le même raisonnement pour la pédophilie exotique enkystée dans ce tourisme sexuel, monstrueuse métaphore de la domination du Nord sur le Sud. Même si certaines organisations internationales se battent courageusement, même si certaines lois, notamment en France, ont été votées, le phénomène ne cesse de se développer. On connaît ces pays, on connaît ces régions où hétéros ou homos, bons pères de familles ou détraqués, peuvent s’offrir des enfants.

Là encore, la solution pourrait être simple. Il existe bien un commerce équitable, inventons un tourisme éthique et boycottons ces destinations. Ainsi, cafés du commerce et hommes politiques auront matière à nourrir leurs discours. On peut rêver…

Alors finalement, adhérer à ce groupe contre la pédophilie est peut-être un acte vain. Il n’en est pas pour autant dépourvu de sens.

13 juin 2008

Sisyphe, l'Européen


Il faut imaginer Sisyphe heureux...

11 juillet 2007

Bunker Biscarra

Quelques jours après la désastreuse conférence de presse de Patrick Allemand, la machine à perdre qui est installée à la Fédération PS de la rue Biscarra tourne à plein régime.

J'ai envoyé par mail à un certain nombre d'adhérents un texte qui reprenait mon intervention au dernier Conseil municipal pour commenter le très sévère rapport de la Chambre Régionale des Comptes sur la gestion de la Mairie.

Cette intervention, j’ai voulu la leur faire parvenir non pour montrer l’excellence du travail de Nice plurielle, mais, d’une façon plus pragmatique, pour leur donner des « biscuits » vis-à-vis de Peyrat et de la droite dans cette période de pré-municipales. Car, dans ce texte, je faisais la démonstration que le rapport de la CRC reprenait après coup la totalité des critiques que nous exprimons depuis des années sur la gestion municipale (y compris la reprise de l’endettement à partir de 2007-2008). Voir mes discours budgétaires validés par cette haute instance de contrôle était, à mes yeux, un atout pour notre combat COLLECTIF.

Pourtant, le Premier Fédéral a refusé (fait du Prince) un envoi mail ou papier de ce document à l’ensemble des militants niçois. J’ai pu le faire parvenir à certains d’entre eux par mail (mais je suis loin d’avoir toutes les adresses) ; quant à ceux qui n’ont pas Internet, rien de possible (bonjour la fracture numérique). Bien sûr, je le ferai en autofinançant l’envoi, dans les limites de mes informations (la Fédération a toujours refusé de me donner le fichier des adhérents niçois… il est vrai que je ne suis que le responsable de l’opposition municipale…).

Par contre, quelques jours avant, chacun avait reçu un courrier signé Allemand pour nous expliquer que faire 39% dans une circonscription regroupant trois cantons de gauche (dont un du PCF !!!) sur quatre était une avancée historique du socialisme à Nice... Deux poids, deux mesures.

Patrick Allemand n’est plus Premier Fédéral (s’il l’a été un jour), il est candidat. Et Biscarra un bunker à sa dévotion.

Décidément, comme me le disent de nombreux camarades, il faut avoir le cœur bien accroché pour militer au PS ces derniers temps.

12 juin 2007

Le fond de la piscine

Toujours sur FR3, dimanche soir, Dominique affirmait à propos des résultats du PS que lorsqu’on touche le fond de la piscine on ne peut que remonter. Voir. L’hydrocution est toujours possible !

En effet, au delà des raisons institutionnelles qui rendaient quasiment inéluctables les résultats, il reste à se poser la question générale de la défaite présidentielle.

Si nous laissons de côté la langue de bois, il faut bien avouer que notre parti est arrivé aux élections à bout de souffle, sans propositions vraiment mobilisatrices et surtout sans véritables perspectives.

Une transformation politique, idéologique, culturelle devient incontournable. Comme de nombreux militants anciens ou nouveaux, cliqueurs ou non,
- je ne veux plus d’un parti où les soirs de meeting on prône la Révolution pour se plonger le lendemain dans la mollesse du fatalisme gestionnaire ;
- je ne veux plus d’un parti qui prend l’air du temps et les paillettes pour le vent de l’Histoire ;
- je ne veux plus d’un parti qui pense avoir raison seul contre tous les autres socialistes d’Europe.

Ce que nous voulons c’est :
- un parti qui choisisse définitivement entre Blum et Lénine,
- un parti d’expérimentation et de transformation sociale,
- un parti qui redevienne un intellectuel collectif et un vecteur d’éducation populaire,
- un parti avec une vraie vocation internationaliste,
- un parti où les courants ne seraient plus le cache-sexe des plans de carrière foireux, des ambitions médiocres et des ego surdimensionnés,
- un parti qui serait au centre de l’Union et non plus à sa périphérie,
- un parti où l’on retrouverait la camaraderie, l’amitié et pourquoi pas la fraternité.

Celui où celle, ceux qui sauront me donner l’envie d’avoir envie en initiant une vraie mutation idéologique et structurelle auront tout mon soutien mais aussi toute mon énergie, toute mon utopie…

On commence quand ?

01 avril 2007

Les vautours

Malgré la pluie, l’assistance est nombreuse sur la place du Palais de justice pour cette deuxième séance de parrainage de familles étrangères expulsables organisée par RESF.

Etant moi-même parrain depuis trois mois (Les deux Nice), c’est au tour de Dominique de s’engager avec l’ami Bernard Neuville pour une famille de l’Ariane.

Un petit groupe d’extrême droite se livre d’emblée à une provocation « bavante » et expectorante, sans parvenir toutefois à troubler le bon déroulement de la cérémonie.

Cette intrusion grotesque ne sera hélas pas la seule mauvaise nouvelle de la matinée. En discutant avec plusieurs familles, nous avons eu confirmation de pratiques dont nous avions déjà entendu parler. Ces étrangers, fragilisés par des lois peu généreuses, des fonctionnaires parfois partiaux et un appareil répressif toujours menaçant, peuvent être en prime victimes d’avocats vautours. Certains avocats utilisent en effet cette clientèle captive pour que leur petite entreprise ne connaisse pas la crise. C’est ainsi qu’on peut demander plus de mille euros (en liquide) pour accomplir quelques formalités basiques. A ce tarif-là, on peut difficilement parler d’avocat militant ! D’autant que les associations du secteur font l’essentiel en accomplissant un travail remarquable et… bénévole. Sans parler des élus. Comme plusieurs d’entre eux, je m’occupe, avec mon ami Lucien Fouques, de dizaines de dossiers avec une certaine efficacité. Je revendique ces actions – non électoralistes, par définition – avec fierté, même si elles prennent beaucoup de notre temps.

Les pratiques de ces avocats sont peut-être légales (à vérifier), elles sont en tout état de cause bien peu légitimes et pour tout dire franchement dégueulasses.

23 mars 2007

Liberté, égalité, Douste-Blazy…

Agée d’une soixantaine d’année, Madame A..., originaire de l’ex Yougoslavie, vit depuis de nombreuses années à Nice avec son mari et ses enfants, parfaitement intégrée à la cité.

Logiquement, elle souhaite obtenir la carte de résident de 10 ans qui donne un peu de stabilité aux immigrés qui ont un projet de vie sur notre territoire.

Pour cela, on lui fait passer à la va-vite un soit disant test d’intégration, test réussi quelques minutes auparavant par son mari. Question du fonctionnaire : « Qui est ministre des affaires étrangères ? » Quelque peu troublée par la brusquerie de la question, Madame A. ne répond pas. On lui refusera donc le précieux sésame. « La France, connais Douste-Blazy ou quitte-la », en quelque sorte…

A l’évidence, l’auteur de la question ferait une belle carrière au sein d’un ministère de l’immigration et de l’identité nationale.

Au fait, lecteurs de ce blog, qui était ministre des affaires étrangères avant Douste-Blazy ?


POUR UN COMMENTAIRE (TRÈS PERSONNEL) SUR FRAGMENTS DE NICE, VOIR LE POST SUR LE BLOG DE CLAUDIOGÈNE

24 janvier 2007

Il neige en janvier !

Après avoir pleurniché (larmes de crocodile) pendant des mois sur le réchauffement de la planète, les médias sont en transe depuis quarante-huit heures face à cette nouvelle époustouflante : il neige en janvier ! (Le Bon Dieu a peut-être été impressionné par le nombre de présidentiables qui ont signé le pacte de Hulot… !)

TV, radio, presse : toutes les « unes » sont mobilisées. Des envoyés spéciaux donnent des nouvelles du Front : ici l’A 6, ici Avallon, ici Auxerre… On parle de naufragés quand quelques dizaines d’automobilistes risquent de passer la nuit sur la route. Je me souviens pourtant avoir passé de nombreuses nuits dans ma Renault 5, dans des pays à l’accueil touristique aléatoire, sans dommage physique irrémédiable… On évoque les terribles « alertes oranges », les fermetures de routes, les fameux « repas chauds » offerts aux égarés de la route. On envisage aussi le chômage technique dû aux ruptures d’approvisionnement, sans jamais mettre en cause le capitalisme « à flux tendu »…

Quant aux automobilistes coincés par les intempéries, on devine qu’ils recherchent déjà des responsables (l'Etat, la société d’autoroute, les autres automobilistes…) comme s’ils étaient convaincus que le ciel était vide.

Bon, je l’admets, je viens de commettre un post d’humeur. Ou peut-être de dépit : il y a tant d’années que j’attends une belle couche de neige sur les coupoles du Negresco…

12 octobre 2006

Avec JFK

Déstabilisé par des menaces inadmissibles, déçu par l'absence de solidarité du premier fédéral de son parti, épuisé par tant de combats au service de l'intérêt général, Jean-François a le blues. Au point même de se poser la question de son retrait de la vie politique. Je peux le comprendre mais je ne peux pas le suivre.

Non, Jean-François, il n'est pas question que tu capitules devant les imbéciles et les médiocres, cela ne te ressemblerait pas. Fort du soutien de tes amis de Nice plurielle, de tes camarades - les vrais - , de tes électeurs, tu dois poursuivre ta tâche. Au service de la cité.

Voir JFK et Les premiers qui disent la vérité...