Retour sur image : après vingt-cinq ans de militantisme politique, Dominique Boy-Mottard décide (seule) de se présenter à des élections pour servir autrement ses valeurs. Pas n’importe quelle élection… Pas un scrutin de liste avec quota féminin protecteur, mais un bon vieux scrutin de circonscription, au contact direct des électeurs, dans le canton de la ville à priori le plus difficile pour la gauche.
Après une courte défaite, une annulation (elle défendra elle-même celle-ci devant la justice administrative), elle l’emportera, avec sa propre équipe militante, contre l’un des principaux lieutenants du maire de l’époque.
Désormais, à côté de Patrick Mottard (excusez cette utilisation de la 3e personne…), il y avait une nouvelle conseillère générale qui ne devait sa victoire qu’à son travail et à la force de ses convictions.
L’événement fut alors largement salué par la presse. Au Conseil général, elle fut accueillie par la quasi-totalité des élus de tous les groupes avec respect. Ils voyaient en elle, et à juste titre, la gagnante d’un dur combat politique et en aucun cas « la femme de… ».
C’est du côté du PS, où nous étions encore à l’époque, que soufflèrent les premiers vents mauvais. Pas d’attaques frontales, rien de franc : ce n’est pas le genre de la maison. Des bruits, des ragots, beaucoup de méchanceté et, déjà, ce terme odieux de « Thénardier » qui nous est revenu aux oreilles plusieurs fois.
Mais le meilleur restait à venir. Quand, après avoir consommé notre rupture avec le PS, nous avons décidé – comme les élus communistes à la mairie viennent de le faire il y a quelques jours – de constituer notre groupe au Conseil général, Patrick Allemand nous attaqua violemment en séance publique, devant une assemblée médusée, en stigmatisant la constitution d’un «
groupe familial ». Lui, le super cumulard, venait d’inventer le cumul familial…
Or, depuis peu, il n’est plus seul. Il vient de recevoir le soutien spectaculaire de l’ineffable Lionel Luca qui cumule d’ailleurs, en toute bonne conscience, son poste de député et sa vice-présidence du conseil général. En réunion publique, et avec le relais bienveillant de Nice-Matin, ce monsieur a cru bon de dire : «
… il y a la nouvelle mode des monsieur madame qui « cumulent à deux » comme ça… il n’y a pas de cumul ! Les « Bompard » par exemple, ou les Mottard. Ce sont les Thénardier de la politique ».
Quelle belle symétrie ! Jusqu’à la reprise plus qu’étrange du terme « Thénardier »…
Et nous avons la surprise de trouver ainsi le représentant du PS et l’ancien lieutenant de Pasqua main dans la main pour promouvoir une bien étrange conception du rôle de la femme en politique. Probablement une bouffée de nostalgie pour l’époque où le Code civil organisait la soumission de l’épouse.
Plus sûrement la preuve qu’ils appartiennent à la catégorie de ceux qui –
comme le disait en son temps Michel Audiard – osent tout… et que c’est même précisément à cause de ça qu’on les reconnaît…