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02 juin 2012

Walking dead : vive les morts-vivants !




Tout a commencé en 1968 par un petit film en noir et blanc de George A. Romero qui a revisité le mythe des zombies dans le contexte, dit-on, de la guerre du Vietnam : La nuit des morts-vivants. Lors d’expériences nucléaires, les morts se réveillent et sortent de leurs tombes afin d’anéantir les vivants. Devenu film culte, il fut prolongé par Romero lui-même d’une demi-douzaine de longs-métrages (en couleur) qui ont, chacun à leur façon, enrichi l’univers merveilleux de nos amis d’outre-tombe.

Dans les années quatre-vingt, le mort-vivant, jusque-là un peu marginal, devient mainstream grâce au célèbre clip de John Landis servant d’illustration au Thriller de Michael Jackson. J’ai d’ailleurs revu les quatorze minutes de celui-ci, il y a quelques semaines, au musée du Rock de Barcelone.

Désormais, on sait tout du mort-vivant de base. Il est, il faut bien le dire, assez peu soigneux de sa personne. Il a même un côté franchement négligé, voire défiguré, voire décomposé… Peu véloce, il erre de sa démarche saccadée à travers villes et campagnes à la recherche de cette chair humaine (bien fraîche celle-là) qui l’aidera à régénérer le petit quart de cervelle qui lui reste. C’est d’ailleurs cette dernière petite partie vivante de lui-même qu’il faut neutraliser si on ne veut pas terminer en steak tartare et être transformé soi-même en mort-vivant. Une balle de revolver peut faire l’affaire, mais, le bruit risquant d’attirer ses congénères, il vaut mieux un petit coup de hache sur le crâne : bien ajusté, celui-ci peut régler définitivement le problème. Cependant, si vous reconnaissez dans le mort-vivant un ancien copain d’école ou une ex-petite amie, l’opération peut déclancher un cas de conscience. Il est alors recommandé de ne pas trop réfléchir car, si isolé il est plutôt balourd, en groupe, le mort-vivant est extrêmement dangereux et glouton. D’ailleurs, à sa mine chafouine et même carrément renfrognée, on voit bien qu’il a des tas de choses à reprocher aux survivants (le 2e opus de Romero, Zombie, montre en 1978 l’assaut d’un centre commercial pour une véritable armée de morts-vivants, une façon radicale de contester les abus de la grande distribution…)

En 2003, le mythe est spectaculairement relancé par une série de BD publiée sous forme de « comic books », Walking dead. Sur la quinzaine de volumes publiés, j’en ai lu une dizaine, mais mon enthousiasme est tel que je n’ai pas pu attendre la fin de ma lecture pour pondre ce petit billet coup de cœur.

Les dessins en noir et blanc peuvent ne pas susciter une admiration esthétique totale, mais ils servent à la perfection le diabolique scénario de Robert Kirkman et c’est bien l’essentiel. Walking dead, c’est un peu le « A la recherche du temps perdu » des morts-vivants ! Road movie horrifique, la série de BD nous permet d’accompagner de nombreux survivants aux histoires personnelles contrastées, contradictoires, navrantes… humaines, quoi ! Leurs réactions face à l’apocalypse démontrent à l’évidence qu’évoluer dans un monde de morts-vivants ne rend pas les vivants- vivants plus solidaires que cela. Métaphore quand tu nous tiens !

Cerise sur le gâteau, les productions AMC ont adapté la BD dans une série télévisée qui en est déjà à sa troisième saison aux USA. Pour ma part, j’ai vu la première et je peux dire que la réalisation de Franck Darabond (le réalisateur de La ligne verte) est une superbe réussite, à la fois spectaculaire et intimiste.

Les premiers épisodes ont pour cadre Atlanta, submergée par des milliers de morts-vivants coincés dans le centre ville de la mégapole. Or, l’été dernier, j’ai passé quelques jours à Atlanta. Je me souviens très bien, lorsque je courrais selon mon habitude, dès l’aube, dans les rues en principe désertes de la ville, avoir aperçu quelques silhouettes hésitantes qui se mettaient à tituber dans ma direction… Rétrospectivement, j’en ai des frissons dans le dos ! En effet, il est très rare que je prenne une hache avec moi quand je cours…


22 février 2009

L’enquête corse

Depuis des années, j’ai cessé de me passionner pour la question corse. Pourtant, le hasard m’a amené à croiser dans ma vie plusieurs protagonistes du procès Colonna.

Tout d’abord, Jean-Hugues Colonna, le père d’Yvan : il fut notre compagnon de militantisme dans le PS des années soixante-dix. Nous avons même fait partie du tout petit groupe qui l’avait encouragé à se présenter aux législatives. C’est ainsi que, surfant sur la vague rose de 81, il devint député des Alpes-Maritimes dans la 3e circonscription. Dans la foulée, Dominique fut, pendant quelques années son assistante parlementaire à mi-temps. C’est à cette époque que nous avons croisé Yvan, mais j’avoue ne pas en avoir gardé un souvenir très précis. Par contre, Jean-Hugues, républicain convaincu aux antipodes des idées autonomistes de ses enfants, fut jusqu’à la chute de Jacques Médecin à laquelle il contribua grandement, notre leader. Aussi, depuis le début de ce drame, c’est vers lui et sa femme, Cécile, que vont nos pensées. La vie est ainsi faite que la peine des gens que l’on connaît nous touche plus que celle de ceux que nous ne connaissons pas.

Ensuite, il y a le principal avocat de la défense, Antoine Sollacaro, qui était étudiant dans notre promotion de la fac de droit. L’université de Corte n’existant pas encore, les jeunes nationalistes faisaient tous leurs études à Nice. C’est ainsi qu’à l’instar de Sollacaro ou de Léo Battesti, par exemple, nous avons connu la fine fleur du FLNC. Des compagnons avec lesquels nous entretenions des relations cordiales quoique assez distantes dans la mesure où ils préféraient rester entre eux dans leur bastion de la Cité U des Collinettes.

Enfin, il y a à peine quelques jours, c’est en lisant la presse que, à ma grande surprise, j’ai reconnu Didier Vinolas, le fameux témoin surprise avec lequel j’ai partagé, il y a deux ans, une mission au Haut-Karabakh. Nous faisions partie tous les deux d’une délégation d’observateurs internationaux chargés de surveiller la régularité du référendum constituant de ce territoire coincé entre Arménie et Azerbaïdjan. Le jour du vote, c’est en binôme que nous avions fait le tour des villages de montagne sur les routes enneigées en Niva 4x4. De Vinolas, j’ai gardé le souvenir d’un homme affable et drôle, au profil de grand commis de l’Etat. Nous avions, à l’époque, évoqué la situation en Corse, mais je n’avais eu droit à aucune révélation…

On le voit, tout cela constitue un étrange concours de circonstances pour quelqu’un qui n’avait suivi le premier procès qu’à travers la presse et la BD-document de Tignas et Paganelli, « Le procès Colonna ».

D’ailleurs, à l’heure actuelle, si je devais résumer mon état d’esprit vis-à-vis de la tragi-comédie corse, c’est à une autre BD que je ferai référence : la cultissime « Enquête corse » de Pétillon. La situation présente en Corse ne vaut pas mieux que cette pantalonnade drolatique dont aucun protagoniste ne sort indemne.

06 juillet 2008

Les Bidochon ont une âme



La sortie de la collection des Bidochon en petit format a été pour moi l’occasion de relire la saga de Binet. Une saga tellement intégrée à notre univers quotidien qu’on finit par ne plus la connaître vraiment. C’est un tort.

En effet, au delà des réjouissants et vachards clichés franchouillards qui ont fait la fortune de la BD, on s’aperçoit, en relisant à la suite les dix-huit volumes, que Robert et Raymonde existent vraiment. Ce ne sont pas (seulement) des caricatures, mais des êtres de chair et de sang, certes pas très malins, pas très raffinés, mais dotés d’un cœur et peut-être d’une âme.

Raymonde est un personnage émouvant et, pour tout dire, attachant. Elle, qui s’est mariée vierge (vol. 1) – le juge de Lille aurait été rassuré -, elle, qui « n’a jamais eu 18 ans » (vol. 13), rêvait de vivre une véritable histoire d’amour. A la place, elle a eu Bidochon, rencontré grâce aux petites annonces. Et, si l’aérophagie et l’égoïsme de Robert n’empêchent ni les sentiments, ni le sexe, il faut bien admettre qu’ils les compliquent un peu (vol. 8)… Et plus tard, quand Madame souhaitera avoir un enfant, elle devra, malgré « sa croupe charolaise », s’incliner devant la stérilité de Monsieur en étant, en plus, obligée de le consoler (vol. 1).

Robert, quant à lui, est le maillon faible du couple. Sous des dehors de matamore bougon bardé de fausses certitudes, il est la proie de charlatans de la voyance (vol. 18), de la santé (vol 16), et, plus grave encore, de l’immobilier (vol. 4). Mais il est surtout complètement dominé par Môman, sa monstrueuse mère qui le surprotège (« Robert, y’a pas mieux »). D’où un hallucinant volume 15 (Bidochon mère), où l’on voit Raymonde lutter de toutes ses forces contre une relation qui est à la marge de l’inceste.

Bidochon est moins faible vis-à-vis de sa pauvre femme qu’il terrorise volontiers. Même si son machisme peut s’éclairer d’un rayon de féminisme à sa façon (vol. 5). Ainsi, sa femme peut aller de temps en temps à « une réunion pour libérer les femmes » car, au moins, « quand elles sont dehors, elles nous foutent la paix ».

Mais, entre Raymond la frustrée et Robert l’immature, il y a de l’affection et peut-être même de l’amour. Quand Madame, au cours d’un pitoyable voyage dans les pays de l’Est, est oubliée (!) dans la forêt à Wieska (vol. 6), le désespoir de Robert est total. Quand Monsieur tombe malade, Raymonde est complètement perdue (vol. 7).

Il y a cela et bien d’autres choses dans la saga des Bidochon : le charme de la vie en HLM (vol 3), la bureaucratie aveugle qui déclare Raymond… décédé (vol 9), la bagnole qui obsède (vol 10), la télé qui abrutit (vol. 12), le portable qui rend fou (vol. 17), et des vacances en pension de famille qui lorgnent plus du côté de Tati que de Reiser (vol. 2).

Et puis ce dialogue… si vrai (vol. 13, p. 12) :

Raymonde : Robert, un jour, j’aimerais que tu m’emmènes voir un clair de lune !!
Robert : Un clair de lune !!!
Raymonde : Oui, rien que toi et moi, en amoureux, face à la lune !!
Robert : Mais… la télé te suffit plus ??
Raymonde : Si mais on la regarde tous les soirs depuis quinze ans, ça nous changerait un peu !
Robert : Justement ! On n’a pas mis quinze ans à mettre tout au point pour venir tout chambouler d’un seul coup !!
Raymonde : Alors, tu veux pas !!
Robert : C’est pas que je veux pas, c’est que je veux pas tout chambouler !
Raymonde : Alors j’irai toute seule !!
Robert : Mais tu peux pas !!
Raymonde : Et pourquoi je peux pas ??
Robert : Mais parce que tu vas tout chambouler !!

Que celle qui n’a pas rêvé de voir un clair de lune et que celui qui n’a jamais eu peur de tout chambouler leur jettent les premières pierres…

27 mars 2008

Monsieur Jean

Dans la série des BD introspectives, « Monsieur Jean » a une spécificité par rapport aux souris de Spiegelman (« Maus ») ou au chat de Joann Sfar (« Le chat du rabbin ») : il est goy, cent pour cent goy.

Trentenaire désenchanté à la mélancolie tenace, Monsieur Jean, le personnage de Dupuy et Berbérian, est un bobo tendance Souchon (« Allo maman bobo ») qui repousse, d’album en album, l’entrée dans la vraie vie. Cauchemardant régulièrement, communiquant avec les morts parfois, il se cogne contre les autres. Les autres, ce sont, pêle-mêle, la concierge monstrueuse, le voisin suicidaire, les parents gnangnan, Félix l’ami crampon et calamiteux, les enfants forcément insupportables. Mais, les autres, ce sont surtout les femmes : avec elles, rien n’est simple, qu’elles s’appellent Chantal, Alicia, Lisa, Manureva ou Marion (eh oui… !). Avec Cathy, la femme de sa vie, les tempêtes se succèdent avant de trouver, avec la paternité, dans le dernier album, « Un certain équilibre » (éditeur Dupuis). Mais jusqu’à quand ?

Pourtant, pour Monsieur Jean les autres ne sont jamais l’enfer mais plutôt les balises de son humanité. Ses bleus à l’âme révèlent en fait son humanisme profond. Et ce qu’on pouvait prendre pour de la mélancolie pure se colore – au fur et à mesure de la lecture et de la relecture – d’espoir.

07 décembre 2007

Adèle Blanc-Sec


Entre les réunions, la présence quotidienne sur le terrain, les heures de cours… et les mariages (encore deux en cette fin de semaine), il est impératif de trouver le temps d’un peu souffler.

Relire la saga BD de Tardi, « Adèle Blanc-Sec », aura été ma respiration de la semaine. Il est vrai que cette série, dont le neuvième volume vient d’être publié (« Le labyrinthe infernal ») est un bon dérivatif, avec son univers étrange qui oscille sans cesse entre un réalisme historique fascinant (la Paris du début du siècle comme si vous y étiez) et un fantastique naïf qui confine parfois au surréalisme.

Adèle Blanc-Sec est une drôle de petite bonne femme qui traverse des aventures d’une complexité feuilletonesque avec beaucoup d’autorité et généralement en faisant la tête à ses compagnons aux noms pittoresques comme Simon Flageolet, Lucien Brindavoine ou Edouard Choupard.

Sans émotion particulière, elle rencontre le ptérodactyle du jardin des Plantes, le noyé à deux têtes ou les momies du Parc Monceau. Le lecteur, lui, ne sort pas tout à fait indemne de cette descente aux enfers. Après avoir lu la série, essayez de rentrer sereinement à votre hôtel parisien, un soir d’hiver après avoir raté le dernier métro, sans penser au « Savant fou » ou au « Démon de la Tour Eiffel »…

14 février 2007

De Rascar Capac à Plékszy-Gladz

Entre deux réunions pré-présidentielles, j'ai profité d'une petite plage de liberté dans un week-end parisien bien rempli pour filer du côté de Beaubourg visiter, en bon tintinophile, l'exposition Hergé.

Une fois de plus j'ai été bluffé par le phénomène Tintin. On dit généralement que les fans du petit reporter à pantalon de golf ont entre 7 et 77 ans. Je peux témoigner que ce Dimanche, sous la pluie, parmi les centaines de visiteurs qui font la queue, nombreux sont ceux qui ont moins de 7 ans. Nombreux aussi ceux qui ont plus de 77 ans. Avec, dans les yeux, la même passion. Plus tard sous les cimaises d'une expo pourtant médiocre, l'excitation sera à son comble et chacun communiera dans une véritable tintinmania.

Je ne sais pas si nous avons tous quelque chose de Tennesee, mais je suis certain que nous avons tous... quelque chose de Tintin ! C'est ainsi que je reproduis périodiquement une scène du « Temple du soleil » : en fac de lettres une cellule doit régulièrement être réactivée pour assurer l'éclairage de mes amphis ; à cette occasion, il me plait de rejouer la scène de l'éclipse en appelant Pachacanac à la rescousse. Mes pourtant très jeunes étudiants, généralement, comprennent.

Pour évoquer le malstrom d'images, de scènes, de personnages qui se bousculent dans ma tête, je vous livre le résultat d'un petit exercice d'écriture automatique directement inspiré par Tintin…

La momie de Rascar Capac, la maquette de la Licorne, la portière de la voiture sciée pour échapper aux gangsters, le rhinocéros explosif, la marche d'escalier brisée à Moulinsart, la plainte du yéti, le chinois fou au sabre tournoyant, le petit sparadrap voltigeur, le Karaboudjan, le peu ragoûtant guano, les sarcophages en attente, le whisky bulle en apesanteur, le lama fâché qui « toujours fait ainsi », Lampion et Abdallah, les deux têtes à claques, Muller et Rastapopoulos, les odieux, Tchang et Zorrino, les gavroches exotiques, le suicide de Wolff... J'en passe et des meilleures. Chacun peut aussi se livrer à ce salutaire petit exercice : why not ?

Mais mille millions de mille sabords, par les moustaches de Pleksksy-Gladz, que le grand cric me croque, j'allais oublier les jurons du capitaine : Phylloxéra, topinambours, vermicelle, anthropopithèque, iconoclaste, moule à gaufres, nyctalopes, espèce de logarithme, ectoplasme, sapajou, zouave, cloporte, coléoptère, coloquinte, zigomar... Si je n'avais pas peur de mélanger les genres je dirais bien : ça c'est du brutal !!!

09 mars 2006

M'enfin !


En commentant une précédente rubrique, l’un d’entre vous m’a conseillé de réconcilier les passionnés de l’image avec ceux de l’écrit en parlant de… BD ! Et bien je relève le défi !

Même si dans ce domaine mes goûts sont assez classiques. Je suis un inconditionnel de la franco-belge et de la ligne claire. La BD contemporaine me laisse souvent sur ma faim : "XIII" m’est tombé des mains après le deuxième album, "Corto Maltese" m’impressionne sans me captiver, j’ai laissé Bilal à ses délires même si ses deux premiers chefs-d’œuvre "Les phalanges de l’ordre noir" sur le franquisme et "Partie de chasse" sur le stalinisme restent des albums de chevet.

Vous l’avez deviné, je suis d’abord et avant tout un tintinophile convaincu, mille sabords. Tous les deux ans, je relis la totalité des albums. Et je suis toujours émerveillé de voir que le succès du petit reporter et de Milou se poursuit de génération en génération.

Il y a deux jours, dans mon amphi, à la suite d’une panne d’électricité, j’ai mimé la célèbre scène de l’éclipse du "Temple du Soleil" et tout le monde a compris…

Pour le reste, j’avoue avoir récemment redécouvert Gaston Lagaffe, un personnage beaucoup plus complexe et dense qu’on ne l’imagine au premier abord… m’enfin ! Ce révolutionnaire paisible n’a pas son pareil pour dérégler à la façon de Monsieur Hulot l’univers productiviste des éditions Dupuis. Ses lointains cousins, Lucien de Margerin, et Le grand Duduche de Cabu dynamitent aussi, avec beaucoup de drôlerie les travers de l’époque.

L’intégrale de Goscinny (enterré au cimetière du château de Nice) est évidemment incontournable. Oumpah-Pah (et l’ineffable Double-scalp), Lucky Luke deuxième période (Vive Rantanplan, le chien le plus stupide de l’Ouest), Iznogoud (j’ai rencontré beaucoup de ses jumeaux… en politique !) et bien sûr Astérix première période.

Après, en vrac, je peux citer Blake et Mortimer (« By jove, je rêve ! ») et leur frère hexagonal Guy Lefranc. Côté satyre sociale, je lis avec intérêt les productions de Lauzier (même si je n’aime pas toujours le rire qu’il provoque…), les attendrissants Bidochon et les remarquables albums de Pétillon que sont "L’enquête corse" et "L’affaire du voile".

Blek le Roc (« Damned, encore ces maudites tuniques rouges ! ») reste un souvenir d’enfance, la Rubrique-à-brac et Superdupont un souvenir d’adolescence, de même que les illustrations du Petit Nicolas par Sempé.

Mais si je dois un jour emmener une BD sur une île déserte, ce sera sans conteste possible "Maus : a survivor’s tale" d’Art Spiegelman. En fait, l’histoire de la Shoah a travers l’histoire bouleversante de la famille de l’auteur qui a eu le culot et le talent de faire vivre ses personnages sous forme de souris et de félins tout en renvoyant Disney à la préhistoire de la BD.


Pour terminer, une confession. Je possède la collection complète des albums de Michel Vaillant. Les dessins sont répétitifs, le scénario souvent indigent, je ne suis pas un passionné de voitures, mais j’aime ça… peut-être une forme particulièrement pernicieuse de conduite addictive.