
Notre mission d’observation nous conduit d’abord dans la ville de Shoushi, véritable petit Vukovar à moitié détruit par les bombardements azéris de la décennie précédente. Au détour d’un bureau de vote, nous rencontrons une délégation parlementaire de Transnistrie, ce qui, à la lumière de nos mésaventures estivales, a une saveur particulière.

Puis ce sera Ajgestan, Khachen, Vank. Au passage, nous visitons l’église du XIIIe siècle de Gandzasar, une église typiquement arménienne qui semble sortir de Calendar, le plus beau des films d’Atom Egoyan.
À Kischan, Christina nous montre les ruines de sa maison familiale détruite par la guerre. Enfin, ce sera Nor Ghazanchi et Askeran. Régulièrement, j’amuse mes interlocuteurs en leur racontant nos péripéties électorales dans le 7e canton de Nice… L’accueil est partout chaleureux, dans des écoles dignes de La gloire de mon père ou de salles de spectacles ambiance Kusturica. Dans l’une d’elles, on se lave les mains à la vodka… Assurément, une première ! De bureau en bureau, nous constatons que le déroulement du scrutin est formellement satisfaisant. En fin de journée, Didier aura toutefois un échange viril mais correct, comme on dit dans L’Equipe, avec un solide quinquagénaire moustachu qui s’avèrera être le Vice ministre de l’Agriculture.
À partir de vingt heures, dans le plus grand cinéma de Stepanakert, les premiers résultats tombent. Le Oui l’emporte largement, mais la participation reste modérée ce qui est un gage de sincérité. Sincérité : c’est le terme que j’emploie lorsque je suis interviewé par la radio nationale, tout en rappelant que nous n’avions pas à juger de l’opportunité du scrutin. C’est d’ailleurs cette ligne de conduite qui nous amènera à refuser de signer le document préétabli par la Présidence au profit de nos propres conclusions.
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