09 décembre 2009

L’ALED a droit de Cité


L’association laïque pour les élèves en difficultés (ALED), présidée par notre ami et colistier Paul Vautel, organise régulièrement des conférences-débats. C’est ainsi qu’en Mai 2008 j’ai eu le plaisir d’intervenir sur… Mai 1968 au théâtre Trimages.

Ce soir, c’est dans le décor cosy du théâtre de la Cité qu’était programmée une conférence sur l’éducation des enfants intitulée « Croisière ou galère ? » et sous-titrée « De la joie d’être parents dans un monde compliqué ».

Présidée par une autre amie, Véronique Lederman, le débat fut introduit par le Président Paul himself. Il rappellera que les difficultés présentes sont en partie les conséquences d’une évolution heureuse de la société comme le vote des femmes, la contraception, le divorce par consentement mutuel, l’autorité parentale, le travail féminin…

Les intervenants (Côme Jacqmin, juge pour enfant, Florence Pellegrino, enseignante en ZEP, Jean-Max Foret, éducateur ), en tous points excellents, feront ensuite le constat que, dans une société où l’individualisme s’est considérablement développé, éduquer les enfants « ne coule pas de source ». Ils sont également d’accord pour affirmer que tout retour en arrière (contrat d’éducation parental) est illusoire, démagogique et relève souvent d’une forme de discrimination sociale (le couvre-feu dans certains quartiers).

Les solutions ne peuvent pas être théoriques et encore moins idéologiques mais doivent constituer un faisceau de réponses pragmatiques, au coup par coup : du cousu main en quelque sorte… Le juge lui même avoue, malgré sa mission d’autorité, négocier quotidiennement dans la discrétion de son cabinet pour arriver aux moins mauvaises solutions.

Dans ce contexte, l’école a pour tâche de créer les conditions qui peuvent faciliter la recherche de cet équilibre en imposant la notion de « respect » comme substitut aux formes d’autorité « à l’ancienne » de toute façon impossible à restaurer.

Mais ce type de solution nécessite des moyens pour l’Education nationale comme pour les équipes de prévention spécialisées et les associations. Et les intervenants de nous rappeler qu’on est loin du compte en ces périodes de restrictions budgétaires où la prévention et l’éducation sont sacrifiées aux effets d’annonce sécuritaires.

06 décembre 2009

Nostalgym au Ray


Défaite honorable hier soir du Gym face à Marseille, avec une équipe réduite à 10 pendant toute la deuxième mi-temps. Malgré cet incident de parcours, on subodore que les Aiglons sont encore partis pour nous offrir une belle saison…

On commence à avoir l’habitude : depuis presque une décennie, cette équipe aux moyens financiers limités, réalise d’impeccables parcours en Ligue 1 où elle devance régulièrement des clubs plus huppés et surtout plus friqués.

Mais depuis quelques mois, chaque match au Ray est un peu plus qu’un match de plus. Les jours du vieux stade Léo Lagrange sont désormais comptés. Ce qui fut pendant très longtemps le serpent de mer de la politique niçoise, à savoir le grand stade, risque de devenir rapidement – porté par la candidature de la France à l’Euro – une réalité. Cette semaine encore, l’annonce du soutien financier de l’Etat rend l’échéance inéluctable.

Ainsi, tout en vibrant avec Sami aux exploits de Loïc Remy, d’Ospina, et de Coulibaly (qui a marqué un si joli but), je n’ai pas pu m’empêcher de jouer à « Je me souviens… ».

Je me souviens de ces longs « trails » entre le quartier Pasteur et le stade qui nous faisaient traverser la moitié de la ville en empruntant uniquement des chemins de traverse et des escaliers. Le chemin de la Galère, embaumé et fleuri au printemps, flamboyant en automne, représentait une partie non négligeable de notre itinéraire bis. C’est dire si aujourd’hui, je soutiens avec ferveur la conseillère générale du 7e canton qui veut valoriser et faire connaître les richesses de ce bucolique cheminement rural en zone urbaine.

Je me souviens, pêle-mêle de tous ces joueurs rouge et noir que nous avons tant admirés : les chevauchées fantastiques de Jean-Noël Huck, les dribles de Charly Loubet au poteau de corner, les plongeons de Baratelli, la vitesse de Bocchi (qui désormais tient la buvette de la cité Ray-Gorbella dans le 5e canton), la rudesse de Chorda, la technique de Leif Eriksson, l’élégance de Bocandé (sa fille est mon étudiante), les buts de Bjekovic, la pirogue de Marama Vahirua, l’esprit Ajax de Dick van Dijk…

Je me souviens aussi tout particulièrement de René Fioroni. Cet étudiant en notariat avait gardé son statut d’amateur… et portait des lunettes. Ailier fougueux, il était souvent descendu sans ménagement par la défense adverse à l’approche de la surface de réparation. Du coup, probablement inspirés par la jurisprudence Agnan du petit Nicolas de Goscinny, nous avions pris l’habitude de conspuer avec véhémence ces brutes incapables de respecter un amateur courageux qui portait des lunettes.

Je me souviens de soirs de deuxième division où nous étions encore des milliers à soutenir ce qui n’était parfois qu’un fantôme d’équipe. Je revois comme si c’était hier le tableau d’affichage et son 0-3 après une demi-heure de jeu un soir d’hiver contre… Chateauroux (c’est où ça, Chateauroux ?).

Je me souviens du miracle de 2002 quand l’équipe caracolait en tête de la L1 quelques mois après avoir été pratiquement condamné à la troisième division par une fédération très sceptique sur les capacités de gestionnaires des actionnaires locaux. José Cobos le magnifique fut le symbole de cet ahurissant retournement de situation, incarnant la révolte des joueurs contre le dictat parisien, avant de propulser l’équipe vers les sommets. Quelques années plus tard, j’ai eu le privilège de parler assez longuement en tête à tête avec lui. J’ai découvert un homme sensible, un humaniste profondément attaché à l’éthique sportive… C’est dire s’il a dû se sentir souvent bien seul dans le monde du football professionnel.

Je me souviens de ces quatre années passées dans les Populaires, aux côtés de la Brigade sud, avec Ange et Bruno Della Sudda, un alter chez les ultras, aurait dit Léo Mallet. Chants, chorégraphies, banderoles, serpentins et confettis… l’ambiance était chaude, les slogans aussi… Ils traduisaient en tout cas une connaissance très précise des pratiques sexuelles des arbitres et des supporters adverses !

Je me souviens bien sûr des concerts de klaxons sur Borriglione et sur Gorbella les soirs de victoire, les larmes ravalées et les poings dans les poches après les défaites. Je n’ai même pas oublié les petits bastons probablement nécessaires à l’hygiène du corps.

Pour toutes ces raisons, notre cœur restera toujours au Ray. Pour autant, nous n’abandonnerons jamais notre équipe, nous irons la soutenir dans la grande plaine froide, j’irai la soutenir dans la grande plaine froide. D’ailleurs, en gage de fidélité, je vais, dès lundi, installer dans ma permanence, le grand fanion dédicacé par toute l’équipe que Dominique a acquis au téléthon organisé par le comité de quartier de Cimiez. Qu’on se le dise !

02 décembre 2009

5.05 - Molière


Comme son nom l’indique ce secteur est organisé autour de la rue Molière qui d’est en ouest traverse le paisible quartier situé entre Borriglione et Auguste Rainaud avant de grimper brusquement sur les hauteurs de Bellevue.

Pourtant Molière a bien peu mérité de Nice. On ne lui connaît aucun lien avec notre ville et n’a-t-il pas fait dire à un de ses personnages : « Hors de Paris , il n’y a pas de salut pour les honnêtes gens » (dans quelle pièce ?).

Cette rue fut longtemps celle de la Fondation Dabray, hospice dépendant du CHU reconverti un temps en résidence d’artistes avant d’être démoli pour faire place à un établissement expérimental spécialisé dans la lutte contre la maladie d’Alzheimer : l’institut Claude Pompidou financé par l’association du même nom.Et c’est à l’occasion du dépôt de la première pierre, à côté de Bernadette Chirac, que j’ai pu vérifier que le célèbre cabas n’était pas une invention du scénariste des Guignols

Notons enfin, à l’intersection nord avec Bellevue, le superbe palais Molière où, pendant quelques semaines dans les années 70, nous avions sous-loué un studio sous les toits sans jamais l’habiter, probablement découragé par notre prédécesseur, admirateur de la famille Adams, qui avait peint tous les murs… en noir !

Toujours sur les hauteurs, n’oublions pas la petite rue Eden, où, semblent-ils quelques rats malicieux avaient un temps colonisé les palmiers pour de bruyantes raves parties nocturnes.

La rue Edouard Dalmas fait aussi partie du périmètre, avec ses deux superbes villas à fresques, fausses jumelles que nous avons sauvées, avec le soutien de la population, d’une destruction programmée par les urbanistes de la ville.

Pour le reste, le 5.05 n’est composé que de portions de rues et d’avenues contribuant à donner à l’ensemble un caractère confus et peu homogène. Ainsi, l’avenue Bellevue, dans sa partie 28-54, l’avenue Barbusse du 26 au 36, avec le Centre des Etudiants Juifs, où je me souviens avoir participé à des débats passionnés et passionnants, la partie ouest de la rue Michel-Ange, avec son hôtel St Hubert, petit deux étoiles au confort douillet et un peu suranné des établissements de province où descendent les voyageurs de commerce et le commissaire Maigret.

Reste encore, du 22 au 36, une petite partie de la rue Théodore de Banville, juste le temps de vérifier qu’à Nice Nord, existent les pistes cyclables les plus désertes de la ville et de rappeler que ce brave Théo, poète « aux rimes riches » comme le rapporte la chronique, né à Moulins (nul n’est parfait), était complètement frapadingue de notre cité : « Nice est une déesse vivante sortie des flots d’écume sous un baiser du soleil. On vient à Nice pour une semaine et on y reste toute sa vie… ».

Mascarille, prends de la graine… !

28 novembre 2009

5.07 - Cyrille Besset


Après le 5.12 (Fontaine du Temple), le 5.03 (Vernier), le 5.02 (Joseph Garnier), le 5.13 (Gorbella), le 5.18 (Clément Ader) et le 5.01 (Dabray), le 5.04 (Clément Roassal), le 5.11 (Stephen Liégeard) et le 5.17 (Alfred Binet), allons vagabonder dans le 5.07 (Cyrille Besset… même si son nom est trompeur car l’avenue en question ne fait qu’effleurer le quartier dont ce bureau de vote porte le nom).

C’est ici que bat le cœur du canton. Sur son territoire exigü et tourmenté, ne trouve-t-on pas, en effet :
- un théâtre (voir Les théâtres du 5e canton),

- un musée (voir De la relève du 06 au Quartet 21),

- un cimetière (voir Le père Lachaise du 5e canton),

- une église, un collège, une école primaire, une école maternelle… et une voie romaine (voir Et si Babaorum était dans le 5e canton ?)..

Le cœur de ce cœur, cher à mon cœur, est en fait… une brasserie qui porte le nom usuel du quartier, « La Dominante ». Pour les Niçois, le square Boyer (place où est située la brasserie), c’est toujours la place de la Dominante selon la tradition des doubles noms de place à Nice nord (De Gaulle/Libération, Alexandre Médecin/St Maurice, Goiran/St Sylvestre).

C’est que, par deux fois au moins, cet établissement m’a accueilli en compagnie de personnages illustres. En 1990, pour ma première campagne cantonale dans le 5e canton, Laurent Fabius, alors Président de l’Assemblée Nationale, m’avait fait l’amitié de venir à Nice me soutenir dans une modeste réunion de proximité. Sa venue avait d’ailleurs déclenché un afflux de curieux et une tempête médiatique dans un quartier qui restera incrédule jusqu’à l’arrivée de Laurent. Deux ans plus tard, les aléas de la vie politique m’avaient transformé pendant deux mois en responsable de campagne officieux de Léon Schwartzenberg, tête de liste dans notre département pour les régionales. Après un face à face plutôt tendu à La Libé avec l’actuel marie de Nice, nous avions animé de conserve avec Léon, politique un peu lunaire mais très humain, une réunion dans ce qui était devenu, depuis l’épisode Fabius, mon quartier général.

Mais même si le nom de « Dominante » est sympathique et populaire, il y a une bonne raison d’appeler la place par son nom officiel. En effet, Roger Boyer était un de ces résistants qui ont perdu la vie au Passage à niveau le jour de la Libération de Nice. C’était le 28 août 1944.

Au-delà, le 5.07, c’est aussi l’avenue Saint Barthélemy avec, au n°34, l’étrange immeuble aux balcons en forme de soucoupes volantes, la Montée Claire Virenque, du nom d’une poétesse niçoise qui n’a jamais rien fait à l’insu de son plein gré, les rues Calvino et Andréani qui sillonnent cette colline Saint Barthélemy dont le Prieuré du Vieux Logis est le diamant ocre. Le tout, sous le regard de l’ange qui surmonte l’étrange clocher de l’église.

Les escaliers sont nombreux dans le quartier pour relier rues parallèles et superposées : Saint Barthélemy-Imbert, Besset-Virenque, et bien sûr celui du romain chemin du Collet. Le conseiller général s’est souvent battu avec les autorités pour leur assurer une propreté conforme à leur utilité et à leur poésie.

Pour être tout à fait complet, n’oublions pas non plus la rue des Vediantiens où, un lundi matin très tôt, j’avais entamé ma campagne victorieuse de 1998, la rue Pierre Vogade, du nom de la dynastie des célèbres pâtissiers niçois, l’allée du manoir de Montjoie et le chemin du Vallon de Gorbellon rappelant la géographie initiale de l’est du quartier.

La preuve que dans le 5.07 on peut circuler par monts (colline Saint Barthélemy) et par vaux (le Gorbellon)…

22 novembre 2009

André Aschieri : le politique « autrement »

L’information est désormais confirmée : André Aschieri conduira la liste régionale d’Europe Ecologie dans les Alpes-Maritimes. Assurément une bonne nouvelle pour la gauche dans notre département.

C’est qu’André Aschieri est un homme politique atypique. Sans attaches partisanes, c’est en toute liberté qu’il fait de la politique « autrement » depuis de nombreuses années. Elu maire de Mouans-Sartoux en 1974, cet homme de gauche a transformé une cité-dortoir traversée par la route nationale Cannes-Grasse en commune de référence des Alpes-Maritimes et peut-être même de la Région. Le bilan est impressionnant : municipalisation de l’eau et des pompes funèbres, politique sociale de pointe, politique de développement économique audacieuse, engagement en faveur du développement durable et mise en place de pratiques de démocratie participative bien avant que tout cela soit à la mode.

Pour ma part, j’avoue avoir une admiration toute particulière pour la politique culturelle initiée par notre collègue du Conseil général Marie-Louise Gourdon, dont le Centre d’Art Contemporain et le Festival du Livre sont les plus beaux fleurons.

Aussi, je ne manque jamais une occasion d’envoyer mes étudiants en observation ou en stage à Mouans-Sartoux, eux qui doutent si souvent de l’action politique. Toujours bien reçus, ils reviennent avec un tout autre état d’esprit et parfois des projets d’engagement citoyen.

Député de 1997 à 2002 pendant les années Jospin, André Aschieri sera un parlementaire précieux pour la majorité de l’époque sur les questions d’environnement et de santé publique tout en proposant des comptes-rendus de mandat participatifs à ses électeurs.

Que cet élu-là ait été snobé voire méprisé par les socialistes locaux, qui l’ignorent au moment des sénatoriales et le placardisent à la Région, est somme toute assez logique. Les apparatchiks médiocres ne veulent surtout pas laisser un espace politique à un homme de cette envergure. Et, une fois de plus, Michel Vauzelle – qui n’est pourtant ni apparatchik ni médiocre – laissera faire.

Résultat des courses : Aschieri va renforcer le combat de Laurence Vichnievsky « visant à remettre l’homme au centre des préoccupations politiques » et Vauzelle va devoir assumer les conséquences de son manque de courage contre les appareils en endossant seul ou presque scandales marseillais et déculottées niçoises.

Entre une liste d’Europe Ecologie conduite par André Aschieri, avec probablement Rémy Gaechter et Mari-Luz Nicaise, et une liste PS-Allemand avec les chevaux de retour de Biscarra, le choix des électeurs de gauche risque d’être vite fait…

Avec André Aschieri et Laurence Vichnievsky, plus de divorce entre l’efficacité et la morale. Le vote utile va changer de camp… et en plus il sera éthique !

21 novembre 2009

La paix – pas tout à fait – maintenant


Notre compagnon de Gauche Autrement Maurice Winnykamen et son coéquipier Michel Le Bellac, toujours apprécié avenue Cyrille Besset, nous ont fait l’amitié de dérouler à la permanence leur premier débriefing au retour d’un voyage en Israël et en Cisjordanie pour le compte de « La paix maintenant ».

Ce n’était d’ailleurs pas la première fois que Gauche Autrement co-organisait une réunion avec l’organisation pacifiste : on se souvient de la soirée-débat avec Hagit Ofran à la Galerie Depardieu.

Jeudi soir, au cours d’une réunion agrémentée par le Beaujolais nouveau de Paul Vautel, Maurice et Michel nous ont fait un compte rendu du séjour de leur délégation (d’une cinquantaine de personnes). Et cela, à un moment où les nouvelles de cette partie du monde sont franchement mauvaises. N’a-t-on pas appris, coup sur coup, l’accélération de l’islamisation de la société sous la houlette du Hamas dans la bande de Gaza (les petites filles doivent désormais aller à l’école voilée) et le refus provoquant du gouvernement israélien d’arrêter les implantations de colonies en Cisjordanie (désavouant ainsi spectaculairement Barack Obama) ?

Le moins qu’on puisse dire est que le témoignage de nos amis ne contredit pas le pessimisme ambiant. Multipliant les contraintes administratives contre la population des territoires, le gouvernement de Netanyahou ne laisse aucun espace politique à l’Autorité palestinienne qui doit faire face à un sentiment d’humiliation et de colère grandissant.

Pourtant, Israël est en position de force pour négocier : le mur a permis d’éradiquer pratiquement le terrorisme à l’intérieur du pays, les Palestiniens sont divisés comme jamais et bien peu soutenus par les pays « frères ». L’attentisme du gouvernement israélien (hélas, semble-t-il, en phase avec l’opinion publique) est donc incompréhensible.

Une seule certitude, toutefois, rappelée par Maurice : Israël n’annexera jamais la Cisjordanie car cela reviendrait à annexer également une population arabe qui bouleverserait l’équilibre démographique de ce qui demeure, comme nous le rappelait Joël Simon, la seule démocratie de la région. Le statu quo presque revendiqué va conduire immanquablement à une radicalisation islamiste d’une société palestinienne qui risque de passer tout entière sous le joug du Hamas. On en arrive même à se demander – en ce qui me concerne, je me pose clairement la question – si ce n’est pas le but recherché… Itzhak Rabin est bien loin…

Bravo quand même à « La paix maintenant », à Maurice, à Michel, et à tous ceux qui ne veulent pas se résigner. Après des événements aussi incroyables que la chute du Mur de Berlin ou la fin de l’apartheid en Afrique du sud, il n’y a pas de raison pour que l’Histoire ne leur donne pas un jour raison. Oui, mais quand ?

18 novembre 2009

Nice secret et insolite

« Nice secret et insolite » (Editions Les beaux jours) est un petit livre épatant pour tous ceux qui veulent faire le point sur leur histoire d’amour avec Nice.

Le concept est simple : une page, un lieu, une photo, un petit texte. Thomas Bilanges est le photographe, Charles Bilas l’écrivain.

Des étonnantes (fausses) jumelles des 137-139 Promenade des Anglais, à la tour du manoir Léliwa de Rohozinski qui nargue nos embouteillages sur la Voie rapide, en passant par l’abbaye de Saint-Pons, ce sont près de 200 lieux niçois que les auteurs passent en revue avec une légèreté qui n’exclut pas la passion.

Du coup chacun peut faire sa petite virée existentielle dans le panthéon niçois. Pour ma part, j’avoue m’être arrêté devant la fresque méditerranéenne du CUM en pensant à ma première année de Droit, la villa Marichu et le palais Maeterlinck avec leurs fêtes de mariages, les abattoirs où j’entends encore le tumulte infernal de la salle d’abattage, l’église des Saints-des-Derniers-Jours où les mormons (!) m’apprenaient l’anglais, et la villa Beausite où, avec la journaliste de Nice Matin Sylvie Béal, j’ai testé la condition… d’otage ! Un olibrius, occupant sans titre, nous avait en effet retenus alors même que la maison était cernée par les huissiers et les policiers…

Quant à cette parcelle de la route forestière du Mont-Boron que les auteurs appellent « le coin des amoureux », je n’en dirai rien mais je n’en pense pas moins. On peut même se demander si ce n’est pas là qu’est né le groupe Gauche Autrement du CG…

Par ailleurs, l’élu du 5e canton n’est pas mécontent de retrouver au fil des pages et des chapitres : le 5-7 et les dômes de la Libé, la gare du Sud, le Passage à niveau, les guichets « futuristes » du Ray, la maison d’artiste du 5, avenue Ernest Lairolle, la villa Arson et l’ange de Saint-Barthélemy.

Le 7e canton est un peu moins bien traité, mais Charles Bilas nous confie quand même les secrets du Parc Chambrun, du château Valrose, de l’Aire Saint-Michel et de la cascade de Gairaut.

C’est à peine si on peut reprocher aux auteurs quelques oublis comme l’absence de Romain Gary et de sa promesse de l’aube quand est évoquée la cité de la Buffa ou celle de Jeanne Patetta, la grand-mère de Dominique, dans la petite maison du 38, rue Ségurane qui accueillit aussi un certain Frédéric Nietzsche !

Quoi qu’il en soit de la « maison des nains » de Désambrois à la Batterie russe, le livre fourmille d’informations et d’anecdotes. De quoi nourrir de nombreux quiz entre amis… C’est la raison pour laquelle je ne résiste pas au plaisir de vous poser trois questions :

1) Quel est le point commun entre la chapelle du Très-Saint-Sépulcre de la place Garibaldi et l’église russe Saint Nicolas-Sainte Alexandra de la rue de Longchamp ?

2) Quelle est l’origine du grand lustre de cristal suspendu au centre de la coupole de l’église Saint-Roch ?

3) Avant les archives municipales, quelle activité abritait, dans les années 20, le Palais de Marbre ?

Réponses sur ce blog demain à minuit !

16 novembre 2009

Je suis aussi un Ponthus

Après avoir « forrestgumpé » dès potron-minet une dizaine de kilomètres entre Saône (ma chère Saône!) et Rhône dans les rues de Lyon, j'avais rendez-vous ce dimanche, à la Part-Dieu, avec une assemblée de l'Association des Amis du Chevalier Ponthus.

Il faut dire que ma mère est née Ponthus et que, pour l’occasion, j’étais convié à présenter sous forme de conférence la vie du résistant Edgard Ponthus, mon grand-père.

Créée il y a vingt-cinq ans par l’entreprenant parisien Pierre Ponthus, cette association surfait, à l’époque, sur la passion toute nouvelle des Français pour la généalogie. Ponthus par ma mère, j’ai immédiatement adhéré au projet… et à l’association. Et depuis, à ma façon, j’ai toujours joué le jeu, visitant par exemple les cimetières de l’Ain qui regorgent de tombes estampillées Ponthus ou profitant de mon passage en 2003 à Salt Lake City pour extirper une trentaine d’ancêtres des limbes de la cave-bibliothèque des Mormons.

Cela dit, aujourd’hui, sous l’impulsion des généalogistes en chef de l’association, Paule Achard et Raymonde Malsert, l’arbre des Ponthus a fière allure avec, à son sommet, un certain Claude né, excusez du peu, en 1540.

Mais là n’est peut-être pas l’essentiel. En effet, les amis du Chevalier Ponthus ne constituent pas une association généalogique comme les autres. C’est que l’AACP est dépositaire de la très belle histoire du chevalier de Ponthus.

Un type épatant ce chevalier : qu’on en juge. Né en Galice à la fin du Ve siècle, il se sauve en Bretagne avec quelques copains pour échapper au sultan de Babylone. Dans la foulée, il séduit la belle Sidoine, fille du roi de Bretagne. Plus exactement, il entame, comme on dirait aujourd’hui, une relation compliquée du genre « je t’aime, moi non plus ». Du coup, il va se livrer aux pires excentricités pour éblouir la belle. Ainsi, il va guerroyer en Angleterre, réconcilier les Anglais et les Irlandais, fracasser le roi de Bourgogne, faire l’ermite dans la forêt de Brocéliande, mettre la pâté aux Sarrasins, devenir subrepticement roi de Galice, et surtout, réussir à pénétrer le cercle très fermé des chevaliers de la Table ronde. Le jour où j’ai appris ce dernier détail, j’avoue en être resté baba : avoir comme ancêtre un pote du roi Arthur, de Lancelot et consorts, annexer au patrimoine familial Excalibur et le Saint Graal, c’était vraiment trop classe… ! Du coup, là aussi, j’ai joué le jeu en me rendant, dès 2001, à Cedeira en Galice pour emprunter la rua del Caballero Ponthus, ou en passant une nuit entière, en 2002, dans la forêt de Brocéliande, histoire de mériter moi aussi une petite place autour de la Table ronde.

En fait, pour justifier vraiment cette invitation chevaleresque, j’ai conscience, comme tous les « cousins » de l’association, qu’il est impératif de faire la jonction généalogique entre notre cher Claude du XVe siècle et le ténébreux chevalier du Ve siècle.

Ce n’est pas gagné, mais ne dit-on pas qu’ à cœur Ponthus, rien d’impossible !

11 novembre 2009

Mur, murs…


Fragments du Mur (photo PM)


Agnès Varda me pardonnera cet emprunt, mais le jeu de mots est parfait en ces temps de commémoration de la chute du Mur de Berlin pour évoquer mes deux face-à-face plutôt minimalistes avec le symbole-repoussoir de la guerre froide.

La première fois, nous étions au milieu des années soixante-dix. Arrivé à Berlin Est à la fin d’une journée pluvieuse, je n’avais pas résisté à la curiosité en nous offrant, dès la première soirée, une petite virée automobile le long du Mur. La nuit était opaque et brumeuse, mais je conduisais ma Renault 5 comme en plein jour grâce aux nombreux projecteurs qui balayaient la frontière. Miradors et barbelés, l’atmosphère était celle d’un roman d’espionnage. Soudain, un vopo, arme automatique en bandoulière, se dresse devant le capot de la voiture et me fait signe de stopper. Pendant quelques secondes le spectre de la STASI, du KGB aussi, peut-être même celui du Goulag se profilent à l’horizon. En fait, le soldat nous explique plutôt calmement, par gestes, qu’en RDA, la nuit, on roule... avec ses phares allumés, ce que, trompé par les projecteurs, je n’avais pas fait. Du coup, je me suis trouvé un peu ridicule : une infraction routière même pas verbalisée ne risquait pas de me transformer en héros de l’anti-stalinisme. Ce n’était pas encore ce soir-là que le grand vent de l’Histoire affolerait les anémomètres de mon imagination d’étudiant occidental en goguette.

Le deuxième face-à-face fut post mortem. Comme nul ne l’ignore – à part peut-être notre Président de la République – le Mur tomba le 9 novembre 1989. D’emblée, j’eus conscience que cet événement serait le plus important de ma vie d’homme. « Le siècle le plus tragique de l’humanité s’achève en effaçant le symbole le plus visible de son absurdité », écrivais-je à chaud non sans emphase, ajoutant quand même, ce qui traduisait un certain désarroi face au vide : « Berlin et son Mur étaient à l’image du monde et ce monde nous abritait. Borné et rassurant. Cette quiétude un peu honteuse ne sera plus jamais nôtre. Aux premières heures du jour d’après, j’entrevois un avenir âpre où le Mur ne sera plus là pour racheter nos fautes… ».

Pourtant, assez curieusement, le printemps qui suivit, nous ne prîmes pas la direction de Berlin pour nos premiers voyages dans l’Est libéré. Ce fut la Roumanie où nous arpentâmes les ruines encore tièdes de la Révolution au son de la lambada, ce fut la Bulgarie, où nous retrouvâmes amis anciens et acteurs politiques du monde nouveau. Ce n’est qu’au cours de l’été 1990 que nous nous retrouvâmes face au Mur ou plutôt de ce qu’il en restait. L’atmosphère était bien sûr infiniment plus gaie que quinze ans auparavant. Négligeant les marchands du Temple, qui déjà proposaient autour de la porte de Brandebourg des petits morceaux de l’ouvrage, nous nous sommes, avec Dominique, bravement attaqué à un pan de béton armé pour arracher en nous écorchant les mains trois petits éclats dont un joliment polychromé. Ces fragments sont toujours dans mon bureau et chaque matin, c’est sans « ostalgie » que je célèbre mentalement la chute du Mur.

Mur, murs… je vous l’avais bien dit !

08 novembre 2009

Marathon Nice-Cannes… C’est fait !



La foule est dense et joyeuse, c’est la dernière ligne droite. A deux cents mètres de l’arrivée, Dominique, qui me guettait, se met à courir à mes côtés, tout en me félicitant pour ma « mine superbe ». A cinquante mètres du portique, elle s’écarte, j’accélère en passant devant les marches du Palais et je termine comme un Kenyan en levant les bras au ciel… 4h 28'54", à une minute près, le temps que je m’étais fixé. Que du bonheur ! Je suis champion du monde… Heu... enfin presque ! (6413ème sur 10276 partants)

Quelle jolie matinée…

Maison du département et de la montagne

Dès 6 h 30, je retrouve l’équipe du Conseil général, tout de vert vêtue. A part Benoît Kandel, essentiellement des fonctionnaires, comme Jef (qui finira en moins de 4 heures), Isabelle, Cathy ou Bertrand, que je croise avec plaisir Entre deux photos de groupe, j’ai la surprise de voir arriver un supporter inattendu, Gérard Blaise. C’est en effet une belle marque d’amitié, on connaît les réticences de l’ami Gérard quand il s’agit de se lever tôt.

Le départ

Le temps de saluer Bernard Paquin en aficionado débonnaire, je pénètre dans le sas pas plus rassuré que cela : un marathon, c’est quand même une course à part. Je retrouve, bien sûr, Laurent et Clotilde. Laurent, sourire en coin, a déjà son idée derrière la tête (mon Dieu que ce garçon est sournois !). De fait, après avoir accompli ses obligations mondaines, il va disparaître et on ne le reverra pas jusqu’à l’arrivée où il signera un superbe 4 heures et sept minutes. Clotilde, elle, retrouve son gang de marathoniennes aguerries, véritables Calamity Jane aux sourires angéliques. Et puis Claudio arrive. Charmant, charmeur, un brin mutin, pas du tout le Claudiogène du blog qui souvent rouspète et engueule. Il est vrai qu’il y a peu de fumeurs au départ d’un marathon…

La Prom’ classic

Mise en train un peu pépère, même si le rythme du gang de Clotilde, que je suis mine de rien, me semble un peu rapide. Dominique nous attend pour la désormais traditionnelle photo du Negresco. Je loupe malheureusement Antonin, présent m’a-t-on dit du côté de Magnan.

Saint-Laurent-du-Var

Sur le pont du Var, le photographe du CG fend le peloton pour me shooter en plein effort. Du coup, mes voisins de course me regardent avec curiosité en me prenant peut-être pour Julien Lepers ou Albert de Monaco !

Cagnes-sur-mer

Le gang va décidément trop vite. Comme j’ai la trouille de ne pas arriver à Cannes, je lève le pied en passant devant l’église de Cagnes et contourne l’hippodrome seul comme un grand. A la sortie de la commune, je suis applaudie par Véro, la prof de philo, qui fréquente parfois le 10 avenue Cyrille Besset. Du coup, je ne résiste pas au plaisir de lui serrer la main au passage, ce qui me conduit à dévier de 2,50 mètres par rapport à la trajectoire idéale (notez-donc que mon marathon, en fait, fera 42,197 km et 50 centimètres).

Villeneuve-Loubet

A la sortie de Marina, je côtoie pendant quelques centaines de mètres Claudio. Toujours souriant, mais déjà un peu plus critique : « il y a moins d’ambiance que l’an dernier ». Ce manque d’ambiance ne l’empêchera pas de pulvériser son temps de 2008 de plus d’une demi-heure. Une descente – j’adore les descentes – me permet de revenir sur le gang.

La ligne droite Marina-Fort carré

Sur la route du bord de mer, je retrouve comme prévu mon ami Gérard Corboli. Emu par une telle fidélité, je lui claque deux bises sonores au passage. Première séquence émotion : tout le long de la ligne droite, je me souviens qu’adolescent, un été, j’ai fait le vendeur ambulant de glaces sur les plages situées entre Marina et la Siesta.

Antibes

A la hauteur du Fort carré, je brûle un ravitaillement pour faire comme les régionaux de l’étape dans le Tour de France qui faussent compagnie au peloton pour saluer famille et amis sur le bord de la route. Je laisse le gang en arrière et retrouve dans un premier temps Dominique qui fera là sa première pige marathonienne de la matinée, en m’accompagnant une centaine de mètres. A l’approche des remparts de la vieille ville, c’est, avec Edith, Rose et Carolyne, trois générations qui me font fête. Semi-marathon en 2 h 04’ 45": c’est une bonne dizaine de minutes plus vite que prévu.

Le cap d’Antibes

Je passe assez bien la redoutable côte de la Garoupe. Idem pour le soit-disant fatal trentième kilomètre : la sorcière aux dents vertes n’est pas au rendez-vous. En fait, je suis surpris de ne pas souffrir : aucune douleur, pas de coup de bambou. Par contre, probablement par manque d’entraînement foncier (certain(e)s vont ricaner !), mes jambes vont moins vite et je n’y peux rien. C’est la raison pour laquelle, après une « pause pipi », je perds définitivement le contact avec le gang (Clotilde va terminer avec un magnifique 4h 25’37", même si on peut être certain qu’elle peste car elle voulait faire encore mieux).

Vallauris-Golfe Juan

La plus belle foule du marathon. Les spectateurs scandent nos prénoms inscrits sur les dossards. Pour moi, évidemment, cela donne du « Patriiiiiick ! »), et j’ai soudain l’impression d’être une réincarnation marathonienne du beau Bruel. Plutôt valorisant. Au trente-cinquième kilomètre, deuxième séquence nostalgie. Le temps de passage de 3 h 39’ correspond à mon record marathon d’il y a… bien longtemps.

Cannes

La route en corniche, avec ses faux-plats est assez pénible, il faut dire que, quels qu’ils soient, les cinq derniers kilomètres d’un marathon sont toujours un peu longs. Heureusement, une voiture nous accompagne pendant quelques minutes, avec un morceau de Queen, I want to break free. Du coup, je suis tout ragaillardi par Freddie Mercury, et je plonge avec entrain sur le Palm Beach. Reste la Croisette où, au mois de mai, j’aime déambuler entre deux films. Et quand, au loin, j’aperçois la silhouette familière du bunker, je me dis que c’est gagné. Je suis champion du monde… Heu... enfin presque !



Deux organes de presse évoquent la course du conseiller général du 5e canton de Nice

05 novembre 2009

Marathon Nice-Cannes : J – 4

Ça y est.

Saint Sébastien du macadam, j’ai consenti à tous les sacrifices, j’ai couru à travers la Saône-et-Loire, les Balkans, sans oublier Paris. J’ai enchaîné les allers-retours au Canal de Gairaut, j’ai fractionné sous la pluie, j’ai marathoné de nuit, j’ai supprimé le whisky depuis un mois, le Juliénas il y a quinze jours.

J’ai bu des hectolitres d’eau d’Hépar et tété jusqu’à plus soif les bouteilles de blue lagoon vitaminé, j’ai englouti des régimes de bananes et des kilos de riz complet, plus quelques poudres conseillées d’origine incertaine, j’ai multiplié les étirements musculaires, même pendant le débat d’orientation budgétaire du CG…

J’ai joué à Orange mécanique chez mon cardio pour que 92 électrodes me disent : toc ! toc ! toc ! Votre cœur est parfait Monsieur Mottard…

J’ai acheté deux paires de chaussures de course profilées comme des Formules 1.

J’ai rallongé mes nuits d’une bonne heure et raccourci les rêves qui fatiguent.
J’ai médité chaque matin devant le portrait de Hailé GebréSélassié .

Bref, je devrais être prêt.

Je devrais…

03 novembre 2009

La Côte d’Azur vue du sexe


Faustine est une journaliste talentueuse, enseignante à ses heures et fan de Barack Obama.

Bertrand est docteur en préhistoire et conférencier apprécié.

Tous deux m’honorent de leur amitié et ont eu ces derniers mois deux idées curieusement associées. La première, imaginative et un brin maligne, était d’écrire ensemble un « abécédaire érotique » de la Côte d’Azur. La deuxième, par contre, était parfaitement saugrenue puisqu’ils me demandaient, dans la foulée, de participer à l’aventure en retenant une lettre et un thème de mon choix.

Il n’était évidemment pas question de dire non. Mais en même temps, je ne voyais pas beaucoup de raisons de dire oui. Ma connaissance approfondie des turpitudes politiciennes ne garantissait en rien une expertise du côté des alcôves.

Finalement, je me suis décidé assez sagement à retenir la lettre « C » comme contraception. Pour rappeler, par exemple, que « l’arrivée de la contraception comme nouvelle liberté de la femme a complètement déstabilisé les hommes… ».

Jusqu’à la publication, j’avoue quand même avoir éprouvé une certaine inquiétude à l’idée de me retrouver dans un ouvrage où je serai référencé entre Brigitte (Lahaie) et Rocco (Siffredi). Mais le produit final m’a tout à fait rassuré, le procureur de Montgolfier et Eric Zemmour du Figaro constituant un voisinage nettement moins sulfureux que ce que je redoutais.

Du coup, c’est avec entrain que j’ai participé samedi à la séance de dédicaces à la Librairie Masséna (que de bons souvenirs !) en présence des auteurs, de l’illustrateur Patrick Moya et de l’iconoclaste éditeur Gilbert Grisoni (sa participation à l’ouvrage étant particulièrement politiquement incorrecte…).

Et c’est tout à fait convaincu que je recommande la lecture de cet ouvrage ludique… et informatif. Histoire de lire le réquisitoire impitoyable de Madame Augier, propriétaire du Negresco et militante de la cause animale, contre… la zoophilie, de revisiter la légende urbaine de « Sucette », de décrypter les paroles en niçois de « Calant de Vilafranca », ou d’imaginer, avec Mado la niçoise, une reprise locale de « Neuf semaines et demi » avec de la tapenade à la place des glaçons…

01 novembre 2009

La « Mosaic » de Marouane, Bariza, Sami et les autres…

Debout à partir de la gauche : Marouane, Zied et Sami. Assise à droite : Bariza


Ce Samedi, baptême de l’association Mosaic sous la forme d’un colloque national « Mieux vivre ensemble dans la République » qui était organisé au CUM.

Mosaic rassemble des Français de sensibilité musulmane qui veulent dans un cadre laïc et républicain fédérer autour des thèmes de la citoyenneté, promouvoir l’égalité des chances et lutter contre les stéréotypes.

Cette association se veut aussi l’expression de la majorité silencieuse des musulmans français souvent démunis face aux intégristes et à la névrose identitaire.

Pour ma part, très inquiet depuis quelques années par la montée en puissance du communautarisme et par une République qui n’intègre plus ou mal, je soutiens bien évidemment cette démarche depuis ses débuts.

Si l’initiative de la création de Mosaic revient à Marouane Bouloudhnine, promoteur il y a quelques années du groupe des amitiés judéo-musulmanes et actuellement adjoint au maire de Nice (Christian Estrosi va d’ailleurs ouvrir le colloque), l’association est politiquement œcuménique. C’est ainsi que mon amie Barisa Khiari, sénatrice socialiste de Paris, était une des intervenantes principales du colloque avec Fayçal Douhane, dirigeant PS « emmanuelliste » et directeur adjoint de l’association des maires d’Ile de France. Les socialistes du 9-3, autour de Claude Bartolone, soutiennent également depuis ses débuts l’initiative et l’on retrouve dans l’équipe de direction un cadre du MoDem ainsi… que nos amis Sami Cheniti et Zied Essid de Gauche Autrement. Régionaux de l’étape, ces deux derniers, appelés à la tribune, seront d’ailleurs chaleureusement applaudis par l’assistance.

Les débats furent de grande qualité avec, par exemple, Dalil Boubakeur, Recteur de la Mosquée de Paris, encourageant l’émergence des valeurs portées par Mosaïc, ou Abdel Aïssou, notre ancien sous-préfet chargé de la politique de la ville, expliquant le parcours de sa famille, bel exemple d’intégration républicaine.

Mais pour moi, c’était bien entendu l’intervention de Bariza Khiari à Nice, dans ma ville. Je n’ai pas oublié le soutien qu’elle m’avait spontanément apporté, il y a trois ans, lorsque j’avais été attaqué publiquement par les communautaristes du PS soutenus par l’appareil fédéral. Bariza fera d’ailleurs allusion à ce combat commun au début de son intervention. Sur le fond, elle rappellera que le danger, pour la République, ce n’est pas la force des religions, mais la faiblesse des laïcs et que la loi doit défendre la foi tant que la foi ne devient pas la loi. Quant au débat sur l’identité nationale (elle aurait préféré « identité républicaine »), elle répondra tout simplement au représentant du ministère : « Chiche ! ».

A midi, je devais quitter le CUM pour rejoindre le Forum des Associations, autre manifestation citoyenne importante de notre ville.

Mais peu importe, en retrouvant ma voiture, un peu euphorique, j’avais l’impression d’avoir vécu un moment fort : des musulmans de France se rassemblent, au-delà de leurs chapelles politiques, pour réconcilier six millions de nos compatriotes avec une République qu’ils veulent respectueuse de ses propres valeurs d’égalité et de fraternité. C’était plutôt une sacrée bonne nouvelle ! Merci Marouane, merci Bariza, merci Sami…

29 octobre 2009

Le grand oral du Préfet

Les élus de Gauche Autrement en séance


Grande première ce jeudi au Conseil général : nous avons eu droit, en lever de rideau du débat d’orientation budgétaire, à une visite du préfet Francis Lamy qui, pour l’occasion a prononcé une sorte de discours sur « l’état de l’Union » à la sauce maralpine.

Avec un optimisme lisse qui frisait parfois la langue de bois et une complaisance avérée envers les majorités gouvernementale et départementale, le Préfet a fait un vaste tour d’horizon des politiques de l’Etat : la sécurité (tout va mieux), le plan de relance (tout va aller mieux),l'OIN (tout va débuter), l’élimination des déchets (tout va être réglé), la réforme de l’administration (tout va devenir plus simple).

En conclusion, il n’oubliera pas toutefois de faire un peu de politique en jetant une pierre dans le jardin de la Fédération du PS : il félicita le maire socialiste de Carros, Antoine Damiani, pour son adhésion à la Communauté Urbaine de Nice vouée aux gémonies par Biscarra.

Il s’en suivit, à son initiative – ce qui était assez sport de sa part – une série de questions-réponses avec nous, les élus départementaux. Entre deux questions techniques sur les dossiers « personnes âgées » et « handicap » qui la passionnent, Dominique en profitera pour faire allusion à la grande loi de décentralisation votée par la gauche en 1982. En effet, avant la loi Defferre, le préfet n’avait pas besoin d’être invité pour assister à une séance du Conseil général car il était… l’exécutif de celui-ci. Si on rajoute à cela la création de la Région, collectivité territoriale avec une assemblée élue, le passage de la tutelle au contrôle de légalité, et les importants transferts de compétence, on constate que cette réforme majeure, qui aligna l’organisation interne de la France jacobine sur celle de ses voisins tout en apportant un début de réponse à la crise de l’Etat Providence, n’a rien à voir avec la lilliputienne réforme électorale qu’on essaie de nous vendre actuellement comme une grande réforme territoriale.

Voir aussi, sur le blog de Dominique Boy-Mottard : Opposition constructive, discours de la méthode.

25 octobre 2009

La candidature de Laurence Vichnievsky est-elle une bonne nouvelle pour PACA ?

Pour la démocratie, assurément.

Juge d’instruction dans les affaires de financement occulte de partis politiques, dans l’affaire Elf, actuellement avocat général dans le procès suite le naufrage de l’Erika, Laurence Vichnievsky, proche d’Eva Joly, a incontestablement fait preuve de courage et d’indépendance pendant sa déjà longue carrière de magistrat.

Qu’Europe Ecologie Provence en fasse sa tête de liste en région PACA me semble effectivement une chance pour la démocratie. En règle générale, je ne suis pas pour le mélange des genres ; mais il y a des circonstances où le système politique a besoin d’une aide extérieure pour stopper une dérive ou casser un système. On se souvient de la montée en puissance des juges anti-mafia dans la vie politique italienne. Certes, PACA n’est pas la Sicile, mais il faut bien reconnaître que le PS termine son deuxième mandat dans un climat de scandale et de suspicion.

Il est quand même incroyable qu’un ancien directeur de cabinet de Michel Vauzelle, un ancien directeur général des services, le secrétaire général du groupe PS soient mis en examen pour détournements de fonds publics sans que cela provoque dans la majorité sortante un électrochoc.

Il est encore plus surprenant qu’une élue majeure, Sylvie Andrieux, députée et surtout présidente du groupe PS à la région depuis 1998 (elle a été ma présidente de groupe pendant l’année où j’ai été conseiller régional), est pointée du doigt par la justice et par la presse à propos d’attribution de subventions de complaisance à des associations en vue de s’assurer paix sociale et investiture interne au sein du parti, sans que cela n’ait d’autre conséquence qu’une démission de l’élue… pour cumul des mandats.

Ici même, j’avais rappelé qu’une des conditions nécessaires à la réélection de Michel Vauzelle était une attitude dépourvue d’ambiguïté de sa part sur cette question. Prisonnier d’un rapport de forces interne qui fait que les élus clientélistes (pas seulement dans les Bouches-du-Rhône) verrouillent le système, il est désormais à peu près certain qu’il ne fera rien, se contentant de colmater les brèches.

Du coup, la candidature Vichnievsky apparaît comme une formidable opportunité pour nettoyer les écuries d’Augias et pour moraliser le système du « guichet » peu compatible avec les valeurs de gauche.

Le résultat de cette candidature est déjà positif. La campagne régionale qui n’arrivait pas à décoller est désormais dans l’actualité et, grâce à Vichnievsky, centrée sur la question numéro 1 en PACA : la corruption et le clientélisme.

Quant au résultat éventuel, c’est du gagnant-gagnant. Soit Europe Ecologie est en tête et l’opération mains propres peut se faire directement, soit elle est derrière, mais sera en position de négocier avec Michel Vauzelle, sur le fond, un changement radical des pratiques et mœurs locales.

Dernier avantage : une liste des Alpes-Maritimes avec, sous l’autorité de Laurence Vichniesky, des élus à l’intégrité et aux valeurs reconnues comme André Aschiéri, Mari-Luz Nicaise et Rémy Gaechter (je les ai côtoyés assez longtemps pour m’en porter garant) aurait de l’allure et serait un puissant remède contre l’abstention de gauche.

De nombreux militants de gauche pensent cela.

Et vous, qu’en pensez-vous ?



Pour enrichir le débat, un nouveau billet du Biscarra enchaîné.

22 octobre 2009

HBO & Co : le top ten



The West wing, enterrement du vétéran SDF à Arlington


Il m’arrive de m’enthousiasmer ici même pour certaines séries télévisées qui dans le sillage de la chaîne à péage américaine HBO ont créé un genre à part qui utilise la durée et la récurrence pour raconter la vie des hommes et des femmes. De tous les hommes, de toutes les femmes.

A la relecture, je me suis aperçu qu’au delà d’un double hommage au précurseur et légendaire Prisonnier de Patrick McGoohan je n’avais évoqué que cinq séries : les quatre HBO, Big love, Rome, Deadwood et Six feet under, ainsi que Cold case diffusé par le réseau CBS.

Assurément, ces cinq séries figurent parmi mes préférées. Mais il me semble naturel aujourd’hui d’évoquer leurs cinq sœurs pour compléter un top ten dont je m’empresse de dire qu’il est une sélection et non un classement car, dans mon esprit, ces dix chefs-d’œuvre sont littéralement incomparables.

Ally Mc Beal (112 épisodes de 42 mn, 1997-2002, réseau Fox, créateur David E. Kelley)

Ally est une avocate fantasque de Boston à l’imagination débridée et à la libido chaotique. Avec les collègues de son cabinet, elle partage les hauts et les bas de sa vie professionnelle et sentimentale. Truffée de scènes surréalistes (les toilettes mixtes du cabinet sont pleines de surprises…), cette série très drôle nous en apprend beaucoup sur la juridicisation excessive de la société américaine.

Le pub où, le soir, les avocats se détendent après le labeur, est le théâtre de séquences musicales dans lesquelles passent en invités de nombreuses vedettes de la scène américaine. C’est dans ce cadre que fut ressuscité Barry White et son célèbre « You are my first, my last, my everything », véritable fil rouge de la série, dont nous avions fait l’hymne de la campagne municipale en 2001.

Sex and the city (94 épisodes de 22mn, 1998-2004, HBO, créateur Darren Star)

Carrie Bradshow et ses copines Samantha, Charlotte, Miranda, sont des jeunes femmes new-yorkaises célibataires, friquées et un tantinet futiles… Elles recherchent frénétiquement le grand amour dans Big Apple. En fait, Sex and the city est la série qui a permis aux hommes de savoir ce qui se passe dans la tête des femmes, surtout quand elles pensent aux hommes. Pas sûr que tous se soient remis de ce choc culturel !

The west wing (155 épisodes de 42 mn, 1999-2006, réseau NBC, créateur Aaron Sorkin)

Pendant sept saisons, soit à peu près deux mandats en temps réel, nous vivons, dans l’intimité de l’aile Ouest de la Maison Blanche, le parcours d’un président démocrate américain (Martin Sheen, exceptionnel) comme on les aime : humaniste et accessible au doute.

A la fois documentaire sur la vie politique américaine (je le recommande régulièrement à mes étudiants), réflexion sur le pouvoir et attachante galerie de portraits, cette série parfois très spectaculaire est remarquablement filmée. The west wing a également su anticiper Obama (à découvrir dans la dernière saison).

A voir, de toute urgence, l’épisode du vétéran SDF enterré avec les honneurs à Arlington : si vous n’avez pas au moins la larme à l’œil, consultez, vous n’êtes pas normal…

Les Soprano (86 épisodes de 46 mn, 1999-2007, HBO, créateur David Chase)

Tony Soprano (James Gandolfini, génial en frère joufflu de Robert De Niro) est le parrain de la très artisanale mafia du New Jersey. Mais, mal dans sa peau, bousculé par une famille qu’il a du mal à maîtriser, il a recours aux services d’une psy (Lorraine Bracco). Le télescopage du monde formaté de la mafia et des impondérables de la vie quotidienne font des Soprano une chronique à la fois inattendue et quelque peu exotique de la condition humaine.

The shield (88 épisodes de 45 mn, 2002-2008,réseau FX, créateur Shawn Ryan)

Pour Vic Macky et son équipe de policiers peu scrupuleux, la fin justifie les moyens et les événements leur donnent souvent raison. La violence de cette série d’une incommensurable noirceur et d’un pessimisme extrême n’est jamais gratuite (comme elle peut l’être dans 24 heures chrono, par exemple) et révèle l’inhumaine humanité des protagonistes de cette histoire qui se déroule à Los Angeles.

Depuis quelques semaines, Braquo, sur Canal +, se veut un clone hexagonal de The shield. Le résultat est honoable mais infiniment moins subtil que l’original.

Cinq et cinq, le compte y est. Une injustice est réparée.

Bonjour chez vous !




Dans l'intimité des toilettes mixtes du cabinet d'Ally McBeal

18 octobre 2009

La promesse de Kars

Kars, Turquie

Nous sommes en juin 2003. Arrivés il y a quelques heures à Kars, petite ville frontière de cette Anatolie orientale qui, piédestal majestueux de l’Ararat, fut si longtemps Arménie Occidentale… Le ciel est encore plus bleu qu’à Istambul, quitté la veille, et l’air doux que nous respirons au pied de la citadelle confirme que l’été a fini par s’installer dans cette cité réputée pour être la plus froide de Turquie (5°C de moyenne annuelle).

Après avoir visité, un peu gênée, ce symbole des convulsions historiques qui ont affecté la région qu’est la cathédrale arménienne Saint Arak’elos transformée en mosquée (1998), notre délégation est reçue à l’Hôtel de Ville par le maire Naif Alibeyoglu. Une délégation d’ailleurs assez improbable qui a été pensée et patiemment construite par Sanson, Kirkor et Gaspard, les infatigables animateurs de la diaspora arménienne niçoise. Elle regroupe quelques jeunes responsables politiques de la toute nouvelle République d’Arménie, des universitaires et des acteurs économiques turcs, un de mes anciens étudiants devenu responsable du Caucase pour l’Union Européenne, plus quelques témoins niçois comme Pierre et Dikran qui deviendront des amis. Il y a aussi un certain Hrant Dink, journaliste de nationalité turque, directeur d’Agos, le seul journal de la petite communauté arménienne de Turquie rescapée du génocide.

D’emblée, sans langue de bois, le maire évoque le déclin de sa ville, le chômage et la désertification de la région depuis la fermeture de la frontière toute proche entre Turquie et Arménie à la suite de la guerre du Haut Karabagh, à l’initiative de son propre gouvernement. Lui qui est pourtant membre du parti au pouvoir à Ankara (islamiste « modéré ») est tout à fait favorable au dialogue avec les Arméniens de culture et d’histoire communes. Et d’affirmer que la réouverture de la route du Caucase Sud et du Caucase Nord était une nécessité non seulement pour sa ville mais pour l’Arménie et la Turquie.

A cet instant précis, nous qui étions là avec des idées de réconciliation sur fond de reconnaissance du génocide avons compris que la solution serait peut-être plus pragmatique. Les lignes – et les frontières – étaient prêtes à bouger pour des raisons économiques et géopolitiques.

Sans nous consulter, nous avions tous compris le message du maire de Kars. Un message en forme de promesse de paix. La réconciliation attendra plus tard.

Au fond de la salle, Hrant Dink semble approuver.

Aussi, quand le 10 octobre j’ai vu Ammet Davutoglu, ministre turc des Affaires étrangères, et son homologue arménien, Edouard Nalbandian, signer à Zurich, avec l’aide de la diplomatie américaine de Barack Obama, des accords qui, s’ils ne règlent pas tous les problèmes, normalisent spectaculairement les relations entre les deux pays, j’ai pensé à cette scène d’il y a six ans et à sa promesse de paix.

Hrant Dink, lui, n’aura pas pu assister à cet accord historique. En janvier 2007, il a été assassiné par des fanatiques de l’extrême droite turque. Pour lui, la promesse de Kars aura été trop longue à se concrétiser…

15 octobre 2009

Pyrrhus était place Masséna

Ils étaient une petite centaine place Masséna pour fêter l’abandon du projet de ligne 2 du tramway sur la Promenade des Anglais. Quantitativement modeste, le rassemblement est politiquement hétéroclite puisque seuls manquent à l’appel Gauche Autrement et le Parti communiste. Et pourtant, sans s’en rendre compte, tout ce petit monde célèbre en fait une victoire à la Pyrrhus.

En effet, aiguillonné par une opposition qui, pour une fois, avait fait preuve de subtilité, le maire de Nice avait décidé d’aller très au-delà de son programme électoral initial en décidant la mise en chantier d’une ligne de tram Est-Ouest. Une ligne a priori souhaitée par les Niçois qu’on n’avait bien entendu pas informés des conséquences financières d’une telle aventure.

La revendication d’une deuxième ligne étant satisfaite, l’opposition se porta sur le tracé proposé. Faire passer le tram sur la Prom’ parut vite insupportable aux hôteliers et aux professionnels. Leur courroux avant tout commercial fut relayé par un certain nombre de Niçois qui voulaient garder la Promenade telle qu’elle est. C’était bien leur droit.

Le PS, qui a l’habitude de pratiquer à Nice depuis les municipales une opposition un peu « bourrin » à connotation chauvine, s’engouffra dans la brèche en étant persuadé d’être le catalyseur des mécontentements.

En fait, ce rôle fut tenu par un Jacques Peyrat en grande forme qui, même s’il ne se fait plus d’illusions sur son avenir politique, adore pratiquer une opposition jubilatoire et goguenarde.

Après un peu de résistance pour la forme (on a sa fierté quand même !), Christian Estrosi a vite compris qu’il n’avait rien à gagner en s’entêtant. Par contre, le front du refus allait lui permettre de rebondir en se sortant du guêpier de la ligne 2. L’opposition de gauche lui avait planté une épine dans le pied, cette même opposition allait la lui retirer.

Faire la ligne 2 supposait deux à trois ans de travaux. Que ce soit avec le tracé Prom ou le tracé Centre-Californie, les riverains auraient manifesté un vif mécontentement. De plus, les travaux auraient de toute façon paralysé une bonne partie de la circulation urbaine, exaspérant les actifs. Enfin, le prix exorbitant de l’opération aurait plombé le budget, obligeant le maire à renoncer aux autres projets qui eux étaient des promesses électorales.

D’où le petit chef-d’œuvre de réalisme politique que constitue le nouveau projet de Christian Estrosi. Il renvoie la construction de la ligne 2 à l’après-crise, voire aux calendes grecques, avec un projet forcément consensuel puisqu’on enterre le tram, épargnant ainsi professionnels, riverains et automobilistes. Or, chacun sait qu’à chaque fois qu’il est question d’un projet urbain, il se trouve toujours des bonnes âmes pour proposer qu’on l’enterre (c’est ainsi que, par dérision, Henri Revel, maire de Saint-Laurent-du-Var, avait proposé qu’on enterre… l’aéroport pour limiter les nuisances sonores !).

Christian Estrosi a donc trouvé une façon assez élégante quoiqu’un peu cynique de botter en touche en effaçant le faux-pas accompli en début de mandat.

Les manifestants de Masséna ont sans doute, sans le savoir, fait d’une pierre deux coups : ils ont fêté leur victoire et, peut-être aussi, un probable deuxième mandat de Christian Estrosi.

13 octobre 2009

Ils ont tué Frank Vandenbroucke

Frank Vandenbroucke


Frank Vandenbroucke est mort lundi d’une embolie pulmonaire dans sa chambre d’hôtel de Saly, station balnéaire sénégalaise. Il avait 34 ans.

Frank était coureur cycliste professionnel. Un magnifique coureur qui, entre 1995 et 2000, avait laissé espérer qu’il pouvait lui,le wallon, être le digne successeur d’Eddy Merckx.

En mars 1999, j’ai eu la chance d’être le témoin direct d’un de ses exploits puisqu’il avait gagné à Valberg l’étape de Paris-Nice que j’avais suivie de bout en bout dans la voiture d’Eric Boyer.

Quelques semaines plus tard, j’assistais, médusé, devant mon téléviseur, à sa légendaire victoire dans Liège-Bastogne-Liège. Il avait attaqué à l’endroit même où il avait prévu de le faire… avant le départ.

Mais le système a rattrapé celui que ses supporters appelaient affectueusement « VDB » : contrôles positifs, tentative de suicide, cures de désintoxication, séjour en hôpital psychiatrique… Depuis quelque temps, on disait qu’il allait mieux. Pourtant, à côté de son lit de mort, on a retrouvé pêle-mêle insuline, somnifères, anxiolytiques…

Quand, sur ce blog, je dénonce assez régulièrement le dopage, ce n’est pas pour moi une simple question d’éthique sportive. Je pense bien sûr à Simpson ou à Pantani, mais aussi et surtout à tous ces jeunes gens – cœurs meurtris et personnalités en miettes – qui meurent en arrachant, dans le meilleur des cas, une ligne et demi à la rubrique des faits divers.

Aujourd’hui, c’était au tour de VDB. Ils l’ont tué. Au fait, qui « ils » ? Au choix : les éducateurs irresponsables, les soigneurs marrons,les directeurs sportifs impatients,les docteurs Mabuse, les sponsors Ponce Pilate et, avec une mention spéciale, les médias hypocrites : L’Equipe pour complaire à ASO ; le service public de la télévision et ses consultants mercenaires pour faire de l’audimat.

Mais peut-être aussi nous tous qui nous rendons si nombreux chaque année sur la route du Tour. Puisse le nouveau scandale Astana-Contador-Armstrong qui est en train de germer nous aider à dénoncer une fois pour toute ce cirque infernal. En mémoire de VDB.

10 octobre 2009

Tramway : la victoire de Gauche Autrement

Depuis les élections municipales, avec l’association Gauche Autrement, nous n’avons pas cessé de défendre les propositions de notre programme en matière de transports en commun pour la ville de Nice et l'agglomération. A ce propos, on peut par exemple relire le blog de Dominique en date du… 18 septembre. Pour nous, priorité devait être donnée à l’extension de la ligne 1 jusqu’à l’hôpital Pasteur puis jusqu’à La Trinité et à la mise en œuvre d’un tram-train Gare du Sud-Saint Isidore. Quant à la ligne 2 (Est-Ouest), elle ne devait pas selon nous faire partie de ces priorités pour des raisons financières (surtout si on considère que la crise est intervenue entre temps). Nous avions aussi le sentiment qu’après quatre ans de chaos, la population ne serait pas prête à subir trois nouvelles années de travaux.

Revenant sur son programme électoral, le maire trop sensible aux sondages politiquement corrects et à la démagogie, avait pourtant décidé la construction de cette fameuse ligne 2. Une polémique s’en était suivie sur la question du tracé. Sur ce point, nous avions décidé de nous tenir à l’écart de ce qui était pour nous un faux débat.

Depuis hier, le maire s’est singulièrement rapproché de nos positions. Quelle que soit la présentation du nouveau calendrier, il est clair que la réalisation de la ligne 2 est renvoyée à un éventuel second mandat (cela dit, il est vrai que, même si elle est coûteuse, la nouvelle option est très séduisante d’un point de vue environnemental… si elle est techniquement réalisable). La priorité revient donc à l’extension de la ligne 1, dans un premier temps jusqu’à Pasteur. La volonté d’accélérer la conception d’une ligne 3, couplée en partie avec le train des Pignes, est également affirmée.

Gauche Autrement ne peut qu’être en accord avec un tel calendrier qui permettra, entre autres, de dégager des fonds pour accélérer une politique de proximité qui a bien besoin d’être « boostée ».

Avec Dominique, avec les amis de Gauche Autrement, nous ne pouvons que nous féliciter d’avoir une fois de plus fait de la politique autrement, en refusant de foncer tête baissée dans une polémique parfaitement subalterne et en défendant sur le fond les intérêts réels de la population niçoise.