31 décembre 2008

Bonne année 2009


31/12/2008, 11 h, Villeneuve de la Raho (66), dernier jogging de l'année


Une très belle année 2009 pour tous les lecteurs et les lectrices de ce blog… En espérant vous retrouver au moins aussi nombreux pendant les douze prochains mois.

Mon vœu pour 2009 : que les Européens gagnent les Européennes !

Et vous ? (en évitant SVP les vœux consensuels du type avènement de la Paix universelle ou le départ de Raymond Domenech !!!)

29 décembre 2008

Le Castillet et le Jaurès



C’est au Castillet de Perpignan, honorable cinéma en activité… depuis 1911 et récemment rénové dans son style art moderne d’origine, et au Jaurès d’Argelès sur mer, sympathique cinéma municipal géré par l’association locale Cinémaginaire, que s’achève mon année cinématographique avec deux films américains plutôt réussis.

Burn after reading, de Joel et Ethan Coen

Dans la lignée de Fargo et de The big Lewinsky, les frères Coen démontrent, une fois de plus, à leur façon que quelques crétins irresponsables peuvent dérégler les systèmes les plus sophistiqués, en l’occurrence, ici, la CIA.

Dans le rôle des crétins, Georges Clooney et Brad Pitt s’en donnent à cœur joie, n’hésitant pas à écorner leur image de séducteurs patentés du cinéma mondial pour s’amuser, pour nous amuser. C’est tout simplement hilarant… et rafraîchissant.

Australia, de Baz Luhrmann

Après le western spaghetti, voilà le « western vegemite » (*). L’Australien Luhrmann, utilisant la géographie (somptueuse) et l’histoire (méconnue) de son pays, nous propose une vaste fresque mettant en scène quelques stars locales comme Nicole Kidman.

Nous sommes au début de la 2e guerre mondiale. Une riche veuve anglaise prend la succession de son mari à la tête d’un ranch perdu au milieu du bush australien. Avec l’aide d’un beau cow-boy du coin, elle va lutter et triompher des méchants qui veulent imposer en ces temps de guerre un monopole sur le commerce de la viande.

L’occasion aussi pour Luhrmann, de reconstituer le Pearl Harbour australien (l’attaque de Darwin par l’aviation japonaise) et de rappeler cette infamie qu’a constitué l’enlèvement à leurs familles des petits métis aborigènes pour les confier à des institutions religieuses jusque dans les années soixante-dix.

Et comment, en admirant les magnifiques paysages de l’Outback, ne pas penser avec nostalgie à nos trois inoubliables voyages à travers le continent australien entre 1984 et 2000.

(*) Du nom de l’infâme pâte à tartiner très salée à base de levure de bière dont sont inexplicablement friands les Aussies.

25 décembre 2008

The last Val


Depuis quelques années, c’est avec une certaine complicité intellectuelle et politique que je lis les éditos et essais du directeur de Charlie Hebdo : Philippe Val.

Sa dernière livraison « Reviens, Voltaire, ils sont devenus fous » (Ed. Grasset) ne risque pas d’inverser la tendance. En effet, dès la page 1, Val enfonce le clou et j’aime bien ce clou-là. « Quand j’ai pris position publiquement pour une intervention au Kosovo en 1995, quand je me suis révolté contre la forme ambiguë que prenait, chez certains, l’adhésion à la cause palestinienne, quand je me suis engagé pour l’adoption de la Constitution Européenne, ces choix ont rencontré la réprobation d’une partie du milieu intellectuel et politique dont j’étais plutôt proche… Pourtant, la démocratie a toujours été mon échelle de valeur. Ma lutte n’a pas changé. »

Ayant fait les mêmes choix et ayant eu à affronter les mêmes résistances, je me suis trouvé d’emblée et une fois de plus en phase avec l’auteur.

Pour l’essentiel, le livre relate principalement l’affaire dite « des caricatures ». Une affaire emblématique où une étrange coalition allant de l’Elysée de Jacques Chirac à l’UOIF, du MRAP aux amis du Monde Diplomatique, a fait cause commune pour réduire au silence une presse libre qui ose encore dire que la religion musulmane ne peut pas se réduire à l’islamisme. Ce dernier est en effet une perversion de la première et, comme le stalinisme en son temps, une idéologie de combat contre les valeurs républicaines. Dans ce Munich de la liberté de la presse, dans cette Berezina de l’Etat de Droit, il est navrant de constater à quel point la presse de gauche a été timide et même parfois lâche.

Pour ma part, je suis rétrospectivement fier d’avoir punaisé sur la porte de mon bureau en mairie la fameuse « Une » de Charlie Hebdo pendant presque une année. En attendant le procès où François Hollande témoignera d’ailleurs courageusement.

Au-delà de « l’affaire des caricatures », Val met en perspective la véritable visage du monde dont on a hérité à la chute du Mur de Berlin, « un monde où, au nom des crimes qu’elle a commis, l’Europe s’interdit de les dénoncer chez les autres. »

Et en conclusion, l’auteur nous offre sa version – convaincante – de « l’affaire Siné ».

Au final, une lecture stimulante, loin du prêt-à-penser de certaines bonnes consciences de gauche pour qui le fanatisme religieux est souvent le passage obligé de l’émancipation des peuples. Une lecture qui vous permettra, en prime, d’identifier le (les) point(s) commun(s) entre Marguerite Duras… et l’ayatollah Khomeiny.

22 décembre 2008

Un an au « 10 »



Foule des grands jours pour « l’apéro de Noël », pourtant organisé « à la bonne franquette » vendredi à notre permanence du 10 avenue Cyrille Besset.

L’occasion de retrouver notre altermondialiste « autrement », Florence Jambou, ou encore de souhaiter l’anniversaire de Jurek Juszczak. L’occasion de nous rappeler que cela fait bientôt un an que nous avons investi ce lieu, délaissant avec un pincement au cœur le « 3 » devenu trop inconfortable même s’il était chargé de souvenirs et d’émotions.

Très vite, ce local spacieux, moderne et « customisé » par Bernard Clérico est devenu la nouvelle halte incontournable pour les militants et les habitants du quartier. C’est que, sous la houlette de Gérard Blaise, Jean-Claude et Edith, mais aussi Lucien, Marie-Louise, Renée, Odette, Eugène et bien d’autres ont fait vivre ce lieu jour après jour.

Au-delà des réunions de l’association Gauche Autrement, de la préparation collective des réunions du CG, des permanences d’élus et des débats en tout genre, l’apéro du vendredi, institution vieille déjà… de sept années, reste le lieu privilégié du compte-rendu hebdomadaire des deux élus du 5e et du 7e cantons.

Mais on passe aussi « à la perm » en dehors de ces rendez-vous collectifs pour soumettre un dossier, apporter une information, emprunter un livre, demander un conseil ou, pour les plus courageux, soutenir… un débat passionné avec Henri Cottalorda !

Mais ce que je préfère par-dessus tout, c’est lorsque, travaillant à mon bureau (ou squattant celui de Dominique plus spacieux…), je vois un habitant du quartier ou un sympathisant pousser la porte du local pour rien, simplement pour le plaisir de me saluer. De nous saluer.

C’est dans ces moments-là que je me dis que notre petite République du « 10 » est bien la digne héritière de celle du « 3 ».

18 décembre 2008

Dominique autrement

France 3, 19/20, Côte d'Azur, 18 décembre 2008


Aujourd’hui, séance exceptionnelle du Conseil général puisqu’il s’agissait d’élire un nouveau Président, suite à la démission dominicale et nocturne de Christian Estrosi.

Estimant que ce réaménagement technico-politique concernait avant tout la majorité, les trois groupes d’opposition avaient finalement décidé –sans se concerter – de ne pas présenter de candidat.

Malgré les bruits de pronunciamiento, les rumeurs de putsch et les promesses de coup d’Etat qui avaient déferlés ces dernières semaines sur le microcosme du CADAM, c’est à un scrutin sans surprise auquel nous avons assisté. En fait, et ce n’est pas tout à fait un scoop, la majorité a voté… pour le candidat de la majorité.

Mais cette apparente normalité ne devait pas nous faire oublier l’incongruité démocratique de la situation, ce que ne manqua pas de relever Dominique qui était ce jour-là la porte-parole de Gauche Autrement.

« La présente passation de pouvoir s’effectue sur fond de cumul des mandats et de chaises musicales. Ce n’est pas tout à fait notre philosophie à Gauche Autrement : chacun l’aura bien compris. Mais nous constatons deux choses : ces « anomalies » (euphémisme…) démocratiques sont assez fréquentes et concernent aussi bien la droite que la gauche ; cependant, malgré une condamnation de principe, l’électorat ne les sanctionne pas vraiment. (...) Reste le fait que, si le député-maire a en quelque sorte devancé l’appel pour la Présidence (il n’est jamais trop tard pour bien faire), il n’est pas vraiment allé au bout de sa logique puisqu’il fait toujours partie de notre assemblée. Vous me direz qu’il n’est pas le seul, ici, à attendre la fin d’un interminable feuilleton judiciaire et à ainsi profiter des opportunités légales au détriment de la clarté politique. »

Une fois élu, le nouveau Président, Eric Ciotti, se plaça sur le terrain de la continuité par rapport à une gestion à la définition de laquelle il avait été étroitement associé comme directeur de Cabinet.

Renvoyant les questions de fond au débat budgétaire, il ne fit que reprendre à grands traits le programme développé il y a quelques semaines par Christian Estrosi lors du DOB.

Il tint à rendre hommage à Jean-François Knecht, et, de façon plus inattendue, à Michel Vauzelle louangé par trois fois pour sa coopération considérée comme exemplaire avec le CG 06 à majorité UMP…

Enfin, il ne peut s’empêcher d’opposer aux « tartarinesques » envolées verbales de Paul Cuturello le bilan, il est vrai désastreux, du PS lors du dernier week-end électoral dans les Alpes-Maritimes. En effet, aucun candidat n’est arrivé ne serait-ce qu’au second tour des cantonales partielles.

Loin de ces polémiques politiciennes, Dominique continuait, elle, à tracer le sillon de Gauche Autrement en parlant du fond.

« Nous en sommes tous conscients, ces prochaines années seront marquées par la crise, une crise qui, je ne cesserai jamais de le rappeler, a remis en avant le rôle de l’Etat, le sens du collectif, la nécessité de la solidarité. C’est dire si notre institution, que la République a calé justement sur le créneau du social et de la solidarité, a un rôle extrêmement important pour amortir les effets de la crise, notamment vis-à-vis des plus faibles. Nous le savons, notre département risque de voir diminuer sensiblement ses ressources en provenance des droits de mutations compte tenu de l’évolution du marché immobilier. (…) La nature même du financement de notre institution fait que vous pourriez avoir la tentation de compenser presque automatiquement la baisse des droits de mutation par l’augmentation des impôts directs. (…) Or, ces deux impôts n’ont pas la même « clientèle » contribuable. (…)
Il faudra donc beaucoup de doigté, d’imagination mais aussi surtout de générosité et de courage pour hiérarchiser les besoins à financer. Pour notre part, nous ne serons jamais dans le toujours contre. Nous ne serons jamais dans le toujours plus. Mais nous serons dans le toujours mieux et le toujours plus solidaire.

(…) Parce que pour nous certaines dépenses sont incompressibles : ce sont celles qui permettent à nos concitoyens de mieux vivre, de vivre décemment et parfois même, de vivre tout court. Nous l’avons déjà dit, notre collectivité doit être exemplaire sur ses compétences obligatoires, surtout quand elles touchent au social et à l’éducation. Dans ce dernier domaine, à l’heure où l’Etat multiplie les agressions contre le service public de l’Education nationale et aussi – on en parle moins, mais c’est malheureusement une réalité – contre l’éducation populaire, (…) nous devons veiller non seulement à maintenir mais aussi à accentuer les efforts de notre collectivité. Sur les dossiers sociaux, le désengagement de l’Etat met les départements dans une situation délicate. (…)

Se concentrer sur nos compétences sera donc une nécessité. (…) L’action sociale est moins spectaculaire que les grands travaux, mais j’ai la faiblesse de penser qu’elle est indispensable et pas seulement utile pour venir en aide aux plus faibles. »

Le ton est mesuré, les explications pédagogiques et la conviction forte. Le « Président » du groupe ne peut être que satisfait d’une porte-parole capable d’exprimer avec autant de fermeté que de générosité cette politique Autrement que nous appelons de nos vœux.

Vous pouvez lire l'intégralité de l'intervention de Dominique Boy-Mottard sur le site de Gauche Autrement.

17 décembre 2008

5.13 Gorbella

"Le Rio Grande familial"


Après une double incursion dans le sud avec les 5.02 et le 5.03, revenons au nord avec le 5.13, voisin du 5.12 qui fut, il y a déjà quelques mois, le point de départ de nos ballades dans le 5e canton.

Le 5.13 est groupé, comme son nom l’indique, autour du boulevard Gorbella (plus précisément sa partie haute du n° 37 au n° 69, du n° 38 au n° 70), ce boulevard qui, en quelques années a perdu ses arbres pour gagner… le tramway.

En fait, cette portion de Gorbella concentre les lieux les plus connus du quartier.

La Tour de l’ex-CACEL d’abord, qui fut construite dans les années quatre-vingt sur fond de polémique. Avec de nombreux pétionnaires du quartier, ma section du PS, dirigée en ce temps-là par Gérard Corboli, ne voulait pas de cette construction qui allait défigurer Nice Nord en le transformant en métropole américaine. Aujourd’hui, avec le recul, force est de constater que nous avions à l’époque la tête près du bonnet, car si, au final, la Tour n’est pas la Giralda, elle s’intègre relativement bien au paysage urbain.

Depuis la disparition du CACEL et de son folklorique directeur Jean-Claude Pastorelli qui, négligeant les chocolats, distribuait en fin d’année des… Louis d’or, la Tour est le siège d’un petit théâtre où j’aime bien aller le dimanche après-midi assister à un spectacle du Cercle Molière ou d’une autre troupe niçoise.

Un peu plus bas en face, l’école Ray-Gorbella abrite trois bureaux de vote les jours d’élection. Comme je l’explique dans « Fragments de Nice », c’est ici que j’ai compris, vers 21 heures, le soir du deuxième tour des Municipales de 2001, que nous allions perdre, de peu, mais perdre…

C’est aussi dans cette école qu’à la demande de la directrice de l’époque, Natura Auvergne, j’ai donné pour la première fois de ma vie des cours (sur l’Europe et le Président de la République) à des enfants du primaire. Je conserve un souvenir ému de cette expérience restée à ce jour unique.



Enfin, il y a quelques jours, c’est cette même école que nous avons un moment occupée avec Dominique, Clotilde et quelques autres pour la bonne cause.


Au 40 bis se trouvait la permanence d’Henri Fiszbin dirigée par Lucien Fouques entre 1986 et 1988. Par la suite, Lucien, devenu notre chargé de mission au Conseil général, m’aida beaucoup dans la lutte que j’avais entreprise pour soutenir les petits commerçants de la modeste cité Ray-Gorbella (à l’intersection des deux avenues) contre les grandes surfaces du quartier qui voulaient ouvrir… le dimanche matin.

Le 5.13, c’est aussi le côté impair de l’avenue du Ray. De la place Alexandre Médecin à la place Fontaine du temple, l’avenue est même une sorte de Rio Grande familial, la frontière entre le 5e et le 7e canton.

Au nord, l’avenue du Ray passe devant l’entrée du « 54 », la cité (résidence de Falicon) où, il y a quelques décennies, j’ai enlevé celle qui allait devenir la conseillère générale du 7e canton à sa famille. Thérèse, ma belle-mère, y habite toujours le bâtiment 8, et si mes rapports avec elle sont excellents, ils sont aussi parfaitement désintéressés car le 54 a son emprise, en fait, dans le 11e canton.

Les rues Alexandre Dumas, Aristide Briand et Georges Bidault, pourtant incrustées dans le 5.12 complètent le bureau de vote « Gorbella ». A noter que Georges Bidault fut le signataire du traité franco-italien de 1947 qui restitua Tende et La Brigue à la France… et au comté de Nice. De quoi électriser les supporters de la Brigade Sud dont la tribune surplombe précisément la rue Georges Bidault !

14 décembre 2008

Eric déborde Juninho



Dimanche 22 heures. Un œil sur l’écran de l’ordinateur, je suis paresseusement l’évolution du match Lyon-Marseille tout en préparant l’emploi du temps de la semaine, quand un tourbillon d’informations vient troubler la quiétude du foyer. Messages téléphoniques multiples, mails et portage à domicile : la nouvelle est brutale à défaut d’être inattendue. Nous aurons dès jeudi un nouveau Président du CG 06 et ce sera Eric Ciotti. Notre Noël de conseillers en quelque sorte.

Immédiatement, j’abandonne Juninho et Ben Arfa à leur triste 0-0 pour réviser ma géopolitique du 06. C’est bien plus rigolo : Christian, qui était président, député et maire, ne veut plus être président et va peut-être redevenir ministre, Eric, qui était 1er adjoint, député et, depuis dimanche, conseiller général, ne veut plus être 1er adjoint pour devenir président.

Bon, finalement, ce n’est pas si compliqué le jeu des chaises musicales… Reste simplement à savoir ce que va faire dans tout ça le 1er vice président, conseiller général, conseiller municipal, conseiller communautaire et premier secrétaire fédéral… A Gauche Autrement, on prend les paris. Quel suspense haletant !

12 décembre 2008

L’amertume d’avoir raison autrement

Extrait de mon communiqué dans Nice-Matin du 13/12/08

L’audit financier de la ville de Nice publié le 11 décembre correspond point par point au rapport de la Chambre régionale des comptes (CRC) de juin 2006. Mais en réalité, la coûteuse étude privée et l’analyse de la prestigieuse institution publique ne font que confirmer les conclusions du petit groupe de réflexion que j’avais constitué pour préparer ces dernières années mes interventions budgétaires au Conseil municipal (un groupe d’amis dont je dois taire le nom pour des raisons de discrétion professionnelle).

Ces conclusions tournent autour d’un triple constat :
- croissance injustifiée des effectifs,
- chute des capacités d’autofinancement,
- retour à l’endettement.

Sur cette base, mes trois adversaires à l’élection municipale auront beaucoup à se faire pardonner par les électeurs/contribuables. Qu’on en juge.

Jacques Peyrat

Depuis 2003, à chaque DOB (débat d’orientation budgétaire), chaque BP (budget primitif), chaque CA (compte administratif), j’ai développé l’essentiel des critiques que l’on retrouve dans l’audit et le rapport de la CRC. Bien avant l’audit et la CRC Pourtant, le maire a poursuivi sa politique à la fois chaotique et coûteuse. L’embellissement (relatif mais réel) de la ville aurait pu être obtenu à un moindre coût s’il avait entendu nos mises en garde (voir le lien vers ces interventions sur le site de Gauche Autrement).

Christian Estrosi

En tant que responsable national de la formation politique du maire Jacques Peyrat, je l’ai interpellé plusieurs fois au nom de « Nice plurielle » pour qu’il mette un peu d’ordre à la maison. A chaque fois, j’ai essuyé une fin de non-recevoir. En fait, ce refus allait au-delà de la solidarité partisane puisque son programme électoral aux conséquences financières mal maîtrisées montre qu’il n’avait pas vraiment pris la mesure de la gravité de la situation.

Patrick Allemand

On se souvient, il y a deux ans, de la déclaration tonitruante sur « le bon deuxième mandat de Jacques Peyrat ». Un bel exemple de déclaration au doigt mouillé quand on sait que l’audit affirme que les difficultés actuelles de la municipalité ont débuté… au début du deuxième mandat ! Et si on consulte l’incroyable catalogue de la Redoute qui lui a servi de programme électoral, on comprend que lui aussi n’avait pas pris la mesure d’une situation financière qu’il n’avait d'ailleurs pas pris la peine d’étudier.

Au final, seule la liste « Nice Autrement » ne peut être accusée de démagogie. Nous avons élaboré un programme qui tenait compte de la situation réelle. Nous avons été les seuls, par exemple, à proposer des solutions alternatives à la construction immédiate de la ligne 2 du tramway.

En résumé, nous avons eu raison : nous seuls avons dit la vérité aux Niçois. Mais ce constat est amer. Il coûtera très cher aux habitants de notre ville et singulièrement aux plus modestes, ceux qui sont les plus touchés par la crise.

Depuis les élections, c’est avec le même souci de réalisme que nous avons préconisé la prudence aussi bien au nouveau maire qu’à une opposition qui se décrédibilise petit à petit en sombrant dans le « toujours contre » et le « toujours plus ».

Et c’est précisément parce que nous ne pouvons plus faire confiance à cette opposition – que plus personne ne prend au sérieux – que nous demandons la réunion du Conseil Communal Consultatif, afin que, au-delà des querelles stériles, l’ensemble des forces vives de la Cité se mobilise pour prendre les décisions graves qui devront être prises, pour faire les choix capitaux qui devront être tranchés.

Nous sommes prêts, à Gauche Autrement, à participer à toute réflexion et à toute action qui contribuera à sortir notre ville de cette nouvelle épreuve avec les honneurs.

Sur le même sujet, avec des liens supplémentaires, voir mon communiqué du 12 décembre 2008, à propos de l'augmentation des impôts locaux, sur le site de Gauche Autrement.

10 décembre 2008

Henri Fiszbin

Samedi après-midi, à la recherche d’une animation Téléthon, je passe un peu par hasard devant le 40 bis du boulevard Gorbella. Et comme cela m’arrive parfois sans vraiment savoir pourquoi, une bouffée de nostalgie m’envahit. C’est que, précisément à cette adresse, se trouvait la permanence d’Henri Fiszbin, député des Alpes-Maritimes de 1986 à 1988. Une permanence que dirigeait, avec son éternel enthousiasme militant, Lucien Fouques… notre Lucien !

Ancien Secrétaire général de la Fédération du PC de Paris, Henri avait été exclu pour avoir dénoncé les pratiques staliniennes de son partir. Du coup, l’ancien tête de liste aux municipales de 1977, l’ex-député de Paris, s’était rapproché du PS. Communiste reconstructeur, il avait donc été présenté par les socialistes en deuxième position sur la liste des Alpes-Maritimes pour le législatives de 1986. En effet, cette année-là, les élections se déroulaient au scrutin de liste départementale à la proportionnelle et Solférino avait offert un parachute aléatoire à son nouvel allié.

Jeune Premier secrétaire fédéral, j’ai rapidement sympathisé avec le nouveau venu, l’accompagnant aux quatre coins du département, trop heureux de bénéficier de son immense expérience politique.

Ancien ouvrier, Henri était un homme très cultivé et plein d’humour. Il n’hésitait pas, par exemple, à truffer ses discours de private jokes simplement pour m’amuser au cours des longues journées de campagne. Il faut dire que nous étions peu autour de lui, les courtisans préférant accompagner la tête de liste, Jean-Hugues Colonna, forcément plus médiatique.

Elu de justesse, il allait réunir, avec l’aide de Lucien, une petite équipe de syndicalistes et de militants de l’éducation populaire d’une redoutable efficacité, quand il s’agissait de coller au terrain des luttes sociales ou de participer au travail législatif.

Infatigable, il était toujours partant pour une action, une réunion ou un débat improvisé. Mais jamais il ne négligeait militants et amis pour lesquels il était toujours d’une exquise délicatesse.

Un grand bonhomme que le PS enverra en 1988 se faire battre dans une obscure circonscription de Meurthe-et-Moselle. De ce jour, je ne revis Henri qu’une seule fois, quelques jours avant sa mort. C’était au cours du funeste congrès de Rennes. Malgré le climat ambiant et une santé chancelante, il avait toujours au cœur et aux lèvres l’optimisme des grands humanistes.

Il me manque toujours. Heureusement, il y a Lucien.

07 décembre 2008

Les compagnons de la marguerite


Les deux « stars » Gauche Autrement de la course à pied, Laurent P. et Laurent F. n’étant pas disponibles, c’est une équipe réduite (Clotilde, Irène, Patrick) qui se présente au départ du Cross des Iles sur l’île Sainte Marguerite, petit paradis terrestre… Mais l’association est solidaire car les trois volontaires étaient assistés par pas moins de douze accompagnateurs : un taux d’encadrement à faire pâlir un champion olympique !

L’épreuve, organisée par l’AC Cannes, est magnifique : elle a gardé la dimension sportive et humaine qu’on a un peu perdue avec les grandes machines événementielles. Cela dit, le « team » fera honneur à ses couleurs puisqu’on retrouvera à l’arrivée les trois concurrents entre les 300e et 400e places sur plus de six cents partants. Cerise sur le gâteau : les trois sont classés devant (de peu, certes…) un responsable politique départemental ami mais concurrent, radicalement concurrent.

C’est donc le cœur léger que chacun put assister à la suite du spectacle sportif avec un 400 m 4 nages de folie réalisé en pleine mer (un 7 décembre quand même…) par Richard, notre Alain Bernard à nous. Puis ce fut l’anniversaire de Rose et un joyeux pique-nique dans la tradition de Gauche Autrement.

En trente ans de PS, je ne me souviens pas avoir vécu de tels moments de convivialité avec ceux dont je partageais pourtant en principe les valeurs. A la réflexion, c’est quand même triste.

Photo Carolyne

05 décembre 2008

SOS éduc pop


Quelques dizaines d’enfants, des éducateurs, des gendarmes, des enseignants, un thème (« La sécurité routière », des sourires mais aussi beaucoup de sérieux : cela donne une bien belle journée d’éducation populaire au CLAJ de Nice sous les auspices des Francas, association dirigée avec humanité et professionnalisme par notre ami Pierre Benallah.

A Gauche Autrement, nous apprécions beaucoup l’éducation populaire. Conscientisés par Sami Cheniti, Lucien Fouques et Henri Cottalorda, tous trois cadres dans le secteur, nous avions prévu, dans notre programme municipal, d’avoir recours très souvent à ces militants expérimentés et, selon nous, sous-employés.

L’école fait ce qu’elle peut – et avec les réformes en cours, elle risque de pouvoir de moins en moins, n’est-ce pas, Enzo ? – mais elle est loin de corriger toutes les inégalités. Aussi, quand l’éducation populaire prend le relais, elle introduit un peu plus de justice dans notre société.

Ma présence au CLAJ ce jour-là allait bien au-delà de l’amitié, elle avait valeur de témoignage et d’engagement. C’est que, début octobre, déjà sérieusement malmenée depuis deux ans, l’éducation populaire a subi un très mauvais coup. Brusquement, brutalement, les associations du secteur travaillant avec l’Education Nationale ont vu leurs subventions pour 2008 amputées de 25%... alors même que les programmes de l’année étaient lancés.

Les Francas, mais aussi l’APEP, les CEMEA, la Ligue de l’Enseignement et bien d’autres associations sont concernées par cette décision inique justifiée, comme toujours (on nous refait le coup pour l’audiovisuel), par l’amélioration du service public…

Lorsque l’éducation populaire sera définitivement remplacée par la console de jeux et le goûter d’anniversaire chez Mc Do, le déterminisme social sera plus fort que jamais.

C’est pour cette raison que je proposerai, à la prochaine assemblée générale de Gauche Autrement, qu’au cours du premier trimestre 2009, notre association s’engage fortement pour l’éducation populaire. Aux côtés de l’éducation populaire.

02 décembre 2008

On n’est jamais si bien trahi que par les siens…

Le Tuyo, 26 novembre 2008, article de Jérôme Guidi

Si ce blog n’a jamais eu, à l’instar de celui de la Conseillère générale du 7e canton, les honneurs de la presse nationale, il est parfois repris par la presse régionale. Les sites et les blogs utilisent encore plus fréquemment mes posts, en fonction de l’actualité.

Par conséquent, la reprise de mon billet, « Sa petite entreprise ne connaît pas la crise » - commentaire libre sur la nouvelle élection de Patrick Allemand à la tête de la Fédération du PS 06 – par le nouveau site d’informations niçois Le Tuyo n’était pas un événement en soi. Et cela, même si l’article, qui reprenait de larges extraits de mon post, était publié à la une avec un titre fracassant : « Le retour cinglant de Mottard, l’anti-Allemand »… Bigre !

Par contre, ce qui est beaucoup plus surprenant, c’est que cet article, somme toute relativement confidentiel (car Le Tuyo est un site récent), s’est retrouvé en première page… de la Revue de presse du Conseil régional.

Quand je vous le disais : Patrick Allemand ne compte que des amis à la Région…

30 novembre 2008

Millenium pensum


«Le nom de la rose», «Da Vinci code», «Harry Potter»... : par curiosité ou pour ne pas passer à côté d’un bon moment, j’avoue lire assez souvent les best-sellers dont le succès est tel qu’il frise parfois le phénomène de société.

Une telle lecture est de toute façon instructive sur ce qui intrigue, intéresse, passionne mes contemporains. Alors, pourquoi se priver d’une petite escapade sociologico-ludique qui peut parfois déboucher sur une bonne surprise littéraire ?

C’est donc tout à fait logiquement que j’ai fait l’acquisition de la trilogie de Stieg Larsson «Millenium». Et il fallait un certain courage pour se lancer dans les 2000 pages de cette saga policière scandinave.

En réalité, je n’ai pas tenu le coup jusqu’au bout, abandonnant après deux volumes un quart (soit 1400 pages quand même !) quand je me suis rendu compte que le troisième volume («La reine dans le palais des courants d'air») ressemblait beaucoup au deuxième («La fille qui rêvait d'un bidon d'essence et d'une allumette») qui lui-même ressemblait beaucoup au précédent («Les hommes qui n’aimaient pas les femmes»).

Dès le premier tome, télescopage habile d’une saga familiale et d’une histoire de serial killer à la sauce biblique façon «Seven», le ton est donné.

«Millenium» est un roman policier assez classique dans sa structure, avec des intrigues plutôt bien construites quoiqu’un peu simplistes. Les personnages sont fades (le journaliste indépendant et courageux, la working girl conquérante) ou improbables (la punkette génie de l’informatique, croisement de Courtney Love et de Bill Gates), et l’écriture est passe-partout. «Rien que des choses très commerciales», dirait Souchon.

Alors, qu’est-ce qui a bien pu faire le succès planétaire de la trilogie ? Risquons trois hypothèses.

La première est la présence envahissante des scènes de sexe dans l’ouvrage. Du sexe bien crade, de celui qui se pare des oripeaux des problèmes de société pour faire du lecteur un voyeur. Viol, sadisme, pédophilie, torture… Tout y passe. Comme quoi, pour vendre du papier, les bonnes vieilles recettes ont toujours cours…

La deuxième serait plutôt liée au cadre dans lequel évoluent les personnages. Gavés de policiers anglo-saxons, les lecteurs ont considéré que la Suède était peut-être le fin du fin en matière d’exotisme. Ils n’ont peut-être pas tout à fait tort. C’est vrai qu’ils sont « différents » ces Suédois ! Le Suédois ne boit pas de whisky et ne mange pas de hamburgers : il engloutit des litres de café et se gave de mystérieuses tartines à la garniture incertaine. Les jours de débauche, le Suédois façon Larsson descend au Starsbucks du coin et s’enfile… un café au lait. Petit coquin, va ! Il soigne son corps et sa santé : dès qu’il a quelques heures de libres, il prend sa Volvo ou sa Saab et va rejoindre son chalet secondaire au bord d’un lac où il se livre à toute une série d’exercices physiques, y compris en faisant l’amour sur une base assez hygiéniste avec sa copine. Et c’est avec gourmandise qu’il regarde son thermomètre franchir les – 30°C.

Ma troisième hypothèse est liée au contexte quelque peu dramatique dans lequel s’est déroulée l’édition de la saga. Stieg Larsson est en effet décédé en 2004, juste après avoir remis à son éditeur les trois volumes de l’ouvrage.

Au final, rien qui ne justifie un succès planétaire. Et c’est donc plutôt dubitatif que je suis reparti, comme chaque fois en pareille circonstance, «A la recherche du temps perdu» pour réapprendre, avec le petit Marcel, ce qu’est vraiment la littérature.

Rien à voir :
Après le Congrès de Reims du PS : interview sur le site de Nice télé web

28 novembre 2008

5.02 Joseph Garnier

Les façades du boulevard Joseph Garnier

Après le nord (5.12 Fontaine du Temple) et le sud (5.03 Vernier), explorons le centre du canton avec le bureau 5.02 Joseph Garnier, qui, comme son nom le laisse supposer s’organise presque entièrement autour de ce boulevard, frontière postale entre le 06000 et le 06100.

Pour la petite histoire, l’ami Joseph fut sénateur des Alpes-Maritimes en 1876. Mais il est surtout connu comme un précurseur de l’économie politique moderne. Chef de file de l’école « libérale », il est notamment l’auteur d’un excitant « Traité d’arithmétique théorique et appliquée »…

De Libération à Gambetta, c’est en levant la tête qu’il faut se promener sur le boulevard pour admirer les façades des superbes immeubles bourgeois qui le bordent. A l’extrémité ouest, on peut se trouver nez à nez avec le train des Pignes au carrefour dit « du Passage à niveau ». Un train dans la ville : une image insolite qui nous avait fait imaginer, dans nos propositions municipales un « tram-train » qui, compte tenu des déclarations de l’actuel maire, pourrait bien voir le jour… un jour !

Au milieu du boulevard, on peut recommander une halte au Woody’s, le meilleur tex-mex de la ville. Sur le trottoir d’en face, à l’angle Joseph Garnier/Barbusse, à l’endroit où est aujourd’hui installé un commerce de produits bio, se trouvait le sympathique bar « La Khemia ». C’est ici qu’un soir de 1994 nous avions « mis le feu » à l’heure de l’apéro… avec Michel Rocard, à l’époque Premier secrétaire national du PS, qui était venu me soutenir dans une élection législative partielle. Quelques jours plus tard, la Khemia fut le théâtre d’un autre événement, moins drôle il est vrai. En effet, la grande salle du bar était divisée par une marche assassine et André Legat, militant dévoué mais distrait, la négligea… et se cassa le bras.

Enfin, n’oublions pas qu’à quelques dizaines de mètres de là, se trouve la permanence de mon adversaire politique, Muriel Marland-Militello, qui me battit aux législatives de 2002 avant que je ne prenne ma revanche aux cantonales de 2004 (1 à 1, balle au centre !).

Le territoire du bureau 05.2 est complété par la partie basse de l’avenue Henri Barbusse (le nom de l’écrivain pacifiste, qui n’avait pas d’attache particulière avec Nice, fut imposé à la Libération par Virgile Barel) où se trouve la Fondation Valentin Hüy, créée par Samuel Goldenberg et la comtesse Edwiga Garbovska et dirigée aujourd’hui de main de maître par Max Bouvy. C’est aussi le quartier de notre colistier Ange Sorrentino qui fut longtemps l’un des responsables nationaux (et bénévoles) du Service d’Ordre du PS, avant d’être exclu, comme beaucoup d’autres…

Une petite partie de l’avenue Bellevue et la partie prolongée d’André Theuriet complètent la géographie du 5.02, carrefour – comme on disait aux conférences de « Connaissance du Monde » - entre le nord et le sud… du 5e canton.

27 novembre 2008

Maurice tacle Aounit


Après deux soirées consacrées aux élections américaines, « Gauche Autrement » organisait, ce mercredi, un débat au CAL de Bon voyage – un lieu qui nous rappelle de bons souvenirs (n’est-ce pas, Bernard ?) – autour du livre de Maurice Winnykamen, « Grandeur et misère de l’antiracisme ».

Il s’agissait, pour notre colistier, d’expliquer, à travers l’évolution du MRAP et des positions de son secrétaire général Mouloud Aoumit, la montée en puissance du communautarisme dans les organisations progressistes.

Ayant eu à subir moi-même ce type de comportement au sein de la Fédération 06 du PS, je suis évidemment très concerné par ce débat où il convenait d’expliquer que le combat légitime des républicains contre l’intégrisme n’a rien à voir avec une supposée islamophobie.

Coincées entre électoralisme et politiquement correct, les organisations politiques de gauche sont plus que frileuses sur ces sujets. La presse également. Qu’on en juge : aucun journaliste n’a fait ce soir le déplacement, alors que France 3 était venu jusqu’à Nice nord m’interviewer cet après-midi pour m’interroger… sur les élections internes au PS !

Ce sera l’honneur de Gauche Autrement, avec Maurice et Anne Savigneux (ex membre du Bureau exécutif du MRAP), venue spécialement de Grenoble, d’avoir le courage d’aborder ces sujets au cœur même de Bon voyage sous le regard du régional de l’étape, le principal adjoint au collège, Pierre Laigle.

Le débat qui suivit fut très contradictoire et même – malgré les efforts des deux Joël(le) et une très belle conclusion de Salem – un peu caricatural. Mais peu importe, le Ramadan Circus n’a pas eu le dernier mot et c’est bien l’essentiel !

25 novembre 2008

Carlone Academy n° 3











"La ligne verte" et "La ligne rouge"

Après la littérature et la peinture, mes 623 étudiants ce sont prononcés sur leurs goûts cinématographiques.

Pour le film préféré, cela a donné :

1- La ligne verte, de Frank Darabont (22 citations)

2- Into the Wild, de Sean Penn (21 citations)

3- Moulin rouge, de Baz Luhrmann (17 citations)
La vie est belle, de Roberto Benigni (17 citations)

5- Titanic, de James Cameron (15 citations)

6- Fight club, de David Fincher (14 citations)

7- L’effet papillon, d’Eric Bress (13 citations)
Le parrain, de Francis Ford Coppola (13 citations)
Pearl Harbor, de Michael Bay (13 citations)

10- Requiem for a dream, de Darren Aronofsky (9 citations)
Pulp fiction, de Quantin Tarentino (9 citations)
Le seigneur des anneaux, de Peter Jackson (9 citations)
Gladiator, de Ridley Scott (9 citations)
American history, de Tony Kaye (9 citations)

A une exception près, que des films américains.

Je dois avouer, à ma grande confusion, que j’ai longtemps confondu « La ligne verte » avec le superbe film de Terrence Malick, « La ligne rouge », et « L’effet papillon » avec « Le papillon et le scaphandre »… mais maintenant, grâce à Google et quelques amphis goguenards, j’ai rectifié le tir !

Côté réalisateurs, une certitude : Tim Burton, avec plus de 35 citations pour 7 films différents, se détache nettement d’un peloton très dispersé où surnagent à peine Almodovar (3 films cités) et la fille à son papa, Sofia Coppola (citée pour ses trois films).

Le cinéma français se résume à quelques citations de Klapisch (pour « L’auberge espagnole », bien sûr...) et de Besson.

Mais savez-vous quel est le film préféré de mon étudiant Ouïghour ?... « Bienvenue chez les ch’tis ». Pas de doute, le village planétaire, c’est déjà aujourd’hui…

22 novembre 2008

Sa petite entreprise ne connaît pas la crise

Au moment où la tragi-comédie nationale prend des allures de métaphore de l’impuissance de ce parti que nous avons tant aimé, tout est calme au niveau fédéral dans les Alpes-Maritimes : seul candidat à sa propre succession, Patrick Allemand a été réélu (60% d’abstentions et 30% de votes blancs et nuls quand même…). Circulez, il n’y a rien à voir !

En fait, il y a tout lieu d’être étonné par un tel résultat.

Comment se fait-il que celui qui est critiqué – souvent en termes violents – dans les couloirs de Biscarra et même ceux de la Région a été réélu ?

Comment se fait-il que celui qui est responsable du désastre de la Municipale de Nice a été réélu ?

Comment se fait-il que celui qui a présidé une Fédération dont les effectifs ont été réduits plus que de moitié a été réélu ?

Comment se fait-il que celui qui a menti dans « l’affaire » des Municipales de La Trinité a été réélu ?

Comment se fait-il que celui qui est à l’origine de l’exclusion de militants emblématiques comme Simone Figuet, Lucien Fouques, Jacky Delahaye, Bernard Paquin ou encore Maurice Winnykamen a été réélu ?

Comment se fait-il que celui dont la langue de bois exaspère la presse et la société civile a été réélu ?

Comment se fait-il que celui qui a été désavoué par celle-là même (Sophie Duez) dont il avait fait un symbole d’ouverture a été réélu ?

Comment se fait-il que celui qui est régulièrement humilié par Michel Vauzelle qui désormais traite des affaires de Nice et des Alpes-Maritimes directement avec Christian Estrosi a été réélu ?


Les questions sont multiples, mais la réponse est simple : parce que Patrick Allemand est Vice-président de la Région PACA.

Avec ses collaborateurs souvent salariés, il quadrille Fédération et sections. Chacun a sa place. Il y a ceux qui constituent sa garde rapprochée et qui jouent les rabatteurs. Il y a ceux qui font semblant de garder quelque distance pour mieux intervenir au cas où… Lors des deux derniers Congrès, Patrick Allemand était politiquement battu après le vote des motions. Le candidat qui lui était opposé devait l’emporter : par deux fois, la trahison d’un salarié de la Région a permis l’élection du Patron.

Plus indirectement, les effectifs des sections qui lui sont favorables sont largement composés d’adhérents d’associations ayant un lien avec la Région. Rien d’illégal dans tout cela, mais un solide manquement à l’éthique. Dans les assemblées de la République, les élus ne participent pas aux votes concernant une structure dans laquelle ils sont impliqués. Au PS 06, on n’a pas cette pudeur.

Je garde toujours en mémoire l’exemple bien triste d’un camarade pourtant expérimenté mais en grande difficulté professionnelle qui, d’opposant virulent, est devenu un fan hystérique du Premier secrétaire après avoir eu sa promesse d’embauche à la Région. Je ne lui en veux pas personnellement – il faut bien vivre – mais tout cela traduit un climat délétère.

On pourrait parler aussi des très nombreuses cotisations payées en liquide ou par chèque global pour de multiples adhérents, de l’organisation baroque de l’antenne régionale (la justice elle-même s'y intéresserait...) et de bien d’autres choses.

Mais rien ne changera tant que Patrick Allemand restera premier Vice-président de la Région parce que c’est la source même de son pouvoir. C’est donc à Michel Vauzelle de trouver la bonne solution pour stopper l’hémorragie car, après tout, les élections régionales vont arriver très vite….

18 novembre 2008

Carlone Academy n° 2

Guernica, Picasso

Après avoir donné leur livre préféré, mes 611 étudiants devaient citer leur peinture préférée. Grande dispersion des réponses, mais quelques œuvres et un certain nombre d’artistes émergent de cette constellation.

1- La Joconde, Leonardo da Vinci (28 citations)
2- Guernica, Picasso (18 citations)
3- La naissance de Vénus, Botticelli (12 citations)
4- Le radeau de la Méduse, Géricault (9 citations)
5- Le cri, Munch (8 citations)
Impression, soleil levant, Monet (8 citations)

Seule une étudiante a cité ma toile préférée (La pie de Monet)

Pour les peintres, un trio émerge avec une trentaine de citations :
Dali (pas d’œuvre vraiment identifiée) : 33
Picasso (Guernica, Les demoiselles d’Avignon, Autoportrait) : 31
Van Gogh (pour une demi-douzaine d'œuvres dont La chambre jaune, Le ciel étoilé et Les tournesols) : 28
Boticelli (Vénus et Le printemps) et Monet (Soleil levant et Les nymphéas) sont cités une vingtaine de fois.

Plus étonnant, le peintre de l’aube (Le Caravage), le symboliste autrichien (Gustav Klimt) et l’étonnante artiste mexicaine Frida Kahlo, à la vie si aventureuse (elle fut la maîtresse de Trotsky) ont été cités une dizaine de fois chacun.

Quelques étudiants probablement un peu chauvins ☺ ont cité Yves Klein et Ben, une gentille fille, les œuvres de sa maman, une amoureuse, le travail de son copain… En tout, ce sont près de cent peintres qui ont été cités pour au moins cent quarante œuvres. Un superbe musée imaginaire, dirait Malraux.

Frida autoportrait "Rideaux - lettre à Léon Trotsky", de Frida Kahlo

16 novembre 2008

Martine contre Mary Poppins et le Bébé requin


Vendredi, un éditorialiste de Libération écrivait : « Finalement, changer de leader au PS c’est un peu comme changer de transat sur le Titanic ».

Le spectacle offert par le Congrès de Reims lui donne en grande partie raison. Même si on peut penser – et c’est mon cas – que la compétence du capitaine peut encore permettre d’adoucir le choc contre l’iceberg. Le devenir du grand parti d’opposition est suffisamment important dans une démocratie pour qu’on puisse espérer jusqu’au bout éviter le pire.

C’est que, si je me suis couché quelque peu atterré samedi soir avec la perspective d’une mauvaise série B « Mary Poppins contre le Bébé requin », dimanche matin fut moins sombre avec la candidature de Martine.

En effet, même si la tentation est grande de renvoyer tout le monde dos à dos, il ne faut pas y céder. Un examen un peu apaisé de la situation permet de noter que les trois candidatures ne sont pas équivalentes.

Prenons Royal : même si on a le sentiment que tout a été dit sur elle, ses méthodes, sa bossa nova idéologique entre l’ordre juste et la défense des humiliés, il faut bien admettre qu’elle incarne une drôle de rénovation. Elle doit sa pôle position, après le vote des militants, à l’énorme Fédération des Bouches-du-Rhône (73% des voix), une structure si démocratique qu’au lendemain du vote elle ne pensait qu’à dissoudre ou fusionner avec des bien-pensants les sections qui n’avaient pas voté Royal. Guérini, le tout puissant patron de la Fédération des Bouches-du-Rhône, entamant le grand air de la rénovation, c’est un peu « Les tontons flingueurs » piquant le répertoire de Chantal Goya pour faire une comédie musicale ! Que dire aussi du soutien de la Fédération de l’Hérault et de son parrain exclu Georges Frêche à qui l’on a promis la réintégration au cas où… Là, ce serait plutôt « Le retour de Freddy ». Que dire enfin de la Fédération des Alpes-Maritimes, largement royaliste, avec un Patrick Allemand en défenseur des militants contre… l’appareil ! Sans parler de Nice, on doit rire jaune – ou rose – du côté de La Trinité.

Hamon, quant à lui, grâce au fait qu’il est relativement peu connu, jouit d’une image assez positive dans la presse. En fait, il ne gagne pas à être connu. Des syndicats étudiants aux cabinets ministériels en passant par le MJS, Hamon est un apparatchik depuis l’époque de la blédine. Il a prospéré d’un appareil à l’autre sans jamais réussir à se faire élire dans une circonscription. Il est donc député au Parlement européen de Strasbourg, le refuge de ses semblables qui se font élire sur une liste sélectionnée par leurs pairs. Ce jeune homme a par ailleurs une conception assez particulière de la démocratie. On s’en souvient encore dans les Alpes-Maritimes quand il avait désigné seul, depuis Paris, le représentant de sa motion (Yann Librati) contre la volonté de l’immense majorité des militants locaux.

Reste Martine. Elle n’a pas que des qualités. Elle a fait preuve de faiblesse vis-à-vis des islamistes en acceptant le principe de non mixité dans des piscines de sa ville, sa position à l’égard du MoDem (oui à Lille, non à Paris) est tout sauf lisible, ses soutiens sont hétérogènes, notamment sur l’Europe où nonistes et ouistes font semblant d’être d’accord.

Mais quand même… Elle est issue de ces Fédérations du nord de la France où le militantisme socialiste a encore un sens (j’ai un souvenir ému des Congrès de Lille et de Liévin), elle a fait de Lille un laboratoire municipal qu’on cite en exemple. Elle a pour elle un passé ministériel où elle a démontré qu’on pouvait être à la fois gestionnaire et socialiste, responsable et fidèle à son idéal de progrès social. Enfin, elle s’appelle Delors : ça n’a rien à voir, mais en tant qu’Européen convaincu, j’aime cela !

Disons qu’avec elle la situation restera grave, mais ne sera plus tout à fait désespérée. A jeudi.

13 novembre 2008

La crise débarque au CADAM



Ce jeudi, première séance plénière du Conseil Général depuis le début de la crise. J'avais donc calibré avec beaucoup de soin une intervention de politique générale.

En voici quelques extraits (texte complet sur le site de « Gauche Autrement »).

Et l’essentiel, c’est bien sûr la crise que connaît notre pays. Cette crise, dont les premiers effets sociaux commencent à se faire sentir, aura des répercussions fortes sur notre collectivité. C’est que la prospérité de celle-ci s’est faite ces dernières années – il faut bien le dire – sur la forte progression des droits de mutation qui sont passés de 2004 à 2007 de 218 à 348 millions d’euros, soit une augmentation de 56,72%. (…) en 2007, les droits de mutation représentaient 33% des recettes réelles de fonctionnement et les contributions directes 32%.

Or, (…) la crise est bel et bien là puisque, entre le 1er trimestre 2007 et le 1er trimestre 2008, le marché du logement neuf accuse une baisse de 34% et le marché de l’ancien une baisse de 24%. La DM2 est, symboliquement, le premier document budgétaire qui marque le début de la crise, puisque la majoration de 6 millions d’euros d’encaissements reçus est consacrée à la couverture du risque de diminution des droits de mutations sur l’année 2008, compte tenu de l’évolution supposée du marché immobilier.

Cette perte brutale va devoir être compensée par une hausse de la fiscalité directe locale. En effet, il ne faut rien attendre d’un Etat, déjà peu enclin ces dernières années à soutenir les collectivités territoriales, aujourd’hui empêtré dans son déficit.

Cette hausse de la fiscalité directe locale ne constitue pas pour nous un scandale, dans la mesure où nous n’avons jamais eu une attitude idéologique anti-impôt. (…)

Mais, s’il doit y avoir augmentation des impôts, n’oublions pas que sa traduction sera forcément douloureuse dans notre département car ce ne sont pas exactement les mêmes populations qui payaient les droits de mutation (qui concernent beaucoup de non-résidents) et qui paieront le supplément de la fiscalité locale directe.

(…) Vaut-il mieux une augmentation forte et unique dès cette année ou une augmentation modérée sur plusieurs années ? Même si nous considérons que la réponse appartient, en toute responsabilité, à la majorité de notre assemblée, nous vous donnons notre avis : une augmentation sur plusieurs années, même si elle est politiquement plus difficile à assumer je vous l’accorde, permettra un pilotage plus fin de l’économie de notre département en fonction des éventuels retournements de conjoncture.

Quoi qu’il en soit – augmentation brutale ou progressive – il y a fort à parier qu’elle ne pourra à elle seule juguler les effets de la crise sur notre institution. A ce propos, le document que vous nous soumettez traduit une hésitation. Si j’osais, je dirais que vous n’avez pas encore fait votre « coming out »… Car, après nous avoir alerté sur les effets probables de la crise, vous n’osez pas encore en tirer vraiment les conclusions (…). Nous risquons d’être encore en deçà de la réalité, surtout si notre institution poursuit le rééquilibrage de sa politique – rééquilibrage que nous soutenons – en faveur de la bande littorale et de Nice.

C’est bien pour cela qu’il va falloir recadrer l’ensemble de notre politique en partant de quelques principes simples. Pour nous, ces principes doivent être les suivants :

- Hiérarchiser les priorités et les politiques en partant du principe que le Conseil Général doit d’abord être exemplaire sur ses compétences obligatoires surtout quand elles touchent à la solidarité, à l’éducation et au social.

- Poursuivre notre action dans les autres domaines est tout à fait concevable si l’on tient compte pour l’essentiel de l’aspect social ou éducatif qu’ils présentent. C’est ainsi, par exemple, que si la politique du logement ne fait pas partie de nos compétences, elle peut-être intégrée dans ce noyau dur car elle participe de la solidarité et du social. (…)

- Recentrer les autres politiques – qui ne doivent pas être abandonnées – sur ce qui fait leur spécificité. (…)

- Enfin, il serait utile de limiter les dépenses qui peuvent apparaître somptuaires comme les dépenses de communication. (…)

Pour autant, un tel recadrage n’empêche pas d’être ambitieux. Pour notre part, nous avons de nombreuses propositions à faire même si nous ne sommes pas dans la politique du toujours plus mais dans celle du toujours mieux. Quelques exemples (…).

Pour conclure, je m’excuse pour la longueur inhabituelle – pour moi en tout cas – de ce propos. Mais, à un moment probablement décisif pour l’avenir de notre collectivité (on le dit toujours, mais là c’est « vraiment vrai »), il nous semblait important que Gauche Autrement aille un peu au-delà du discours oppositionnel convenu, en lançant quelques pistes et en faisant quelques propositions. Même si, au final, les décisions appartiennent en toute responsabilité et sans confusion à la majorité départementale.

Mais comme disait le grand Léonard de Vinci, « Nul conseil n’est plus loyal que celui qui se donne sur un navire en péril ». En ces temps de tempêtes sur le Vendée Globe, chacun aura compris la portée de cette formule. Du coup, comme nous faisons dans la métaphore maritime, il n’est peut-être pas illégitime, Monsieur le Président – provisoire – du Conseil Général, de vous demander une fois de plus quel sera le nom du futur capitaine…

Cette intervention, pourtant modérée, aura pour effet de déclencher l’ire du Président qui utilisa la majorité du temps de sa réplique aux trois groupes d’opposition pour me répondre. Il y avait de l’électricité dans l’air aujourd’hui car, quelques minutes plus tard, Jean-Raymond Vinciguerra s’estimait désavoué par son groupe (socialistes et apparentés) et décidait de retrouver sa liberté au sein de l’assemblée.

Pour une fois, on ne pourra pas accuser Patrick Allemand d’être responsable de ce nouveau cafouillage : il était absent. Ah ! Cumul des mandats quand tu nous tiens…

12 novembre 2008

Carlone Academy n° 1

Pour mieux connaître les goûts culturels des 18-24 ans, j’ai interrogé en début d’année mes 611 étudiants sur leurs préférences littéraires, picturales, musicales, théâtrales et cinématographiques.

Avant cela, je me suis engagé doublement : je leur donnerai le résultat global de l’enquête et je m’abstiendrai de tout commentaire qualitatif.

Le fait que 150 d’entre eux soient étrangers n’a pas vraiment influencé les résultats dans la mesure où, à part peut-être les Chinois et quelques Slaves, les goûts des jeunes français et ceux de leurs collègues étrangers semblent synchrones. La mondialisation de la culture est donc en bonne voie, pour le meilleur et pour le pire.

La première question était : « Quel est le titre de votre livre préféré ? ». Et voilà le classement des ouvrages le plus souvent cités :

1- Da Vinci Code, Dan Brown (14 citations)

2- 1984, George Orwell (13 citations)

3- Et si c’était vrai, Marc Lévy (12 citations)
L’alchimiste, Paolo Coelho (12 citations)

5- L’étranger, Albert Camus (11 citations)

6- Le Guépard, Lampedusa (8 citations)
Les liaisons dangereuses, Choderlos de Laclos (8 citations)

8- Les misérables, Victor Hugo (7 citations)
Dix petits nègres, Agatha Christie (7 citations)

10- Le parfum, Patrick Süskind (5 citations)
Orgueil et préjugés, Jane Austen (5 citations)
Anges et démons, Dan Brown (5 citations)

Par ailleurs, deux étudiants pieux ont cité la Bible alors que quatre autres ont apparemment gardé leur âme d’enfant en citant… Harry Potter.

Côté auteurs, Marc Lévy est largement en tête avec plusieurs ouvrages devant Dan Brown (pour les deux livres précités) et Paolo Coelho (trois titres). Sont également cités une dizaine de fois pour au moins trois romans : Amélie Nothomb, Stephen King, Anna Gavalda, Frédéric Beigbeder, Guillaume Musso (que je connais aussi comme « voisin » : il était en effet à côté de moi l’an dernier au Salon du Livre de Nice) et Bernard Werber.

Mes deux auteurs favoris, Proust et Kundera, n’ont été cités respectivement que deux et trois fois. Sur 600, dur, dur !

Ainsi le livre le plus cité est ce Da Vinci Code que, sur ce blog, je qualifiais en 2006 d’ouvrage « habile, manipulateur, parfois jubilatoire, mais qui n’est au fond que du sous Umberto Eco, du X-Files à la sauce catho et une version spiritualiste du célèbre "On nous cache tout, on nous dit rien" de Jacques Dutronc. »

Oui, c’est vrai, j’ai promis ! Pas de commentaires qualitatifs !

08 novembre 2008

Les images d’Epinal du PS

Redescendre du Mont Washington pour les terrasses de Solferino, celles-là mêmes où paradait au soir de sa défaite aux Présidentielles la candidate du PS, n’est pas un exercice aisé. Mais tentons l’aventure…

En effet, dans la soirée de jeudi, le PS a voté. Ce qui a donné l’occasion à la presse française, pourtant globalement circonspecte, de nous offrir toute une série d’images d’Epinal sur l’événement.

Pour elle, les militants du PS ont choisi entre quatre orientations politiques. Ils ont créé la surprise en plaçant Ségolène Royal,la candidate de la rénovation, devant les candidats de l’appareil du vieux Parti. Elle va donc pouvoir organiser autour d’elle une majorité permettant au PS de redevenir le grand parti d’opposition national.

Une telle lecture appelle quelques observations :

- Sur les quatre orientations politiques
Bien malin est celui qui pouvait véritablement différencier sur le fond ces quatre textes (*) qui ont peu de chances de se retrouver un jour au Panthéon de la littérature politique. Le choix des militants s’est donc fait sur d’autres critères.

- Sur la notion même de choix des militants
Ce choix, on le sait tous (et dans les Alpes-Maritimes nous ne sommes pas à la traîne) est souvent en fait un acte de clientélisme, un renvoi d’ascenseur à un élu, parfois même à un patron. Sinon, comment expliquer les 73% quasiment tunisiens réalisés par Royal dans la Fédération des Bouches-du-Rhône ? Ou les 100% royalistes dans la célébrissime section de l’Ariane ? En réalité, ce phénomène, qui a toujours existé, s’est aggravé ces dernières années avec les nombreux succès locaux du PS dans le pays.

- Sur la rénovation « royaliste »
Sans les Bouches-du-Rhône, Ségolène Royal ne serait pas arrivé en tête de la compétition. Or, cette Fédération, c’est le Jurassic Park du PS, l’archétype de l’archaïsme politique. Et les raisons de son soutien étant rarement idéologiques, il y aura, n’en doutons pas, une exigence de retour sur investissement…

- Sur la constitution d’une nouvelle majorité autour de la «rénovation»
L’éclatement du PS en quatre tendances (qui, on l’a compris, sont autant d’écuries présidentielles) à peu près équivalentes condamne celui qui « dirigera » à d’invraisemblables contorsions d’appareils. Royal, Delanoë, Aubry, et DSK en embuscade : il y a désormais au moins quatre candidats pour les prochaines présidentielles et c’est autour de cette compétition que se dessinera l’avenir pas très rose du Parti.

Conclusion : Epinal ne sauvera pas Solferino. Après ce vote, les mâchoires Besancenot et Bayrou du piège électoral se sont un peu plus refermées sur un PS en bien mauvaise posture.

(*) Dominique a essayé, sans a priori, de réaliser un comparatif entre les textes. Elle y a finalement renoncé.

Pour une analyse locale voir le billet d'Henri Cottalorda : Triste constat.

05 novembre 2008

Le premier jour de l’après 4 novembre 2008



Retrouvant à … 6 heures du matin mes esprits, après la folle nuit de la galerie Depardieu au milieu d'une foule franco-américaine très fraternelle, je me surprends à rendre hommage à une vieille dame grecque.

« Merci Clio ! » (du grec « kleô » : célébré, chanté…). En effet je ne remercierai jamais assez la muse de l’Histoire de m’avoir offert dans ma vie d’homme trois moments inoubliables : le 10 mai 1981 avec l’élection de François Mitterrand, le 9 novembre 1989 pour la chute du Mur de Berlin et, en ce 4 novembre 2008, l’incroyable, l’inimaginable, la bouleversante élection de Barack Obama à la Présidence des Etats Unis.

Pourtant, dès ce matin, j’entends déjà les pisse-vinaigre : « Après tout qu’est ce que ça va changer ? », « Il fera comme les autres… », « On le sait, ce n’est pas vraiment un homme de gauche », « Et la peine de mort ? »...

Plus tard – qui n’en est pas persuadé ? – reviendra le temps du temps, celui de la raison d’Etat et de la force des choses.

Bien sûr, bien sûr.

Mais finalement de tout cela on s’en fout, car, au fond de notre cœur, nous avons la certitude que depuis quelques heures le monde est un peu meilleur…


Plus tard dans la journée, quelques photos de notre belle soirée à la Galerie Depardieu sur le blog de Dominique.

03 novembre 2008

Mamma Mia !



Traditionnel rattrapage cinématographique automnal et catalan.

« Mamma Mia ! », de Phyllida Lloyd (USA)

La musique d’Abba est universelle. Pour ma part, j’ai l’impression de l’avoir entendue sur les cinq continents avec en prime le souvenir cocasse d’une joyeuse traversée de l’Australie du sud au nord où, pendant deux longues semaines, nous avions joué dans nos camping-cars à « Priscilla la folle du désert »…

Le film de Lloyd, tiré de la comédie musicale au succès planétaire, est une illustration plutôt honorable de cette musique euphorisante et sans mémoire, de cette parenthèse disco qui, entre la promesse des lendemains qui n’ont jamais chanté et la plongée inexorable dans le no future, nous avait fait fugitivement retrouver le temps de l’innocence.

Mention spéciale à Meryl Streep et à Pierce Brosnan qui, dans la tradition des grands acteurs anglo-saxons, n’hésitent pas à jouer avec leur image publique pour s’amuser et nous amuser.


« Home », d’Ursula Meier (France-Suisse-Belgique)

Marthe, Michel et leurs trois enfants vivent en toute liberté dans une maison située au bord d’une autoroute qui n’a jamais été terminée et qui leur sert de terrain de jeu. Hélas, la voie est finalement ouverte et la famille va se désintégrer sous les coups de boutoir d’un monde extérieur agressif symbolisé par la circulation assassine. De fusionnelle, la famille, « ce garde-fou qui rend fou », devient névrotique. Road movie inversé, ce petit film métaphorique a été présenté à Cannes à « La semaine de la critique » et confirme le goût d’Isabelle Huppert pour les jeunes réalisateurs(trices). C’est tout à son honneur.


« Cliente », de Josiane Balasko (France)

Judith, une bourgeoise quinqua plutôt pimpante, a recours aux services sexuels tarifés de Patrick, jeune bellâtre un peu gnangnan… et marié. Ils tombent plus ou moins amoureux. Malgré Nathalie Baye, l’histoire ne décolle pas, se perd dans des chemins de traverse franchement cucul la praline (l’histoire d’amour too much de la sœur) et finalement sombre dans l’anodin.


« Le crime est notre affaire », de Pascal Thomas (France)

Le réalisateur des Zozos semble se spécialiser dans les adaptations d’Agatha Christie. L’intrigue n’a pas plus d’importance qu’une partie de Cluedo, mais la bonne humeur des acteurs (Catherine Frot, André Dussolier, Claude Rich) est communicative.

A noter que la Rérion Rhône-Alpes, qui a financé en partie le film, n’a pas son pareil pour assurer sa promotion à travers de magnifique paysages. Preuve que la région PACA peut faire mieux (Nicecitta)


« La loi et l’ordre », de Jon Avnet (USA)

Robert de Niro et Al Pacino en flics à la fois vengeurs et – il faut bien le dire – un peu fatigués. Malgré la surprise finale, le scénario est un peu paresseux. Mais ça n’a pas d’importance : on est là pour Robert et Al.


En prime, je conseille, à ceux qui aiment la course à pied (ils sont nombreux à lire ce blog, je le sais...) et détestent le stalinisme, la lecture du roman de Jean Echenoz « Courir ». Recommandé par Joëlle Vacca, notre « bibliothécaire autrement », et lu à haute voix par Dominique entre Narbonne et Aix-en-Provence, ce petit texte retrace avec poésie et humanité la vie du grand champion Emile Zatopek. Un joli ovni littéraire.

30 octobre 2008

Stade 3

Depuis quelques jours, on peut observer une certaine agitation autour du troisième projet depuis 2003 de construction d’un grand stade à Nice. C’est que ce projet a une histoire et c’est précisément parce que j’ai été intimement lié à cette histoire que j’ai eu une attitude plutôt distanciée vis-à-vis de l’annonce faite par Christian Estrosi.

Printemps 2003 : un premier projet doit être réalisé sur le terrain du Ray. Le consensus est impressionnant. Pourtant, Michèle Mangion, notre représentante dans le jury du concours, me fait part de ses doutes devant le flou de certains aspects de l’opération. On décide donc de ne pas approuver le projet. Sage décision : quelques jours après éclate « l’affaire Vialatte », le Directeur des services de la ville de Nice ayant truqué le marché.

Eté 2006 : un deuxième projet est prévu à Saint Isidore. Innovation : la construction mais aussi l’exploitation de l’équipement seront confiées à un groupe privé. Là encore, le consensus est général, même si certains supporters revendiquent l’emplacement du Ray. Avec Bruno Della Sudda au sein du Comité de pilotage, puis avec Jean-François Knecht devant le Tribunal administratif, nous nous étonnons des avantages excessifs dont bénéficie le concessionnaire privé. Au final, le projet sera annulé sur la base de notre recours (celui de Jean-François Knecht) et de celui du Préfet. En effet, les futurs tarifs n’ont pas été budgétés par le candidat concessionnaire. Contrairement à ce qui est dit encore aujourd’hui par la presse, cette question n’était pas secondaire : l’absence de tarif était la preuve que la collectivité était obligée, au final, de financer l’opération en dehors de toute transparence.

Fort de cette double expérience, j’ai donc aujourd’hui sur le sujet une position à la fois simple et de bon sens.

Vouloir construire un grand stade à Nice est logique, quoi qu’en pensent les esprits forts. Il existe un public pour cela (j’en suis) et toutes les grandes villes ont un équipement de ce type. J’ajoute que la grande équipe de foot qui va de pair avec le stade a d’importantes retombées en matière de communication pour la ville.

Mais cet équipement ne doit pas mettre en cause l’équilibre financier de la ville au moment où d’importants investissements, comme la ligne 2 du tram, sont programmés.

Or, je reconnais être perplexe devant le vague engagement du maire sur un financement public-privé. En effet, le projet Saint Isidore nous l’a enseigné, le financement privé en la matière est un leurre. La gestion d’un stade n’est pas rentable pour le privé… à moins de lui donner tant de compensations que la somme de celles-ci risque de conduire le juge à requalifier le contrat en régie. Et, de toute façon, même si ce n’était pas le cas, une évolution vers le foot à l’Anglaise – avec un prix des places prohibitif, les supporters aux revenus modestes seront « expulsés » du stade – est à envisager. On peut ne pas le souhaiter !

Par conséquent, il me semble que la municipalité n’a pas les moyens actuellement de financer ce stade. Mais je souhaite, bien entendu, me tromper. Au lieu de participer aux criailleries des uns et des autres, j’attends donc, sans trop d’illusion, de lire le contrat de concession et le plan de financement.

L’équipe que j’ai vue samedi, avec des amis… australiens, arracher le match nul face à Bordeaux mérite un grand stade. Mais ce ne peut être à n’importe quel prix…