17 mai 2006

Sacré Graal

Ayant à peu près épuisé les charmes de la montée des marches les soirs d’ouverture de Festival, nous devançons l’appel, et c’est en fin d’après-midi que nous assistons à la projection de Da Vinci code dans une salle de l’avenue.

On se souvient du livre habile, manipulateur, parfois jubilatoire, mais qui n’était au fond que du sous sous Umberto Ecco, du X-Files à la sauce catho, une version spiritualiste du célèbre « On nous cache tout, on nous dit rien » de Jacques Dutronc. Le Christ aurait enfanté avec Marie-Madeleine ; l’église officielle et son bras armé l’Opus dei mèneraient une guerre sans merci pour cacher une vérité qui mettrait son dogme en pièce. L’adaptation cinématographique est assez fidèle et, du coup, fait apparaître les faiblesses du roman. Plaisante à lire, l’histoire apparaît bien simpliste à l’écran. En fait, une adaptation cinématographique de ce roman de plage ne se justifiait pas, d’autant que l’interprétation de Tom Hanks (mollassonne) et celle "d’Amélie Poulain" (nunuche) ne sont pas très convaincantes.

La fin du film révèle toutefois un secret bien gardé. Il semblerait que François Mitterrand, peut-être sans le savoir, ait largement contribué au confort éternel de Marie-Madeleine.

Une dernière remarque. Heureusement que Dan Brown et Ron Howard ont décidé de nous parler de la sexualité du Christ. S’ils avaient eu la mauvaise idée de faire la même chose avec Mahomet, nous serions probablement au bord de la troisième guerre mondiale.

5 commentaires:

Anonyme a dit…

LE VRAI COMMENTAIRE
Il est nécessaire de rappeler toutefois que cette version cinématographique du roman rappelle à quel point les rumeurs internet concernant l'opus dei et le prieuré de sion sont tenaces. Il n'est pas à propos de parler de sexualité du christ, d'autant que les représentations de la renaissance mettent l'accent sur l'androgynie de pierre et de paul. Bientôt les "illuminati", autre rumeur qui court depuis 10 ans sur le net... le cinéma perd de son sens critique autant que le da vinci code ne se fait que le rapporteur d'une rumeur somme toute assez dangereuse pour la raison commune...

que celui qui a des oreilles entende.... !!! Mes salutations à canne et à ses sifflements lors de la première !!!

le concombre masqué

Anonyme a dit…

Passionnante cette dernière remarque... Je comprends que l'on puisse être touché par ce que l'on peut considérer comme des aberrations.
Cela dit, je ne vois vraiment pas la pertinence de votre comparaison à la vie sexuelle de Mahomet. Elle allait bien apparemment puisqu'il ne s'est jamais caché d'avoir eu plusieurs femmes (neuf au total). Les caricatures de Mahomet, les Versets Sataniques etc., ont déclenché de vives réactions suivies de saccages, fatwa... Mais de là à parler de troisième guerre mondiale, je crois que vous vous égarez.
En revanche, l'Eglise n’est pas restée les bras balans et a lancé un boycott international contre le "roman" (il s'agit là bien d'un roman et non d'un document historique) de Dan Brown et le film de Ron Howard, qu'elle organise conférences, séminaires, projections avec pour sujet (rassembleur pour le coup) : le Da Vinci Code. N'est-ce pas là un superbe coup de pub pour l'Eglise et l'Opus Dei ?
Pour les passionnés, je vous conseille le documentaire Le Da Vinci Code révélé (Channel 4). Il y démonte les théories du roman mais surtout on en apprend beaucoup sur Marie-Madeleine, « ni pute ni soumise », preuves à l’appui.

Zorah la rousse

Laurent Weppe a dit…

et donc que les rumeurs qui circulent sur le net peuvent rapporter énorémment d'argent une fois converties en produits médiatiques (les illuminati on déjà eu droit à Deus Ex soit dit en passant). Cela dit, je ne vais pas jeter la pierre, vu que dans le type de romans à conspiration, j'ai bien aimé la trilogie des hommes de pailles et ses excès abracadabrantesque, et j'attand encore de voir quel auteur aura le culot de mettre en musique la légende netienne selon laquelle Moise, Jésus et Mahomet étaient des extraterrestres (Houellbeck, si tu m'entend....)

Patrick Mottard a dit…

Zorah,
En ce qui concerne Mahomet, je faisais référence à n'importe quel commentaire pouvant être considéré comme iconoclaste (comme l'est, semble-t-il, pour les catholiques, la question de la sexualité du Christ) et qui aurait eu comme conséquence, non pas la troisième guerre mondiale (ça, c'était de l'humour... qu'on peut ne pas goûter, je vous l'accorde), mais des réactions histériques comme celles qui ont suivi l'affaire des caricatures.

Antonin a dit…

Bon sang, mais c'est bien sûr !!!
Lorsque tu rentres chez toi, tard le soir, qu'une grappe de cafards (blatte orientalis ou blatte du bananier selon Marie-Luz, mais je préfère cafard car dans notre imaginaire c'est plus effrayant, alors que la blatte fait plutôt penser aux poubelles de notre société de consommation, qui nous ramène au libéralisme débridé,... je crois que je mélange tout là ?) te tombe dessus, d'aucuns n'y voient qu'un dommage collatéral des travaux du tramway (ou alors un manque d'entretien). Eh bien non, c'est beaucoup plus subtil comme message. On peut même le considérer comme un message subliminal et qui aurait dû t'interpeller immédiatement Patrick.
D'ailleurs, n'est-ce pas toi qui, en évoquant cette scène, parle d'un film d'horreur ? Mais oui, contrairement au Da Vinci, où le mystère reste entier (en fait je ne sais pas, n'ayant pas lu le livre ni vu le film), la signification est limpide.

Je m'explique, et là, c'est Peter Falk qui s'exprime à travers moi pour dénouer ce mystère.

Tu rentres harassé d'une journée riche en réunions et décisions politiques importantes qui rythment ton quotidien d'élu.

Il est tard, tu sors de ta voiture pour ouvrir ton garage, le sous-sol est mal éclairé, les murs sont gris et froids, ta femme t'attend bien au chaud là-haut. C'est le silence, tu es seul.

La porte du garage finit de basculer quand soudain, une nuée de cafards s'abat sur toi !
A ce moment-là, n'importe qui aurait pris ses jambes à son coup, ou tout au moins hurlé. Mais pas toi.
Tu penses spontanément à une mauvaise scène d'un film d'horreur.
Cette pensée Patrick, elle aurait dû t'éclairer. La veille de l'ouverture du festival du film qui plus est.
Cette scène que tu as vécue était tout simplement un rappel à tes obligations de cinéphile à compter du lendemain.
D'ailleurs, qu'apprend-t-on sur ton blog, le jour de l'ouverture du festival?
Que tu as assisté à la projection en avant première du film de Ron Howard (Ron Howard/Happy days, voila un autre signe sur les jours heureux que tu vas vivre pendant cette quinzaine).
Voilà donc la preuve irréfutable que des forces obscures (rien à voir avec la guerre des étoiles) gravitent autour de toi.