25 septembre 2008

Le Congrès de François et d’Olivier



Nous l’avions prévu : aucun Chat botté n’a miraculeusement surgi et, du coup, Blanche Neige et les sept nains ont accouché de six motions. Si on retire celles qui ont le statut de caution démocratique, c’est un quatre majeur qui va donc s’affronter jusqu’à Reims.

Revue d’effectifs.

La motion Delanoé
A l’image de son supporter numéro 1, François Hollande, ce sera celle de la continuité. Il s’agit de maintenir plus ou moins intact l’appareil au service d’une ambition. Cette ambition, c’est celle de Bertrand Delanoé, habile maire de Paris, mais prétendant sans expérience d’Etat. Sur le fond, le conservatisme domine et pas de véritable projet susceptible de susciter l’enthousiasme (union de la gauche for ever, surtout pas de primaires véritables…). Delanoé rêve de devenir un nouveau Jospin, il risque d’être un second Hollande.

La motion Royal
Pour quelqu’un qui veut contourner le Parti, s’allier avec ceux – les grands barons – qui veulent le balkaniser n’est pas illogique… à condition de tenir les rênes de l’attelage ! Ce qui est loin d’être le cas. De toute façon, il ne suffit pas de vouloir changer le Parti avec la foi d’une télé évangéliste, il faut encore savoir pourquoi. Malgré quelques propositions novatrices (alliances au-delà de la gauche classique, primaires ouvertes…), on cherche là aussi un véritable projet. Et puis Ségolène Royal est-elle présidentiable ? L’a-t-elle été un jour ?

La motion Aubry
Martine soutenue par Fabius et DSK, c’est incontestablement la motion des présidentiables. Est-elle celle de la cohérence ? Il est permis d’en douter. L’alliance de la fille de Delors et du leader du Non mérite une vraie clarification idéologique. Cela dit, Martine Aubry a une vraie expérience d’Etat et n’est pas sans qualités, même si on peut avoir quelques doutes sur son attachement à la laïcité.

La motion Hamon
Que la gauche du Parti, généralement critique vis-à-vis de l’appareil, se choisisse comme leader un apparatchik qui a découvert sa vocation dans son bol de blédine, un stratège de couloir incapable de se faire élire dans une circonscription, me laisse pantois. En fait, la gauche du Parti (qui compte pourtant de vrais talents, comme Marie-Noëlle Lienemann, par exemple) gère son fonds de commerce. Il s’agit de faire le catalogue des promesses non tenues par le PS depuis dix ans et d’attendre son contingent de places, d’investitures et, peut-être un jour, de portefeuilles ministériels.

En fait, une fois de plus, l’appareil apparaît pour ce qu’il est : une magnifique machine à broyer les talents. Ainsi, après Arnaud Montebourg, réduit, après des débuts prometteurs, à un rôle de danseur de tango argentin, c’est au tour de Moscovici, le plus brillant de sa génération, d’aller à Canossa en perdant toute crédibilité.

Tout cela est bien triste quand on est persuadé que la gauche et, plus généralement, la démocratie française ne peuvent se passer d’un grand parti socialiste. Il est affligeant de voir que Sarkozy, pourtant à la ramasse dans tous les sondages, battrait aujourd’hui quasiment à coup sûr n’importe quel candidat socialiste.

Au final, le Congrès de Reims, quel que soit son résultat, ne sera pas celui de Martine, de Bertrand ou de Ségolène, mais plutôt celui de François (Bayrou) et Olivier (Besancenot), qui ont toutes les raisons de se réjouir de voir un PS ainsi paralysé… et un DSK aussi occupé.

12 commentaires:

ANTONIN a dit…

CQFD!!!!

ANTONIN

Claudio a dit…

Ô quelle est belle cette démonstration !
Mais, si elle semble te peiner (de loin) elle me réjouirait plutôt.
J'aime qu'on clarifie les choses.
Pourquoi aurait-on besoin d'un PS fort ? Que chacun bascule où il doit basculer (chez François ou chez Olivier) et vogue la galère.
Aujourd'hui, si cette explosion ne se fait pas, on saura pourquoi, c'est qu'il y aura eu "arrangements entre amis" et c'est encore plus dramatique pour l'image de chacun d'entre eux.
Et pourquoi qu'on tirerait pas sur les ambulances ?

Sylvie a dit…

Pourquoi Montebourg, Moscovici, Vals, Cambadélis et tous ceux qui semblent crédibles et sincères n'ont-ils pas réussi à faire front ensemble ?
N'est-on pas libre au parti socialiste ? Est-on toujours obligé d'en passer par un "éléphant" ?
Si ils ne se modernisent pas, ne se rajeunissent pas, ils n'arriveront jamais à la cheville de Sarkozy.

Finalement, la plus moderne semble Ségolène qui n'a pas peur de ruer dans les brancarts. Mais ses idéologies et ses projets sont si incohérents, ses propos tellement contradictoires d'un discours à l'autre, et parfois même dans un même discours, qu'elle ne sera sans doute jamais présidentiable.

Bayrou et Besancenot ont tout le champ libre pour créer la vraie opposition à Sarkozy.

fabrice a dit…

Après avoir été NPS, Fabusien, on donne ses faveurs à Moscovici.
Un petit tour chez Ségo si elle gagne, et on aura fait une vrai révolution copernicienne.
C'est beau d'être révolutionnaire.

Anonyme a dit…

On peut trouver regrettable que celle qui semble avoir les idées les plus novatrices au PS (Ségolène) n'ait pas vraiment la stature de ses ambitions.

Dominique a dit…

Eh bien Fabrice, il faudrait apprendre à lire ! D'abord les lignes et, en faisant un petit effort, entre les lignes...

A part ça, une remarque de fond témoignant d'une vraie réflexion sur la question serait la bienvenue...

fabrice a dit…

Une réflexion de fond, ben, j'voudrais bien mais j'peux point. C'est à cause des couloirs de solfé, y nous gênent et en plus y parait que j'ai encore du lait qui sort du nez...

Anonyme a dit…

bonsoir

Anonyme a dit…

Et localement c'est "le congrès de christian et christian" Merci Patrick, paul et les autres.....

Laurent Weppe a dit…

Claudio: Ho oui, tiens, reprenons donc le discours de JFK (de Marianne, pas de Nice Nord), qui, après avoir dénoncé (avec talent) la morgue des élites auto-proclamées se met, dans la semaine qui suit sa mutation en notable à appeler à la dissolution du PS, le parti-d'opposition-qui-a-plus-d'électeurs-que-le-mien, reprenant à son compte ce que l'essayiste américain Glenn Grenwald a baptisé "le faux-centrism" (sans e, because written in dubya's language): souhaiter, au nom de la "clarté politique" la disparition de toute organisation qui ne colle pas à son propre discours et qui a de bonnes chances d'obtenir des succès électoraux (comme les USA sont un système très bipartisant, cela signifie que les faux-centristes locaux rêvent d'un affrontement politique réduit une lutte entre le parti Républicain et Ralph Nader). Je reste sur mon idée première: quitte haïr et à souhaiter la mort du PS, pourquoi ne pas carrément réclamer son interdiction et le bannissement de ses membres, plutôt que d'attendre le très hypothétique jour où le Modem aura une plus importante base électorale? Ça faciliterai les choses, la fin de concurrence (électorale) libre et non faussée, pas vrai?

Et puis pourquoi toujours ces sempiternels appels à "l'expérience d'État"? Ce n'est pas pour nier les qualités de Martine Aubry (qui, comme Delanoë et Royal d'ailleurs, a à plus d'une reprise été accusée de tous les vices politiques possibles et imaginables par ses adversaires mais aussi en interne, sans compter les "charmants" -pour reprendre l'expression d'une présidente de conseil régional- procès en authenticité qui lui furent faits chaque fois qu'elle osait s'écarter un chouïa du jargon officiel), mais dois-je rappeler que la crise actuelle a été provoquée par des individus qui n'en manquaient pas, "d'expérience d'état"? les Cheney, Balladur, Sarkozy, Paulson, Greenspan, et tous les autres adeptes du modèle Tatcher-Reagan qui depuis trente ans sapait de manière évidente toute l'économie mondiale ont tous des décennies d'expérience, en tout cas, de postes prestigieux occupés, et ont fait preuve avec une incroyable constance de cette obstination à nier la catastrophe qui arrivait avec tambours et trompettes (qui pouvait croire que l'économie US pouvait tourner avec une dette totale supérieure au PIB mondial? Certainement pas le camarade Strauss qui dirige l'institution qui publie ces chiffres, encore que lui a la circonstance atténuante d'être soumis au véto officieux mais bien réel de l'administration Bush). À l'heure actuelle, le camarade Barack (admettons le, les Démocrates sont des Socialistes qui s'ignorent) base une bonne partie de son discours sur le fait que le "jugement" vaut plus que l'expérience: comprendre qu'un mauvais politicien restera un mauvais politicien même après avoir accumulé 80 ans de mandats électifs et suffisamment de portefeuilles ministériels pour être un gouvernement à lui tout seul, et au vu de la situation actuelle, je ne peux que lui donner raison.

Anonyme a dit…

Avec Ségolène Royal, on a atteint le stade ultime du socialisme : se mettre totalement dans le désir (fantasmé) de l'autre, à savoir ici l'électeur. C'est un des symptomes d'une pathologie répertoriée : l'hystérie, qui semble d'ailleurs très répandue chez les élus de droite comme de gauche (plutôt de gauche d'ailleurs, ceux de droite eux protègent avant tout des intérêts, c'est moins subjectif comme.... objectif ) et cela porte plusieurs noms : "populisme", "démagogie", mais aussi "démocratie participative" (ça, c'est plus "gauche" même si c'est quelque peu pléonastique).
Il va être très intéressant de voir, et notamment parmi les "grands élus" du PS 06, qui signe quelle motion...surtout quand on sait que près des 2/3 des élus, au plan national, ont signé la motion Delanoé (qui ferait certes un très bon ministre de la culture de DSK, mais n'en déplaise aux petits marquis de la rue de Solférino, Paris n'est pas la France).
Enfin, quels qu'ils soient, ils cherchent la meilleure soupe pour tremper leur cuillère. Mais sous la table, les couteaux sont tirés !
Bon appétit messieurs.....
ZYGOMAR

Anonyme a dit…

Histoire d'o
Je rappellerai à celles et ceux qui parlent à propos de Ségo la démago "d'idées novatrices" ou de "modernité" le mot de Jean Cocteau : "vous vous croyez modernes; vous n'êtes qu'agités".
Mais enfin, merde, qu'est ce que c'est que ce cirque du Zénith avec un public conditionné façon jeu télé, une nana genre pub Loréal pour nénette qui s'aperçoit que sa fille a 20 ans et décide tout à coup de faire dans le jeune avec un look bab (pour ratisser du côté des quinquas ménauposées et nostalgiques) ? (ô purée là, ça va énerver le dernier quarteron de feministes quinqua elles aussi !) Gare à mes joyeuses !
Après la Révolution française, Diderot, Jaurès, Blum, Elisabeth Badinter, on en est là, à une néopétroleuses qui voici à peine 2 ans avaient des allures de dame patronesse à la sortie de la messe de St Gemain en Laye ? Après les "born again christians" US voici les born again ségolènes à la française ?
Je fais le pari : Ségogogirl quittera le parti (qui n'aura jamais les c.... de l'exclure) avant les prochaines présidentielles. Elle se presentera "en candidate libre ", fera une campagne sur le net à la Obama (les mercenaires de Web ont leurs vieux jours -et oui déjà -assurés) et fera perdre le candidat du PS qui ne pourra certes pas compter, mêmes au 2nd tour, sur les voix des cocos (enfin ce qui en restera) et bien sûr de Besancenot, le mondialisé malgré lui..
Ô comme Sarko doit aimer Ségo, les coco et Besancenot !
COMMANDANT DROMARD
PS : qui ne signera aucune motion car il n'est (plus) au PS (de son temps, lointain, le PS était qualifié de "Parti sûr de lui et dominateur", cest dire !) mais pas plus la pétition pour l'abandon de l'Afganistan aux Talibans, se serait-ce qu'en mémoire de Massoud, par solidarité avec les démocrates de ce pays, les femmes en burka réduites à du bétail par les islamistes, et notamment de Malalai Kakar, assasssineé par les talibans.ça des combattants pour la liberté ? Des lâches et des malades, avec une Kalachnikow à la place du cerveau oui !
Vous ne croyez pas que Munich, cela a suffit, dans notre l'Histoire, comme dépantalonnade ?
Et si, en tant que citoyen français, patriote, libre -penseur et républicain non assisté, je paye des impôts, c'est notamment pour avoir une armée digne de ce nom et pas des sénateurs de gauche comme de droite, richissimes avec le cumiul des mandat et qui se gaubergent dans les palais de la République en ne représentant qu'eux-même.