21 septembre 2008

La démocratie rattrapée par les cheveux

Ce dimanche ont eu lieu les élections sénatoriales dans les Alpes-Maritimes.

Ayant participé comme élu régional à celles de 1989 et comme élu départemental à celles de 1998, je ne suis pas surpris : la déco est toujours la même (le CADAM), l’environnement aussi. Sur le parvis de « l’Authion », on retrouve en effet tout ce que le département compte comme élus, VIP autoproclamés, société civile revendiquée, observateurs autorisés… Seule la population est absente de ce qui constitue quand même l’élection de la deuxième assemblée parlementaire du pays.

Deux changements cette année : nous devons procéder à l’élection non pas de quatre mais de cinq sénateurs et, la population du département ayant franchi le seuil fatidique du million, c’est à la proportionnelle que le vote s’effectue.

D’où, comme on dit, un bon coup à jouer pour la gauche et, de fait, la volonté de nombreux militants et élus de gauche – dont j’étais – de promouvoir une liste de rassemblement avec une personnalité d’ouverture, en l’occurrence André Aschieri.

Une fin de non-recevoir ayant été opposée à cette initiative, il ne restait plus qu’à prier – pour les croyants – ou à invoquer les génies malicieux de la proportionnelle – pour les autres.

Et ce qui ne devait pas arriver avec trois listes de gauche arriva : Marc Daunis, placé en troisième position avec le score pourtant modeste de 14,21%, se glisse dans un trou de souris et parvient à être élu.

Ce résultat est effectivement dû à un concours de circonstances heureux (le score exceptionnel de la liste de droite Vestri, l’effritement de la troisième liste de droite Laffitte) qui me rappelle la scène de la pièce de monnaie dans le film de Woody Allen « Match point »… Mais il ne serait pas juste d’oublier les mérites personnels de Marc Daunis qui, grâce à son action reconnue comme maire de Valbonne, n’a pas trop souffert de l’image détestable de la Fédération du PS.

Même gagné « à l’arrache », ce siège fait du bien à la démocratie dans les Alpes-Maritimes, en brisant le monopole de la représentation parlementaire de la droite. Mais je persiste et signe : le rassemblement de la gauche était une solution beaucoup moins risquée (l’élection était acquise quel que soit le cas de figure) et, politiquement, beaucoup plus porteuse.

Avec les 6,49% du PC et les 1,06% des Vers, la liste serait largement arrivée en deuxième position et non en troisième. L’histoire se répète : aux Municipales de Nice, la liste de gauche, faute d’avoir su réunir l’ensemble des forces démocratiques de la ville, était également arrivée troisième derrière le candidat UMP (Estrosi) et le dissident UMP (Peyrat). Pour jouer un rôle important dans ce département, la gauche, derrière l’équipe A de la droite, a au moins besoin d’être devant l’équipe B, ce qui est loin d’être le cas.

Quoi qu’il en soit, ne boudons pas notre plaisir et, au-delà de Marc Daunis, saluons les élus de la ville de Valbonne, comme Ghislaine Toulemonde ou Christophe Etoré par exemple, qui ont su mettre leur leader sur orbite pour le plus grand bien de la gauche et de la démocratie dans ce département.

LES RESULTATS

Inscrits : 1813
Votants : 1805
Exprimés : 1787

- Liste officielle UMP : 858 voix (48,01%)
3 élus : Jean-Pierre Leleux (maire de Grasse, conseiller général), Colette Giudicelli (première adjointe à Menton, conseillère générale) et Louis Nègre (maire de Cagnes-sur-Mer, conseiller général)
- Liste dissidente UMP : 328 voix (18,35%)
1 élu : René Vestri (maire de Saint-Jean-Cap-Ferrat, conseiller général)
- Liste PS : 254 voix (14,21%)
1 élu : Marc Daunis (maire de Valbonne, conseiller régional)
- Liste Laffitte DVD : 164 voix (9,18%)
0 élu
- Liste PC : 116 voix (6,49%)
0 élu
- Liste Modem : 33 voix (1,85%)
0 élu
- Liste Verts : 19 voix (1,06%)
0 élu
- Liste FN : 15 voix (0,84%)
0 élu

9 commentaires:

Anonyme a dit…

Vraiment chapeau pour la gauche et pour Marc Daunis.
Heureusement que les electeurs de gauche savent reconaître la différence entre Allemand et un Daunis qui semble être apprécié!
lolo

Claudio a dit…

C'est déjà ça !
Honnête et loyale démonstration.
Il ne reste plus qu'à attendre l'opération récup personnelle à venir ;-)

Anonyme a dit…

lolo a raison : au moins maintenant quand la presse aura à interviewer un représentant du PS, elle pourra se tourner vers le nouveau sénateur. Il y aura peut-être moins de bourdes.

Anonyme a dit…

Pas si sûr... entre bourdes et sens de la supériorité ?

Anonyme a dit…

entre mépris et faux discours ?

Anonyme a dit…

Mépris des militants, on exploite leurs qualités et, s'ils ne suivent pas comme des moutons, on leur laisse une place minime, juste ce qu'il faut pour les exploiter encore.
Quelle place leur est réservée alors que certains abattent un travail titanesque, ramènent des voix, militent sans cesse ?
Non, il est temps d'arrêter les petites combines, et de faire avancer vraiment les choses !

Anonyme a dit…

Plutôt que du mépris, anonyme, n'est-ce pas plutôt de la manipulation ?

ANTONIN a dit…

Ce qui viens de se passer est bien pour la gauche, très bien même.
Un ballon d'oxygène démocratique.

Cependant, et malgré la victoire de Marc Concas dans le 1er canton et maintenant celle de Marc Daunis à la sénatoriale, j'ai tendance à penser que ces deux conquêtes sont comme l'arbre qui cache la forêt que la gauche locale s'entête à ne toujours pas vouloir voir.

Si je suis optimiste de nature, je n'en reste pas moins lucide en général.
Et sans vouloir cracher dans la soupe, ni sombrer dans la noirceur d'un pessimisme suicidaire, et encore moins plomber l'ambiance, je voudrais livrer mon analyse personnelle sur ce résultat.

Tout d'abord,je continu à penser dur comme fer que les électeurs de Jacques Peyrat ne sont pas pour rien dans la défaite d'Eric Ciotti.

Ensuite, s'agissant de l'élection d'un sénateur PS des alpes maritimes, rappelons que cela résulte d'un scrutin qui est l'expression de "grands électeurs", c'est à dire d'élus et non pas de simples citoyens.

On peu légitimement penser, ce que je ne me prive pas de faire, que cette élection particulière peu être le résultat, de la part d'élus plus ou moins "initiés", soit d'arrangements, ou de combinaisons subtiles, voire "alchimiques", préparés en amont, afin de rassembler certaines compétences, en dehors de toute considérations politiques, ou bien de manifestation de mécontentement vis à vis du leader de son camp, voire même, pourquoi pas, tout cela à la fois.

Or, et chacun aura pu le remarquer, depuis quelques élections, qu'elles soient cantonales, municipales, ou législatives, la gauche perd peu à peu du terrain, désavouée chaque fois un peu plus par les citoyens.
Ce qui n'a rien à voir avec nos "grands électeurs" "initiés" cités précédemment.

C'est pourquoi une fois l'euphorie de cette victoire et celle de la cantonale passées, la gauche locale, face à une UMP malheureusement efficace et en ordre de bataille doit montrer une image d'unité cohérente, efficace et intelligente dans sont rôle à la fois de politique force de proposition et d'opposant.

Avant de pleurer sur la présidentielle, le PS à rigolé sur les régionales.

Il ne faudrait pas que la grande joie Daunis ne se transforme en grande peine Duez.

ANTONIN

Anonyme a dit…

Et bien voila on y arrive !!
Sans l'aide d'André, sans les voix du PC, sans les Verts, sans le MoDem...
Avec peut être quelques voix UMP?
MAIS... On y arrive...Bravo!!