23 septembre 2008

Celui qui a vu les deux faces de l'Ararat

Face nord du Mont Ararat, février 2007, photo DBM


« Celui qui a vu les deux faces de l’Ararat » : c’est par cette phrase un peu mystérieuse que l’organisateur de la soirée d’anniversaire de l’indépendance de la République d’Arménie m’a présenté à l’assistance samedi soir, au complexe Barsamian, sur les hauteurs de la Madeleine.

Explication.

En 2003, j’ai eu la chance d’approcher la Mont Ararat, symbole de l’identité arménienne par la face sud, en traversant l’immense plateau de l’actuel Kurdistan turc qui est en fait le berceau de cette Arménie du Sud rayé des cartes de la région par le génocide.

En 2004 et 2006, par deux fois, c’est la face nord de l’Ararat que j’ai pu apercevoir, couronnée de nuages d’altitude, depuis la route qui traverse le sud de la République d’Arménie.

Or, si les Arméniens de Nice ont souvent fait le pèlerinage de l’Ararat en prolongeant une visite à Erevan, ils n’ont généralement pas pu (et parfois pas voulu) accéder au mont symbole par la Turquie pour des questions d’autorisation et de visa (en 2003, notre délégation arméno-turque, avec Hrant Dink, était placée sous la « protection » de l’armée d’Ankara.

Du coup, face à mes compatriotes d’origine arménienne, j’ai une certaine mauvaise conscience, ayant le sentiment d’avoir bénéficié d’un privilège qui leur revenait de ddroit…

Cela dit, cette année, la soirée est avant tout l’occasion de commenter l’incroyable, à savoir la visite du Président turc Gül à son homologue arménien, Sarkissian. Le tuteur russe étant fort occupé en Géorgie voisine, le Président Sarkissian a joué la carte de l’ouveture en acceptant sans conditions le geste historique d’Abdullah Gül.

Bien sûr, la reconnaissance du génocide arménien est loin d’être résolue. Bien sûr, la question de la fermeture des frontières communes n’a pas à ce jour évolué. Bien sûr, le conflit avec l’Azerbaïdjan reste au point mort.

Mais quand même, on ne peut s’empêcher de rêver. De rêver, par exemple à un monde où, quel que soit son nom, ses origines, son histoire, on pourrait admirer les deux faces de l’Ararat…

2 commentaires:

Dominique a dit…

Comme le prouve la photo ci-dessus, j'ai eu la chance de voir le Mont Ararat... mais uniquement la face nord :-(

Lesven a dit…

"La vie est un long champ à cultiver. Voyager, c'est y semer la diversité de la Terre. Voyager, c'est l'embellir des couleurs du monde."