05 mai 2008

Into the Wild


Après le Festival lusophone, c’est au tour du maxi week-end du 1er mai d’offrir une nouvelle cession de rattrapage cinématographique.

A l’affiche, quatre films français dont on peut dire qu’ils étaient assez faibles dans l’ensemble et un grand film américain. Un de ces films dont on sait, dès la fin de la projection, qu’il restera dans un coin de votre mémoire des années et des années.

Les quatre films français :

- « Enfin veuve ! », d’Isabelle Mergault. La première partie du film – une veuve joyeuse plutôt heureuse de la mort brutale de son mari – est assez iconoclaste. La suite est malheureusement plus convenue. Une déception pour ceux qui avaient apprécié la drôlerie de « Je vous trouve très beau » de la même réalisatrice.

- « Le grand alibi », de Padcal Bonitzer. Adaptation assez ennuyeuse d’un roman d’Agatha Christie dont Bonitzer a banni toute fantaisie. Or, une énigme d’Agatha Christie sans humour devient assez vite une partie de Cluedo. Ni plus, ni moins. C’est le cas avec ce « Grand alibi ».

- « Deux jours à tuer », de Jean Becker. Là encore, le film débute en déstabilisant le spectateur. Antoine, patron d’une agence de publicité prospère et père de famille comblé, envoie brusquement tout valser avec jubilation et une certaine cruauté : travail, femme, enfants, amis (une soirée d’anniversaire d’anthologie !). En fait, Antoine ne se comporte pas ainsi sans raison. Il a un secret. Malheureusement, la révélation de ce secret cousu de fil blanc efface les promesses de la première partie du film. A voir toutefois pour Dupontel qui, de film en film, s’avère être un de nos meilleurs acteurs.

- « Disco », de Fabien Onteniente. Pour trois catégories de spectateurs seulement : ceux qui sont amoureux de la ville du Havre, le port de la Manche étant le décor unique du film ; ceux qui travaillent chez Darty, « Disco » étant un véritable film d’entreprise ; ceux qui n’ont jamais vu « Full monty » (sur un thème semblable, la comparaison est cruelle, très cruelle).


Le film américain :

« Into the Wild », de Sean Penn.

Christopher Mc Candless, étudiant américain brillant, veut couper les ponts avec l’american way of life incarné par des parents qu’il rejette sans révolte. Il décide donc de partir sur les routes après avoir brûlé papiers et économies pour être bien sûr que l’aventure sera sans retour. Du Dakota au Colorado en passant par la Californie et le Mexique, il voyage sans but précis mais avec une règle : ne jamais s’attacher à celles et à ceux qu’il rencontre. Pour pouvoir poursuivre le voyage, aller ailleurs, aller plus loin, aller « vers l’inconnu » (titre français du film).

Arrivé en Alaska, il découvre la vraie solitude dans les montagnes enneigées. Seul dans puis face à la nature, il va se réfugier dans un bus abandonné. Après cinq mois de total isolement, il décide de retourner à la civilisation : il a enfin compris l’importance de l’autre. Mais il est déjà trop tard : bloqué par la rivière en crue, il va mourir empoisonné par des baies vénéneuses, sa dernière nourriture.

Adapté d’un roman de Jan Krakauer d’après l’histoire vraie de Christopher, le film de Sean Penn réinvente le genre souvent affadi et folklorisé du « road movie » en faisant de ce voyage initiatique une magnifique et maladroite quête d’absolu. Pas de fin rédemptrice mais, fidèle à celui qui se surnomme lui-même « Alexander Supertramp », le réalisateur suggère une réconciliation apaisée avec le Monde.

C’est ainsi que le film se termine sur un autoportrait lumineux de Christopher Mc Candless, le vrai, peu de temps avant sa mort. Un texte explicatif mentionne que des chasseurs l’ont trouvé deux semaines après son décès. Poignant et rassurant à la fois.

8 commentaires:

Anonyme a dit…

il y a aussi EGOISTE film de Lotti Latrous que j aime beaucoups

Clotilde a dit…

La façon dont tu racontes "Into the wild" est intéressante. Je n'ai pas vu le film (je vais attendre un peu je crois...). Mais ça donne l'impression que Sean Penn a adapté cette histoire pour se convaincre lui-même (genre méthode coué) qu'il ne fallait pas suivre son instinct qui disait de tout plaquer et de trouver sa vie dans le changement perpétuel et des rencontres disons, brèves.
Peut-être que je fais penser des choses à Sean Penn alors que si ça se trouve, ce n'est pas du tout ça son cheminement!! ça doit être parce que je l'aime bien...

Clotilde a dit…

ben mince alors, en fouillant le web à la recherche d'interview de Sean Penn sur le sujet, je suis tombée sur un site rassemblant toutes les interviews faites par un journaliste qui s'appelle Charlie Rose, qui travaille pour une chaîne new-yorkaise mais retransmise dans tout le pays.
Sur son site web http://www.charlierose.com , il archive toutes les interviews qu'il a faites avec les plus grands acteurs, les plus grands écrivains, les politiques, et beaucoup d'autres. Presqu'une heure à chaque fois, et ça a l'air génial!! Il interviewe toutes les tendances et toutes sortes de gens (de John Edwards à Bush, de Peter O'Toole au type de la porte des étoiles etc...). En tout cas, j'ai beaucoup aimé celle de Sean Penn.
Je n'en avais encore jamais entendu parler, mais la télé comme ça, c'est super! (et pas de coupure pub au fait)

Anonyme a dit…

irene a dit...

Apres lecture de ta petite sélection le seul film que j ai envie de voir reste "into the wild" (pour rejoindre clotilde), jai adoré ta manière de raconter l 'histoire... sauf la fin ...car je ne voulais pas la connaître...

alain a dit…

Oubeinnnng, maintenant que je sais la fin, il va manquer un gros morceau de suspens... dommage :-(

Rien à voir, mais je suis allé voir, un peu par erreur [REC] , terrifiant, en VO,j'ai regretté, n'étant pas particulièrement amateur de l'horreur, mais admiré le montage efficace avec des moyens limités...

alain a dit…

Oubeinnnng, maintenant que je sais la fin, il va manquer un gros morceau de suspens... dommage :-(

Rien à voir, mais je suis allé voir, un peu par erreur [REC] , terrifiant, en VO,j'ai regretté, n'étant pas particulièrement amateur de l'horreur, mais admiré le montage efficace avec des moyens limités...

Patrick Mottard a dit…

PFFF!!! L'Evangile selon Saint Mathieu de Pasolini on se doute de la fin et pourtant c'est un grand film qu'on aime voir et revoir,cela dit la prochaine fois (Festival) je serai plus délicat...

Anonyme a dit…

Je n'ai pas été convaincu par "into the wild"
Un film bien "filmé", c'est vrai, de bons acteurs et de beaux paysages. Mais une histoire de quête initiatique qu'il me semble avoir vue des dizaines de fois Avec des personnages stéréotypés ( Les gentils ex hippies, le gentil vieux le méchant père...etc)
Je suis désolé, mais j'ai eu l'impression de voir un "bon" Walt Disney, mais pas un "grand" film.
Philippe