13 mai 2008

Le printemps de Belgrade


Alors que l’absence de l’Europe au Moyen-Orient contribue à la vassalisation du Liban par les islamistes à la solde de Téhéran (exactement comme vous l’avions dénoncé, il y a deux ans, au moment de l’offensive israélienne), une politique tardive mais volontariste de l'Union Européenne est en train de redresser une situation pourtant très compromise dans l’ex-Yougoslavie.

En effet, les signaux positifs envoyés par Bruxelles ces derniers jours (accords de" stabilisation et d'association") ont grandement contribué à la victoire du parti Démocrate proeuropéen du Président Boris Tadic. Certes, la victoire n’est que relative, et une coalition de l’extrême droite du SRS, des nationalistes du PDS de l’ambigu Premier Ministre Vojislav Kostunica et des génocidaires socialistes du PSS est toujours possible.

Mais l’essentiel est acquis. La victoire peut être volée, elle n’en demeure pas moins réelle : les Serbes pensent que leur avenir passe par l’Europe. Cette victoire est d’autant plus significative qu’elle a été obtenue dans un contexte très défavorable à peine quelques semaines après la déclaration d’indépendance du Kosovo qui, tout en étant incontestablement une région albanophone, est aussi le berceau de la nation serbe.

La Serbie va pouvoir, grâce à cette nouvelle donne politique, effacer les stigmates de la guerre de 1999, encore très visibles à Belgrade et à Novi Sad lors de nos deux derniers passages en 2004 et 2006 (je revois notamment les ponts détruits sur le Danube à côté desquels on se baignait avec Dominique). et intégrer l’UE avec toute l’ex-Yougoslavie (Croatie, Bosnie, Macédoine, Monténégro, Kosovo) et probablement l’Albanie. Aux Européens d’être à la hauteur en donnant les moyens financiers et politiques nécessaires qui éviteront à la région un remake des tragiques erreurs des années 90.

Et comme un bonheur n’arrive jamais seul, ce dimanche, en gagnant le Master série de Rome, Novak Djokovic s’est encore rapproché un peu plus du numéro 1 mondial… Quel beau symbole pour ce printemps de Belgrade…

6 commentaires:

claudio a dit…

Vous je ne sais pas. Mais moi, à chaque fois qu'il se passe quelque chose dans les pays de l'Europe de l'Est, c'est ici que je prends mes informations.
C'est la seule source qui me permet de tout comprendre en quelques lignes.
Que vive ce blog !
(mais non, je ne courtise pas)

Laurent Weppe a dit…

Fin, la serbie, c'est plutôt l'europe centrale, voir l'Europe du sud (je dis ça parce que les Hongrois, vivant aux mêmes longitudes que les Serbes, n'aiment guère se faire "traiter d'Orientaux" par les ressortissants de l'Europe des 15)

C'est aussi l'espoir d'Europe qui a poussé les Serbes à renverser Milosevic (et s'il y a quelqu'un à blâmer pour l'indépendance du Kosovo, il est sans aucun doute en tête de liste), et la déception de cet espoir qui a donné des munitions électoralistes aux chauvins locaux: on devrait y penser avant de critiquer le projet d'Europe politique.

bernard gaignier a dit…

Oui, l'Europe, telle qu'elle est malgré ses défauts est avant tout, un facteur de paix!
A vivre dans ce qui est la plus grande période de paix que nous ayons connu...on finit par l'oublier.

Anonyme a dit…

vous etes pour l 'independance du kosovo mais contre l'independance de la corse , des basques , vous n avez pas defendu la yougoslavie , ni condamné les allemands qui ont soutenu les slovenes , Vous soutenez l 'independance du tibet ??? messieurs les français arretez de donner des leçons aux autres , signez la charte des langues minoritaires , reconnaissez les cultures du monde sans étre nationaliste , une langue , une nation - c'est fini, votre empire n'existe plus

Patrick Mottard a dit…

Cher anonyme, il faut apprendre à lire (en particulier le post en lien sur "l'ex Yougoslavie")...

Laurent Weppe a dit…

À l'anonyme:

Les Corses, les Basques côté nord des Pyrennées, les Bretons, les Niçois, les Savoyards (Et tant qu'on y est, rajoutons les Ch'tits) ont depuis 140 ans accès au suffrage universel et n'ont, jamais, JAMAIS, voté en majorité, ou même dans des proportions respectables pour des mouvement indépendantistes.

Ce n'est pas seulement "les Français" qui sont contre l'indépendance de la Corse: ce sont les Corses eux-mêmes.

Bon, aujourd'hui, les Slovènes ont la liberté de vote, et les Tibétains en sont loin, mais le jours o'u les uns ou les autres se prononces majoritairement dans une élection sans tâche contre leur indépendance, promis, on vous fera signe