02 septembre 2006

De Beyrouth à Téhéran

Parfois, on regrette d’avoir eu raison. Le 19 janvier, Alexandra Pope (voir Pope star), sur le plateau de Nice Télévision, m’a demandé quel était, selon moi, l’événement le plus marquant de la dernière année sur le plan international.

A sa grande surprise, j’avais répondu – et je me souviens ne pas avoir hésité – « l’accession de Mahmoud Ahmadinejad au pouvoir en Iran ». Et j’avais ajouté que ce n’était pas une bonne nouvelle.

Les événements de ces derniers jours confirment hélas mes craintes de janvier : la République Islamiste d’Iran n’hésite pas à défier l’ONU et un Conseil de sécurité pour une fois unanime, en poursuivant son programme nucléaire.

Certains font remarquer qu’après tout d’autres pays ont accédé au statut de puissance nucléaire sans pour autant déclancher l’ire de la communauté internationale. En fait, le cas de l’Iran est tout à fait spécifique dans la mesure où ce pays est porteur d’une idéologie agressive et explicitement destructrice à l’égard d’un Etat membre de l’ONU, en l’occurrence Israël. Sans parler de son modèle de société et du rôle de la femme dans celui-ci.

Ce défi du régime des ayatollahs et le moment choisi pour le lancer démontrent à l’évidence que la récente guerre du Liban n’était pas liée au conflit israélo-palestinien (d’ailleurs qui se soucie aujourd’hui des Palestiniens ?), mais constituait un test de l’Iran vis-à-vis des occidentaux et des pays arabes modérés (voir Kyriat Shemona).

Ne pas désarmer le Hezbollah, le laisser se parer des oripeaux du nationalisme libanais et lui permettre de devenir le fer de lance du monde arabe était et reste irresponsable. La solution bancale de la FINUL « renforcée », ne pouvait qu’encourager le puissant tuteur iranien de la milice chiite libanaise à lancer le défi nucléaire.

Le Hezbollah n’a que faire de l’unité du Liban ou de la question palestinienne. Sa fonction – et c’est pour cela qu’il est largement subventionné – est de tester la résistance anti-ayatollahs sur la ligne de front.

Ne pas le voir, ne pas le dire – c’est le cas d’une grande partie de l’opinion publique internationale et des médias (à l'exception de « Charlie Hebdo »; voir notamment le numéro de cette semaine) – relève d’une logique munichoise.

L’Iran aujourd’hui, la Corée du Nord, pourquoi pas, demain, d’abandons en petites lâchetés, un nouveau monde risque d’être assez rapidement possible. Ce sera celui du déséquilibre de la terreur.

11 commentaires:

Jacques Barralis a dit…

En guise de commentaire à ton Blog, je cite 3 paragraphes d’un article du journal « Le Monde » intitulé : « 100 000 bombes n'ont pas encore explosé au Liban »
….. Les Libanais les appellent "bombes à fragmentation", alors qu'il s'agit de "bombes à sous-munitions". Depuis l'arrêt des hostilités, le 14 août, entre Israël et le Hezbollah, treize personnes ont été tuées et 52 autres blessées au Liban par l'explosion de ces engins.
….. En 1982, 1993 et 1996, l'armée israélienne a tiré des bombes à sous-munitions sur le Liban. Elles sont fabriquées par l'Etat juif, ou importées des Etats-Unis. Leur taux d'échec, c'est-à-dire de non-explosion immédiate, est très élevé, ce qui en fait des sortes de bombes à retardement. Au Liban, de 14 % à 20 % de celles que l'armée israélienne a lancées durant la "guerre de juillet" ont "échoué".
….. Les démineurs des Nations unies ont demandé à l'Etat juif de leur fournir les plans des zones sur lesquelles ces bombes ont été tirées. Mais les plans procurés sont imprécis. Ils indiquent des zones "qui pourraient receler des munitions non explosées", sans dire si elles incluent des bombes à sous-munitions, rapporte Amnesty International. Israël a dit qu'il pourrait y avoir d'autres zones touchées, mais sans fournir de plans. Les démineurs de l'ONU ont déjà identifié 400 régions ciblées par les bombardements recelant 100 000 engins non explosés …..

Voila pourquoi je ne suis pas tout à fait d’accord avec ton analyse, car trop loin des souffrances des Libanais et des Palestiniens sous la botte d’un Etat terroriste, et donc trop proche de la Croisade initiée par Bush et Blair contre l’Axe du Mal.

Amitiés socialistes,
Jacques

cerca a dit…

L'idéologie du régime iranien rend inacceptable une bombe atomique iranienne, certes. Reste que nos raisons pour ne pas l'accepter sont peu audibles hors de l'Occident (je me permets de renvoyer là-dessus à mon billet récent). Le principe ne peut être: la bombe atomique doit être interdite aux régimes non démocratiques d'abord parce que c'est un pays qui détient la bombe et non un régime, et qu'à l'intérieur d'un pays le régime peut changer (si je ne me trompe pas, la technologie nucléaire a commencé d'être acquise par l'Iran sous le régime du shah?), et d'ailleurs des régime non démocratiques ont déjà détenus la bombe atomique. Le principe de la non-prolifération (TPE) est plutôt: pas de nouveaux pays nucléarisés. Le fait que les seuls pays qui ne l'ont pas ratifié soient trois pays qui se sont dotés de l'arme nucléaire et que l'adhésion de l'Iran au TPE soit aujourd'hui hautement suspectée montre que ce principe non plus n'est pas satisfaisant à terme (en gros on est d'accord avec le principe tant qu'il ne gêne pas, soit qu'on ait déjà l'arme atomique, soit qu'on ne puisse ou ne désire pas l'avoir). Le cas iranien ne devrait-il pas inciter les nations occidentales à reposer sérieusement l'hypothèse de la dénucléarisation?

cerca a dit…

erratum: TNP, bien sûr, et non TPE!

Clotilde Gimond a dit…

Alors ça c'est un peu fort. En réponse à Jacques, selon qui visiblement, lorsqu'on s'inquiète des dérives de l'actuel Iran, lorsqu'on s'offusque de la présence d'un parti prônant la lutte armée au sein d'un gouvernement, que ce soit au Liban ou en Palestine, on se rangerait automatiquement du côté de Bush. Notre monde actuel, les médias classiques et les autres (les blogs et sites internet par exemple), nous obligent systématiquement à être binaire, connement binaire même, c'est "choisis ton camp camarade, sois tu es avec l'un et contre l'autre, soit c'est vice-versa". Notre devoir est de résister et de nous battre contre cette vision binaire qui arrange les extrémistes et adeptes des solutions violentes de tous bords, qui ne perdent jamais une occasion de faire monter la mayonnaise. J'estime que mon cerveau a le droit de contenir des idées complexes, des arguments venant des deux côtés, et le vôtre aussi (de cerveau).
Un seul exemple: vous parlez à juste titre de l'utilisation déplorable des bombes à sous-munitions. Cependant, vous oubliez de dire que notre beau pays, selon Handicap international qui s'y connait un petit peu quand même, fabrique encore ces munitions et les vend (seules les mines anti-personnel font l'objet d'un accord de non-production que la France a signé). De plus, ces bombes à sous-munitions ont été utilisées lors de nombreux conflits y compris en Europe. Nous aurions dû nous en occuper avant, et la France, par l'intermédiaire de son journal de 20h, est quand même gonflée de pleurer les enfants libanais tués par ces bombes sans jamais faire de mea culpa (en apparté: sur ce point précis, il me semble que Paul Quiles, spécialiste de la défense et des questions d'armement au PS, devrait s'attaquer d'urgence à cette question, tiens. Il l'a peut-être déjà fait...)
Donc, ma première remarque, ou plutôt mon premier coup de gueule, c'est: "arrêtez de nous mettre dans des cases toute faites, pro-Bush, ou pro-Palestine".

Deuxième chose, pour en revenir à l'Iran. Il y a quelque chose qui me désole depuis des années et cela ne fait qu'empirer ces derniers temps. C'est cette mode de plus en plus répandue de l'abstentionisme de protestation. Le président iranien n'est arrivé au pouvoir que d'une courte tête. A l'époque, beaucoup d'iraniens se sont apparemment abstenus, pour protester contre le manque de transparence du scrutin, mais surtout parce que Khatami n'était pas assez réformiste. C'est sans doute vrai. Mais Khatami, c'était quand même "moins pire", si vous me permettez cette faute de français. Et là, les Etats-Unis ont effectivement une énorme part de responsabilité dans l'affaire, eux qui ont fustigé les réformistes iraniens (empétrés dans leur constitution qui donne l'essentiel du pouvoir au guide suprême) et qui ont sans relâche accusé les iraniens de n'avoir pas changé, ravivant le sentiment anti-américain, s'il en avait encore besoin.
Reste que c'est à cause de cette abstentionnisme que Ahmadinejad a été élu. On les en remercie, et ils doivent s'en mordre les doigts (à moins que tout cela n'ait été qu'une posture).
Cette "méthode" s'est répétée dans de nombreux pays, les derniers en date étant le Congo et le Mexique. Rien de plus énervant que d'entendre le candidat malheureux à l'élection mexicaine s'en prendre à son rival de droite, alors qu'on ne l'a jamais entendu, en tout cas pas dans nos médias, raler contre Marcos qui lui a "volé" des millions de voix. Marcos qui a finalement appelé à l'abstention, après avoir fait miroiter la possibilité de participer à la vie politique institutionnelle (et après avoir obtenu plus de 90% d'opinions favorables sur cette question au sein de son propre mouvement!!!!!!). Merci là aussi aux abstentionistes, le Mexique est à droite (et pas au centre gauche comme dit Alexandre Adler).
On peut légitimement se poser la question de savoir si c'est une méthode délibérée, visant à renforcer les extrêmes, plus à l'aise devant le diable que devant un "réaliste".
Ces aventures du bout du monde sont à méditer chez nous aussi.

PS: puisqu'on en est aux remerciements, et pour finir sur l'Iran, je remercie aussi Douste, et je lui décerne la médaille d'or de l'ordre des grands cornichons irresponsables. A la niche Douste. Mais y a pas que lui hélas...

Patrick Mottard a dit…

A l’attention de Cerca
Globalement, et après lecture de votre site, je trouve vos arguments pertinents (notamment le lien avec la candidature de la Turquie à l’UE). Mais je persiste à penser qu’en ce qui concerne l’Iran, il y a urgence et que le régime, depuis Khomeini, semble de plus en plus solide et de plus en plus radical.
Pour résumer, je suis persuadé que c’est à Téhéran que réside le véritable danger pour la paix mondiale et la démocratie, et qu’à la lumière de ces événements la guerre en Irak était inutile et donc désastreuse.

Anonyme a dit…

je ne pense pas être en contradiction avec tout ces commentaires, évidement l'iran ne devrait pas posseder cette arme nucleaire, mais ce fou de busch "integriste" est aussi trés dangereux dans sa conquête du monde pétrolier.
il faut une politique internationale de denuclearisation. zineb

cerca a dit…

Cher Patrick, mon commentaire n'était pas pour minimiser l'urgence mais bien plutôt (m'adressant à un élu socialiste) pour lier cette urgence à une autre urgence, plus générale et plus dramatique: celle d'articuler une stratégie globale (une stratégie et non un programme). Dans le cas iranien, comment répondre à l'urgence? Sanctions? Boycott? Veut-on une action militaire? Faute d'une analyse et d'une proposition stratégique globale, on ne peut qu'osciller entre la posture inefficace et l'action irresponsable (type Bush). Or, à part les désastreuses querelles de personnes, on n'entend guère, sur toutes questions posées par l'actualité politique récente (CPE, immigration, Liban, Iran...), le PS articuler autre chose que des prises de position ponctuelles, des postures donc, morales. C'est sans doute en grande partie faute d'une proposition stratégique globale que nous avons perdu le référendum européen (car nous l'avons perdu, n'est-ce pas?), et nous sommes bien partis pour perdre la présidentielle pour la même raison.
PS (!): j'aurais aimé entendre votre position sur la dénucléarisation militaire.
PPS: tout à fait d'accord avec Clotilde G. sur le refus de se laiser enfermer dans une problématique binaire.

Patrick Mottard a dit…

Cher Cerca,

Je ne suis qu’un modeste élu local, mais, selon moi, l’action internationale de la France devrait être guidée par les trois priorités suivantes (sans hiérarchie) :

1 - Encourager partout politiquement, financièrement et, quand il le faut, militairement, les forces démocratiques (réellement démocratiques) et laïques, qu’elles soient au pouvoir ou dans l’opposition, partout dans le monde.

2 - Œuvrer à la construction d’un multilatéralisme. Comme vous, je pense que l’Europe a un rôle essentiel à jouer, avec une Turquie plus que jamais indispensable. Il faut également aider les forces régionales à s’affirmer (Brésil, Afrique du Sud, Inde…). Les cas de la Chine et de la Russie méritent une réflexion spécifique.

3 - Rééquilibrer économiquement les rapports nord-sud en transformant ce lieu commun en une véritable priorité. La France et l’Europe peuvent sur ce plan avancer unilatéralement pour lancer le processus.

Quant à la dénucléarisation militaire, qui peut franchement être contre ? Mais elle exige tellement de préalables qu’elle ne peut être le seul horizon proposé et elle sera toujours le fruit d’un rapport de force.

Laurent Weppe a dit…

Cette discussion me donne envie de commencer par deux proverbes persans: le premier dit que celui dont la maison a brûlé souhaite voir les flammes engloutir la terre entière; le deuxième dit que le seul véritable repentir est de ne plus pêcher. (Oui, j'ai ma petite liste personnelle de dictons que je ressort à l'occasion).

Pourquoi je donne ces deux proverbes venus d'Iran?
Parce qu'ils sont très justes: le désir de vengeance est réel et ne doit pas être sous-estimé: si sa maison ou son pays souffre d'une guerre, il est très tentant de souhaiter pire à celui qui en est responsable: on a tous, à un moment ou à un autre, en voyant les exactions de l'armée US en Irak ou les tours du World Trade Center s'effondrer, eu cette petite voix qui disait "ceux qui ont fait ça mériteraient de recevoir une douleur pire que celle qu'ils imposent aux autre" et je ne doute pas que la petite voix qui se promène aux frontières de l'esprit de celui qui voit la guerre sur son poste de télévision ou dans un récit de la presse écrite se change en cri de guerre assourdissant dans la tête de celui ou celle qui a dû enterrer un proche ou reconnaître les restes déformés d'un enfant tué dans une explosion, de bombe ou de missile.
De même, on ne peut parler de réconciliation qu'à la condition que la certitude que de nouveaux griefs ne s'ajouteront pas à ceux du passé, n'oublions pas que la réconciliation franco-allemande a pu avoir lieu car les deux peuples étaient persuadés qu'ils ne se feraient plus la guerre.

Prenons d'abord le cas du Liban, plus généralement des voisins de l'état hébreux. Il est évident que le désir de voir la "terre engloutie par les flammes" est puissant des deux côtés, de même qu'il est évident que les "pêchés" qu'ils s'agisse des attaques du Hezbollah ou du Hamas comme des ripostes folles de l'état d'Israël rendent impossible tout début de réconciliation et toute instauration de paix dans la région. Les éléments les plus extrémistes de chaque côté capitalisent sur la douleur et le ressentiment des peuples qu'ils prétendent défendre et se fournisse mutuellement la légitimité nécessaire pour continuer: Le Hezbollah puise son soutient populaire des mouvements d'extrême droite Israéliens qui rêvent tout haut de nettoyage ethnique et des exactions d'une armée israélienne qui ne sait même plus où elle en est, tout comme les partis situés à la droite du Likoud profitent des attentats et des appels à la destructions d'Israël proférés par les islamistes pour conserver une influence sur la société (ils représentent un quart des députés Israéliens, un tiers en comptant le Likoud tendance Netanyahu).
On peut donc en conclure que les extrêmes de chaque côté sont comme les deux têtes d'une même hydre, et que, se nourrissant l'une l'autre, elles créent une situation inextricable où le désir de vengeance est clairement le sentiment le plus puissant, tellement puissant qu'il inhibe toute tentative de règlement pacifique basé sur la raison et non sur l'affect.

Pour qu'un règlement pacifique se fasse, il faut que la raison l'emporte sur le désir de faire brûler la maison du voisin, et c'est là que la présence des puissances occidentales peut s'avérer aussi indispensable que destructrice: pour l'instant, l'occident a surtout été incarné par un Bush plus mafieux que dévot dont la politique s'adapte aussi bien au Proche Orient que le sodium avec l'eau (Boum).
S'il existait à côté du Proche Orient une Europe politique (une République Européenne pour reprendre le terme de Montebourg) dotée d'un leadership valable et jouissant de plus d'un quart de la richesse mondiale, il lui serait possible, non pas d'user de sa puissance pour imposer un plan de paix clefs en main (ça ne marche pas) mais d'user de cette puissance pour imposer un retour au primat du rationnel. En usant d'une stratégie qui serait le mélange d'un Idéalisme d'État (c'est à dire une éthique faisant consensus au sein de l'Union et devant être à la fois la base et l'emblème de la politique extérieure de l'Europe) et de l'usage réfléchi des différents moyens de pressions mis à la disposition d'une super-puissance qui se définirait plus par son "soft power" que par sa puissance destructrice, l'Europe serait alors en mesure de rendre un processus de paix définitif possible.
Bien sûr, on tombe alors dans le problème principal: l'absence de pouvoir politique commun au continent. Le refus du TCE a certes posé problème pour la continuation de la construction européenne, mais je crois que le principal obstacle vient du fait que beaucoup de dirigeants politiques nationaux actuels, y compris ceux qui se déclarent passionnément pro-européens, ne veulent pas d'une Europe Politique car ils savent que ce n'est pas eux qui la dirigeront, et quelques part, je soupçonne fortement beaucoup d'entre eux (les "souverainistes" auto-proclamés en tête) de préférer être grands seigneurs d'une petite province que simples citoyens, fut-ce de la plus grande puissance de l'Histoire. Or, si les dirigeants actuels des états membres de l'Union, sous des prétextes divers, ralentissent son avènement, nous nous retrouvons, nous, Citoyens Européens, globalement impuissants à avoir une influence un tant soit peu positive sur la marche du monde.

***

Quant à l'Iran, je rappellerai quand même que c'est un pays de 75 millions d'habitants, dont un peu plus de 50 millions sont en âge de voter, et qui compte.... 90 millions de cartes d'électeurs en circulation. À ceci s'ajoute le fait que les gardiens du temple prennent garde à ne plus laisser d'idéaliste un peu trop malin se présenter aux élections: les Ayatollahs ont compris la leçon avec Kathami: les élections libres ne sont pas compatibles avec une dictature basée sur la domination d'une aristocratie cléricale. Tout cela pour dire que la "légitimité populaire" d'un anti-Cyrus comme Ahmadinejad est plus que sujette à caution.

En tout cas, en ce qui concerne l'Iran et la Bombe, traitez moi de naïf ou de cinglé, toujours est-il que je crois que la "bonne vielle" dissuasion atomique reste la meilleure arme.
Premièrement, les événements de ces derniers mois montrent que ni la communauté internationale, ni les puissances occidentales (affaiblies par la Grande Connerie -Les majuscules me semblent nécessaires- que fut l'invasion de l'Irak) ne sont en mesure d'empêcher l'Iran d'enrichir son Uranium, ce qui signifie qu'à terme, l'Iran AURA la bombe, et si un tel scénario n'est pas encore écrit, il ne tardera pas à l'être.
Deuxièmement, il faut voir que la dissuasion, l'équilibre de la terreur, a bien fonctionné pendant 45 ans face à l'Union Soviétique, que la Chine n'a pas osé envahir Taiwan ni jeter toutes ses forces dans la guerre de Corée en partie à cause d'un tel équilibre, et que si les tyrans cherchent à inspirer le fanatisme, ils n'en sont pas pour autant dupes eux-mêmes. Que les puissances nucléaires existantes, qui ne peuvent pas empêcher l'Iran d'acquérir la bombe fasse passer un message sans ambiguïté: qu'une seule bombe atomique Iranienne explose sur le territoire d'un de ses voisins, proche ou lointain, et les puissances occidentales utiliseront dans l'heure leurs arsenaux nucléaire, quitte à réduire l'Iran, ses millions d'habitants et sa civilisation héritière de Summer à l'état d'atomes radioactifs portés aux quatre vents. Une telle menace peut paraître à première vue scandaleuse, mais il ne faut pas oublier que si Ahmadinejad souhaite rayer Israël de la carte, la seule puissance Américaine PEUT faire subir un tel sort à l'Iran. De plus, les leaders de la dictature Iranienne n'oseront certainement pas détruire leur propre domaine, et, même si la vie de l'homo sapiens persanicus vulgaris n'a que peu de valeur aux yeux des mollahs (mollahs dont un poète Iranien déclara un jour que l'amour de Dieu y était absent), je ne crois pas une seconde qu'ils prendront le risque de perdre leur royaume. En d'autres termes, l'avantage de l'Occident est telle que je suis persuadé qu'un bluff à l'emploi de l'arme atomique peut s'étendre de manière indéfinie et laisser le temps nécessaire à un changement de régime.

Tristan a dit…

Bravo pour cette courageuse analyse. Pas facile ces temps-ci. La nuance n'est pas l'amie du nombre...
Et certains semblent de plus en plus fascinés par ce président obscurantiste (le Chavez musulman).
Ici par exemple

Anonyme a dit…

bj je voulais vous demander d 'apporter une modification concernant l iran . C est le suivant dans la constitution iranien le president iranien a seulement un pouvoir honorifique ; C ' est le guide supreme qui decide et rafdjani merci (un iranien)