26 septembre 2006

Indigènes

Pour la deuxième semaine consécutive, un film de Cannes fait la une de l’actualité (Quand j’étais chanteur). Il s’agit de l’émouvant film de Rachid Bouchareb, Indigènes, que j’avais apprécié sur la Croisette, malgré une critique un peu réservée (C’est nous les Africains). Au final, le film avait quand même figuré au palmarès (Les vingt quatre dernières marches).

Ce film, qui évoque le rôle des deux cent cinquante mille soldats issus de nos colonies pendant la deuxième guerre mondiale, était à la fois juste et utile. Utile, peut-être plus que je ne le pensais à l’époque, puisqu’il aurait apparemment, au début du mois de septembre, ému Bernadette (pas Soubirou, l’autre…) qui, du coup, aurait fait la morale à son Président de mari pour qu’il respecte enfin sa promesse de 1995, réitérée en 2002. Ainsi, les quatre vingt mille spahis, goumiers et autres tirailleurs sénégalais encore vivants verraient leur pension enfin revalorisée. C’est qu’à l’heure actuelle, la pension d’un "indigène" représente à peine le tiers de celle d’un ancien combattant français. Faire cesser ce scandale serait une juste réparation matérielle et surtout un formidable mea culpa de cette France qui hier a trop semé la rancœur pour s’étonner de récolter aujourd’hui la haine. Une telle compensation permettra peut-être à ceux que le journal Le Monde appelle les « arrière-petits-enfants des indigènes de 1944 » de ne plus se sentir tout à fait, dans le 9.3, des indigènes de la République.

9 commentaires:

Anonyme a dit…

ils sont egaux devant la mort, mais pas dans la solde. zineb

rose a dit…

La mémoire du passé devient importune lorsque la conscience du présent est honteuse.
rose.

escoffier gilbert a dit…

Il semblerait que cette injurieuse injustice ait été enfin réparée et que, une fois n'est pas coutume Chirac a fait un geste qui l'honore, sans doute après avoir vu ce film. Vive donc le cinéma militant et grâce soit rendu à ces combattants de l'ombre.

Gilbert

AnneMarieK a dit…

Alors, il a fallu un film pour que Chirac se souvienne de ces soldats !!! Honte à lui !

Anonyme a dit…

C'est le propre de la France d'oublier le passé....surtout en ce qui concerne ses anciennes colonies ou colonies actuelles

peut-être faudrait-il sortir un film sur l'annexion, par la fraude et la force qu'à subit Nice en 1860 devenant malgré elle française...

peut-être faudrait-il faire un film sur la victoire électorales des indépendantistes en 1871 (avec à leur tête Garibaldi) et que l'armée française de la IIIème République à tenter de réduire au silence par le fusil et le canon...

peut-être faudrait-il sortir ce genre de film pour que la vérité historique resurgisse de nouveau à Nice ?

Anonyme a dit…

Et apres, on fait quoi ? On demande l'independance de Nice ?

Anonyme a dit…

Et bien oui pourquoi pas

zitamboli a dit…

anne mariek est un peu rapide pour conclure que chirac est responsable. Cet état de fait existe depuis la décolonisation voire avant même depuis beaucoup ont assumé le pouvoir sans agir tout en sachant (droite ou gauche). Pour Chirac il aura fallu 11 ans mais 14 ans n'ont pas suffit à Mitterand pour qu'il se souvienne... Soyons justes SVP ! En revanche, cessons de nous excuser de tout et surtout de l'histoire. Apprenons, agissons mais ne restons pas figés sur le passé...

cerca a dit…

Je ne sais pas si vous avez entendu Rachid Bouchareb tout à l'heure chez Michel Ciment? A ceux qui à Cannes voyait en "Indigènes" un film "américain", il répondait que le cinéma français faisait de tels films avant la nouvelle vague. Lorsque je constate cette liberté dans l'usage de la tradition culturelle nationale, lorsque j'entends les acteurs français arabes chanter "C'est nous les africains..." avec cette même joyeuse et sérieuse liberté, je me dis que ça ne va peut-être pas si totalement mal dans notre pays...