20 avril 2008

Nous sommes tous des lusophones

Grâce à mes amis Armanda, Carlos, Pedro, Michel et l’association « Espace de communication lusophone », c’est parti pour deux semaines de culture portugaise à Nice et dans le département.

Conférence sur le fado dans un restaurant bondé de la rue Clément Roassal (au cœur d’un quartier du 5e canton que de nombreux Portugais et Cap Verdiens pourront transformer à terme en « petite Lisbonne »), le carioca Fernando Alves et le groupe du Cap Vert, Pila Campo, qui mettent le feu à la FNAC le temps d’un mini concert : la quinzaine commence sur les chapeaux de roues. En attendant les films.

Une fois de plus, je m’interroge sur l’étrange émotion que suscite en moi – j’ai pu le vérifier plus d’une fois pendant le concert – la culture d’expression portugaise, le souvenir de mes voyages au Brésil (Brazil) et au Portugal, la bossa nova et le fado, Manoel de Oliveira et « Central do Brasil », la Révolution des Œillets et Porto Alegre, Amado et Pessoa, Othelo de Carvalho et Lula…

Une émotion forte qui ne trouve aucun appui dans mon histoire personnelle et qui pourtant me semble si familière. Face à ce mystère, je me dis que, peut-être, au fond de moi-même, cette langue si belle que je ne parle pas, ces paysages parfois magiques que je connais si mal, ces peuples si chaleureux que je côtoie si rarement, me permettent d’atteindre, à travers la saudade portugaise et la sensualité brésilienne, une petite partie de l’universel de ma conditions d’homme.

La saudade, par l’esprit. Une saudade qui flotte entre nostalgie et mélancolie sans jamais se réduire à l’une ou l’autre. Une saudade qui hésite sans cesse entre paradis perdu et avenir incertain.

La sensualité pour le corps. Une sensualité qui affranchit notre écorce corporelle de ses pesanteurs et de ses laideurs pour nous ouvrir à la nature, au monde, et peut-être même plus que cela.

Et, dans ma mémoire, deux souvenirs qui résonnent si fort :
- les voix de ces hommes simples s’interpellant dans une taverne du Barrio Alto en chantant, chacun à leur façon, la douleur de l’absence ;
- cette vieille femme à moitié nue croisée à Bahia, à deux pas de la maison de Jorge Amado et que le bonheur simple de marcher dans la rue rendait si belle…

4 commentaires:

Clotilde a dit…

Oserai-je dire que pas plus tard qu'hier, Juju songeait très sérieusement à supporter le Portugal lors de l'Euro 2008? Christiano Ronaldo et autres je ne sais plus qui étant passés par là bien sûr...

claudio a dit…

Lusophone est au Portugal, ce que sylvestre est à la forêt.

Livio a dit…

Trés joli billet ! Luz pas aphone :-)

Anonyme a dit…

sans oublier le Festival TransMéditerranée partenaire fidèle dès le début de temps fort culturel