03 décembre 2006

Lost in translation

Intrigué par la sélection de certains d’entre vous dans les trente glorieuses, je me suis enfin décidé à visionner Lost in translation. Je l’ai fait avec une absence totale d’à priori vis-à-vis de Sofia Coppola. En effet, j’avais été très sensible au charme vénéneux de Virgin suicides (j’étais à la première de la Quinzaine des réalisateurs en présence de la tribu Coppola). Par contre, Marie-Antoinette a été pour moi, cette année, la vraie déception du Festival (C’est nous les Africains).

Je ne sais pas si, dans quelques semaines, une fois bien installé dans ma mémoire et mes émotions, le film s’incrustera dans la fameuse « Liste des 30 », mais d’ores et déjà, j’ai le sentiment d’avoir vu un grand film, malgré le format DVD. Un grand film simple et touchant.

Dans ce qui semble être la capitale de l’ennui, Tokyo, Bob Harris, acteur de fin en carrière, profite d’un contrat publicitaire pour vivre avec délectation un pic de sa crise de la cinquantaine. Charlotte, jeune fille trop tôt mariée, a accompagné son époux photographe qui la délaisse. La non histoire de ces deux-là dans un univers inconnu à mi-chemin de Tati et Nothomb, est à la fois pittoresque et universelle, tendre et mélancolique.

Sofia Coppola, bien aidée par un couple d’acteurs convaincants (Bill Murray, Scarlett Johansson), nous raconte avec pudeur ces périodes de la vie où, entre un bilan doux-amer, un présent sans surprise et un futur incertain, on hésite, le cœur au bord des lèvres. Et avoir vingt ans ou cinquante ne change rien à l’affaire. Le dire avec légèreté, sans emphase ni psychologie de bazard, c’est tout le charme de Lost in translation.

5 commentaires:

Marion a dit…

C'est vrai que Marie Antoinette est une décéption (sauf la musique), mais ça devient très dur pour Sofia Coppola de faire mieux que Virgin Suicide, et surtout Lost in Translation !

Escoffier Gilbert a dit…

Patrick,

Tu vas certainement penser que je suis indécrotable et que mes choix vont un peu trop dans le même sens , mais ce week end je suis allé voir un film très touchant: LIBERO que j'aimerai bien rajouter dans ma petite liste.

A plus Gilbert

Anonyme a dit…

Salut Patrick...
Je serai plus mesuré que toi, concernant Lost in Translation. Voici ce que j'en avais dit, il y a un peu plus de 1 an 1/2 :

"Lost in Translation est un joli petit film, bien réalisé, "propre" et très bien interprété par Bill Murray (moins il en fait dans le registre fatigué/blasé/plein d'humour, meilleur il est) et par Scarlett Johansson, actrice plutôt atypique.
Sofia Coppola confirme, après Virgin Suicides, qu'elle sait filmer avec élégance et, peut-être plus important, qu'elle réussit bien à créer des ambiances. Du même coup, elle lève les derniers soupçons sur la taraudante question (du moins pour certains) : "A-t-elle du succès car elle la fille de... ?"
Oui, Lost in Translation se laisse voir sans déplaisir et assure même certains instants très grâcieux. Mais le film souffre tout de même d'une vacuité assez importante. Et ce vide scénaristique, Sofia Coppola peine à le remplir. Pour celà il eût fallut une mise en scène pas seulement "jolie" mais beaucoup plus inspirée cinématographiquement comme, par exemple et sur un sujet finalement assez proche, celle de In the Mood for Love. On ne manquera d'ailleurs pas de rapprocher (est-ce que ça a été fait ou pas ?) les derniers mots chuchotés par Bill Murray à l'oreille de Scarlett Johansson et inaudibles pour le spectateur de ceux confiés par Tony Leung au trou dans l'arbre à la fin de IMFL. Même effet avec même interrogation forcée du spectateur ou du moins escomptée : "Qu'a-t-il bien pu dire ?". .
Si Tokyo est assez joliment filmé dans les limites de ce qu'on en voit (le parc où Scarlett Johansson aperçoit une procession de mariage traditionnel, déjà présent chez Ozu, est malheureusement sacrifié), peut-on en dire autant des Japonais ? Le regard porté par la cinéaste semble assez condescendant et caricatural pour ne pas dire parfois pire.
Le point fort du film, outre son ambiance et l'élégance générale déjà signalées, reste sa modestie, représentée par la dernière scène déjà évoquée. Un film qui met de bonne humeur avec une pointe de mélancolie peut-être et qui perdure un petit moment dans l'esprit du spectateur mais après ? Il est vite oublié, à moins peut-être de s'identifier avec les personnages pour des raisons précises (âge, habitudes des séjours "perdus" en hotel de luxe dans un pays étranger, etc.).
Difficile donc de comprendre l'engouement public et critique qui l'a propulsé au rang de chef d'oeuvre de l'année 2004."

Depuis, en y repensant, je l'ai encore revu à la baisse...
Je précise n'être pas allé voir Marie-Antoinette. J'aime le rock mais pas les monarchies ;)

Philippe S.

marion a dit…

Je ne trouve absolument pas Coppola condescendante par rapport aux Japonais.
Il y a des differences entre nos civilisations, elle ne les souligne pas, elle les montre avec fraicheur. Biensur qu'elle n'échappe pas à certains clishés, mais c'est toujours avec charme et humour (je pense à la scène de l'ascenceur, que j'ai trouvé drole et touchante). Ce qui pourrait etre insultant serait de nier les differences, faire mine de les ignorer. Dans le film je le vois plutot comme quelque chose d'attirant, d'enrichissant.

Il n'y a pas non plus de vacuité dans Lost in Translation, bien au contraire.
Je n'ai aucune envie que les reflexions que veux nous inspirer la caméra de Coppola soient trop suggestives, trop concretes. Et c'est la tout le charme de ce film. Les "ambiances", les jolies scènes, ne sont pas qu'un simple plaisir des sens, mais une invitation à l'immagination, la poèsie, la réfléxion. L'attachement qu'il peut y avoir pour les personnages est bien plus profond, je crois, qu'une simple identification par l'age, ou l'habitude des séjours perdus...
Il est plus profond, plus unniversel. Ce qui me frappe chez eux, c'est leur solitude, leur sensation de décalage par rapport à la réalité.
Finalement peu importe que l'on ne voit pas beaucoup le cadre, Tokyo. Ce cadre, un peu déroutant pour un occidental est juste la pour mettre encore plus en valeur ce décalage, et montrer la complicité qu'il va y avoir entre ces deux personnages qui vont trouver quelqun à qui se raccrocher.
La est toute la force du film, il est aérien dans la forme, mais il ne faut pas s'arreter au charme de cette forme. Il est presque trop lourd, parce qu'il renvoi à des choses qui touchent beaucoup, la solitude, meme (et surtout) au milieu des autres.

Si il y a eu un tel engouement, je pense que c'est parce que les gens ont ressenti, plus que la mélancolie, cette impression de solitude, cette sensation que tout va trop vite pour nous.

Et en revoyant Virgin Suicide, il ne fait pas de doute que Lost in Translation est à voir bien plus que comme une chronique romantique, mélancolique, et bien filmée.

Anonyme a dit…

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