11 décembre 2006

Le corridor de Latchine


Samedi. Départ pour le Haut Karabagh.

Il s’agit de parcourir environ trois cent cinquante kilomètres le long des frontières du Nakhitchevan et de l’Iran. Notre délégation franco-serbo-italo-croato-russo-danoise (ouf !) est répartie dans deux minibus de fabrication russe qui ont la particularité de fonctionner… au gaz !

Entre ruines industrielles, silos rouillés et pipelines éventrés, la première centaine de kilomètres me permet de repérer une fois de plus dans le paysage les stigmates du bricolage productiviste de l’époque soviétique.

Puis c’est l’émerveillement devant des paysages de montagne chaotiques et sévères miraculeusement adoucis par une fine couche de neige blanche. Presque par inadvertance, le programme musical de notre chauffeur nous propose un standard d’Abba. Instantanément j’imagine Priscilla, la folle du désert australien, parcourant écharpe au vent les chemins d’Arménie…

Très vite, la nuit nous surprend. C’est dans l’obscurité que nous pénétrons après un petit contrôle routier dans le corridor de Latchine. En fait, cette route qui traverse une région de l’Azerbaïdjan a été attribuée à l’Arménie au moment du cessez-le-feu de 1994. Quelle que soit l’évolution du conflit, elle restera un véritable cordon ombilical entre le Haut Karabagh et la République d’Arménie.

Ce n’est donc pas sans émotion que nous empruntons cette route mythique qui rend notre chauffeur complètement euphorique. Plutôt prudent et calme depuis notre départ, il se transforme en Vatanen du Caucase et son modeste Lada en Audi quattro de la grande époque. C’est sur les chapeaux de roues que nous avalons les deux derniers cols de la journée et en trombe que nous entrons dans Stepanakert pour assister à notre premier briefing sur le référendum au ministère des Affaires étrangères.

1 commentaire:

Clotilde a dit…

Abba c'est un standard autoradiophonique qu'on retrouve sur tout le globe, de la Hollande à l'Australie, en passant par Madagascar et...le haut Karabagh apparemment!

Bien de la chance d'aller vadrouiller dans ces coins perdus!