07 novembre 2012

Forward Obama





Il est 5 h 18 du matin (heure française), quand l’Iowa, ce petit état que nous avons traversé en une seule journée l’été dernier apporte ses 6 voix pour permettre à Barack Obama de franchir le cap décisif des 270 grands électeurs. La victoire est enfin acquise au bout de la nuit.

Pour nous, c’est un moment de bonheur comme la vie politique en offre peu. Pourquoi cela ?

- D’abord, parce qu’avec les copains de Gauche Autrement, nous nous sommes investis pour Barack Obama dès qu’il a émergé du complexe paysage de la vie politique américaine (voir, sur ce blog, « I have a dream for november », « Yes they can », « CLAJ sur Potomac », « Nuit blanche à Seattle », et sur celui de Dominique Boy Mottard, « Obamasséna »). La soirée organisée en 2008 dans la galerie de notre ami Christian Depardieu pour l’élection, avec notre colistière Irène en duplex de New York, peut en témoigner (voir, sur ce blog, « Le premier jour de l’après 4 novembre », et sur celui de Dominique, « Obama président : nous y étions !).

- Ensuite, parce que si on examine le programme d’Obama, celui de Romney, et le contexte économique, social et sociétal de l’élection, on a le sentiment d’être en France au mois de mai dernier. Dès lors, je ne vois pas comment un électeur de François Hollande – ce que je fus – peut-être autre chose qu’un supporter fervent du Président américain sortant.

- Mais, enfin et surtout, si la victoire de Barack est si belle, c’est qu’elle est celle de l’Amérique qu’on aime : celle de la Déclaration d’Indépendance, du New Deal, du D Day, du I have a dream, de Woodstock, du premier pas sur la lune, de West Wing et de toutes les nouvelles frontières…

Alors, comment ne pas approuver « le boss » Bruce Springsteen lorsqu’il a affirmé, lors du dernier meeting de campagne que la réélection d’Obama sera la meilleure façon de continuer à réduire la distance entre le rêve américain et la réalité américaine ?

Forward, Obama !


27 commentaires:

Emmanuel a dit…

Ouf, on a fallit revivre Retour vers le futur avec un nouveau W roi de la gaffe...
Le mythe retrouve sa place et le Mitt retourne là d'où il vient, et qu'il n'aurait jammais du quitter, c'est à dire de l'inconnu.
Allez Barrack fais nous rêver un peu...
Et si le modèle européen devenait le nouvel American dream ?

Anonyme a dit…

Barack, Barack, Baraka, c'est facile, mais la chance ne sourit qu'aux.........
AlexandreR

bernard gaignier a dit…

Emmanuel, le Mitt retournant là d'où il vient ne sera pas un Mitt errant.

Les Brouillons de Cendrillon a dit…

Il a bien fait d'aller jouer au basketball...
J'aime bien la phrasee de Bruce.S, je ne connaissais pas...bien dit ! mais j'espère que la réalité va se rapprocher du rêve, et non le contraire...
Enfin c'est génial (point) !!!
Yes !

Patrick Walz a dit…

5h18 ! La libération, je peux enfin aller me coucher...!

Le Mouton Enragé a dit…

La politique menant manifestement à tout, à quand un billet musical?
"Booorn in the USAAAA
I was booorn in the USAAAA!"
Bon, ce morceau ne reflète pas forcément "l'Amérique que l'on aime", mais il était déjà contre celle qu'on n'aime pas...
Vais me réécouter quelques vieux trucs pour fêter ça, tiens!

alaind a dit…

Il est surtout question d'un électorat qui gagne, celui de la diversité et de la tolérance. En face, il y avait de la rigidité old fashion, du potage de Bush dont la planète avait déjà bien soupé.
Même si bien des incertitudes demeurent, il est certain que le pire a été évité!

Les Brouillons de Cendrillon a dit…

En réalité on n'a pas à se justifier de la joie que l'on peut éprouver pour la réélection de Barak Obama, c'est un symbole, qu'on soit de gauche ou de droite. Même si les USA se fichent un peu de l'Europe, et qu'ils regardent plus vers le Pacifique, pour le monde en général, c'est bien mieux que les démocrates soient au pouvoir...
On ne peut que saluer le progrès "mental" des Américains(il y a à peine 57 ans Rosa Parks...) et peut-être en prendre exemple...et se décomplexer (décoincer), mais pas dans le sens où certains l'entendent...

Laurent Weppe a dit…

"Ouf, on a fallit revivre Retour vers le futur avec un nouveau W roi de la gaffe..."

On a rien failli du tout: les chances d'un retour de la vengeance des vieux cons de droite étaient minuscules: les probabilistes donnaient les chances de victoire d'Obama entre 90 et 99,9% selon les analystes, et la victoire d'Obama était déjà considérée comme probable durant l'été 2011. Je sais que les médias ont joué la comédie de la lutte au coude à coude jusqu'au bout pour se faire mousser, mais c'était de la foutaise.

***

"Et si le modèle européen devenait le nouvel American dream ?"

Le plus probable (et souhaitable) est de voir l'Europe suivre le modèle US. Malgré la prise en otage des institutions par le parti Républicain, Obama a refusé de mener la politique d'austérité exigée par la droite US alors que pendant des mois on a vu nos dirigeants se demander s'il fallait affamer les Grecs pour leur donner une leçon de bonne gestion des deniers publics. Au rythme où vont les choses, dans 10 ans, ce sont les Américains qui nous donneront des leçons de social-démocratie...

***

Ceci étant dit, ces élections sont importantes et historiques pour les américains pour tout un tas de raisons, pas toutes liées à Obama:

Roe V Wade: la décision de la cour suprême qui garantit la légalité de l'avortement a peut-être bien été sauvée. Depuis 30 ans, les présidents républicains n'ont eu de cesse de mettre des juges ultra conservateurs, à tel point que la cours suprême n'a jamais penché autant à droite que depuis Hoover.
4 des juges actuels sont opposés à Roe
l'un des 5 juges qui maintient Roe en l'état est Ruth Ginsburg, 79 ans, et survivante d'un cancer du colon et d'un cancer du pancréas. Pendant la campagne, le scénario cauchemardesque pour beaucoup était de voir un président Romney remplacer Ginsburg par un juge réac qui aurait donné aux anti-IVG la majorité à la cour suprême.
Obama réélu, Ginsburg peut prendre sa retraite sans courir le risque d'être remplacé par un réac.
*
Wall Street battue: Pour la première fois depuis les débuts du New Deal, Wall Street, qui en général met ses œufs dans les paniers démocrates et républicains a mis ses moyens exclusivement au service de Romney. Pour la première fois depuis Roosevelt un président américain est élu sans l'assistance de Wall Street et ne leur doit Rien.

Laurent Weppe a dit…

La Suite:

Bernie Sanders, seul socialiste déclaré au Sénat (il est pas vraiment tout seul, c'est juste que les autres sont toujours enfermés dans leurs placards) a été réélu avec 71% des voix, améliorant son score de 6 points par rapport à 2006.
*
Mariage Homosexuel: Le Maine, le Maryland et l'état de Washington ont tous ratifié par référendum la légalisation du mariage homosexuel. Le Minnesota où un référendum visant à inscrire son interdiction dans la constitution de l'état a refusé cette altération constitutionnelle.
Après 32 référendums sur le sujet, tous gagnés par les bigots, ces référendums marquent la fin de la domination politique des vieux traditionalistes.
*
Le reflux de la prohibition: Les états de Washington et du Colordo on légalisé par référendum la consommation récréative de hachisch. La "Guerre contre la Drogue", cette énormissime escroquerie sécuritaire qui n'a bien évidemment garanti la sécurité de personne, qui a transformée la police américaine en une armée en racailles en uniforme, qui a permit l'émergence d'une mafia du bagne, qui a renforcé la ghetoïsation des plus pauvres, qui a faussé la compétition électorale en volant 5 millions d'électeurs à la gauche américaine a pour la première fois subit un revers dans les urnes.
*
Tammy Baldwin a été élue sénatrice de l'état du Wisconsin. Elle la première élue ouvertement homosexuelle de la chambre haute du congrès US.
*
L'aile pro-viol du parti républicain écrasée: Pendant la campagne, plusieurs candidats au sénat ou à la députation se sont dit favorables à l'idée de contraindre les victimes de viols qui se retrouvaient enceintes à mener leur grossesses à termes.
Ces sales petits connards (y a pas d'autres mots) ont tous perdu leurs élections.
*
À Porto Rico, un référendum sur l'adhésion de l'île aux USA a été emporté par le Oui. Il faut encore l'accord du Congrès US (et il est très possible que les républicains qui ne se sont pas fait remarquer pour leur vision à long terme tentent de bloquer l'adhésion d'un état peuplé en majorité de Latinos), mais Obama s'est dors et déjà prononcé en faveur de l'adhésion Porto-Ricaine: Il va falloir s'attendre à compter 51 étoiles sur le drapeau US.
*
Elizabeth Warren a conçu et créé l'agence fédérale de protection des consommateurs, dont le rôle est de surveiller les banques et autres institutions de crédits pour les empêcher de recréer la crise des subprimes.
Elizabeth Warren, a, durant la campagne, fait l'objet d'une énorme campagne de calomnies à sont encontre et a été traitée par les fins et subtils militants républicains de "pouffiasse marxiste" -entre autres gentillesses- pour avoir eu le toupet de dire en public à la caste des gosses de riches que non, ce n'était pas eux qui avaient bâtit les USA.
Elizabeth Warren a été déclarée trop "radicale" pour avoir une chance d'être élue par les "experts" en éditoriaux pontifiants
Elizabeth Warren a battu l'ancienne idole du Tea Party Scott Brown et a repris pour le compte des démocrates le siège de Ted Kennedy.
Comme dirait l'autre: On est plus en 68: les hippies ont appris à rendre les coups.
*
Et, pour le plaisir de la Shadenfreude: Karl Rove: le cerveau de Bush junior a pété les plombs en direct à la télé
Que demande le peuple?

Anonyme a dit…

Laurent WEPPE, n'est pas le Mouton enragé, mais plutôt un fou furieux extrèmiste !

Patrick Mottard a dit…

je ne vois aucune trace d'extrèmisme chez Laurent Weppe et je recommande aux lecteurs de ce blog sa contribution...

Laurent Weppe a dit…

J'en profite pour rajouter une autre remarque "extrémiste":

Alors qu'ils ont été battus aux présidentielles et au Sénat, les Républicains ont conservé leur majorité à la chambre des représentants inchangée.
On pourrait se dire que c'est dû à l'enthousiasme des électeurs qui était moins forte pour les candidats à la députation que pour Obama et les candidats au Sénat.
Ceci dit, je soupçonnais fort le parti de Lance Armstrong d'avoir encore fait des siennes.
*
Et après avoir longtemps cherché, j'ai fini par mettre la main sur les résultats des élections à la chambre basse du congrès en terme de votes et non de sièges:
Les Démocrates ont battu les républicains d'une courte tête (un demi-million de voix quand même, hein)
Les Républicains, battus dans les urnes vont continuer à contrôler 56% de la chambre basse
*
La manière dont ils s'y sont pris est odieuse: en redessinant les circonscriptions de telle manière qu'ils soient sûrs de gagner même quand ils ont perdu:
Par exemple en Pennsylvanie; aux élections législatives, les démocrates ont obtenu 49,9% des voix, les républicains 47,9% des voix et les petits candidats se sont battus pour les miettes: Les républicains, battus de 2 points, ont obtenu 13 sièges sur 18. On est pas dans un scénario à la française, où une courte victoire dans les urnes aux législatives peut se transformer en large majorité de députés, type UMP 2002. On est dans un cas où le parti qui perd les élections législatives peut quand même emporter plus de 70% des sièges, laissant les miettes au vainqueur.
Cela a également un effet délétère sur la participation électorale: 150.000 électeurs qui avaient votés pour Obama (sur 2.870.000) n'ont pas voté pour un candidat démocrate aux législatives parce qu'ils étaient coincés dans des circonscriptions calibrées pour offrir une victoire assurée aux candidats républicains.
La même chose s'est produite en Virginie (73% des sièges vont aux républicains), dans L'Ohio, seulement 4 députés sur les 16 sont démocrates alors que là encore la gauche était majoritaire, etc...
*
Le résultat des courses est donc hélas assez clair:
Élection présidentielle: le candidat républicain a perdu
Élections sénatoriales: les républicains ont perdu
Élections à la chambre: les républicains ont triché et conservé le contrôle de la chambre.
La "leçon" que la droite américaine retiendra probablement de ces élections est que le meilleure façon pour elle de l'emporter, c'est de les truquer.

Dominique a dit…

Merci à Laurent pour ces commentaires qui nous informent bien mieux - c'est rien de le dire - que n'ont pu le faire les médias.

Parmi toutes ces raisons d'être satisfaits (pas pour la chambre des représentants Grrrr) des différents scrutins qui viennent d'avoir lieu, je suis particulièrement sensible au referendum à Porto Rico, d'autant que les pronostics n'allaient pas en ce sens...

Anonyme a dit…

Saaaiinnt Obama a battu les méchants républicains...

Obama qui a laissé son ambassadeur à Benghazi se faire massacrer et mis ça sur le compte d'un film anti musulman alors qu'il savait qu'Al Qaida était derrière l'opération.

Obama dont le projet géo politique est d'installer les frères musulmans partout, comme en Tunisie, libye, Egypte, bientôt Syrie et Jordanie...

Obama qui a perdu presque 10 millions de voix depuis 4 ans.

Obama qui en a rien à foutre des péruches zéropéennes.

Laurent Weppe a dit…

Tant d'inanités dans si peu de lignes.
Il est bien trop tard pour que je m'en prenne à la totalité des inepties du courageux anonyme ce soir, aussi vais-je me contenter du cas de l'attaque de Benghazi:

"Obama qui a laissé son ambassadeur à Benghazi se faire massacrer et mis ça sur le compte d'un film anti musulman alors qu'il savait qu'Al Qaida était derrière l'opération."

Ça, c'était un bobard que l'équipe de Romney a essayé de cultiver pendant la campagne dans le but d'affaiblir la position d'Obama. Et cela a donné l'occasion à Obama d'humilier Romney au beau milieu du deuxième débat présidentiel.

Ceci, puisque "le film" est mentionné, je vais revenir un peu sur l'histoire de ce film anti-musulman. D'abord ce que ce film est en réalité, et ensuite les réactions qu'il a causé.

Partie 1: Le film: Quoi que c'est et d'Où ça sort?

Tout d'abord, ce n'est pas un film, c'est une bande annonce diffusée sur youtube: au dernières nouvelles, on ne sait même pas si le film a été complété où s'il est encore dans la salle de montage.

Maintenant, pour bien comprendre la nature de ce film, il faut en faire la genèse:

Le film a été produit par un dénommé Nakoula Basseley Nakoula. Né en Égypte dans la communauté Copte, il émigra aux USA et, durant son séjour au pays de la liberté, il s'est retrouvé criblé de dettes durant les années 90, après avoir omis de payer ses impôts pendant plusieurs années, puis fut arrêté en incarcéré en 1997 pour avoir tenté de se lancer dans le trafic de métemphétamines (flash de dernière minute: devenir un nabab de la drogue, c'est pas aussi simple dans la vrai vie que dans Breaking Bad), puis s'est de nouveau retrouvé en délicatesse avec la justice après une tentative d'escroqueries multiples aux banques en 2010.

Le résultat c'est qu'en 2011 à sa sortie de prison, il devait 800.000 dollars aux banques, 200.000 dollars à Fisc.

Entre alors en scène Zakaria Botros Henein, un prêtre copte intégriste basé dans le comté d'Orange, qui s'était fait virer de sa paroisse australienne par le pope d'Alexandrie pour abus d'autoritarisme sur ses ouailles mais qui a réussi à se créer une apparence de défenseur de la liberté en attirant sur sa tête une promesse de récompense d'Al Quaïda pour sa mise à mort. Ce curé prospère depuis via des sites internet et des webshows qui attirent adeptes de l'intégrisme chrétien ainsi que quelques généreux donateurs d'extrême-droite. Nakoula, s'était pris de passion pour ce prêtre et pour son réseau de supporteurs (on se demande bien pourquoi) s'est mis en tête de se refaire une santé financière en s'associant avec d'autres "fidèles" de Henein pour produire un film qui mettrait en scène son intégrisme.

Voilà donc l'origine du film: un escroc en manque d'argent se lance dans le tournage d'un film courtisant pour plaire à un curé intégriste en délicatesse avec sa hiérarchie et à ses généreux donateurs. Et comme la haine de l'Islam est une composante majeure de l'intégrisme du bon père Zakaria, c'est devenu tout naturellement une composante majeure du film.

(à suivre)

Laurent Weppe a dit…

(suite)

Mais les choses ne s'arrêtent pas là: le script orginal du film intitulé "Desert Warrior" était celui d'une série B de science-fiction/fantasy/peplum qui devait critiquer l'Islam via une série de (grossières) métaphores. Les acteurs engagés jouèrent donc le script de la série B, et leurs dialogues furent doublés par le texte plus... "militant", on va dire, par la suite (sans que les acteurs soient mis au courant, évidemment)

En juillet dernier, la vidéo de la bande annonce/extrait est postée sur Youtube. Elle n'attire l'attention de personne à l'exception des groupuscules d'extrême-droite habituels qui bien sûr vantent la "valeur éducative" de cette vidéo qui bien entendu est d'après eux un chef d'œuvre démontrant la validité de leur désir d'opprimer tout ce qui ressemble de près ou de loin à un Arabe. En septembre, une version traduite en langue arabe apparaît, et c'est là que la mécanique virale d'internet prend le dessus. Les islamistes savent qu'il est dans leur intérêt de présenter ce salmigondis de propagande intégriste chrétienne comme représentatif de l'opinion de l'occidental de base.

*****
*****

Partie 2: Quoi qui s'est passé à Benghazi

Plusieurs manifestations eurent lieu en réaction à la vidéo le 11 septembre dernier. Il n'y eu pas de manifestation anti-bande-annonce, mais dans la confusion qui suivi, des rumeurs selon lesquelles l'attaque des diplomates américains à Benghazi aurait utilisé une manifestation anti-video comme couverture ont commencé à circuler.

Saaaaaaauf, que, Obama n'a jamais blâmé la vidéo de Nakoula comme étant responsable de quelque manière que ce soit dans les attaques. La première mention de cette vidéo fut faîte par Hillary Clinton le 15 septembre, qui déclara (je traduis): "Certains ont voulu justifier ce comportement vicieux ainsi que la manifestation qui eu lieu devant notre ambassade du Caire hier en tant que réactions à du matériel inflammatoire posté sur internet. L'engagement de l'Amérique en faveur de la tolérance religieuse remonte aux origines même de notre Nation. Mais laissez moi être claire: il n'y a aucune justification pour ceci."
(Texte original)
En d'autres termes, la position du gouvernement US concernant l'attaque de Benghazi a toujours été que quand bien même m'attaque eu été motivée par la vidéo, cela restait un attentat terroriste. Pendant la dernière ligne droite de la campagne présidentielle US, l'équipe de campagne de Romney a décidé d'ignorer purement et simplement la réalité pour jouer la sérénade d'Obama le Kenyan-athé-musulman-communiste-revanchard-soumis-aux-terroristes: un personnage totalement fictif conçu pour canaliser l'hostilité de l'électorat de droite.

(à suivre)

Laurent Weppe a dit…

(suite et fin)

Mais ce n'est pas fini!
Alors que pas mal d'orientalistes à la petite semaine s'adonnaient une fois encore à l'onanisme intellectuel et prétendaient que l'attaque de Benghazi était la preuve absolue que les Arabes avaient "besoin" de la stricte mais bienveillante dictature de despotes éclairés, les Libyens descendirent dans la rue dès le lendemain pour une manifestation pro-américaine.

Et parce que cette manifestation ne suffisait pas, la semaine suivante, 30.000 habitants de Benghazi descendirent à nouveau dans la rue, et armés de pancartes et de banderoles, partirent à l'assaut des bases des milices islamistes, en chassèrent les occupants, leur prirent leurs armes et les rendirent à l'armée.

***

Voilà donc la réalité de la situation: Obama n'a jamais mis la mort de l'ambassadeur John Christopher Stevens sur le compte d'un film de propagande intégriste qu'un escroc a imaginé pour éponger ses dettes, le gouvernement US a dès le début de l'affaire affirmé qu'aucun prétexte invoqué ne saurait justifier cet acte, et la décision du président US de rompre avec les méthodes chauvines de son prédécesseur a porté ses fruits quand les Libyens choisirent de prendre le parti des américains contre les milices.

Anonyme a dit…

Arf faut pas toucher à l'idole, en plus ça me fait marrer parce qu'Obama ici il serait pas socialo mais à l'Ump...
Belle démonstration qu'il n'y a pas de diffèrences entre vous et eux..

Le film anti,islam je l'ai dit a été un alibi.

Dès le début l'administration Us a foutu sur le compte de ce film l'attaque du consulat, c'est ce que dira Hillary Clinton au père d'un des navy seals tué dans l'affaire.

Quels sont les faits, réels puisque qu'il y a les transcriptions.

Devant la situation locale depuis des mois les services avaient demandé une sécurisation.
Refusée !

Lors de l'assaut par les djihadistes, les membres de des navys seals sur places demandèrent l'autorisation d'intervenir.

Refusée !
Ils l'ont fait qd même et l'ont payé de leur vie.

Le général Carter Ham commandant la région a devant ces refus décrétés qu'il agirait outrepassant les ordres, les forces us étaient à une heure maxi de Benghazi, il a été mis à la retraite aussitôt.

Sans compter que tout était suivi en temps réel au pentagone et à la maison blanche, je vais pas vous expliquer les capacités technologiques des us..

Ce sont des faits avérés.

Et qu'a fait Obama ensuite ? partir à las Vegas collecter des fonds pour sa campagne.

Quant aux manifs pro -us, faites moi rire faut vraiment rien entraver à ces pays pour gober ce type de réaction.

La réalité est que les frères musulmans sont sontenus par les us dans cette région.



Anonyme a dit…

Et comme par hasard la patron de la Cia est viré parce qu'il a eu une maitresse...

Laurent Weppe a dit…

"Dès le début l'administration Us a foutu sur le compte de ce film l'attaque du consulat"

Quand j'étais gamin, mes parent m'ont un jour dit: "Laurent, si tu raconte un mensonge, et que la personne en face de toi sait que tu mens, tu auras beau prendre un ton convaincu, jouer la comédie, simuler l'innocence outragée, tu ne parviendra jamais à faire rentrer ton interlocuteur dans ta comédie"

J'ai fait l'effort de reprendre le détail de l'affaire de l'attaque de Benghazi et le détail de l'affaire du vrai-faux film, j'ai mis en lien le discours de Clinton prononcé à ce sujet et pris la peine d'en traduire l'extrait pertinent dans un commentaire précédent précisément pour m'assurer que nulle envolée verbale subséquente du courageux Anonyme ne puisse entretenir l'illusion de la sincérité.

Mais il semble que comme les militants de Romney, notre bravissime vengeur masqué soit adepte de la technique du Gish Gallop*:

"Devant la situation locale depuis des mois les services avaient demandé une sécurisation.
Refusée !"

D'abord, les demandes de sécurités supplémentaires ont été refusées par manque de fonds. L'administration Obama avait demandé au Congrès des fonds supplémentaires "Refusés!" par la majorité républicaine à la chambre des représentants.
Ensuite, les demandes de sécurité supplémentaires concernaient l'ambassade de Tripoli, pas le consulat de Benghazi: quand bien même le gouvernement US eu décidé d'augmenter les tours de garde de l'ambassade à Tripoli, cela n'aura pas eu beaucoup d'effet pour un consulat situé à 700 kilomètres de la capitale Libyenne.
Il est important aussi de noter que le consulat de Benghazi n'était pas dénué de gardes et qu'il ne s'est pas agit d'une attaque éclair: les assaillants ont assiégé le consulat pendant plus de six heures et les service de sécurité américains ont reçu durant la bataille le renfort des services de sécurité libyens ainsi que celui de milices locales hostiles aux islamistes.

"Lors de l'assaut par les djihadistes, les membres de des navys seals sur places demandèrent l'autorisation d'intervenir.
Refusée !
Ils l'ont fait qd même et l'ont payé de leur vie."

(à suivre)

* Pour ceux qui demanderaient ce qu'est le "Gish Gallop": il s'agit de la technique visant à balancer le plus grand nombre de mensonge en employant le plus petit nombre de mot possible. Il s'agit d'une technique redoutable dans les débats oraux, vu que les participants ont la même durée de temps de parole: un adepte du Gish Gallop peut, dans les 5 minutes qui lui sont allouées proférer douze mensonges, alors qu'en 5 minutes son adversaire ne pourra en démonter que deux ou trois. Le gros menteur peut alors prétendre avoir "gagné" le débat puisque neuf ou dix de ses assertions n'auront pas été contredites.

Laurent Weppe a dit…

(suite)

En l'état actuel de l'enquête, il apparaît que
1. La demande de renfort n'est pas remonté jusqu'à la maison blanche
2. Les supérieurs des Navy Seals leur ont bien donné l'autorisation d'intervenir, mais y ont rajouté le très raisonnable ordre de ne pas tirer dans le noir au beau milieu d'une ville et de se concentrer sur l'aide à l'évacuation.
Je sait que tirer n'importe où, n'importe comment au risque de blesser ou tuer des civils passe pour un signe de virilité triomphante dans certains cercles, mais j'avoue être quand même rassuré à l'idée que tous les officiers de la plus puissante armée du monde ne partagent pas ce grotesque point de vue

"Le général Carter Ham commandant la région a devant ces refus décrétés qu'il agirait outrepassant les ordres, les forces us étaient à une heure maxi de Benghazi, il a été mis à la retraite aussitôt."

Ham était au Pentagone durant l'attaque. Il y a aux USA, comme dans toute démocratie moderne, ce concept de "Contrôle civil de l'armée". Cela veut dire que les militaires, aussi gradés soient-ils, obéissent aux ordres du gouvernement civil. Si Ham avait eu l'idée monumentalement stupide de désobéir ouvertement au ministre de la défense alors qu'il était dans la même pièce, il ne se serait pas fait mettre à la retraite d'office: il se serait fait jeter en cellule séance tenante avec passage en cour martiale à la clé.
Et au sujet de la soit disant "mise à la retraite"
Carter Ham a été nommé à la tête des forces US en Afrique en Mars 2012 pour une durée de deux ans, et la procédure veut que le nom de son successeur soit annoncé 6 mois à l'avance. Un blogueur du Washington Times (Rien à voir avec le Washinton Post: le WT est la propriété de la secte Moon et est notoirement connu pour son goût du sensationnel et son peu d'intérêt pour la vérification de ses "news") en a conclu que le général s'était fait virer du jour au lendemain.
Bien entendu, le Pentagone a publié un démentit, et il s'est trouvé que le général Carter Ham n'est pas à la retraite, qu'il n'a pas été viré, et qu'il est toujours à la tête des troupes étasuniennes stationnées en Afrique.

(à suivre)

Laurent Weppe a dit…

(suite et fin)

"Sans compter que tout était suivi en temps réel au pentagone et à la maison blanche, je vais pas vous expliquer les capacités technologiques des us.."

Et il se trouve que les capacités techniques US ne peuvent être déployées qu'avec l'autorisation du pays hôte. C'est à dire que si l'armée US disposait effectivement d'une unité situé à 2 heures de vol de Benghazi, ses avions de transport n'avaient pas l'autorisation de voler dans le ciel Libyen. Je sais, la souveraineté nationale, c'est merveilleux, sauf quand il faut respecter celle des autres.

***

"Ce sont des faits avérés."

Deux mensonges et deux omissions faites dans le but d'induire son lectorat en erreur, et notre intrépide anonyme prétend qu'il s'agit de faits "avéré", comme c'est mignon.

Cela peut paraître amusant ou contrariant, selon l'humeur, mais il faut bien voir que cette manière d'inventer mensonge sur mensonge et de les répéter en prétendant qu'il s'agissait de vérités admises et incontestables a été la base, le cœur et l'âme de la stratégie électorale du parti républicain depuis l'élection d'Obama, et avant cela, par les groupes religieux ultra-conservateurs afin de créer des groupes de fidèles (fidèles donateurs, fidèles électeurs, fidèles serviteurs) dont les membres sont séparées du reste de la société par une barrière dogmatique, et restent ainsi idéologiquement homogène, disciplinée, en un mot: contrôlables.
Il ne faudrait pas s'imaginer que le téméraire anonyme qui commente ici est un cas isolé ou marginal: il incarne là la version francophone de ce qui est devenu la quintessence de l'électeur républicain aux USA.

Laurent Weppe a dit…

Arg: erratum: j'ai écrit "Carter Ham a été nommé à la tête des forces US en Afrique en Mars 2012 pour une durée de deux ans, et la procédure veut que le nom de son successeur soit annoncé 6 mois à l'avance"

En fait, Ham a été nommé en 2011 pour une durée de deux ans: son poste finira donc en mars 2013, d'où la nomination de son successeur

Anonyme a dit…

Un câble marqué « SECRET » et daté du 16 août, résumant une réunion d’urgence organisée la veille par la Mission américaine à Benghazi, explique que le chef officier de sécurité du Département d’Etat pensait que le consulat ne pouvait pas être protégé en cas d’attaque.

« Le RSO (Officier régional de la sécurité) est préoccupé par la capacité de défendre le poste dans le cas d’une attaque coordonnée, en raison du nombre limité de personnel, des capacités en armement, du soutien du pays hôte, et de la taille du consulat », est-il expliqué dans le câble.

Selon les vérifications, le câble a été adressé au Bureau du Secrétaire d’Etat américain Hillary Clinton, et le Comité d’action d’urgence a également été informé « de l’emplacement d’une dizaine de miliciens islamistes, et des camps d’entraînement d’al Qaida à Benghazi … tels que la brigade QFR et Ansar al-Sharia.

Le coup de la souveraineté libyenne pas mal sinon.

Les us se sont bien gardés d'avertir le Pakistan quand ils ont liquidé Ben Laden.
Et en général quand ils décident d'agir ils se passent des permissions.Et ils ont raison.
Idem pour espionner, vous savez les Us comme d'autres espionnent aussi la France et je crois pas qu'ils aient demandé une autorisation spéciale.

Quant aux autorités libyennes !!
De fait la Libye n'existe plus en tant qu'état unitaire, elle est morcelée en diverses zones tribales autonomes.

La mise en cause de la vidéo ? Mais Obama lui même dans un show télévisé de david Letterman a donné cette version peu de temps après.


Au final il y a eu 4 morts dont 1 ambassadeur...

Et ils ont été anbadonnés pendant 7 heures, parce que bon la fiction des forces libyennes, hein bon...

Quant au navy seals comme toutes les unités spéciales ils savent parfaitement maitriser une prise d'otage ou un situation comme celle ci sans tirer dans le tas en faisant des éliminations ciblées.

Ce sont des professionnels pas des rambos

Anonyme a dit…

Bon la dernière sur ce fil, la polèmique était motivante.

Ok on supprime les c'est vrai c'est pas vrai, reste les faits.

le consulat us où se trouve l'ambassadeur est attaqué par des djihadistes d'al quaida, à ce niveau depuis le début tout le monde était au courant l'ex patron de la Cia l'a confirmé depuis.

Or, une bataille au demeurant héroique pour les assiégés a duré 7 heures, les forces us présentent dans la région et en Sicile pouvaient intervenir en 1h maxi pour faire une opération de sauvetage.

Or, rien n'a été fait de concret et résultat 4 morts dont un ambassadeur.
C'est une humiliation et une victoire des terroristes.
Vous pouvez toujours tourner dans les sens le problème à l'arrivée tel est le résultat.


Au minimum c'est de l'incompétence et que le commandant en chef ait des comptes à rendre me parait la moindre des choses.

Bon maintenant c'est vrai l'idée qu'un dirigeant politique rende des comptes est hors de la mentalité française.
Suffit de regarder les réactions des ministres, des maires, je vous rassure toutes tendances, dès qu'il y a un gros problème, un scandale, c'est tout de suite j'étais pas au courant, je n'ai pas été informé, je ne pouvais pas suivre tout, c'est la secrétaire la coupable, etc...
Par contre je vous rassure si un subalterne fait une faute là ils savent le sanctionner lourdement avec leçon de morale à l'appui.

En résumé c'est du c'est pas moi c'est l'autre, sauf que on veut accéder à de grosses responsabilités, derrière faut assurer, c'est çà être un chef.

Donc pour Obama c'est pareil.

Une dernière pour la route, Obama soutient l'offensive israelienne contre Gaza, comme quoi il a pas que des défauts.
Bon y aussi une raison à ça...

Anonyme a dit…

Et je tiens à féliciter M Mottard qui n'a pas censuré.