30 octobre 2012

Des nouvelles des nouvelles (2)




Au mois de juillet, sur ce blog, je vous avais parlé de ce recueil de nouvelles à la fois niçoises et fantastiques que j’étais en train d’écrire.

Aujourd’hui, je suis en mesure de présenter deux nouveaux extraits, preuve que l’ouvrage avance avec cinq histoires au compteur.


            De ce jour, j’étais à moitié mort. Bien sûr, personne ne s’en rendit compte car j’avais les gestes de la vie. Pendant cinq années, je fus un demi-vivant tout à fait fréquentable. Les qualités relationnelles qu’on m’avait toujours reconnues étaient apparemment intactes. Elles étaient même valorisées, on disait de moi : « Quel courage, quand même, après ce qu’il a vécu… » Parfois, le commentaire était plus fielleux : « Il s’est quand même vite remis… » Mais rien ne pouvait m’atteindre car j’étais devenu indifférent aux choses, aux autres, plus rien n’avait d’importance sans Marlène.
            Me retrouver dans la boîte n’est pas traumatisant car il y a bien longtemps que j’ai fait la moitié du chemin. (Colomars, l'amour, la mort)


            La vie n’avait pas été facile pour Mauricette depuis la mort de son mari, victime d’un accident du travail dès l’ouverture de l’usine de construction de chariots élévateurs construite sur la Prospect Lénine (ex « Promenade des Anglais ») lors du premier plan quinquennal.
            Il est vrai qu’à l’époque, on s’était moins intéressé aux dispositifs de sécurité de l’usine qu’à la grosse colère des camarades bulgares qui estimaient que, dans le cadre de la division internationale socialiste du travail, ils avaient le monopole de la production de chariots élévateurs.
            Après quelques réunions houleuses et l’arbitrage du Comecon, la querelle avait été réglée par le jumelage du Mont Vitocha, sur les hauteurs de Sofia, avec la colline du Château de Nice. Cet accord permit chaque année de donner l’occasion à des camarades responsables bulgares de venir reconstituer leur force de travail dans les somptueuses datchas de la Riviera, et chacun fut satisfait de ce gentleman agreement à la sauce internationaliste. (1er mai, Place Maurice Thorez)

23 commentaires:

Antoine a dit…

J'ai hâte de connaitre la suite des aventures.
Bonne fin d'écriture et à bientôt.
Amitiés
Antoine

Claudio a dit…

Bien que ma lecture de tous tes bouquins soit acquise d'avance, ce dernier extrait me fait saliver d'avance. J'ai hâte de découvrir la "Prospect Lénine" et son univers !

Emmanuel a dit…

J'ai oublié de signer mon message précédent...

Patrick Mottard a dit…

Emmanuel, non seulement tu as oublié de signer ton message précédent, mais tu ne l'as pas envoyé...

Emmanuel a dit…

Désolé, j'ai du faire une mauvaise manip...
Je disais en substance que la Bulgarie était pour nous un pays bien méconnu.
Des Bulgares à Nice et pourquoi pas des Russes tant qu'on y est!
A part les yaourts et Sylvie Vartan, il y a bien peu de choses de ce pays que nous connaissons.
Pour autant, ces clichés désolants ne doivent pas nous faire oublier que ce pays fait parti de l'UE depuis bientot au moins dix ans.
Il est bien dommage qu'il reste encore pour nous si méconnu, c'est certainement un des symptomes de ce désamour pour l'Europe, comme ils disent.
Comme disait l'autre, bien toujours vivant pour moi, la France est notre patrie et l'Europe notre avenir...

Penelope a dit…

comment choisissez vous les prénoms de vos personages ?

Stéphane a dit…

Oui, on a hâte effectivement de disposer du texte intégral. D'autant que j'aime beaucoup le format de la nouvelle. Très bonne continuation et inspiration. Bien à toi.

Anonyme a dit…

Reste à nous donner des "nouvelles" de la Gare du Sud et de son train des Pignes, de la Fontaine de Gairaut et son lieu de repos (???), de la plaine du var et de son grenier et puis......peu importe mais avec envie.
AlexandreR

Marianne ClaireObscure a dit…

Très impatiente de les lire :)

Patrick Mottard a dit…

Manu je suis un bulgarophile convaincu...la preuve? j'ai une martenitza accrochée au volant de ma voiture depuis des années...
Claudio tu vas aimer car il est aussi question du stade Youri Gagarine et du Goum place Maurice Thorez...
Penelope ma réponse est...avec soin et diplomatie !
Alexandre le héros de la 5 ème nouvelle se nomme ...Alexandre! et dans les autres on visite les coins que tu proposes,mais ils sont devenus un peu fantastique !
merci à Marianne, Antoine et Stéphane les encouragements on en a tjs besoin !

Les Brouillons de Cendrillon a dit…

Oh ! Mais poussez-vous ! Laissez-moi passer, grrr... avec ma jupe à volants, oh, je n'arrive pas à entrer ! Comment dix commentaires sans moi ?
Des nouvelles des nouvelles ! Juste ciel !
Ah enfin voilà...une petite place.

Oui, alors, moi, quand je lis une nouvelle, je m'évade très vite, car j'attends la fin avec impatience. Quand je m'en rends compte je me détends... En fait je les savoure comme des friandises que je découvre pour la première fois. Avec beaucoup de curiosité hâtive..
J'aime beaucoup ces extraits ! Ceux sont des "zestes" de nouvelles très prometteuses (-.-)

Anonyme a dit…

Et bien sûr,Patrick ;
"Toute ressemblance avec des personnes ou des situations existantes ou ayant existé ne saurait être que fortuite".Mince, dommage.
AlexandreR

helyette a dit…

Comme toujours tu nous mets l'eau à
la bouche,mais fichtre que c'est frustrant de lire des extraits...
Le jour de la dédicace,je suis sûre que certains ne vont pas attendre d'être bien au chaud pour découvrir ton livre.Dans le bus,le tram,ou à pied,ton livre va susciter notre curiosité..
Il nous reste plus qu'a patienter..

Anonyme a dit…

La martenitza dans la Juke, la classe !

Les Brouillons de Cendrillon a dit…

Bonjour à tous !
C'est quoi au juste une martenitza?
merci :-)

Anonyme a dit…

Patrick ; Et si tu faisais, tu y as certainement déjà pensé, des "nouvelles" à partir des différents posts de ton blog.
AlexandreR

bernard gaignier a dit…

Patrick, depuis le temps que je te demande des nouvelles!

Bon j'ai quand même hâte de voir ce que ça donne. J'aimerai bien une nouvelle fois faire don de mon organe (vocal bien sur!)sur un de tes textes....

En attendant, s'il en est qui veulent entendre ou réentendre Fragments de Nice je le redonne (avec Peggy bien sur) à Valbonne les 16 et 17 novembre.

Le Mouton Enragé a dit…

Quitte à parler de ce que je ne connais pas, autant essayer d'aider mon prochain tout en m'épargnant une attente indéfinie avant de lire ces histoires en entier.
Un truc passe pour être très efficace contre les multiples parasites de la vie d'un auteur -à savoir tout ce qui ne concerne pas son manuscrit.
Ce truc, c'est... la deadline! Publique et impérative s'entend, sous peine de finir enseveli sous les lazzi de la populace et les tomates pas fraîches.
Alors, ce point final, c'est pour quand déjà? :)

Cléo a dit…

Je veux voir Bernard en Bulgare ou en maurice Thorez, ou, à défaut, faisant seulement les gestes de la vie. Pour accomplir cela, ne faudrait-il pas s'inspirer de Romy dans Cesar et Rosalie? Evocation d'une scène dans laquelle Montant attend dans un café que sami Frey
se décide à l'accompagner afin que sa femme ne demeure pas une demi-vivante?

Le Mouton Enragé a dit…

Quitte à parler de ce que je ne connais pas, autant essayer d'aider mon prochain tout en m'épargnant une attente indéfinie pour lire ces histoires en entier.
Un truc passe pour être très efficace contre les multiples parasites de la vie d'un auteur -autrement dit tout ce qui ne concerne pas son manuscrit.
Ce truc, c'est... la deadline! Publique et impérative s'entend, sous peine de finir enseveli sous les lazzi de la populace et les tomates pas fraîches.
Alors, ce point final, c'est pour quand déjà? :)

Anonyme a dit…

@bernard
à quand un sketch comique avec des jeux de mots marrants en compagnie de Manu... ?
Patrick risque de s'arracher les cheveux mais tant pis ! je pose la question...
M.T

Les Brouillons de Cendrillon a dit…

Grâce à ces "fragments" de nouvelles, j'ai relu "Frangments de Nice" (enfin presque...)
voir mon blog (j'ai un peu peur des tomates pas fraîches de Mouton...)

Le Mouton Enragé a dit…

@Cendrillon
Il ne faut pas: je les garde pour les auteurs qui éprouvent cruellement ma patience et ma curiosité en m'empêchant de lire leurs histoires en entier.
Très sympathique ce "Brouillon", au fait! (Et 3 tomates de plus pour PM: ça m'a donné encore plus envie de lire les nouvelles suivantes...)