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02 décembre 2008

On n’est jamais si bien trahi que par les siens…

Le Tuyo, 26 novembre 2008, article de Jérôme Guidi

Si ce blog n’a jamais eu, à l’instar de celui de la Conseillère générale du 7e canton, les honneurs de la presse nationale, il est parfois repris par la presse régionale. Les sites et les blogs utilisent encore plus fréquemment mes posts, en fonction de l’actualité.

Par conséquent, la reprise de mon billet, « Sa petite entreprise ne connaît pas la crise » - commentaire libre sur la nouvelle élection de Patrick Allemand à la tête de la Fédération du PS 06 – par le nouveau site d’informations niçois Le Tuyo n’était pas un événement en soi. Et cela, même si l’article, qui reprenait de larges extraits de mon post, était publié à la une avec un titre fracassant : « Le retour cinglant de Mottard, l’anti-Allemand »… Bigre !

Par contre, ce qui est beaucoup plus surprenant, c’est que cet article, somme toute relativement confidentiel (car Le Tuyo est un site récent), s’est retrouvé en première page… de la Revue de presse du Conseil régional.

Quand je vous le disais : Patrick Allemand ne compte que des amis à la Région…

22 novembre 2008

Sa petite entreprise ne connaît pas la crise

Au moment où la tragi-comédie nationale prend des allures de métaphore de l’impuissance de ce parti que nous avons tant aimé, tout est calme au niveau fédéral dans les Alpes-Maritimes : seul candidat à sa propre succession, Patrick Allemand a été réélu (60% d’abstentions et 30% de votes blancs et nuls quand même…). Circulez, il n’y a rien à voir !

En fait, il y a tout lieu d’être étonné par un tel résultat.

Comment se fait-il que celui qui est critiqué – souvent en termes violents – dans les couloirs de Biscarra et même ceux de la Région a été réélu ?

Comment se fait-il que celui qui est responsable du désastre de la Municipale de Nice a été réélu ?

Comment se fait-il que celui qui a présidé une Fédération dont les effectifs ont été réduits plus que de moitié a été réélu ?

Comment se fait-il que celui qui a menti dans « l’affaire » des Municipales de La Trinité a été réélu ?

Comment se fait-il que celui qui est à l’origine de l’exclusion de militants emblématiques comme Simone Figuet, Lucien Fouques, Jacky Delahaye, Bernard Paquin ou encore Maurice Winnykamen a été réélu ?

Comment se fait-il que celui dont la langue de bois exaspère la presse et la société civile a été réélu ?

Comment se fait-il que celui qui a été désavoué par celle-là même (Sophie Duez) dont il avait fait un symbole d’ouverture a été réélu ?

Comment se fait-il que celui qui est régulièrement humilié par Michel Vauzelle qui désormais traite des affaires de Nice et des Alpes-Maritimes directement avec Christian Estrosi a été réélu ?


Les questions sont multiples, mais la réponse est simple : parce que Patrick Allemand est Vice-président de la Région PACA.

Avec ses collaborateurs souvent salariés, il quadrille Fédération et sections. Chacun a sa place. Il y a ceux qui constituent sa garde rapprochée et qui jouent les rabatteurs. Il y a ceux qui font semblant de garder quelque distance pour mieux intervenir au cas où… Lors des deux derniers Congrès, Patrick Allemand était politiquement battu après le vote des motions. Le candidat qui lui était opposé devait l’emporter : par deux fois, la trahison d’un salarié de la Région a permis l’élection du Patron.

Plus indirectement, les effectifs des sections qui lui sont favorables sont largement composés d’adhérents d’associations ayant un lien avec la Région. Rien d’illégal dans tout cela, mais un solide manquement à l’éthique. Dans les assemblées de la République, les élus ne participent pas aux votes concernant une structure dans laquelle ils sont impliqués. Au PS 06, on n’a pas cette pudeur.

Je garde toujours en mémoire l’exemple bien triste d’un camarade pourtant expérimenté mais en grande difficulté professionnelle qui, d’opposant virulent, est devenu un fan hystérique du Premier secrétaire après avoir eu sa promesse d’embauche à la Région. Je ne lui en veux pas personnellement – il faut bien vivre – mais tout cela traduit un climat délétère.

On pourrait parler aussi des très nombreuses cotisations payées en liquide ou par chèque global pour de multiples adhérents, de l’organisation baroque de l’antenne régionale (la justice elle-même s'y intéresserait...) et de bien d’autres choses.

Mais rien ne changera tant que Patrick Allemand restera premier Vice-président de la Région parce que c’est la source même de son pouvoir. C’est donc à Michel Vauzelle de trouver la bonne solution pour stopper l’hémorragie car, après tout, les élections régionales vont arriver très vite….

16 novembre 2008

Martine contre Mary Poppins et le Bébé requin


Vendredi, un éditorialiste de Libération écrivait : « Finalement, changer de leader au PS c’est un peu comme changer de transat sur le Titanic ».

Le spectacle offert par le Congrès de Reims lui donne en grande partie raison. Même si on peut penser – et c’est mon cas – que la compétence du capitaine peut encore permettre d’adoucir le choc contre l’iceberg. Le devenir du grand parti d’opposition est suffisamment important dans une démocratie pour qu’on puisse espérer jusqu’au bout éviter le pire.

C’est que, si je me suis couché quelque peu atterré samedi soir avec la perspective d’une mauvaise série B « Mary Poppins contre le Bébé requin », dimanche matin fut moins sombre avec la candidature de Martine.

En effet, même si la tentation est grande de renvoyer tout le monde dos à dos, il ne faut pas y céder. Un examen un peu apaisé de la situation permet de noter que les trois candidatures ne sont pas équivalentes.

Prenons Royal : même si on a le sentiment que tout a été dit sur elle, ses méthodes, sa bossa nova idéologique entre l’ordre juste et la défense des humiliés, il faut bien admettre qu’elle incarne une drôle de rénovation. Elle doit sa pôle position, après le vote des militants, à l’énorme Fédération des Bouches-du-Rhône (73% des voix), une structure si démocratique qu’au lendemain du vote elle ne pensait qu’à dissoudre ou fusionner avec des bien-pensants les sections qui n’avaient pas voté Royal. Guérini, le tout puissant patron de la Fédération des Bouches-du-Rhône, entamant le grand air de la rénovation, c’est un peu « Les tontons flingueurs » piquant le répertoire de Chantal Goya pour faire une comédie musicale ! Que dire aussi du soutien de la Fédération de l’Hérault et de son parrain exclu Georges Frêche à qui l’on a promis la réintégration au cas où… Là, ce serait plutôt « Le retour de Freddy ». Que dire enfin de la Fédération des Alpes-Maritimes, largement royaliste, avec un Patrick Allemand en défenseur des militants contre… l’appareil ! Sans parler de Nice, on doit rire jaune – ou rose – du côté de La Trinité.

Hamon, quant à lui, grâce au fait qu’il est relativement peu connu, jouit d’une image assez positive dans la presse. En fait, il ne gagne pas à être connu. Des syndicats étudiants aux cabinets ministériels en passant par le MJS, Hamon est un apparatchik depuis l’époque de la blédine. Il a prospéré d’un appareil à l’autre sans jamais réussir à se faire élire dans une circonscription. Il est donc député au Parlement européen de Strasbourg, le refuge de ses semblables qui se font élire sur une liste sélectionnée par leurs pairs. Ce jeune homme a par ailleurs une conception assez particulière de la démocratie. On s’en souvient encore dans les Alpes-Maritimes quand il avait désigné seul, depuis Paris, le représentant de sa motion (Yann Librati) contre la volonté de l’immense majorité des militants locaux.

Reste Martine. Elle n’a pas que des qualités. Elle a fait preuve de faiblesse vis-à-vis des islamistes en acceptant le principe de non mixité dans des piscines de sa ville, sa position à l’égard du MoDem (oui à Lille, non à Paris) est tout sauf lisible, ses soutiens sont hétérogènes, notamment sur l’Europe où nonistes et ouistes font semblant d’être d’accord.

Mais quand même… Elle est issue de ces Fédérations du nord de la France où le militantisme socialiste a encore un sens (j’ai un souvenir ému des Congrès de Lille et de Liévin), elle a fait de Lille un laboratoire municipal qu’on cite en exemple. Elle a pour elle un passé ministériel où elle a démontré qu’on pouvait être à la fois gestionnaire et socialiste, responsable et fidèle à son idéal de progrès social. Enfin, elle s’appelle Delors : ça n’a rien à voir, mais en tant qu’Européen convaincu, j’aime cela !

Disons qu’avec elle la situation restera grave, mais ne sera plus tout à fait désespérée. A jeudi.

08 novembre 2008

Les images d’Epinal du PS

Redescendre du Mont Washington pour les terrasses de Solferino, celles-là mêmes où paradait au soir de sa défaite aux Présidentielles la candidate du PS, n’est pas un exercice aisé. Mais tentons l’aventure…

En effet, dans la soirée de jeudi, le PS a voté. Ce qui a donné l’occasion à la presse française, pourtant globalement circonspecte, de nous offrir toute une série d’images d’Epinal sur l’événement.

Pour elle, les militants du PS ont choisi entre quatre orientations politiques. Ils ont créé la surprise en plaçant Ségolène Royal,la candidate de la rénovation, devant les candidats de l’appareil du vieux Parti. Elle va donc pouvoir organiser autour d’elle une majorité permettant au PS de redevenir le grand parti d’opposition national.

Une telle lecture appelle quelques observations :

- Sur les quatre orientations politiques
Bien malin est celui qui pouvait véritablement différencier sur le fond ces quatre textes (*) qui ont peu de chances de se retrouver un jour au Panthéon de la littérature politique. Le choix des militants s’est donc fait sur d’autres critères.

- Sur la notion même de choix des militants
Ce choix, on le sait tous (et dans les Alpes-Maritimes nous ne sommes pas à la traîne) est souvent en fait un acte de clientélisme, un renvoi d’ascenseur à un élu, parfois même à un patron. Sinon, comment expliquer les 73% quasiment tunisiens réalisés par Royal dans la Fédération des Bouches-du-Rhône ? Ou les 100% royalistes dans la célébrissime section de l’Ariane ? En réalité, ce phénomène, qui a toujours existé, s’est aggravé ces dernières années avec les nombreux succès locaux du PS dans le pays.

- Sur la rénovation « royaliste »
Sans les Bouches-du-Rhône, Ségolène Royal ne serait pas arrivé en tête de la compétition. Or, cette Fédération, c’est le Jurassic Park du PS, l’archétype de l’archaïsme politique. Et les raisons de son soutien étant rarement idéologiques, il y aura, n’en doutons pas, une exigence de retour sur investissement…

- Sur la constitution d’une nouvelle majorité autour de la «rénovation»
L’éclatement du PS en quatre tendances (qui, on l’a compris, sont autant d’écuries présidentielles) à peu près équivalentes condamne celui qui « dirigera » à d’invraisemblables contorsions d’appareils. Royal, Delanoë, Aubry, et DSK en embuscade : il y a désormais au moins quatre candidats pour les prochaines présidentielles et c’est autour de cette compétition que se dessinera l’avenir pas très rose du Parti.

Conclusion : Epinal ne sauvera pas Solferino. Après ce vote, les mâchoires Besancenot et Bayrou du piège électoral se sont un peu plus refermées sur un PS en bien mauvaise posture.

(*) Dominique a essayé, sans a priori, de réaliser un comparatif entre les textes. Elle y a finalement renoncé.

Pour une analyse locale voir le billet d'Henri Cottalorda : Triste constat.

25 septembre 2008

Le Congrès de François et d’Olivier



Nous l’avions prévu : aucun Chat botté n’a miraculeusement surgi et, du coup, Blanche Neige et les sept nains ont accouché de six motions. Si on retire celles qui ont le statut de caution démocratique, c’est un quatre majeur qui va donc s’affronter jusqu’à Reims.

Revue d’effectifs.

La motion Delanoé
A l’image de son supporter numéro 1, François Hollande, ce sera celle de la continuité. Il s’agit de maintenir plus ou moins intact l’appareil au service d’une ambition. Cette ambition, c’est celle de Bertrand Delanoé, habile maire de Paris, mais prétendant sans expérience d’Etat. Sur le fond, le conservatisme domine et pas de véritable projet susceptible de susciter l’enthousiasme (union de la gauche for ever, surtout pas de primaires véritables…). Delanoé rêve de devenir un nouveau Jospin, il risque d’être un second Hollande.

La motion Royal
Pour quelqu’un qui veut contourner le Parti, s’allier avec ceux – les grands barons – qui veulent le balkaniser n’est pas illogique… à condition de tenir les rênes de l’attelage ! Ce qui est loin d’être le cas. De toute façon, il ne suffit pas de vouloir changer le Parti avec la foi d’une télé évangéliste, il faut encore savoir pourquoi. Malgré quelques propositions novatrices (alliances au-delà de la gauche classique, primaires ouvertes…), on cherche là aussi un véritable projet. Et puis Ségolène Royal est-elle présidentiable ? L’a-t-elle été un jour ?

La motion Aubry
Martine soutenue par Fabius et DSK, c’est incontestablement la motion des présidentiables. Est-elle celle de la cohérence ? Il est permis d’en douter. L’alliance de la fille de Delors et du leader du Non mérite une vraie clarification idéologique. Cela dit, Martine Aubry a une vraie expérience d’Etat et n’est pas sans qualités, même si on peut avoir quelques doutes sur son attachement à la laïcité.

La motion Hamon
Que la gauche du Parti, généralement critique vis-à-vis de l’appareil, se choisisse comme leader un apparatchik qui a découvert sa vocation dans son bol de blédine, un stratège de couloir incapable de se faire élire dans une circonscription, me laisse pantois. En fait, la gauche du Parti (qui compte pourtant de vrais talents, comme Marie-Noëlle Lienemann, par exemple) gère son fonds de commerce. Il s’agit de faire le catalogue des promesses non tenues par le PS depuis dix ans et d’attendre son contingent de places, d’investitures et, peut-être un jour, de portefeuilles ministériels.

En fait, une fois de plus, l’appareil apparaît pour ce qu’il est : une magnifique machine à broyer les talents. Ainsi, après Arnaud Montebourg, réduit, après des débuts prometteurs, à un rôle de danseur de tango argentin, c’est au tour de Moscovici, le plus brillant de sa génération, d’aller à Canossa en perdant toute crédibilité.

Tout cela est bien triste quand on est persuadé que la gauche et, plus généralement, la démocratie française ne peuvent se passer d’un grand parti socialiste. Il est affligeant de voir que Sarkozy, pourtant à la ramasse dans tous les sondages, battrait aujourd’hui quasiment à coup sûr n’importe quel candidat socialiste.

Au final, le Congrès de Reims, quel que soit son résultat, ne sera pas celui de Martine, de Bertrand ou de Ségolène, mais plutôt celui de François (Bayrou) et Olivier (Besancenot), qui ont toutes les raisons de se réjouir de voir un PS ainsi paralysé… et un DSK aussi occupé.

07 septembre 2008

Le Congrès s'amuse

La perspective d’une candidature d’André Aschieri à la tête d’une liste de rassemblement de la gauche suscite enthousiasme et espoir. Dernier élu à soutenir cette initiative : Jean-Raymond Vinciguerra, spécialiste de l’environnement et conseiller général de Grasse sud, apparenté au groupe socialiste. L'apport de Jean-Raymond (voir son commentaire sous mon précédent billet, André Aschieri sénateur) est particulièrement important puisqu’il est complété par l’esquisse d’un projet de plate-forme programmatique pour notre département.

Seul le Premier secrétaire fédéral du PS semble traîner les pieds. Au lendemain de l’annonce de Gérard Piel, on lui doit même ce commentaire particulièrement politicien : « Je suis sensible au souci du PC de rassembler la gauche, à condition que ce ne soit pas une cause de division du parti socialiste principale force de gauche du département ». Traduction : « La candidature d’Aschieri est bonne pour rassembler la gauche, mais nous sommes en période de congrès et je ne veux fâcher personne si je tiens à être réélu Premier secrétaire fédéral… »

Une fois de plus, les stratégies internes et le poids de l’appareil l’emportent sur l’intérêt général de la gauche et donc de nos populations.

Fait significatif : au lieu de réunir en urgence les instances du PS 06 pour discuter de la situation actuelle, les principaux responsables locaux ont préféré participer à une réunion de tendance « préparant » le prochain congrès.

On le voit, de La Rochelle à Biscarra, le Congrès s’amuse. Espérons toutefois que la raison finira quand même par l’emporter car Biscarra ne peut se permettre, après le fiasco des Municipales et l’éclatement de la représentation de la liste Changer d’ère à propos du vote sur la Communauté urbaine, de programmer un autre désastre.

04 septembre 2008

Blanche Neige et les sept nains...



« Aimez-vous les uns les autres ou disparaissez » : c’est après cette imprécation que Blanche Neige quitta l’Université d’été des socialistes, laissant le champ libre aux nains dont on n’est pas très sûr qu’ils n’étaient que sept, mais dont on est certain qu’ils étaient tous grincheux.

Le moins que l’on puisse dire, en effet, est qu’il n’y a pas grand-chose à retenir de cette pantalonnade digne de feu « Au théâtre ce soir ». Il et vrai – Moscovici dixit – qu’en parallèle, les débats animés par les militants étaient de grande qualité. Mais leur a-t-on dit que ces débats ne servent à rien ?

Le PS, on le sait depuis 2002, ne pourrait être crédible comme force d’alternance (et non de remplacement) qu’en étant rassemblé autour d’une personnalité capable de créer une dynamique, d’incarner un projet, tout en assumant l’indispensable aggiornamiento idéologique que les socialistes français ont tant de mal à prononcer.

Or, depuis la primaire qui a évincé DSK et Fabius, deux authentiques hommes d’Etat, on ne voit rien venir. Seule, peut-être, Martine Aubry a l’épaisseur politique et le CV ministériel pour endosser ces habits-là. Mais elle manque singulièrement de charisme et de troupes. Sans parler de ses positions inquiétantes en matière de laïcité quand, par exemple, elle autorise les piscines réservées aux femmes dans sa ville.

A moins qu’un Chat Botté socialiste ne surgisse miraculeusement d’ici le Congrès de Reims, on voit mal comment les deux mâchoires du piège électoral (Bayrou et Besancenot of course) pourraient ne pas se refermer sur ce qui a été, il n’y a pas si longtemps, le parti de François Mitterrand,Michel Rocard, Jacques Delors et Lionel Jospin.