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30 juin 2012

Le temps des mémoires





 La dernière quinzaine de juin est traditionnellement pour moi le temps des mémoires, c’est-à-dire celui où je participe à de nombreux jurys pour évaluer, avec un autre collègue, les mémoires écrits par nos étudiants. Cette année la récolte fut abondante avec les travaux de deux étudiants de la licence franco-allemande, diplôme binational délivré pour la France à Nice, et ceux de quinze étudiants de Master 1 Infocom, filière spécialisée dans la Culture et la Communication, où j’effectue une partie de mon service. A raison de 100 à 150 pages par volume la tâche est rude mais ces lectures sont toujours intéressantes, parfois passionnantes. C’est un exercice que j’apprécie également car il permet un échange intellectuel furtif mais sympa avec un(e) collègue qu’on ne fait que croiser le reste de l’année. Enfin, il y a le plaisir d’accompagner un(e) étudiant(e) dans sa première recherche qui est aussi souvent son premier travail vraiment créatif.

Cette année, bien sûr, je donnerai une mention spéciale aux deux étudiantes allemandes Kerstin B. et Katrin F. pour leurs études comparatives, la première sur la laïcité, la seconde sur l’organisation du temps de travail. Deux réflexions iconoclastes qui démontrent la supériorité de la définition française de la laïcité pour affronter les défis de l’immigration et les limites sociales du modèle économique allemand tellement admiré dans notre pays. Deux mémoires que j’ai eu le plaisir de diriger pendant toute l’année et qui ont obtenu la note de 18/20. Nous allons d’ailleurs présenter ces travaux à un concours des meilleurs mémoires organisé par l’Union Européenne.

Coté Infocom, j’ai évidemment apprécié les écrits des trois étudiants qui ont travaillé sous la direction de Cristel Taillibert, notre Madame Cinéma. Avec Charles K., nous avons revisité le drame d’Ouvéa à travers le film de Mathieu Kassovitz L’ordre et la morale. Anne-Charlotte A., elle, nous a entraîné du côté de l’American dream vu par les « teens movies » (une occasion d’évoquer l’excellent mais roublard Juno). Quant à Liza P., elle nous a permis d’ausculter l’école républicaine à travers le cinéma contemporain français (l’incontournable Entre les murs par exemple). Disons que le bulletin de santé est plutôt alarmant. A la clé, un double 16/20 pour Anne-Charlotte et Liza.

Avec ma collègue Sylvie Parrini-Alemanno, spécialiste de la communication des organisations, j’ai participé au jury de mémoires assez techniques, mais où j’ai appris beaucoup de choses sur la vie des entreprises. Ce fut le cas avec El hadji Arona D., Elena M., Bakary W., mais aussi Savéria C. qui nous a parlé du déficit d’image des EHPAD, un sujet qui ne pouvait qu’interpeller le conseiller général que je suis. Le maillot jaune de ce petit peloton fut Julie V. qui, après nous avoir présenté fort pédagogiquement « Les nouveaux enjeux de la communication interne aux entreprises », s’est vue attribuer la note de 16/20.

Toujours avec Sylvie, Charlotte M. nous a présenté un travail sur « La génération Y » (un coup de vieux pour les profs !) et Kelly R., que j’ai eu le plaisir de diriger également pendant l’année, a fait une belle synthèse de la notion un peu floue de médiation culturelle avec des exemples de terrain comme « Mars aux musées » ou le CIAC de Carros.

Avec Paul Rasse, ce fut une remarquable réflexion sur l’ethnicité et les ambiguïtés de la notion d’« ivoirité » (Néné Gallé K.) et une autre sur le mouvement « graffiti » (Adrien L., encore un coup de vieux !)

Avec Nicolas Pelissier, un seul mémoire nous a réunis. Celui de Ridha B. sur les chaînes TV développées par les clubs de football (l’animateur de l’émission foot de Fréquence K ne pouvait qu’être à l’aise avec un pareil sujet).

Enfin, avec Francine Boileau, Madame développement durable de la filière, nous avons exploré les mystères du journal municipal d’une mairie du 8-3 sous l’angle de l’environnement (Clémentine H.) avant de nous intéresser à l’analyse très précise faite par Audrey S. de la communication de la candidate Eva Joly. Un vrai docudrama !

Bon ! Tout cela était fort intéressant mais là, je vais quand même me reposer un peu en me replongeant dans Walking dead !


20 mars 2012

Mars in China



Fang Liu et Nannan Li sont les deux étudiantes chinoises du Master « Médiation et ingénierie culturelle ». Ave Camille, Mélodie et Marie, elles étaient chargées ce lundi d’organiser l’étape du Musée des Arts asiatiques pour Mars aux Musées, intitulée « Le charme du Dragon Chinois ».

A travers les espaces offerts par l’architecture si particulière du bâtiment Kenzo Tange, nous étions prêts pour le grand bond en avant tout en attendant que cent fleurs s’épanouissent. Nous ne fûmes pas déçus.

Musique traditionnelle hypnotisante, séance de maquillage artistique, scènes de l’Opéra de Pékin où les hommes jouent les rôles des femmes… Et surtout, ce fut l’originalité de la soirée des contes, beaucoup de contes.

Pour moi, ce fut l’occasion de tout savoir sur le dragon chinois, un animal singulier qui adore faire l’intéressant en crachant du feu mais qui est au final un peu trouillard (la vue du sang le fait tourner de l’œil, d’où l’omniprésence du rouge dans la tradition chinoise pour le faire fuir) et pas toujours fute-fute (un tout petit singe peut le faire tourner en bourrique…). Avec, en prime, une révélation : ce cracheur de feu vit au fond des océans et des lacs comme un vulgaire Nessie.

Au final, deux heures de promenade en Chine éternelle avec un public nombreux mais forcément zen. Mon calendrier d’élu et de prof ne me permettant pas d’autres escapades dans le cadre de Mars aux Musées, c’est un peu tristement que je traverse la vaste et déserte esplanade de l’Arenas pour retrouver ma voiture après avoir une dernière fois félicité la Présidente, Salomé Klein, pour toutes ces belles soirées.

P.S. Le hasard de mes disponibilités et de la programmation ne m’ont pas permis de citer Ivan, Laetitia, Flavien, Brigitte, Adrian, Marie-Nicole, Elise, Nicolas et Lamia. Ils méritent également toutes mes félicitations car ils font, au jour le jour, de ce Mars aux Musées 2012, un grand cru. La Ville de Nice et l’Université leur doivent beaucoup. Je ne suis pas toujours sûr qu’elles en aient conscience.


18 mars 2012

Quand Mars inspire la lusophonie…



Alors que Mars aux Musées a désormais pris sa vitesse de croisière, la traditionnelle Semaine du cinéma lusophone déboule dans le paysage culturel niçois.

L’Université – étudiants et enseignants – étant très présente dans les deux manifestations, je me suis fait un devoir et un plaisir d’être présent, ce qui donnera un début de week-end plutôt bien rempli.

Vendredi 18 heures : MAMAC

Mars aux Musées a choisi de nous rappeler – ou de nous apprendre – qu’Yves Klein fut un très grand… judoka. Son fameux bleu et ses monochromes seraient ainsi une sorte de déclinaison artistique de sa judo attitude. Cela donnera une soirée très spéciale au MAMAC avec étudiants organisateurs en kimono, spectateurs dûment équipés d’un bandeau façon karateka et une belle médiation autour des œuvres du maître et celles de ses copains de l’école de Nice, avec la « dream team » Audrey, Clara, Lisa et Benjamin. Le clou de la sirée sera la démonstration des judokas coachés par Rémi Gaechter, mon ami conseiller municipal vert « autrement ». Simultanément, des textes du maître étaient lus par Anne-Claire et Laura qui, il faut bien le dire, ont eu du mérite. En effet, du Klein, c’est un peu du Dali sans l’humour, à croire qu’au sommet de sa gloire le judoka avait un peu « le melon »… Une belle idée pour une belle soirée qui s’achèvera par l’allumage du mur de feu sur la terrasse et sous les étoiles.

Samedi 14 heures : Musée Matisse

Les étudiants nous proposent une déambulation tout à fait originale à travers le musée et l’œuvre de Matisse. Dirigés avec beaucoup de maestria par notre médiatrice Iva et son petit accent made in Belgrade, nous sommes passés de salle en salle accompagnés d’une danseuse et d’une étrange dame brune qui pratique l’onomatopée chantante (Charlène Martin). Le résultat fut insolite, parfois dérangeant, mais prompt à redonner un peu de mystère à ce Musée Matisse qu’on peut juger parfois un peu trop fonctionnel.

Samedi 16 heures : MUSEAAV

C’est dans le bric-à-brac artistique du musée de la place Garibaldi que le Président Pedro de Nobrega (oui, le copain du CG !) lance la 14e édition du Festival de cinéma lusophone. Mais, une fois de plus, l’énoncé du programme, avec danse, musique, gastronomie…, démontre que c’est à un véritable festival de cette culture lusophone si présente dans notre ville que nous sommes conviés. Cette année encore, un pays de la vieille Europe, le Portugal, un pays émergeant, le Brésil, et un jeune pays du Sud, le Cap-Vert, seront à l’honneur avec leurs diasporas niçoises pour célébrer cette culture à la fois si éloignée et si proche de la nôtre (voir, sur ce blog, Nous sommes tous des lusophones).

Cette après-midi, il s’agissait d’applaudir deux troupes de danseurs du Nord du Portugal… mais résidant à Nice, avant de trinquer avec un petit verre de Vino verde.

Pour la suite, il ne me reste plus qu’à trouver un peu de place dans mon planning hélas surchargé pour assister à l’animation organisée par mes étudiants de LEA et à la projection d’un ou deux de ces films brésiliens que j’aime tant.

30 novembre 2011

Ana Sofia, Anastasia, Anna et Hobi se sont engagées



 Il y a quelques semaines, Hobi, étudiante malgache en L3 - LEA (3e année de licence, Langues étrangères appliquées), a une idée : installer un stand de l’UNICEF dans le hall de la Faculté des Lettres pour sensibiliser les étudiants à la condition des enfants dans le monde tout en recueillant des fonds pour l’organisation internationale en profitant des fêtes de fin d’année. Ana Sofia, niçoise de Nice Nord, va vite être convaincue par le projet de sa copine d’amphi et devenir la porte-parole du groupe en sensibilisant avec pédagogie les amphis. Puis Anna, la Slovaque de Kosice (voir mon billet « Le beau Danube est bleu ») et Anastasia, originaire d’une petite ville à l’est de Moscou, ont rapidement complété l’équipe.

Les quatre sont mes étudiantes et je suis très fier d’elles. En effet, j’en ai plus qu’assez des « contes de Noël » frelatés que les médias nous vendent en période des fêtes (voir le billet de Dominique « Je ne crois plus au Père Noël »). Une démagogie destinée à donner bonne conscience sur la base de cas individuels et isolés instrumentalisés pour l’occasion.

Je préfère de loin la démarche des ces étudiantes qui, en apportant leur concours à l’action d’une agence de l’ONU, ont préféré privilégier la solidarité à la charité.

Bien sûr, elles ne verront jamais le sourire des enfants qui seront aidés grâce à leurs actions et aux multiples ventes qu’elles vont réaliser d’ici Noël. Et pourtant, ce sont elles qui ont raison en faisant le choix de l’humanisme contre celui de la pleurnicherie médiatisée.

Et même, si le mot n’est plus trop en odeur de sainteté chez les clercs qui font l’opinion, elles méritent notre respect car elles sont engagées. Bravo les filles !


11 mars 2010

Kim fait son Mars à la fac


Après la soirée magique du Palais Lascaris et les étapes, dit-on, très réussies au Musée des arts asiatiques, au Musée d'Histoire Naturelle (avec des fables de La Fontaine  revisitées), au Musée Matisse et à la Villa Arson, mon emploi du temps me permet enfin de rejoindre le "Mars aux Musées" circus...

La fête de ce soir est organisée par deux brillantes étudiantes, Magali et Marie (il y a à peine quelques mois je faisais partie de leur jury de mémoire M1), autour de l'exposition de Kim Boulukos : "Bird dog nesting ground".

Artiste souriante, disponible et pédagogue - qualité plutôt rare dans le milieu - Kim est née à New York mais travaille depuis plusieurs années à Nice. Cette directrice de recherche en biologie moléculaire au CNRS est une sculpteuse qui, tout en utilisant métaux, bois et céramiques, reste une amoureuse de la nature. C'est ainsi qu'elle fabrique d'insolents animaux imaginaires plein de verve et de fantaisie.

Ce soir elle a décidé de nous présenter, sur d'improbables nids en raffia, tout un escadron de "bird dogs", têtes de chiens et ailes d'oiseaux, prêt à prendre son envol. Ces créatures devraient nous effrayer, elles nous apprivoisent. Le public complice circule avec gaité autour des bestioles d'un pied d'autant plus léger qu'il bat la mesure au rythme du jazz band de l'Université réquisitionné pour l'occasion. Du coup, vous avez le sentiment de libérer Paris en compagnie de Glen Miller...

De la beauté, du sens, de l'éclectisme... du bonheur en somme à mettre à l'actif de Mars aux Musée.Une fois de plus.

04 mars 2010

Mars et ça repart…

Photo Marylène

Chaque année les étudiants du Master « Médiation et Ingiénerie Culturelle », dirigé par Paul Rasse et dans le cadre duquel j’enseigne la politique culturelle, organise Mars aux Musées. Pendant un mois, ils animent musées et lieux culturels de la ville avec des événements, des spectacles, des performances.

Au fil des années cette manifestation unique à Nice opère une synthèse particulièrement excitante entre la culture patrimoniale et la culture vivante,mélange joyeusement les genres et les arts et offre une véritable opportunité de médiation aux professionnels de la culture et aux artistes.

Cette année, Anais, Axel, Bei, Cécile, Elodie, Fabienne, Léa, Lérofili, Lucie, Magali, Marie, Marion, Pauline, Romain, Sylvain, Valérie, Yanan, les deux Charlotte et les deux Françoise de la promo nous ont concocté un programme d’enfer authentifié par une soirée inaugurale que je qualifierais de magique.

C’était mercredi soir au Palais Lascaris, le joyau de l’architecture civile baroque du Vieux Nice. Arrivé un peu à l’avance, alors même que la nuit venait d’envahir la cour intérieure du palais, j’ai pu sacrifier au syndrome de Belphégor en me promenant à travers les pièces vides ou presque, le patio, la chapelle, admirant fresques et stucs.

Puis au hasard de mes pérégrinations, je me suis mis à rencontrer richement vêtus, comtesses et marquis : une atmosphère à la Cocteau avec beaucoup de belles et pas une seule bête à l’horizon.

Le meilleur vint ensuite avec la troupe du théâtre de la Semeuse dirigée par Frédéric Rey (encore un de mes anciens étudiants…) qui nous donna, sur le mode itinérant, une petite pièce de comedia de l’arte. Poursuites, fanfaronnades, séduction pataude, bastonnades, tout y était pour le plus grand plaisir des spectateurs arrivés entre temps en grand nombre. Des spectateurs un peu essoufflés car suivre les acteurs survoltés d’un étage à l’autre exigeait une condition physique irréprochable.

Puis encadrant l’inauguration proprement dite – courte et bonne enfant – nous eûmes droit à un  concert de musique baroque et à quelques morceaux de rock joués par les élèves du Conservatoire. Du baroque au rock, il fallait oser. Ils ont osé.

C’est donc parti et de la meilleure façon pour l’édition 2010 qui nous conduira, entre autres, du Musée archéologique au Forum de l’urbanisme, du Musée Matisse à l’Opéra sans oublier le musée des Beaux Arts où j’aurai le plaisir de faire un cours universitaire décentralisé.

Mars aux Musées, pas de doute, c’est intelligent et ludique, ça donne la pêche et en plus tout est gratuit (même les sushis sont offerts au Musée des Arts asiatiques, m’a précisé une des étudiantes chinoises!).

Cela dit, quand je consulte le programme, je constate avec tristesse que mes obligations d’élu et de prof vont me faire manquer de nombreux rendez-vous. Aussi, ma décision est prise : l’année prochaine, je m’inscris dans le Master… comme étudiant!

26 janvier 2010

Cette année "A"...


Pour 2009-2010, mon service universitaire comprend des cours magistraux dispensés aux Premières années LEA et Infocom, soit plus de quatre cents étudiants qui se trouvent être aux trois-quarts des étudiantes nées en 1990. Cette année-là, les parents furent apparemment saisis par la fièvre du "A" puisque la première lettre de l'alphabet est très souvent la dernière lettre du prénom de leur fille.

Résultat des courses, j'enseigne le droit constitutionnel et l'histoire des médias à 8 Laura, 7 Jessica, 5 Alexandra, 4 Maeva et Andréa, 3 Mélissa et Priscilla, 2 Sandra et Laetitia, sans oublier Anouchka, Alina, Alyssia, Ana, Aïda, Amina, Asma, Angelica, Clara, Carina, Cecilia, Cynthia, Divia, Delia, Donaïa, Eolia, Emma, Floria, Fiona, Francesca, Graziella, Gloria, Hoda, Isaora, Julia, Lisa, Lolita, Loubna, Léa, Louisa, Lamia, Lilia, Lara, Marissa, Manuella, Mona, Marina, Nadia, Nouria, Ophélia, Olivia, Paola, Rebecca, Rita, Sabina, Sabrina, Serena, Soumia, Silvia, Soumana, Samia, Sonia, Sanaa, Tara, Tatiana, Tamara, Vanessa, Victoria et Violetta.

A ce bataillon déjà bien fourni, on peut rajouter la quasi totalité des étudiantes slaves, dont les prénoms, comme Ekatarina ou Tsvetonka, se terminent presque toujours par "A".

1990 : cette année-là fut bien, même sans grippe, une année "A" !

26 mars 2009

Mars (aux musées) attacks !

Mars aux Musées et le bleu Klein

Organisé par les étudiants du Master 2 « Ingénierie et médiation culturelle » dirigé par mon collègue Paul Rasse, « Mars aux Musées », cette année, a mis le feu à la culture niçoise qui, reconnaissons-le, en a bien besoin !

Ces étudiants qui, accessoirement et modestement, sont aussi mes étudiants le temps de quelques séminaires, ont organisé avec enthousiasme et professionnalisme cette manifestation unique en France. De l’affiche élégante, ludique et efficace aux événements inattendus, transversaux et… joyeux, ils ont tout imaginé, tout réalisé et tout assumé. Pendant un mois, de Saint-Jean d’Angély au MAMAC, du Palais Lascaris au TNN, en passant par le musée Matisse et le Parc Phœnix, ils ont investi les musées et les lieux de culture de la ville pour les faire vivre, pour les faire vibrer. Tout en mélangeant les genres et les gens.

Pour ma part, après avoir apporté ma contribution sous la forme d’un cours décentralisé à Chagall (c’est un des musts les plus sympas de Mars aux musées : des profs font leurs cours habituels dans un musée !), j’ai picoré ça et là quelques événements, bien peu en fait. Du coup, pour de raisons de disponibilité, je rêve d’un Mars aux Musées… en août !

J’ai quand même assisté au concert du Big Band de l’Université sur le campus Carlone le jour de l’inauguration, au spectacle de danse de la compagnie Rosella Hightower au Musée Chagall – sur les lieux mêmes où, quelques heures auparavant, j‘avais fait cours –, à la balade en tram à la recherche des œuvres qui accompagnent la ligne 1 (avec une mention pour l’étudiante qui a joué du clairon sous les fantaisies byzantines de la Porte Fausse) et à la médiation autour de l’émouvante exposition de Chasse Pot au Musée d’Art naïf…

Bravo à Fleur, Renata, Cyrielle, Damien, Sayhi, Estelle, France, Simone, Alexandre, Sabrina, Pénélope et les autres. Votre enthousiasme au service d’une culture pour tous est tel qu’il bat en brèche le traditionnel pessimisme qui est le mien quand je conclu mon cours de politique culturelle. A cause de vous, je vais être obligé d’en modifier la fin… dès l’année prochaine.

Les médiateurs de Chasse Pot (Musée d'Art naïf)

21 mars 2009

Le cours et le Cantique



Lundi dernier, dans le cadre de l’événement « Mars aux Musées » organisé par les (mes) étudiants du Master 2 « Ingénierie et médiation culturelle », j’ai eu le privilège de faire mon cours hebdomadaire de « Politique culturelle » (de Malraux à Lang…) dans l’auditorium du Musée du Message biblique de Marc Chagall.

Parler, nimbé par la célèbre couleur bleue des vitraux, dans une salle caressée par la religiosité joyeuse du Maître, est euphorisant. Vous n’êtes plus dans un amphi, vous êtes dans une cathédrale. Vous ne faites plus cours, vous prêchez… enfin presque !

Et quel bonheur de filer en douce pendant l’intercours au fond du bâtiment du Message biblique pour plonger dans l’incandescence du Cantique des Cantiques, cette salle circulaire aux peintures rouges dévorées par le feu de la passion. Cette salle presque à l’écart que j’ai si souvent visitée, où j’ai si souvent médité…

Juste pour vérifier que le marié continue, de tableau en tableau, tout en survolant les ghettos biélorusses encore heureux du début du siècle dernier, de murmurer à l’oreille de sa jeune épouse le plus beau et le plus sensuel des textes de la Bible.

(…)
« Tes seins sont comme deux cabris, comme les jumeaux d’une gazelle, qui broutent parmi les anémones.
A la fraîcheur du soir, quand les ombres s’allongent, je compte bien venir à ta montagne de myrrhe et à ta colline d’encens.

Tout en toi est beauté, ma tendre amie et sans aucun défaut.

(…)
C’est que l’amour est aussi fort que la mort, comme la mort aussi la passion vous tient.
Elle est une flamme ardente, elle frappe comme la foudre.

Toute l’eau des océans ne suffirait pas à éteindre le feu de l’amour et toute l’eau des fleuves serait incapable de le noyer.
»

Et là, il m’a bien semblé entendre la jeune femme en blanc murmurer, comme pour ponctuer la déclaration de son époux : « C’est que l’amour est aussi fort que la mort… »

Rassuré, je pouvais retrouver mes M1, Malraux, Lang et même, soyons fou, Christine Albanel !

19 février 2009

Manif des enseignants-chercheurs et laboratoire d’idées


Les jambes endolories par un entraînement matinal un peu sévère, j’ai pris part ce jeudi après-midi à la troisième manifestation des enseignants-chercheurs. La mobilisation reste forte face au mutisme d’un pouvoir hautain et je ne me lasse pas de retrouver, semaine après semaine, autant de collègues d’horizons disciplinaires et politiques si différents.

Cela dit, une fois de plus, on me fait remarquer qu’à l’exception de quelques têtes d’affiches, la présence de la Fédé du PS 06 est plutôt light. Aujourd’hui, je peux répondre car j’ai une explication à cette mobilisation plutôt faiblarde. Un peu par hasard, je suis tombé sur l’organigramme de la Fédé en consultant Internet. Au beau milieu de cet organigramme en forme d’armée mexicaine (cinquante-deux responsables ! A côté, le staff d’Obama semble frappé d’anorexie), on trouve une perle : Biscarra a son « laboratoire d’idées ». Un certain Christian Garnier préside ce laboratoire composé de quatre sous laboratoires et de… dix-sept chercheurs.

Dès lors, il me plaît d’imaginer, un peu à la manière du labo de l’émission Palace, une véritable ruche dans les sous-sols de la Fédération PS où, en blouse blanche et éprouvette à la main, les cinquante-deux responsables cherchent des solutions à la crise au milieu des fumées vertes et des cornues glougloutantes affolées par quelques élixirs mystérieux…

Du coup, ému par cette image, je me suis dit qu’on pouvait bien leur pardonner quelques absences aux manifs…

07 février 2009

AG œcuménique à Valrose


Ça tâtonne, ça cafouille un peu, ça coince parfois, les contradictions apparaissent, l’inorganisation est patente… et pourtant ça avance !

Aujourd’hui à midi, AG historique puisqu’on retrouve tous les campus niçois dans une même salle à Valrose.

Etonnant apprentissage d’une communauté en colère qui veut vivre ensemble en surmontant ses contradictions : enseignants-chercheurs, chercheurs, IATOS, étudiants, juristes, littéraires, scientifiques… tout le caléidoscope universitaire est présent. Du passé faisons table rase, même le représentant de l’Autonome est là.

A l’évidence, le mouvement n’a pas encore atteint sa vitesse de croisière et Dominique ne peut s’empêcher de monter à la tribune pour houspiller l’apparente modération des responsables syndicaux. Peut-être ont-ils tort ? Peut-être ont-ils raison ?

Tout est si nouveau, apprenons ensemble.

Et rendez-vous est pris pour lundi, mardi, mercredi… jusqu’à la victoire de tous avec tous contre les fossoyeurs du service public universitaire.

Sur l'analyse du décret Pécresse voir le blog de Dominique Boy-Mottard et le communiqué intersyndical sur le site de Gauche Autrement.


11 janvier 2009

De la Prom’classic au marathon…



1’ 11’’ de bonheur !

Non, ce n’est pas un remake version courte de l’immortelle chanson de Sylvie Vartan, mais les poussières de temps que j’ai gagnées sur les 10 kilomètres de la Prom’classic par rapport à la mythique édition de 2008.

Pourtant, l’affaire était loin d’être dans le sac : une bronchite tenace avait transformé mes poumons en moteur de Trabant et la solitude était mon lot. C’est que les effets conjugués d’une inscription tardive (Tom), de la gastro (Jean-Claude), des petites bulles d’un anniversaire trop arrosé (Irène) et l’ordinateur défaillant d’un avion (celui qui ramenait de Tananarive une Clotilde qui ratera ainsi le départ d’une petite demi-heure…) ont réduit à ma seul personne légèrement expectorante la représentation de Gauche Autrement. La vérité m’oblige à dire toutefois que, n’écoutant que son courage, Richard s’est engagé dans une expérience « no limit » en m’accompagnant pendant 500 mètres du côté du Négresco !

Cela dit, le coaching physique de Dominique, la présence en course des blogueurs amis (au fait Claudio, 1 à 1… la Belle en 2010 ?) et le fan club de GA à l’arrivée permettront de relativiser la solitude du coureur de fond.

Mais au delà de la minute onze, il y avait surtout l’incroyable sensualité de la courbe de la Baie, la transparence hivernale du ciel d’azur, le rococo bienveillant des façades d’hôtels et, au retour, la neige miraculeusement déposée sur la ligne d’horizon. Malgré l’effort physique, je suis persuadé qu’ils étaient nombreux ceux qui pensaient comme moi, dans leur for intérieur : « Qu’ai-je fait pour mériter autant de beauté ? »

Cela dit, à partir de lundi, il va falloir quitter le monde enchanté de la Prom’classic pour entamer un marathon… Un marathon non pas sportif mais universitaire. En effet, mes chers étudiants, ont produit à peu près 650 copies correspondant aux examens du premier semestre, 650 petits chefs-d’œuvre, je n’en doute pas, mais qu’il va falloir corriger… Heureusement, le café ne fait pas partie de la liste des produits dopants arrêtée par le CIO…

14 octobre 2008

Deux Ouïghours à Carlone



626 étudiants. Ce sont les effectifs qui m’ont été confiés ce premier semestre à l’Université. 626 étudiants que je rencontre depuis un mois dans mes amphis et qui appartiennent aux filières « InfoCom » et LEA de la fac des lettres, des L1… aux M2.

Ayant changé de service à la rentrée, ce sont en quasi-totalité de nouveaux étudiants et, j’ai beau être physionomiste, apprendre à les connaître tous est un sacré boulot.

Mais, une fois encore ce qui me frappe le plus à Carlone, c’est l’extrême diversité de ses amphis. Et notamment le nombre d’étudiants étrangers. Exactement 167 dans mes cours. Ainsi, cette année, ma petite ONU à moi ne regroupe pas moins de… 56 nationalités.

Dans le nombre, il y a bien sûr de nombreux ressortissants de l’UE, qui, par définition, ne sont pas vraiment des étrangers : Bulgarie 14 étudiant(e)s, Italie 13, Portugal 7,Espaghe, Roumanie et Pologne 4, Chypre,Grèce et Slovaquie 2, Grande-Bretagne, Belgique et Allemagne.

Quant aux autres, c’est bien simple, ils viennent des quatre coins de la planète… Qu’on en juge : Maroc 16, Sénégal 14,Chine 8, Russie 7, Turquie 6, Brésil et Burundi 4, Japon, Tunisie,Congo,MAURICE, et Monaco 3, Cap Vert, Biélorussie, Liban, Algérie,Mali,Moldavie et Guinée 2, Ukraine, USA, Azerbaïdjan, Philippines, Bosnie, Pérou, Madagascar, Equateur, Canada, Côte d’Ivoire, Salvador, Venezuela, Comores, Suisse, Egypte, Mauritanie, Vietnam, Niger,Cuba,Colombie,Gabon,Macédoine et Syrie 1.

Pour symboliser cette diversité, il y a cette année deux étudiants, une fille et un garçon, qui viennent de loin. De très loin. Abula et Abulikemu sont… Ouïghours. Citoyens de la République de Chine, ils font partie d’un peuple qui vit dans la province du « Xinjiang » (sur la carte, Sinkiang) appelé aussi le Turkistan oriental. Les Ouïghours, turcophones et musulmans, ont été plusieurs fois indépendants au cours du XXe siècle avant d’être intégrés de force dans la Chine communiste. En 1997, des émeutes réprimées par la police chinoise ont fait plus de 150 morts. Depuis les condamnations politiques à mort sont nombreuses. Le Ouïghourstan est donc en quelque sorte un autre Tibet.

Quoi qu’il en soit Abula et Abulikemu sont désormais étudiants à l’Université de Nice et, à travers leur sourire un peu timide, on peut deviner le destin mal assuré de tout un peuple…

20 novembre 2007

Ne pas tuer le malade

Photo Ange Sorrentino

Services publics et police administrative
(Licence 2 LEA Carlone) et les Droits de l’homme en Europe (Licence 3 IUP Sophia Antipolis) hier, Ve République (Licence 3 LEA) et Institutions européennes (Master 1 LEA) demain : malgré la campagne électorale, je reste universitairement très actif.

C’est donc avant tout comme enseignant que je participe aujourd’hui à la manifestation (et à la grève) pour exprimer mon inquiétude face à la loi Pécresse.

En effet, si je suis le premier à dénoncer une Université gravement malade (paupérisation globale, sous-équipement, sous-encadrement, sélection plus sociale que scientifique…), la réforme qu’on nous impose risque fort de tuer le malade. Sous couvert d’autonomie et de pseudo responsabilisation.

Ainsi, le principe de collégialité dans la gouvernance est clairement remis en cause. Le Président disposera de pouvoirs exorbitants, dont ceux de recruter qui bon lui semble ou d'accorder des primes à certains de ses "employés" (qui ne seront plus des collègues à proprement parler). Les commissions de spécialistes propres à chaque discipline et actuellement chargées de la sélection des candidats aux postes d'enseignants-chercheurs, seront supprimées et remplacées par des commissions ad hoc dont les membres seront nommés par le Président, ce qui conduira immanquablement à une régression tant sur le plan démocratique que scientifique.

Quant à l'autonomie proclamée, c’est avant tout une autonomie de gestion. Elle amènera l'Université à adopter des pratiques purement managériales, parmi lesquelles un recours toujours plus important à la contractualisation des personnels. Cette contractualisation permettra ainsi à des Universités en difficulté budgétaire (bien peu ne le seront pas) de recruter des enseignants-chercheurs pour des contrats courts, de la durée d'un module d'enseignement par exemple. Dans ces conditions, on voit mal comment des enseignants-chercheurs à temps partiel pourraient délivrer un enseignement de qualité. Les étudiants en souffriront, tout comme ils souffriront de l'augmentation inéluctable des frais d'inscription, corollaire de la gestion "nouvelle formule" des Universités. S'il peut paraître légitime d'ouvrir le débat sur la nécessité ou non de sélectionner les étudiants sur des critères académiques, par exemple pour les filières surchargées et n'offrant que peu de débouchés professionnels, il est inacceptable que l'accès au savoir et à la culture soit limité par les ressources des étudiants et de leurs familles.

Enfin, la loi prévoit le financement des Universités par les entreprises, dont les représentants siègeront au Conseil d'Administration. On voit mal comment les Universités pourront, dans ces conditions, décider librement de leur politique scientifique et d'enseignement. Mais la loi a réponse à tout, puisque, de toute façon, le Conseil Scientifique de l'Université verra ses missions réduites comme peau de chagrin.

Comme si cela ne suffisait pas, cette mise au pas s'accompagne de la volonté du gouvernement de ne financer significativement que quelques pôles universitaires en France, en laissant aux autres les premières années d'enseignement jusqu'à la licence seulement.

Qui peut affirmer que Nice, malgré ses nombreux laboratoires scientifiques de pointe, fera à coup sûr partie des cinq ou six grands pôles financés?

C'est pourquoi, quelle que soit l'issue de la réforme, nous devons faire de Nice une véritable ville universitaire et pas seulement une ville avec une Université. C'est justement l'un des axes majeurs de notre réflexion et l'un des points forts de la Charte de Nice Autrement.

23 septembre 2007

A. D. Haine

L’amendement à la loi sur la maîtrise de l’immigration – procédé hypocrite s’il en fut – qui permet le recours à des tests ADN par les candidats au regroupement familial, est scélérat.

Les tests génétiques ne sont traditionnellement autorisés en France qu’à des fins médicales ou de recherche scientifique, ou après une saisine judiciaire. Ils seront désormais l’instrument d’une politique d’immigration restrictive et unilatérale. Cela est inadmissible.

Comme l’affirme le collectif « Sauvons La Recherche », « Les résultats de la Recherche peuvent permettre certains progrès mais aussi des utilisations inacceptables. Il serait aberrant que la loi favorise ces dernières. Pour la communauté scientifique, cela constituerait un détournement dangereux du fruit de leurs travaux qu’elle doit dénoncer » (une pétition est d’ailleurs en ligne qu’avec Dominique nous avons, bien entendu, signée).
Comme juriste, je ne peux pas ne pas rappeler qu’en France, les législateurs successifs ont toujours souligné que le lien de filiation ne pouvait se réduire à cette dimension biologique. Cette analyse revêt toute son importance quand on pense aux enfants adoptés et aux familles recomposées.

Par ailleurs, le droit à vivre en famille, reconnu par la Convention européenne des droits de l’homme, se trouverait de fait considérablement atteint (quand il s’agira de payer 1000 euros pour un test).

Dans cette affaire, le pire réside dans les arguments faux culs avancés dans le débat en faveur des tests.

- D’autres pays utiliseraient ce procédé. Et alors ? De nombreuses législations prohibent l’IVG ou autorisent la peine de mort : sont-elles acceptables pour autant ?

- Le test ADN permettrait de gagner du temps pour les ressortissants des pays dont l’état civil est défaillant. Justifier les pires mesures par la protection des victimes de ces mesures est un grand classique de l’Histoire. Pourtant, n’y avait-il pas là précisément une occasion de donner un peu de substance à cette politique de co-développement (dont on a parlé bien abstraitement pendant la campagne présidentielle) en aidant les pays défaillants à construire une vraie administration ?

Seul point positif dans ce débat révélateur du climat d’hostilité vis-à-vis des étrangers : l’opposition ou, du moins, les réticences de trois ministres et de certains parlementaires de la majorité. Ce qui a abouti à une réforme dont le provisoire est un atout pour la lutte et la mobilisation.

Nice, ville universitaire et de recherche, d’immigration et d’ouverture, se doit de participer à cette mobilisation. C’est pour cela que, symboliquement et concrètement, notre future liste devra faire une place à ces militants de la Recherche qui, à l’instar de SLR, placent l’éthique au cœur du politique.

21 mars 2006

Nice Alpha Canal (niactv.com)


Pour sa deuxième livraison, Nice Alpha Canal consacre son dossier du mois à la Recherche.

Au moment où la loi, paradoxalement intitulée « pacte pour la recherche » est votée par le Parlement contre l’avis unanime de la communauté scientifique, il était important de faire le point sur cette question qui, avec l’éducation, l’énergie et l’évolution de la dette publique, sera au centre de la campagne présidentielle, si les candidats se décident enfin à parler d’avenir.

Mais au delà de la question générale de la recherche, il est également utile de s’interroger sur son avenir dans notre département et dans notre ville.

La recherche scientifique à Nice, c'est 13 grands organismes et établissements : l'Université de Nice Sophia Antipolis, le CNRS, l'lNRA, l'INRIA, l'Observatoire de la Côte d'Azur, l'INSERM, l'Ecole des Mines de Paris, l’Observatoire Océanologique de Villefranche, et bien d'autres instituts encore.

C’est aussi 4000 permanents, dont près de 3000 chercheurs, enseignants-chercheurs et doctorants, qui travaillent dans ces laboratoires de recherche, dans des domaines aussi variés que la biologie, la santé, la physique, la chimie, les matériaux, les énergies, les mathématiques, l'informatique, l'électronique et les communications , l'environnement, les sciences de la Terre et de l'Espace, les sciences de l'hommes et de la société, les lettres et arts, l'économie, le droit, la gestion, les sciences des activités sportives, etc.

Il existe également une recherche très active dans les entreprises implantées dans notre région (santé, informatique, télécommunications, etc).

Il est donc bien évident que le "dossier recherche" de Niac ne pouvait rendre compte de tous les aspects de cette recherche. Nous avons donc choisi de mettre l'accent sur la recherche fondamentale, car elle est le socle sans lequel il ne peut y avoir d'application de la recherche. Cette recherche fondamentale doit être défendue, au niveau national et international mais aussi dans le cadre de nos politiques locales et régionales. Il existe ainsi, dans notre département, des chercheurs de renommée internationale, qui travaillent entre autres exemples sur la mouche du vinaigre, sur les planètes géantes, sur l'histoire "romaine" de notre région, sur les mouvements de la Terre, sur la génétique des populations ou encore sur les cellules souches, toutes choses fondamentales mais, le plus souvent, non directement "applicables". Dans Niac, ils expliquent leur vision de leur métier, ses joies, ses difficultés, ainsi que son évolution, qui ne va pas toujours dans le sens souhaité. Mais tous s'accordent à dire qu'il n'y a pas de politique de recherche ambitieuse et viable sans recherche fondamentale forte.
Bien sûr, l'innovation technologique et le développement doivent être favorisés, parce qu'ils sont créateurs d'emplois et de richesse, mais cela ne doit pas être fait au détriment de la science elle-même, qui a des besoins bien différents. L'innovation et le développement peuvent notamment passer par les pôles de compétitivité, en cours de développement dans notre région et dans le reste de la France, mais à condition d'éviter les écueils du "tout appliqué" et du "tout brevetable", et à condition aussi de ne pas utiliser les budgets de la recherche fondamentale pour les financer.

Enfin, beaucoup de chercheurs interviewés par NIAC s'inquiètent de ce que, trop souvent, les décideurs locaux et nationaux, comprennent mal ce qu'est la science, la recherche et ses besoins. Développer la culture scientifique, faire découvrir l'histoire des sciences et la démarche scientifique à des élèves du secondaire mais aussi à un public plus large pourrait améliorer cette compréhension. C'est ce que propose une nouvelle structure de l'Université Nice Sophia-Antipolis, l'Institut Robert Hooke. Mais il faudrait sans doute, d'une manière plus générale, développer dès à présent les interactions entre chercheurs et autres citoyens, replacer les laboratoires et leurs métiers dans la ville et son environnement, comme le conseille le physicien et philosophe Jean-Marc Lévy-Leblond.

19 mars 2006

Et une, et deux, et trois manifs !

La lutte anti-CPE s’élargit et se renforce, inexorablement, jour après jour. J’ai pu le vérifier trois fois cette dernière semaine.

- Samedi dernier, avec les étudiants parisiens de la Sorbonne, je me suis retrouvé sur un boulevard Saint Michel en état de siège avec quelques souvenirs du printemps 68 au cœur de la mémoire.

- Jeudi, j’étais sur la place Masséna pour assister à la jonction "historique" du cortège des étudiants niçois avec celui des lycéens. Le travail pédagogique et mobilisateur de la petite équipe militante de "Ciel" avait fini par payer : quelques heures auparavant la fac de Lettres s’était mise en grève.

- Aujourd’hui enfin, troisième manif anti-CPE à Nice, avec un cortège encore plus important et diversifié que la dernière fois.

Dans notre ville aussi, la jeunesse a compris que la CPE ce n’est pas mieux que rien mais pire que tout.

D’ailleurs au fur et à mesure de la mobilisation, je me demande si le mouvement ne prend pas une autre dimension. A la traditionnelle protestation sociale contre le démantèlement du droit du travail semble succéder la volonté de défendre tout simplement la dignité de la jeunesse de ce pays. C’est ce que le gouvernement n’a pas compris. On peut négocier un statut social. On ne négocie pas sa dignité.

03 mars 2006

S. L R. ... S. O. S.


Profitant de la ferme aux célébrités de la grippe aviaire, le gouvernement est en train de faire passer en catimini son projet sur la Recherche. Un projet unanimement rejeté par la communauté scientifique particulièrement mobilisée depuis deux ans autour du collectif SLR (Sauvons la recherche) et de leurs organisations syndicales (CGT, FSU...).

Malgré la pugnacité d’une poignée de députés de gauche (qui ont réussi quand même à arracher quelques concessions), la messe est dite, le projet adopté.

C’est dire que la gauche héritera d’une situation assez catastrophique en la matière si elle gagne en 2007. Et comme pour les retraites, la sécurité sociale ou les banlieues, il faudra mettre en place un plan ORSEC pour sauver la Recherche, c’est-à-dire l’avenir.

- En premier lieu, il faudra, bien sûr, arrêter de faire semblant de confondre science et techno science, recherche et développement économique. Les pôles de compétitivité, sorte de « sirop typhon » (universelle panacée…) de la politique industrielle, sont peut-être une bonne chose en termes de politique industrielle et d’emploi, mais ils ne font pas partie à proprement parler d’une politique de recherche (ils mangent pourtant 40% du budget de l’ANR version Villepin). J’ai récemment évoqué cette question à la tribune du Conseil général devant un ministre qui est resté droit dans ses bottes et ses certitudes de bon petit soldat sarkoziste.

- Ensuite, il faudra rééquilibrer en urgence le budget en faveur des organismes de recherche (CNRS, INSERM…) et des universités, actuellement supplantés par les nouvelles agences (ANR et Agence d’innovation industrielle).

- Toujours dans l’urgence, car en quelques mois, une génération risque d’être sacrifiée, il faudra revenir à un plan pluriannuel pour l’emploi tel qu’il existait sous le gouvernement Jospin et limiter au maximum la précarisation de l’emploi scientifique (ce n’est pas un hasard si SLR participe – c’est notamment le cas à Nice – aux manifs anti-CPE).

- Il faudra aussi redonner un rôle primordial aux universités, encore affaiblies par le projet de loi, et faciliter leurs interactions avec les organismes de recherche (même si j’enseigne une science… très molle, le prof de fac se sent évidemment concerné !)

- Plus globalement, il faudra refaire confiance aux chercheurs en leur donnant un rôle très important dans le pilotage de la politique de recherche.

02 mars 2006

S. L. R. ... S. O. S. ... 06

(suite)

Sur le plan local, nous devons aboutir à la même prise de conscience. Nice, ce n’est pas seulement le BTP, le tourisme d’affaires et le carnaval. C’est aussi une quantité de laboratoires d’excellence en mathématiques, en physique, en sciences de l’Univers et de la Vie, notamment dans le domaine du cancer et de l’immunologie. Nous avons également la chance d’avoir la nouvelle Maison des Sciences de l’Homme. Si certains de ces laboratoires travaillent sur des projets de recherche appliquée qui pourront avoir un impact sur le tissu économique local, la grande majorité d’entre eux développent des projets de recherche fondamentale qui leur permettent de collaborer avec les meilleurs laboratoires mondiaux dans leurs disciplines respectives.

N’en déplaise au Ministre Président du Conseil général, Christian Estrosi, c’est avant tout cette recherche-là que les pouvoirs locaux doivent soutenir en priorité, parce qu’elle est à la base de tout et qu’elle permettra à Nice (à la CANCA et bien sûr à Sophia Antipolis) d’avoir un rayonnement considérable.

C’est ce rayonnement qui est attractif (les Américains l’ont bien compris) et qui peut déboucher sur le développement d’un tissu scientifique d’excellence où chercheurs, étudiants, entreprises et citoyens pourront travailler ensemble en réelle intelligence.

C’est à ce prix que Nice pourra devenir la grande métropole méditerranéenne et européenne qu’elle doit être.

NB : Sur ce sujet, rendez-vous dans le numéro 2 de NIAC-TV en ligne dès le 15 mars, et qui sera consacré à la Recherche avec l’intervention de nombreux chercheurs locaux.

08 février 2006

La règle du jeu


Fac de Lettres. Ce matin, avec Dominique, nous bouclons l'organisation de l'opération annuelle "Projets de loi".

Il s'agit, dans le cadre de la première année LEA, de constituer des groupes d'environ cinq étudiants et de leur donner comme objectif d'apporter une réponse législative à un problème qui se pose à la société française et à laquelle le droit n'apporte pas de réponse satisfaisante. Ainsi, pendant un semestre, c'est une cinquantaine de groupes qui vont sillonner la cité à la recherche d’informations, de témoignages, sondant la population, organisant entre eux des débats passionnés.

Pour nous, cet exercice a plusieurs vertus pédagogiques. Il s’agit d’abord de vivre de l’intérieur les mécanismes qui conduisent les pouvoirs publics à la prise de décision. Par ailleurs, il permet de comprendre assez clairement que la loi est forcément la traduction d’un choix politique car les experts et autres spécialistes sont eux-mêmes situés et donc divisés.

En cas de désaccord, le groupe ira jusqu’au vote, faisant ainsi l’apprentissage de la dure mais incontournable loi de la démocratie.

Année après année, nous avons ainsi le sentiment de contribuer modestement mais concrètement à l’émergence de la conscience citoyenne de nos très jeunes étudiants à peine sortis du lycée. La promotion de cette année me semble particulièrement motivée et j’attends avec impatience la récolte du mois de mai.

Il me reste à faire les statistiques des sujets choisis car elles donnent une photographie pertinente de ce qui intéresse les étudiants de l’année en cours. Pour 2006, les sujets vedettes sont, ex- aequo, « Faut-il autoriser le mariage et l’adoption par les couples homosexuels ? » et « Faut-il interdire les sectes ? » (huit groupes chacun). Puis nous trouvons une floraison de sujets judiciaires (effet Outreau ?) : « Faut-il supprimer le jury d’assises ? » (sept groupes), « Comment réformer la justice pour sauvegarder la présomption d’innocence » (cinq groupes). Parmi les sujets en hausse : « Faut-il interdire le téléchargement ? » (cinq groupes) et « Comment lutter contre l’abstention ? » (trois groupes). En baisse sensible par rapport à l’an dernier : « Faut-il légaliser les drogues douces ? » (trois groupes) et « Faut-il légaliser l’euthanasie ? » (un groupe). Enfin, notons qu’un groupe a décidé de réfléchir sur la question des « quotas » et un autre sur la question du « travail salarié des étudiants ».

Bon travail à tous.