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22 novembre 2012

La fin des militants


En versant un torrent de larmes sur ces pauvres militants UMP scandalisés, humiliés, trompés, les médias sont une fois de plus à côté de la plaque. Exactement comme en 2008 quand ils faisaient passer en boucle des images de militants socialistes supposés être consternés par le choc Aubry-Royal.

La vérité est qu’à part une minorité d’idéalistes souvent âgés, il n’y a pratiquement plus de militants, au sens classique du terme, dans les partis de gouvernement.

Avec la décentralisation et la multiplication des postes électifs à pourvoir, le mouvement initié par l’affadissement des idéologies s’est accéléré. Désormais, dans ces partis, on ne trouve plus que des élus et ceux qui aspirent à les remplacer. Dans leur sillage, une cohorte de supporters et de clients comme, par exemple, les employés de la collectivité dirigée par l’élu ou les responsables d’associations touchant une subvention de ce même élu.

Prenez les dernières élections internes de l’UMP ou du PS, retranchez des votants ceux qui appartiennent aux catégories que je viens d’énumérer, et vous vous retrouvez avec des effectifs squelettiques.

Mais, d’une certaine façon, s’il n’y a plus de militants, ce n’est pas grave car on ne milite plus dans ces partis : on n’affiche plus, on ne tracte presque plus, on débat du bout des lèvres entre les périodes électorales, c’est-à-dire presque jamais. Même la cotisation n’est plus essentielle depuis la mise en place du système de financement public des partis politiques.

Du coup, les véritables dépositaires de la ligne politique du Parti ne sont plus ses militants mais ses électeurs. D’où la pertinence des primaires ouvertes à la place des consultations dites militantes organisées par l’appareil. Cela constitue incontestablement une américanisation de la vie politique, mais avons-nous vraiment le choix ?

20 novembre 2012

Elections d’appareil : élections-magouilles




Le faible écart entre Copé et Fillon est presque un aveu : le scrutin ne pouvait pas échapper au candidat qui tient l’appareil du parti. Exactement comme il y a quatre ans, la victoire ne pouvait pas échapper à Martine Aubry (de quelques voix également), la candidate de l’appareil face à Ségolène Royal.

En fait, les élections militantes à l’intérieur d’un parti politique appartiennent à deux catégories :
- les élections sans enjeu, et en général, tout se passe bien avec un faible taux de participation ;
- les élections avec enjeu de personne, et dans ce cas, le candidat de l’appareil jouit d’un avantage considérable (choix des lieux, des horaires et des dates de vote, possession de fichiers, possibilité de régulariser certaines cartes au dernier moment, bourrage d’urnes, commission de recours aux ordres).

Pour ma part, je me suis trouvé confronté assez souvent à ce type de situation lors d’une vie antérieure au PS (pour une échéance importante, il y a quelques années, on m’a même avoué benoîtement une inversion du résultat…)

C’est la raison pour laquelle j’ai jeté l’éponge en 2007 pour l’investiture des municipales, sachant très bien que, comme Fillon, comme Ségolène, je serai battu des quelques voix nécessaires (un mois avant l’échéance, je ne connaissais toujours pas le corps électoral…).

Il faut donc éviter ces pseudos votes militants et suivre l’exemple du PS qui a su, par les primaires présidentielles, sortir du cauchemar du Congrès de Reims. Avec un corps électoral important, les manœuvres d’appareil perdent une grande part de leur efficacité et la démocratie interne devient ainsi une réalité.

A méditer.

20 octobre 2012

Bonjour, Monsieur le Président




Un peu moins de sept mois après son meeting au Théâtre de Verdure dans le cadre des élections présidentielles (voir sur ce blog : 29 mars 2012), François Hollande était  de retour parmi nous pour la clôture du Congrès de la Mutualité française à Acropolis. Mais aujourd’hui, ce n’était plus « Bonjour François » mais « Bonjour Monsieur le Président ».

Certes, l’homme est toujours le même. Quelques kilos en plus peut être, mais toujours cette disponibilité, ce calme, ce sourire, ce sentiment qu’il donne de vous avoir quitté la veille.
Pourtant, devant moi, je n’ai plus François le débonnaire, mais celui qui va continuer à incarner notre République pendant cinq ans.

Bien sûr, même si l’actualité est dévoreuse d’essentiel, je ne l’avais pas oublié : surtout après avoir écouté son impressionnant discours sur la santé publique et l’avenir de la protection sociale en France (voir le blog de Dominique Boy-Mottard).

Mais, avoir la confirmation en live, quasi physiquement, de cette métamorphose au service de mes valeurs les plus chères fut source d’une indicible émotion.

L'occasion de retrouver de vieux amis mutualistes

01 octobre 2012

Radicalement Européen




Après moult congrès du PS, j’ai assisté ce week-end, au Parc floral de Vincennes, à mon premier congrès Radical de Gauche. Un peu plus d’accent (du Sud-ouest) et un peu moins de langue de bois (encore que…), mais au total une séquence de trois jours qui ne m’a pas vraiment dépaysé.

Cela dit, l’absence de courants statutaires modifie quand même le climat général des débats. Au PS, l’orateur consacre une bonne partie de son discours à balancer quelques vacheries aux autres courants ou, au contraire, à prendre des précautions oratoires pour ne vexer personne. Sur le fond, les nuances exprimées ont souvent pour fonction de nourrir le débat interne quand elles ne prennent pas carrément la forme de private jokes.

Au PRG, par contre, l’intervention est plus brute de décoffrage et est consacrée, la plupart du temps, à des thèmes solidement ancrés dans la mémoire du radicalisme ou le programme du Parti. La spécificité du PRG dans la nouvelle majorité est donc assez facilement identifiable au bout de quelques heures de débat. Et il va sans dire que cette spécificité me convient très bien.

Ainsi, pendant le Congrès, nombreux sont les intervenants qui ont insisté sur la nécessité pour le gouvernement de réaliser sans plus attendre un certain nombre de réformes de société : mariage gay et homoparentalité, droit de mourir dans la dignité (belle démonstration de Roger-Gérard Schwartzenberg), droit de vote des étrangers et même la très controversée dépénalisation de la consommation du cannabis.

Autre thème historiquement fondateur de la pensée radicale : la laïcité. Pas un orateur qui n’évoque de près ou de loin cette exigence républicaine et sa conséquence politique contemporaine : la lutte contre les communautarismes. Il y a là sur cette question une expression forte qu’on est loin de retrouver dans la gauche française et au PS (à l’exception, peut-être d’un certain… François Hollande).

Mais, en raison de l’actualité, c’est un autre engagement fort du PRG qui s’est retrouvé au centre des débats : l’Europe. Les Radicaux sont fédéralistes et fiers de l’être. Là où le discours des socialistes – pourtant souvent Européens de cœur – est souvent inaudible à force de précautions, les radicaux affichent sans complexe leur engagement pour les Etats-Unis d’Europe. C’est ainsi que l’invité d’honneur de Vincennes, le Premier ministre (voir le blog de Dominique Boy Mottard), a pu repartir de la salle des congrès avec l’engagement d’un soutien ferme des radicaux pour la ratification du Traité d’équilibre budgétaire et du pacte de croissance.

C’est donc avec conviction que j’ai brandi, avec la quasi totalité des délégués, mon mandat, lors du vote final sur cette ratification. Je l’ai fait en me remémorant la formule de François Mitterrand, rappelée par Jean-Marc Ayrault : « La France est notre patrie, l’Europe est notre avenir ».


10 septembre 2012

L’agitprop, c’est fini !


Photo AFP

L’opinion publique est versatile et oublieuse.

Comment peut-elle demander de l’action pour l’action, des annonces spectacles, du bruit et de la fureur médiatique, alors même que c’est de cela que la République fut malade pendant cinq ans ?

Du yacht de Boloré aux infirmières bulgares, des vacances en Nouvelle-Angleterre au barbecue avec la famille Bush, de l’ouverture tous azimuts à la croissance qu’on allait chercher avec les dents, l’espace médiatique fut en effet bien saturé pendant l’été 2007. Pour quels résultats ?

Je préfère de très loin la méthode Hollande-Ayrault, digne et discrète, sans déclaration ostentatoire ni tartarinades. Une méthode qui acte avec sagesse que le temps de la réforme politique n’est pas celui des médias.

Du coup, je vous l’accorde, on s’ennuie un peu. On baille en lisant le Canard enchaîné, on rit moins devant les émissions satiriques de Canal +… Mais c’est un tribut bien faible si, au final, la preuve est faite que la Politique peut encore réduire le fatalisme économique.

L’intervention du Président au 20 Heures de TF1 hier m’a semblé être une bonne illustration de ce volontarisme sans tapage.

Oui, le temps de l’agitprop est révolu. Soyons optimistes. Les citoyens de ce pays finiront bien par admettre que c’est une bonne nouvelle.

04 septembre 2012

Il faut toujours choisir


Si comme homme de gauche, il n’y a pas de raison particulière à manifester une préférence dans une compétition du camp d’en face, comme républicain, démocrate ou tout simplement citoyen, on peut et à mon avis on doit avoir une autre attitude.

En effet, pour moi, le face à face Fillon-Coppé ne mérite pas le qualificatif de « bonnet blanc-blanc bonnet » qualificatif classique (depuis 1969) des opposants de gauche dans une telle situation.

Évidemment, je ne fais pas allusion aux programmes (quels programmes d’ailleurs ?) de l’un ou de l’autre : ils reposent ou reposeront sur des principes et certaines valeurs qui ne sont pas les miennes. Je ne m’intéresse ici qu’à la personnalité des deux candidats. Et là, il n’y a pas photo :

- d’un côté, François Fillon qui, après avoir commencé sa carrière avec Philippe Seguin, une référence républicaine, a exercé avec beaucoup de dignité sa fonction de Premier Ministre pendant cinq ans sous les ordres d’un Président qui, lui, sortait régulièrement des clous.
- de l’autre, Jean-François Coppé, prototype du politicien madré, virtuose de la petite phrase, englué dans les conflits d’intérêts. Il y a quelques jours la rediffusion d’une remarquable enquête d’investigation de Canal + a bien démontré la proximité qu’il avait avec le sulfureux Takieddine alors qu’il était ministre du budget. Eric Woerth à côté semble jouer petit bras !
Fermer les yeux devant la fraude fiscale est une attitude disqualifiante pour qui a l’ambition de représenter la République au plus haut niveau.

Donc je persiste, signe et assume : si Fillon l’emporte ce sera plutôt une bonne nouvelle pour la démocratie en France.

17 juin 2012

Une victoire normale, une défaite anormale


A chaud.

Au niveau national, les électeurs ont amplifié la tendance du 1er tour et donné une victoire belle, nette et sans bavure à la majorité présidentielle.

Au cours de la soirée électorale, les interventions du Premier ministre, des ministres et des responsables politiques de la gauche ont été (comme ce fut déjà le cas lors des trois scrutins précédents) maîtrisées et sans triomphalisme, dignes et républicaines. J’ai particulièrement apprécié celle de Najat Belkacem : « La majorité absolue ne sera pas le pouvoir absolu », très en phase avec ce que j’ai compris de ce début de quinquennat.

Au niveau local, on ne peut que constater un nouveau grand chelem avec 9 députés UMP sur 9. Et le sentiment un peu désespérant que, même quand la gauche l’emporte au niveau national, le rapport de force reste le même dans les Alpes-Maritimes et à Nice (un coup de chapeau à l’inoxydable André Aschiéri quand même).

Si la gauche locale ne veut pas rester éternelle spectatrice d’une Histoire qui se fait sans elle, une révolution culturelle est indispensable. Au moins.

10 juin 2012

On avance, on avance, on avance…


… Et, n’en déplaise à Alain Souchon, on devrait avoir assez d’essence pour aller dans le même sens jusqu’au 2e tour.

Confirmer l’élection présidentielle lors de ce premier tour des législatives n’était pourtant pas une fatalité. En effet, je suis de ceux qui pensent depuis longtemps que l’avènement du quinquennat n’a pas effacé toute perspective de cohabitation.

Pour en arriver à ce beau résultat, il fallait bien négocier ces quelques semaines coincées entre les deux scrutins. Ce qui a été magistralement réussi.

- François Hollande, d’emblée, a su s’imposer sur la scène internationale en fédérant autour du thème de la relance.

- La nomination du Premier Ministre et du gouvernement a également été une séquence positive. Les Français ont apprécié la personnalité de Jean-Marc Ayrault et la solidité, qui n’exclut pas la nouveauté, de l’équipe gouvernementale.

- Le sérieux et la cohérence de la majorité présidentielle… et du PS (Aubry s’est bien ressaisie) ont également pesé dans la balance. A l’exception du faux pas de Cécile Dufflot dont on peut penser qu’il n’est pas pour rien dans les résultats contrastés des candidats d’EELV lors de ce premier tour.

Grâce à tout cela, la majorité présidentielle est en pole position. Reste à réussir la campagne du deuxième tour en n’oubliant pas que la droite, en 2007, avait perdu cinquante sièges « tout cuits » à cause d’une déclaration intempestive sur la TVA sociale…

29 mai 2012

Bis repetita




Que ce soit dans les rues de Nice Nord (notamment dans les 5e et 7e cantons), à la fac de Droit et celle des Lettres où je travaille, dans les trois conseils d’administration de collèges de la circonscription où je siège, à Gairaut ou sur la Prom où je cours, dans les réunions du Conseil général, dans les manifestations auxquelles je participe comme élu ou encore... au festival de Cannes, la même question m’est inlassablement posée : « pourquoi n’êtes-vous pas candidat aux législatives ? » Et je ne parle pas de la presse qui n’est pas en reste. Cela commence à être d’autant plus lassant que la question est souvent posée sur le ton du reproche comme si j’avais abandonné en pleine mer le navire (fantôme ?) de la gauche locale. Il n’en est rien.

Je profite de l’audience confortable de ce blog pour renvoyer au billet écrit sur le sujet il y a quelques jours et pour répéter à nouveau :

NOUS (DOMINIQUE ET MOI) ETIONS D’ACCORD POUR ETRE CANDIDATS. SI NOUS NE LE SOMMES PAS C’EST « QU’ON » NE L’A PAS VOULU.

Pourquoi ? Probablement pour d'absurdes intérêts d’appareils locaux et nationaux ou pour de médiocres calculs ménageant des plans de carrière. Je n’en sais pas plus. En tout cas, nous étions candidats, qu’on se le dise une fois de plus.

Mais que nos (nombreux) amis soient rassurés : nous ne sommes pas traumatisés de ne pas l’être…

P.S. A lire impérativement sur le blog de Dominique Boy Mottard le billet « EELV et la pudeur ».


17 mai 2012

Taubira, hip ! hip ! hip ! hourra !




En mai 1981, c’est dans la petite cafétéria de la MJC Gorbella (actuellement Forum Nice Nord) que nous avions appris, autour d’un petit poste transistor, la composition du premier gouvernement de gauche de la présidence Mitterrand entre deux films de la Quinzaine des Réalisateurs, section parallèle du Festival de Cannes qui était alors délocalisée à Nice.

En ce mois de mai 2012, la tradition est maintenue puisque c’est pendant la cérémonie d’ouverture du 65e FIF que nous avons appris, grâce au smartphone, la composition du premier gouvernement de la présidence Hollande.

C’est ainsi que, tout en applaudissant Nanni Moretti, Bruce Willis et Bill Murray qui, sur scène animaient la cérémonie d’ouverture, nous avons eu la (bonne) surprise de retrouver dans cette équipe, Christiane Taubira, notre camarade radicale de gauche, à un poste régalien extrêmement sensible : le ministère de la Justice.

Que cette grande dame, qui nous avait fait l’honneur de sa présence à Nice pour le dernier meeting de campagne du 06 et qui porte si haut les valeurs de la laïcité et de la diversité, soit appelée au chevet de cette grande malade de la République qu’est la Justice, est un signal fort.

En tant qu’humaniste, radical de gauche, et juriste, je ne peux que me réjouir de cette bonne nouvelle.

13 mai 2012

Nous étions bien candidats à la candidature



 Depuis quelque temps circule une information selon laquelle Dominique et Patrick Mottard ne seraient pas candidats dans la 3e circonscription parce qu’ils ne l’auraient pas souhaité. Ceci est une contre-vérité !

Solidement implantés dans des cantons faisant partie de la nouvelle 3e circonscription, il est évident que, comme d’habitude, nous étions prêts à assumer nos responsabilités en étant candidats d’union PS-PRG.

Un préaccord électoral existait même au niveau des états-majors nationaux avant d’être mis en cause in extremis, nous a-t-on dit (ces choses sont compliquées et nous sommes loin de la tambouille électorale parisienne…), sur intervention du PS local pour – bien entendu – des questions de courant.

Du coup, exit nos candidatures, ce qui peut sembler d’autant plus absurde que les présidentielles ont révélé que nous étions (avec Claude Giauffret) les seuls candidats aux cantonales à réaliser un score supérieur à celui de François Hollande, en tenant compte, évidemment, des alliances de 2011 (cantonales) et 2012 (présidentielles). Qu’on en juge :

- 7e canton (Dominique Boy Mottard) : + 6,11%
- 5e canton (moi-même) : + 6,02%
- 11e canton (Claude Giauffret, président de comité de quartier) : + 1,94%
- 10e canton : - 1,54%
- 3e canton (Jacques Victor, FDG) : - 1,54%
- 8e canton (EELV) : - 5,21%
- 14e canton (Paul Cuturello) : - 11,49%
- 12e canton : - 13,42%

(pour plus de détails sur ces chiffres, voir le tableau sur les résultats comparés à la présidentielle 2012 et aux cantonales 2011 à Nice).

Au lieu d’aller à l’efficacité électorale dans un contexte où une victoire aux législatives est impérative pour François Hollande, la direction nationale du PS a donné son feu vert pour une primaire au 1er tour avec le PRG dans la 3e circonscription (le PS a simplement demandé à ce dernier de ne pas présenter de candidat dans la… 8e circonscription, c'est-à-dire sur Cannes...).

Dans ce contexte, sans union, il est évident que Dominique et moi ne sommes plus de candidats.

Donc, que les choses soient claires: si nous ne sommes pas candidats dans la 3e circonscription, ce n'est pas de notre fait, mais parce que "ON" ne l'a pas voulu.

E la nave va ! à vue, comme d'habitude.

10 mai 2012

Danièle Hoffman-Rispal




Danièle Hoffman-Rispal est députée PS de la 6e circonscription de Paris. Elue en 2002 contre le député PRC Georges Sarre, elle est réélue en 2007 avec 69,12%, ce qui en fait la députée la mieux élue de France. Depuis 1995, elle est également membre du Conseil de Paris et contribue aux deux succès municipaux de Bertrand Delanoë.

Nous avons donc affaire à une élue de terrain qui a su s’implanter solidement dans un territoire urbain sans pour autant être en situation de cumul des mandats.

Pourtant, c’est elle (une femme donc) que le PS a évincée au profit de Cécile Dufflot, responsable dans l’appareil des Verts depuis dix ans, sans implantation locale connue sur ce territoire.

Cette apparatchik a donc été choisie, pour des raisons obscures (les Verts avaient soutenu Martine Aubry au moment des primaires…), par un PS suicidaire qui se tire une balle dans le pied pour les prochaines municipales de Paris. L’argument officiellement avancé est, qu’à défaut de proportionnelle, les Verts ne peuvent pas avoir d’élus aux législatives. Noël Mamère, maire de Bègles depuis 1989, député Vert élu en 1997 en prenant une circonscription à la droite et réélu depuis, apporte un cinglant démenti à cette scie. Il est vrai que lui a travaillé le terrain et a su s’implanter tout en menant des combats nationaux (au-delà des thèmes écologistes, pour le mariage gay, par exemple).

Au passage, notons que cet argument peut être repris avec neuf fois plus de légitimité par Marine Le Pen qui, avec son score important, n’est pas du tout assurée d’avoir des députés. Quand le FN est à 18% et les Verts à 2%, je suis plutôt réservé vis-à-vis de la proportionnelle.

Cette candidature parachutée, si peu en accord avec la volonté souvent sincère des Verts de faire de la politique autrement, n’a pas de raison d’être. Cécile Dufflot doit renoncer à sa candidature d’autant plus facilement qu’elle explique dans tous les médias qu’elle sera ministre…

Si vous voulez en savoir plus sur le parcours de Danièle Hoffman-Rispal, vous pouvez visionner son "entretien intime" sur la Chaîne parlementaire. J'intègre ici la deuxième partie de cet entretien au cours duquel elle parle de son parcours politique. La première partie porte davantage sur son enfance et sa vie familiale (vous pouvez la visionner sur son site ou sur Dailymotion).


09 mai 2012

Les vérités du scrutin


Avec le culot qui le caractérise et l’aide des médias, surtout en début de quinquennat, Nicolas Sarkozy avait fini par imposer un pseudo standard politico - sociologico - électoral qui faisait de lui le représentant d’une droite populaire, jeune et moderne, réformatrice en diable, en osmose avec les ouvriers et les actifs adeptes du vrai travail et perpétuellement en lutte contre les élites et les corps intermédiaires. Symétriquement, la gauche était à la fois ringardisée et « boboisée », arc-boutée qu’elle était sur ses privilèges et ses statuts. L’analyse du scrutin des présidentielles renvoie tout cela au cimetière des vieilles lunes de la droite comme la participation et la fracture sociale.

1re remarque : Nicolas Sarkozy était bien le candidat des riches. La seule catégorie de revenus où il est majoritaire est celle de ceux qui gagnent plus de 3500 € par mois. 44% de ceux qui ont émis un vote sanction l’ont fait parce que Sarko « est le Président des riches ».

2e remarque : Nicolas Sarkozy était bien le candidat des vieux (60% des plus de 65 ans) et François Hollande celui des jeunes (60% des 18-24 ans).

3e remarque : Nicolas Sarkozy était bien le candidat des inactifs (majoritaire à 52% chez les retraités), alors que François Hollande a le soutien de 68% des ouvriers et de 58% des employés (public et… privé !). Quant aux chômeurs et aux travailleurs en interim, ils ont également voté majoritairement pour Hollande.

4e remarque : Nicolas Sarkozy a eu tout faux en mettant systématiquement en avant la lutte contre l’immigration et contre l’insécurité. Ces deux thèmes n’arrivaient qu’en 9e et 10e positions dans l’ordre des préoccupations des électeurs. Par contre, les thèmes mis en avant par Hollande (réduction des inégalités sociales 3e, augmentation du pouvoir d’achat 4e, réforme de l’éducation 8e, sans oublier le chômage 1er, et la dette 2e) étaient plus en accord avec les Français.

Autre vérité collatérale sortie des urnes, utile à un moment où une vingtaine de Verts font la danse de Saint Guy pour entrer au gouvernement : la préservation de l’environnement n’arrive qu’en… 14e remarque position des préoccupations des Français avec 6% seulement. Incontestablement, la crise est passée par là…

01 mai 2012

Ils étaient tous là, même Laurent A.




Bien sûr, ce 1er mai coincé entre deux tours des Présidentielles, stigmatisé par les partisans du « vrai travail » et des faux-semblants, ne pouvait pas être un 1er mai comme les autres… A Nice et pour moi, en tout cas, il ne le fut pas, au-delà de toute attente.

En deux heures de défilé, j’ai franchement eu le sentiment de croiser quelques décennies de ma vie militante, de ma vie tout court…

Il y avait bien sûr quelques amis néophytes des manifs mobilisés par l’importance de l’enjeu. Un engagement qui ne pouvait que mettre du baume au cœur de ceux qui, comme moi, ont tant de fois douté.

Il y avait aussi, fortement mobilisés, la petite République de Gauche Autrement, qui avait fait de la Prom’ une annexe provisoire de la perm de Cyrille Besset. Et, parmi eux, de nombreux colistiers de 2008 ce qui me rend toujours à la fois fier et nostalgique.

Il y avait également toutes les strates de militants socialistes qu’il m’a été donné de croiser pendant des années et des années. Ceux qui ont abandonné le militantisme, ceux qui ont été exclus, ceux qui ont été promus, ceux qui ont viré du côté de l’extrême gauche, de Mélenchon, du centre ou même parfois au-delà.

Ils étaient tous là, rassemblés pour l’occasion et peut-être pour demain.

Et puis tous ces visages amis de syndicalistes, d’associatifs, de voisins, de collègues souvent perdus de vue et retrouvés par la grâce de ce 1er mai pas comme les autres.

Avec une mention particulière à Laurent A. qui avait jadis fait un aller-retour entre la Hongrie (quel symbole !) où il réside et Nice où il a ses racines, pour voter pour moi à un deuxième tour de cantonales dans le 5e canton. En bavardant avec lui, je me disais que ces rencontres étaient trop nombreuses pour ne pas signifier quelque chose. Quelque chose comme une volonté déterminée de tourner la page pour essayer de construire un nouvel avenir. Dès dimanche ?


23 avril 2012

Tourner la page, en écrire une autre


Bureau "Patrimoine", 5e canton, 11 h 30

Vendredi, sur ce blog (Vendredi 23 h 59 - Hollande), j’avais modestement donné mon ressenti et esquissé quelques pronostics juste avant la fin de la campagne du premier tour. Ce dimanche, les résultats ne me donnent pas vraiment tort.

- Ainsi, le taux de participation particulièrement élevé confirme le sentiment que j’avais d’une campagne qui intéressait les Français alors même que les médias et le café du commerce disaient le contraire.

- L’écart entre les deux premiers candidats et le score élevé de Marine Le Pen démontrent qu’il n’était pas incongru d’appeler au vote utile (Dominique l’avait également dit sur son blog). Enlevez 5 points à Hollande et le profil du 2e tour aurait été bouleversé…

- Le faible score du président-candidat est, bien sûr, dû à son bilan et à son style mais aussi certainement à une très mauvaise campagne qui a surtout consisté à servir la soupe à l’extrême-droite.

A l’inverse, le brillant résultat de François Hollande est au moins en partie dû à un sans faute entre les primaires et le 1er tour, une longue période qui était celle de tous les dangers. Une période où il n’a cessé de rappeler qu’il ne fallait pas seulement tourner la page mais se mettre en position d’en écrire une nouvelle, plus juste, plus fraternelle, plus républicaine.

C’est très précisément ce qu’il a rappelé une nouvelle fois ce soir devant les militants corréziens et les Français.

                                                                  Thérèse Roméo
Pour un comparatif des résultats du premier tour entre la France, les Alpes-Maritimes et Nice, voir le blog de Dominique Boy Mottard

09 avril 2012

Culture et Présidentielles



La politique culturelle française est dans une impasse.

Si l’on considère que la culture est un facteur d’émancipation, qu’elle rend plus autonome, plus libre et peut-être même plus heureux, sa démocratisation est une ardente obligation. C’est d’ailleurs le rôle que l’on assigne théoriquement en France à la politique culturelle. Or, celle-ci est en panne depuis une vingtaine d’années, se limitant à une politique de l’offre en faveur d’un public averti et des corporatismes des « milieux culturels ». Elle n’est plus vecteur de démocratisation.

Pourtant, en leur temps, Malraux et Lang avaient développé géographiquement la diffusion de cette politique dans le « désert français » : le premier, par la déconcentration et les premières DRAC (directions régionales des affaires culturelles), le second, par la décentralisation et les politiques culturelles locales. Par ailleurs, ils avaient également très largement ouvert le champ d’intervention du ministère à la culture contemporaine (Malraux) et à la culture populaire (Lang).

Mais cette politique culturelle à la française reste quand même essentiellement une politique de l’offre qui s’appuie sur l’aide à la création et à la diffusion, négligeant la démocratisation en ne s’intéressant pas à la réception, c’est-à-dire aux publics et à leur éducation. Et pourtant, qu’elle est juste la réflexion d’une ancienne ministre de la culture (celle qui m’a aidé à sauver la gare du Sud) : « L’offre culturelle glisse sur une grande partie de la population comme une pluie trop forte sur une terre aride. Il faut préparer la terre à recevoir les semences… »

Le dernier quinquennat n’a pas été catastrophique, comme les « milieux de la culture » (pourtant bien servis par Hadopi) ont pu le dire. Il a tout simplement été médiocre. Le discours de Nîmes en janvier 2009, volontariste et même offensif (Carla ?), a rapidement fait pschitt ; le Conseil de la création artistique est mort-né, victime de la pression des « milieux » alors même qu’il était novateur ; l’arrivée de Frédéric Mitterrand, forte personnalité, a été une franche déception dont on peut prendre la mesure en lisant Le désir et la chance, l’affligeant livre-bilan qu’il vient de publier.

C’est dire si la culture et la Princesse de Clèves n’ont rien à attendre d’un deuxième mandat de Nicolas.

Et François Hollande dans tout ça ? Disons que, dans un premier temps, son discours sur la culture ne m’a pas vraiment enthousiasmé. Je le trouvais et je le trouve toujours trop axé sur l’économie culturelle. Cet aspect est certes important mais trop le privilégier laisse supposer que les obstacles à la démocratisation de la culture sont économiques (d’où le fantasme des musées gratuits, par exemple) alors qu’ils sont avant tout sociologiques.

Par contre, à la relecture, j’ai trouvé très prometteur que le futur Président considère « l’éducation artistique comme une priorité » et envisage « un plan national piloté par une instance interministérielle, dotée d’un budget propre, rattachée au Premier ministre ». Là, nous sommes dans l’éducation, la médiation, l’élargissement de la demande. Déconnecter cette politique du ministère et la rattacher au Premier ministre est aussi un signe fort pour combattre les corporatismes et faire de la démocratisation de la culture une grande cause nationale.

Et au fil des interviews, j’ai appris à connaître Aurélie Filippetti, la responsable Culture du candidat Hollande dont on dit qu’elle pourrait être ministre si… Cette jeune élue a une philosophie de la politique culturelle qui est assez proche de celle que je défends devant mes étudiants :

« Je viens d’une famille communiste où l’objectif d’émancipation de la culture était très fort, où il n’y avait pas de projet politique sans projet culturel. La culture, c’est lutter contre les inégalités, c’est sortir d’une vision apocalyptique de l’avenir. La culture donne un sens à la vie. Moi, ce qui m’a sauvée, c’est la littérature (…) C’est une émancipation intellectuelle qui donne un autre rapport au monde (…) Je ne crois pas à la vision de Malraux selon laquelle il suffirait de mettre les gens en présence de l’art pour leur en donner le goût. Il faut travailler sur la durée, d’où l’importance de l’éducation artistique (…) Il faut montrer l’art mais aussi expliquer la démarche de la création. »

Si le discours de François Hollande en matière de culture doit encore être précisé, j’aimerais autant que ce soit par Aurélie… Cela me rassurerait !

04 avril 2012

L’Islam des tentes


Après l’Islam des caves, l’Islam des tentes… En plein cœur du quartier de la Zaïne à Vallauris, nous nous retrouvons, avec Sami, devant une tente-mosquée en toile blanche de près de cinquante mètres de long et d’environ 200 m2 de superficie. Implantée sur un terre-plein en principe dédié au sport, nous constatons que la structure est très bien équipée : tapis de sol flambant neufs, bibliothèque fournie, micro et sono de qualité pour le prêcheur.

En fait, cette tente plantée depuis juin 2011 n’a bénéficié d’aucune autorisation ; il s’agit, ni plus ni moins, d’une implantation sauvage et parasite puisque branchée sur le réseau des parties communes de la cité (eau et électricité) financées par les résidents.

Depuis, chaque vendredi, la Zaïne est embouteillée par de nombreuses voitures, et des centaines de fidèles, dont une grande partie vient de l’extérieur, convergent vers la mosquée de toile. Terrorisés, les riverains n’osent pas réagir. Quant aux autorités, elles se renvoient la balle avec un manque de courage abyssal : maire UMP, préfet, procureur, bailleur social…

L’assemblée cultuelle de la Zaïne, qui a toujours fonctionné dans le cadre républicain, désapprouve cette « mosquée » incontrôlée. Les chibanis qui la dirigent s’inquiètent de l’Islam radical qui y est prêché devant des fidèles souvent très jeunes. En vain.

Déloger la tente va devenir chaque jour plus problématique. Pourtant, rien n’est prévu à court terme.

Voilà bien le symbole du quinquennat qui s’achève en matière de laïcité. Devant les caméras, on stigmatise les musulmans sans discernement et, sur le terrain, le trouillomètre à zéro, on compose avec l’intégrisme en faisant le lit du communautarisme.

Ici aussi, le changement c’est maintenant. Heureusement.

29 mars 2012

De Anna Santamans à François Hollande




La journée avait commencé par la chaleureuse ovation que j’ai provoqué dans mon amphi de 1ère année pour saluer la performance d’Anna Santamans, une jeune étudiante originaire d’Arles qui avait profité ce week-end des championnats de France de natation pour obtenir le titre et surtout sa qualification pour les JO de Londres cet été sur 50 mètres nage libre.

Puis, cinq heures de cours plus tard, ce fut le meeting niçois de François Hollande au Théâtre de Verdure. Pour avoir eu l’opportunité de passer un petit moment avec lui en coulisse, je l’ai retrouvé, six ans après notre dernière rencontre (les aléas de la vie politique…), tel qu’en lui-même, modeste et enjoué. J’ai même été très impressionné par son calme et sa décontraction. Je me souviens avoir rencontré dans les mêmes circonstances, à peu près au même moment avant l’élection, Lionel Jospin et Ségolène Royal, je peux dire que l’atmosphère était loin d’être aussi zen.

Ce fut aussi l’occasion de rencontrer Arnaud Montebourg qui m’a demandé si je pratiquais toujours la course à pied sur les routes de notre belle Saône-et-Loire. Forrest Gump l’a rassuré (voir, sur ce blog, 71 : Forrest is back).

Quant au meeting ensoleillé et presque familial, il fut très réussi malgré le jour et l’heure improbables qui avaient été choisis (voir le blog de Dominique).

Ce fut aussi l’occasion de vérifier que François Hollande n’est plus seulement la meilleure chance de battre Nicolas Sarkozy, mais aussi le candidat d’un projet passionnément républicain. Un projet au cœur duquel, pour mon plus grand bonheur, se trouve la laïcité et la lutte contre le communautarisme (« Un ministre de l’Intérieur a assisté à une réunion où les femmes étaient assises d’un côté et les hommes de l’autre ; avec moi, jamais un ministre de la République ne fera cela… »).

Bref, une bien belle journée que ce 28 mars 2012, une journée qui pourrait devenir historique en devenant celle où le matin, j’ai serré la main d’une future championne olympique, et l’après-midi, celle d’un futur Président de la République…

21 mars 2012

Le règne du mépris




Lorsque le bilan de l’actuel Président est évoqué, il est généralement admis que si, sur le plan de la politique intérieure, la cause est entendue et l’échec caractérisé, il en est rarement de même au niveau international. Un quasi consensus s’opère entre médias et opinion publique pour dire que Nicolas Sarkozy a été performant et qu’il a même fait bouger les lignes.

Pour ma part, si je suis prêt à reconnaître quelques points positifs au bilan présidentiel, notamment en matière institutionnelle, j’ai toujours considéré la politique étrangère pipolisée du quinquennat inefficace, contreproductive, et même dangereuse pour la réputation diplomatique de notre pays. Me trouvant un peu isolé sur ce créneau, c’est donc avec un grand intérêt que j’ai lu l’ouvrage de Gilles Delafon, Le règne du mépris, sous-titré « Nicolas Sarkozy et les diplomates 2007-2011 ».

Journaliste spécialisé dans l’actualité diplomatique et internationale depuis vingt-cinq ans, l’auteur porte en effet un regard très sévère et dresse un bilan négatif de ce mandat « du mépris ».

Il fait notamment une analyse assez rude de deux revirements qui m’avaient particulièrement choqué en début de quinquennat :

- L’hallucinante affaire de la libération des infirmières bulgares où, pour des raisons de promotion familiale (c’est… Cecilia qui avait négocié !), Sarko avait autorisé, en signe de reconnaissance, Kadhafi à planter sa tente à deux pas des Champs Elysées.

- L’affaire géorgienne, où, sous couvert d’une médiation, le Président français avait servi la soupe (le bortsch !) à Poutine, transformant deux provinces de Géorgie en Sudètes caucasiennes (voir, sur ce sujet, mon billet « A propos de la Géorgie »).

Les choses ne s’améliorèrent guère par la suite avec le pschitt de l’Union Méditerranéenne, la gestion catastrophique de l’affaire Florence Cassez au Mexique, la gesticulation suivie d’un garde-à-vous sans gloire devant les dirigeants chinois à propos du Tibet, les sommets européens à répétition pour nourrir le « 20 heures », l’alignement servile sur l’Allemagne, le rendez-vous manqué avec la Révolution tunisienne.

Même l’aventure libyenne s’avère être une victoire à la Pyrrhus : l’équipe adoubée par Nicolas Sarkozy dans ce pays est en effet composée d’un certain nombre de tortionnaires des infirmières bulgares et d’intégristes qui ont rétabli la charia dès leur premier jour au pouvoir.

Mais l’auteur, qui n’évite pas toujours le piège du corporatisme et de la connivence avec le Quai d’Orsay, considère que l’aspect le plus néfaste de la politique internationale du Président français est d’avoir toujours privilégié le court terme et le spectaculaire en déstabilisant cette belle machine de paix qu’est la diplomatie française. Et là, d’après lui, les dommages risquent d’être irrémédiables. On veut bien – hélas ! – le croire.

10 mars 2012

La Ve est encore bien loin de la VIe



Ce Samedi le comité de campagne Hollande 06 a organisé un petit brainstorming dans le cadre de ma permanence sur le rôle du président sous la 5e République. Jean-Christophe Picard et moi même avions le plaisir d’animer la séance.

Une opportunité pour évoquer devant militants et électeurs quelques idées qui me sont chères et ont le mérite de la cohérence car elles vont toutes dans le même sens : nous sommes sous l’empire d’une Constitution peu favorable aux valeurs de gauche et nous ne sommes pas près d’en sortir, victoire ou pas.

Quelques remarques en vrac :
- La Ve République est un O. J. N. I (objet juridique non identifié) né en 1958 de l’opposition puis de la synthèse des idées du Général De Gaulle exigeant un pouvoir exécutif fort et de celles de la dernière assemblée de la  IVe République refusant de céder sur la nature parlementaire du nouveau régime. D’où un régime hybride, frégolien pourrait-on dire, qui change de nature en fonction de la concordance ou non des majorités présidentielle et parlementaire. Dans un cas, nous avons une concentration excessive des pouvoirs aux mains d’un hyper président (dont Sarko fut la caricature) qui absorbe les pouvoirs du Premier Ministre (pauvre Fillion !) et du gouvernement. Dans l’autre cas, nous avons la cohabitation c’est-à-dire un succédanée de régime parlementaire dualiste qui ne fait que mettre en scène la compétition au plus haut sommet de l’Etat de deux futurs candidats aux Présidentielles. L’autoritarisme ou la paralysie : qu’on puisse encore, y compris à gauche, se féliciter de la longévité de ce régime me laisse rêveur.

- Autre idée en vogue : le quinquennat aurait mis fin au risque de cohabitation. Rien n’est moins sûr. Il suffira d’une crise suivie d’une dissolution au cours d’un quinquennat pour que la simultanéité des élections présidentielles et législatives disparaisse multipliant à nouveau, comme dans les années 1980-1990 les risques de cohabitation. Plus préoccupant encore car plus immédiat, une victoire trop anti-Sarkozy de Hollande peut conduire, un mois plus tard, à des législatives qu’une droite débarrassée de son boulet pourrait gagner si la gauche n’a pas un programme suffisamment crédible.

- Au moment du bilan final, il n’y aura probablement pas grand-chose à sauver du quinquennat Sarkozy mais, paradoxalement, la révision constitutionnelle de 2008 est, selon moi, à mettre à l’actif de l’actuel Président. Essentiellement pour la QPC (question prioritaire de constitutionnalité) qui permet désormais à chaque citoyen de défendre valeurs républicaines et acquis démocratiques devant un Conseil constitutionnel qui devient ainsi un véritable contre-pouvoir (au passage, je salue le vote de Jack Lang et du PRG qui a permis l’adoption d’une réforme que n’auraient pas dû bouder la gauche car elle s’appuyait sur ses valeurs).

Bon, il y aurait encore tant et tant de choses à dire sur ces institutions si dévoreuses d’âme pour la gauche et que nous nous efforçons de ne pas réformer. Une fois de plus, en effet, on parle de tout pendant cette campagne sauf des institutions… Arnaud, où es-tu ?