Je ne suis pas un admirateur inconditionnel des séries
maison de Canal +, loin de là. A l’exception peut-être de la première saison
d’Engrenages et des saisons 1, 3, et 4 de Mafiosa, je les trouve souvent peu
imaginatives et très suivistes par rapport à la production américaine de type
HBO (pour moi, par exemple, Bracco, l’œuvre vedette de Canal, n’est que
l’imitation un peu caricaturale du formidable The shield).
C’est pour cette raison, qu’après avoir vu quatre épisodes
des huit de la première saison, la série Les revenants m’est apparue comme une
très belle surprise.
Dans une ville de montagne (style Vallée de la Maurienne)
dominée par un grand barrage, plusieurs personnes d’âges et de milieux
différents, hagardes et désorientées, cherchent à rentrer chez elles. En fait,
elles sont mortes depuis plusieurs années et n’ont pas physiquement vieilli.
Bien sûr, personne ne les attend et, tout en essayant de reprendre une place
qui n’existe plus dans la cité, ignorant que leur cas n’est pas unique, ils
vont semer le trouble parmi les vivants.
Dans des décors désespérants et une atmosphère qui rappelle
plus De beaux lendemains, le magnifique film d’Atom Egoyan d’après le roman de
Russel Banks, que La nuit des morts-vivants, l’errance des revenants au milieu
de ces vivants qui le sont si peu nous bouleverse. Peut-être parce que nous
comprenons que l’incommunicabilité n’a pas besoin de la mort pour se dresser
entre les humains et que les revenants ne sont qu’un prétexte pour révéler le
mal être des vivants.
Bien sûr, d’aucuns diront que la série n’est pas très
joyeuse et, en tout cas, dépourvue totalement d’humour. Objection repoussée :
en ces temps de « rigolomanie » télévisuelle obligatoire, ça repose !
Tout a commencé en 1968 par un petit film en noir et blanc
de George A. Romero qui a revisité le mythe des zombies dans le contexte,
dit-on, de la guerre du Vietnam : La nuit des morts-vivants.
Lors d’expériences nucléaires, les morts se réveillent et sortent de leurs
tombes afin d’anéantir les vivants. Devenu film culte, il fut prolongé par
Romero lui-même d’une demi-douzaine de longs-métrages (en couleur) qui ont,
chacun à leur façon, enrichi l’univers merveilleux de nos amis d’outre-tombe.
Dans les années quatre-vingt, le mort-vivant, jusque-là un
peu marginal, devient mainstream grâce au célèbre clip de John Landis servant
d’illustration au Thriller de Michael Jackson. J’ai d’ailleurs
revu les quatorze minutes de celui-ci, il y a quelques semaines, au musée du
Rock de Barcelone.
Désormais, on sait tout du mort-vivant de base. Il est, il
faut bien le dire, assez peu soigneux de sa personne. Il a même un côté
franchement négligé, voire défiguré, voire décomposé… Peu véloce, il erre de sa
démarche saccadée à travers villes et campagnes à la recherche de cette chair
humaine (bien fraîche celle-là) qui l’aidera à régénérer le petit quart de
cervelle qui lui reste. C’est d’ailleurs cette dernière petite partie vivante
de lui-même qu’il faut neutraliser si on ne veut pas terminer en steak tartare
et être transformé soi-même en mort-vivant. Une balle de revolver peut faire
l’affaire, mais, le bruit risquant d’attirer ses congénères, il vaut mieux un
petit coup de hache sur le crâne : bien ajusté, celui-ci peut régler
définitivement le problème. Cependant, si vous reconnaissez dans le mort-vivant
un ancien copain d’école ou une ex-petite amie, l’opération peut déclancher un
cas de conscience. Il est alors recommandé de ne pas trop réfléchir car, si
isolé il est plutôt balourd, en groupe, le mort-vivant est extrêmement
dangereux et glouton. D’ailleurs, à sa mine chafouine et même carrément
renfrognée, on voit bien qu’il a des tas de choses à reprocher aux survivants
(le 2e opus de Romero, Zombie, montre en 1978 l’assaut
d’un centre commercial pour une véritable armée de morts-vivants, une façon
radicale de contester les abus de la grande distribution…)
En 2003, le mythe est spectaculairement relancé par une
série de BD publiée sous forme de « comic books », Walking
dead. Sur la quinzaine de volumes publiés, j’en ai lu une dizaine, mais
mon enthousiasme est tel que je n’ai pas pu attendre la fin de ma lecture pour
pondre ce petit billet coup de cœur.
Les dessins en noir et blanc peuvent ne pas susciter une
admiration esthétique totale, mais ils servent à la perfection le diabolique
scénario de Robert Kirkman et c’est bien l’essentiel. Walking
dead, c’est un peu le « A la recherche du temps perdu » des
morts-vivants ! Road movie horrifique, la série de BD nous permet
d’accompagner de nombreux survivants aux histoires personnelles contrastées,
contradictoires, navrantes… humaines, quoi ! Leurs réactions face à
l’apocalypse démontrent à l’évidence qu’évoluer dans un monde de morts-vivants
ne rend pas les vivants- vivants plus solidaires que cela. Métaphore quand tu nous
tiens !
Cerise sur le gâteau, les productions AMC ont adapté la BD
dans une série télévisée qui en est déjà à sa troisième saison aux USA. Pour ma
part, j’ai vu la première et je peux dire que la réalisation de Franck Darabond
(le réalisateur de La ligne verte) est une superbe réussite, à la
fois spectaculaire et intimiste.
Les premiers épisodes ont pour cadre Atlanta, submergée par
des milliers de morts-vivants coincés dans le centre ville de la mégapole. Or,
l’été dernier, j’ai passé quelques jours à Atlanta. Je me souviens très bien,
lorsque je courrais selon mon habitude, dès l’aube, dans les rues en principe
désertes de la ville, avoir aperçu quelques silhouettes hésitantes qui se
mettaient à tituber dans ma direction… Rétrospectivement, j’en ai des frissons
dans le dos ! En effet, il est très rare que je prenne une hache avec moi
quand je cours…
En une demi-heure, notre humeur peut changer du tout au
tout, même le matin.
La preuve : ce vendredi, dès potron-minet, mon
irritation est totale (je garde ma colère pour des causes plus nobles…) à la
lecture dans Nice-Matin des déclarations indignes de Lionnel Lucas sur un
certain nombre de personnalités politiques. La veille, à l’évidence, les
journalistes « Des paroles et des actes » n’avaient pas révélé la
totalité de celles-ci. Je suis en effet irrité, mais pas vraiment surpris. Les
propos du député sont tout sauf un dérapage occasionnel et, avec Dominique,
nous sommes particulièrement bien placés pour le faire remarquer. Il y a trois
ans le héros de la droite populaire UMP nous avait traités de « Thénardier »
de la politique lors d’une réunion publique. Notre seul crime : avoir
gagné des élections de terrain au scrutin uninominal et siéger dans
l’opposition au Conseil général.
Quelque temps après, il s’était excusé, mais, la nature
ayant repris ses droits, il nous a fait apparemment une grosse rechute.
Trente minutes après cette contrariété, je suis sur la
Promenade des Anglais quand, croyant avoir la berlue, je me trouve face à une
petite voiture jaune, la mythique Lotus seven, celle qui est pilotée par Patrick
McGoohan dans la meilleure série TV de tous les temps, Le Prisonnier… Le soleil
pointant à l’horizon, à contre-jour, j’ai même l’impression de voir le
« Numéro 6 » au volant… Et me voilà projeté dans une sorte de nirvana
poétique à des années-lumière des lucasseries diverses et variées…
« Jamais nous n’avons été plus libres que sous l’occupation allemande » : cette extravagante affirmation de Jean-Paul Sartre ne prend sens que si on la confronte avec sa définition de la liberté.
L’homme, par sa conscience, est capable de prendre ses distances avec le monde extérieur comme avec lui-même. Toute pensée secréte, autour de l’homme, un néant : elle l’arrache à son contexte comme aux forces qui le conditionnent et l’oppressent. « Etre libre n’est pas choisir le monde historique où l’on surgit, mais se choisir dans le monde quel qu’il soit. »
Vivre sous l’Occupation, c’est être exposé en permanence au danger, c’est avoir, à chaque seconde, la conscience d’être vulnérable et mortel. Les actes, les paroles, les pensées, prennent dès lors un poids qu’ils n’ont pas d’ordinaire. « Puisque le venin se glissait jusque dans notre pensée, chaque pensée juste était une conquête (…) Puisque nous étions traqués, chacun de nos gestes avait le poids d’un engagement. » (Les lettres françaises, septembre 1944).
En temps de paix, nous accordons moins de prix à la liberté : tel est ici le paradoxe pour le philosophe. Un paradoxe subtilement évoqué, analysé, décortiqué par la série de France 3, Un village français, dont on diffuse depuis le 27 mars les douze épisodes de la quatrième saison, le mardi, en soirée.
Un village français, réalisé par Philippe Triboit et écrit par Frédéric Krivine, est la chronique de Villeneuve – petite sous-préfecture imaginaire censée être située dans le Jura – pendant l’Occupation.
Loin de l’imagerie sulpicienne de nombreuses œuvres sur la Résistance, loin de l’ambiguïté du Lacombe Lucien de Louis Malle, la série raconte avec simplicité l’histoire d’hommes et de femmes confrontés à la violence de l’Histoire : Daniel Loucher (Robin Renucci), le maire fataliste, Hortense, sa femme adultère, Marcel, son frère communiste, Schwartz, l’industriel qui rachète son entreprise à Crémieux, le juif résistant, Marie Germain, l’agricultrice chef de réseau, Servier, le sous-préfet aux ordres de Vichy, Marchetti, l’inquiétant chef de la police, Jules Bériot, le directeur d’école…
Quelles que soient leurs origines géographiques, leurs opinions politiques, leur religion, leur histoire personnelle (la série est supervisée par une psychanalyste), ils font tous, à un moment ou à un autre, l’expérience de la liberté. Dans le bruit et la fureur, ils doivent décider s’ils veulent être des salauds ou pas.
Et, bien au chaud dans le confort de nos générations sans guerre, on se sent devant eux bien petits, coincés que nous sommes dans nos vies étriquées mais si confortables, où nous avons finalement si peu à faire l’expérience de notre liberté.
C’est avec une régularité impressionnante que les créateurs de la chaîne à péage américaine HBO nous proposent des séries TV d’une qualité exceptionnelle : de Deadwood à Six feet under, des Sopranos à Roma, en passant par En analyse ou Sex and the city…
Treme, du nom d’un quartier populaire de la Nouvelle Orléans est leur dernier chef-d’œuvre. La série est réalisée par les créateurs du célèbre Sur écoute (The wire) et nous emmène en effet sur les bords du Mississipi au cœur de la capitale culturelle de la Louisiane, quelques mois après la tragédie provoquée par l’ouragan Katrina et les inconséquences de l’administration Bush.
Le principe est le même que pour The wire (cinq saisons pour explorer Baltimore, grand port industriel en déclin) : il s’agit, à travers une dizaine de personnages – qui ne sont pas emblématiques –, de plonger dans les entrailles d’une ville en souffrance tout en essayant d’en appréhender l’âme.
Dans Treme, il s’agit bien sûr, pour les rescapés, de reconstruire leurs maisons, leurs vies, leur culture, une culture jamais folklorisée par les scénaristes (chez HBO, ce n’est pas le genre), une culture où la musique, dans la vie de tous les jours, des enterrements au grand Carnaval, est omniprésente, presque obsédante, toujours sublime. Plus jamais nous n’oublierons le petit peuple de Treme : Antoine Batiste, le joueur de trombone, Creighton Bernette, le prof d’université rongé par la colère et la mélancolie et sa femme Toni, avocate engagée, Davis McAlary, le DJ wasp un brin illuminé, Janette Desautel, la chef cuisinier, LaDonna, la patronne du troquet, Albert Lambreaux, l’énigmatique chef indien de Mardi gras, Sonny et Annie, les deux jeunes musiciens de rue...
Et cette question qui revient en boucle d’épisode en épisode : ont-ils encore un avenir collectif ou même un avenir tout court ?
Un regret toutefois : celui d’avoir passé quelques jours à la Nouvelle Orléans en 2008 (voir sur ce blog On dirait le Sud), sans avoir vu auparavant Treme, tant il est vrai que la fiction, quand elle est juste,permet parfois de mieux comprendre la réalité.
Il y a un an, Marie-Camille Imbo, une de mes étudiantes, avait, dans son mémoire de M1 InfoCom, fait la démonstration – après avoir étudié une trentaine de séries TV américaines – que l’avortement était le grand tabou de ces œuvres télévisuelles par ailleurs plutôt anticonformistes. En effet, les soi-disant « pro life », minoritaires dans le pays, ont organisé un groupe de pression impitoyable qui fait peser une véritable chape de plomb sur les médias et la création américaine. Le moins qu’on puisse dire est que la saison 6 de Desperate housewives, dont les premiers épisodes ont été diffusés sur Canal + jeudi soir, et la saison 4 de How I Met Your Mother, disponible en DVD depuis quelques jours, ne feront pas mentir la thèse de Marie-Camille.
En ce qui concerne les Desperate, on se souvient que le petit monde de Wisteria Lane, cette banlieue chic dopée à l’american way of life, a une morale plutôt élastique. Chantages, mensonges et trahisons constituent l’ordinaire de la vie quotidienne des résidents. Des turpitudes qui peuvent, le cas échéant, aller jusqu’au petit meurtre entre amis. La vie sexuelle, quant à elle, semble assez débridée sous le soleil californien. L’adultère est un sport national, le harcèlement la distraction favorite des ménagères de moins de cinquante ans, les homosexuels sont parfaitement intégrés, et cette saison, nous avons, en prime, une démonstration assez réaliste de la sexualité chez les seniors. Et pourtant, one more time, on ne touche pas au tabou des tabous.
Lynette, la quadra, est enceinte. On lui annonce qu’elle attend des jumeaux. Comme son mari lui a déjà donné quatre enfants, elle prend plutôt mal la chose. Epuisée par les grossesses précédentes et l'éducation des enfants, elle déteste par avance les futurs rejetons. Pourtant, jamais au grand jamais, elle ne posera la question de l’avortement. Or, la logique de la situation et la psychologie des personnages font que celle-ci ne peut pas ne pas être posée par l’intéressée. Devant cette invraisemblance, le scénariste sous influence fait intervenir un autre personnage pour parler de « la chose » sans jamais que le mot soit prononcé. Mais dès que « l’infamie » est évoquée, Lynette, comme touchée par la grâce, retrouve son instinct maternel et repart, fraîche et joyeuse, pour ces énièmes maternités.
How I Met Your Mother est une sympathique comédie new-yorkaise sur le modèle de Friends. Les héros n’ont pas froid aux yeux, et le sexe n’a pas de secrets pour eux. Pourtant, là encore, on va se heurter, dès les premiers épisodes de la saison au tabou des tabous. Barney, le séducteur de la bande, a couché avec la moitié de Manhattan (parce que l’autre moitié ce sont des hommes). Quand la conquête d’un soir lui apprend qu’elle est enceinte, il s’effondre, anéanti, car il va devenir père. En aucun cas, le scénariste otage n’envisage que le « vil séducteur » puisse demander à son éphémère copine d’avorter. Une fois de plus, on tourne le dos à la psychologie la plus élémentaire. L’épisode se termine par une pirouette : l’information se révèle fausse, Barney exulte, il ne sera pas papa.
Comme on le voit, le tabou se porter bien. Cette société américaine qui a su se donner Barack Obama comme président n’arrive pas à se débarrasser des activistes de pro life. Mais cette résistance est peut-être un signe avant-coureur de cette nouvelle passion de l’Occident pour l’idéologie nataliste. Elisabeth Badinter et Marie-Joseph Bertini (lors du dernier débat organisé par Gauche Autrement) nous mettent en garde contre ce retour en arrière. Elles ont bien raison.
The West wing, enterrement du vétéran SDF à Arlington
Il m’arrive de m’enthousiasmer ici même pour certaines séries télévisées qui dans le sillage de la chaîne à péage américaine HBO ont créé un genre à part qui utilise la durée et la récurrence pour raconter la vie des hommes et des femmes. De tous les hommes, de toutes les femmes.
A la relecture, je me suis aperçu qu’au delà d’un double hommage au précurseur et légendaire Prisonnier de Patrick McGoohan je n’avais évoqué que cinq séries : les quatre HBO, Big love, Rome, Deadwood et Six feet under, ainsi que Cold case diffusé par le réseau CBS.
Assurément, ces cinq séries figurent parmi mes préférées. Mais il me semble naturel aujourd’hui d’évoquer leurs cinq sœurs pour compléter un top ten dont je m’empresse de dire qu’il est une sélection et non un classement car, dans mon esprit, ces dix chefs-d’œuvre sont littéralement incomparables.
Ally Mc Beal (112 épisodes de 42 mn, 1997-2002, réseau Fox, créateur David E. Kelley)
Ally est une avocate fantasque de Boston à l’imagination débridée et à la libido chaotique. Avec les collègues de son cabinet, elle partage les hauts et les bas de sa vie professionnelle et sentimentale. Truffée de scènes surréalistes (les toilettes mixtes du cabinet sont pleines de surprises…), cette série très drôle nous en apprend beaucoup sur la juridicisation excessive de la société américaine.
Le pub où, le soir, les avocats se détendent après le labeur, est le théâtre de séquences musicales dans lesquelles passent en invités de nombreuses vedettes de la scène américaine. C’est dans ce cadre que fut ressuscité Barry White et son célèbre « You are my first, my last, my everything », véritable fil rouge de la série, dont nous avions fait l’hymne de la campagne municipale en 2001.
Sex and the city (94 épisodes de 22mn, 1998-2004, HBO, créateur Darren Star)
Carrie Bradshow et ses copines Samantha, Charlotte, Miranda, sont des jeunes femmes new-yorkaises célibataires, friquées et un tantinet futiles… Elles recherchent frénétiquement le grand amour dans Big Apple. En fait, Sex and the city est la série qui a permis aux hommes de savoir ce qui se passe dans la tête des femmes, surtout quand elles pensent aux hommes. Pas sûr que tous se soient remis de ce choc culturel !
The west wing (155 épisodes de 42 mn, 1999-2006, réseau NBC, créateur Aaron Sorkin)
Pendant sept saisons, soit à peu près deux mandats en temps réel, nous vivons, dans l’intimité de l’aile Ouest de la Maison Blanche, le parcours d’un président démocrate américain (Martin Sheen, exceptionnel) comme on les aime : humaniste et accessible au doute.
A la fois documentaire sur la vie politique américaine (je le recommande régulièrement à mes étudiants), réflexion sur le pouvoir et attachante galerie de portraits, cette série parfois très spectaculaire est remarquablement filmée. The west wing a également su anticiper Obama (à découvrir dans la dernière saison).
A voir, de toute urgence, l’épisode du vétéran SDF enterré avec les honneurs à Arlington : si vous n’avez pas au moins la larme à l’œil, consultez, vous n’êtes pas normal…
Les Soprano (86 épisodes de 46 mn, 1999-2007, HBO, créateur David Chase)
Tony Soprano (James Gandolfini, génial en frère joufflu de Robert De Niro) est le parrain de la très artisanale mafia du New Jersey. Mais, mal dans sa peau, bousculé par une famille qu’il a du mal à maîtriser, il a recours aux services d’une psy (Lorraine Bracco). Le télescopage du monde formaté de la mafia et des impondérables de la vie quotidienne font des Soprano une chronique à la fois inattendue et quelque peu exotique de la condition humaine.
The shield (88 épisodes de 45 mn, 2002-2008,réseau FX, créateur Shawn Ryan)
Pour Vic Macky et son équipe de policiers peu scrupuleux, la fin justifie les moyens et les événements leur donnent souvent raison. La violence de cette série d’une incommensurable noirceur et d’un pessimisme extrême n’est jamais gratuite (comme elle peut l’être dans 24 heures chrono, par exemple) et révèle l’inhumaine humanité des protagonistes de cette histoire qui se déroule à Los Angeles.
Depuis quelques semaines, Braquo, sur Canal +, se veut un clone hexagonal de The shield. Le résultat est honoable mais infiniment moins subtil que l’original.
Cinq et cinq, le compte y est. Une injustice est réparée.
Bonjour chez vous !
Dans l'intimité des toilettes mixtes du cabinet d'Ally McBeal
Encore choqué par la violence des manifestations anti-IVG (je préfère ce qualificatif à celui de « pro-life » qui résonne déjà comme une défaite idéologique) croisées du côté de Denver fin août 2008 pendant la Convention Démocrate, j’avais proposé, dès la rentrée, à Marie-Camille Imbo, une étudiante de M1 en Info Com très sensibilisée aux questions de société, de faire son mémoire sur le thème du tabou que me semblait être l’avortement dans les séries américaines.
En effet, j’avais remarqué « comme un défaut » dans la plupart de ces séries que nous admirons tout précisément parce qu’elles constituent un miroir, quelquefois hallucinant de vérité, de la société américaine et parfois même de la condition humaine.
C’est ainsi qu’il ne m’avait pas échappé que Rachel (Friends, NBC, Saison 8 épisode 1) et Miranda (Sex and the city, HBO, 4/11), héroïnes sexuellement libérées, avaient refusé d’avorter alors que la psychologie et la situation personnelle des personnages devaient logiquement les conduire à cette solution.
J’étais également intrigué par le comportement de Danielle (Desperate Housewives, ABC, 3/16) et de Theresa (Newport Beach, Fox cable, 1/11 à 27), adolescentes sans projet de vie refusant l’IVG salvatrice…
Séduite par la suggestion, Marie-Camille s’est mise au travail, n’hésitant pas à revisiter pas moins de… vingt-six séries. Son mémoire aujourd’hui validé est une analyse extrêmement complète et précise qui confirme totalement ce qui n’était au départ qu’une intuition : les anti-avortement ont fait capituler les scénaristes américains qu’ils s’agissent de ceux qui travaillent pour les grands réseaux comme NBC et ABC ou pour les chaînes câblées comme HBO ou Showtime, considérées comme plus culturelles.
Son constat est rude :
« Les idées pro-life, dont la principale compare l’avortement à un meurtre sont partagées au moins par un des proches de la femme enceinte quand ce n’est pas elle-même. (…) A minima, le fait d’avorter est perçu comme un acte honteux et égoïste, les personnages ont du mal à en parler avec leur entourage. Il est considéré comme une solution de facilité que seuls les « lâches » choisissent.
(…) Le mot avortement est rarement prononcé et, lorsqu’il l’est, ce n’est que pour le qualifier de répréhensible ou encore pour dire un désaccord avec la solution envisagée.
(…) L’idée du devoir à accomplir est toujours présente : il faut que les femmes assument leurs « égarements » coûte que coûte et donc acceptent l’enfant non désiré.
(…) Dans les quelques cas où l’avortement a lieu, les héroïnes sont assaillies de regrets et de remords. »
Ce parti pris conduit à des aberrations :
Julia (Nip/Tuck, FX, 1/5) préfère délibérément provoquer une fausse couche plutôt que d’avorter. Kira (Dirt, FX, 1/1), elle, préfère le suicide. Dexter (Dexter, Showtime, 3/1) et Nancy (Weeds, Showtime, 2/5) sont farouchement opposées à l’IVG mais ne trouvent rien à redire à leurs activités quotidiennes (lui est serial killer, elle, dealeuse). Shelly (Les frères Scott, WB, 4/3), pour sa part, a bien avorté, mais, rongée par le remord, a décidé de redevenir vierge grâce à la foi (!).
Seules quelques séries acceptent à minima un débat sur la question – Philadelphia (FX, 2/1), Private practice, spin-off de Grey’s anatomy, (ABC 2/8) – ou de traiter de la violence des anti-IVG – FBI : portés disparus (CBS, 2/dernier épisode), Master of Horror (Showtime, 2/5), tourné par John Carpenter.
A noter que le Docteur House (Fox, 5/12), toujours aussi décalé et anticonformiste, arrive à convaincre une jeune fille – victime d’un viol, il est vrai – d’avorter et que l’épisode 1/16 de Cold case nous renvoie fort opportunément dans l’enfer de l’avortement clandestin des années soixante… avant la loi.
Ces rares exceptions ne remettent aucunement en cause ce tabou des tabous imposé par la terreur d’un groupe de pression qui a trop longtemps bénéficié du soutien des plus hautes autorités politiques. Un tabou qui concerne pourtant une pratique sociale parfaitement légale, une loi qui, comme le rappelle Marie-Camille en conclusion, garantit « la liberté pour les femmes de disposer de leur corps ».
Triste nouvelle : on apprend de Los Angeles la mort de l’acteur britannique Patrick McGoohan, le fameux Numéro 6 du « Prisonnier », la plus métaphysique de toutes les séries TV.
En hommage à cet « homme libre », j’avais rédigé un post sur la série, il y a presque deux ans.
Après Romeet Deadwood, nous pouvons désormais découvrir « Big love », le dernier petit chef-d’œuvre HBO.
Bill Henrickson (Bill Paxton) est un mormon polygame. Chef d’entreprise avec des soucis de chef d’entreprise, il a trois femmes, Barb, Nicki, Margene, et sept enfants.
Hors-la-loi, la famille doit vivre clandestinement sa spécificité car même l’église officielle mormone réfute la polygamie.
D’épisode en épisode, nous partageons la vie agitée de la petite communauté : rapports forcément complexes entre les trois femmes, ingérence des familles qu’elles soient traditionnelles ou sectaires (Harry Dean Stanton en gourou mormon est particulièrement odieux). Le monde des affaires est impitoyable sous le ciel bleu de l’Utah et fait de Salt Lake City une proche banlieue de Dallas.
Mais un scénario extrêmement subtil réussit à rendre omniprésent le climat religieux qui fonde la polygamie sans jamais le rendre pesant.
Et au final, à l’image du générique (très symbolique de la tradition HBO), il se dégage de la quotidienneté de cette famille pas comme les autres, une étrange douceur. Etrange en effet.
DÉCIDÉMENT, LA PROM'CLASSIC A SUSCITÉ DES VOCATIONS CINÉMATOGRAPHIQUES : UNE NOUVELLE VIDÉO LÀ.
L'arrivée sur le marché de nombreux coffrets DVD permet de redécouvrir les séries TV des années cinquante, soixante et soixante-dix, ancêtres de nos modernes HBO. La plupart (Chapeau melon et bottes de cuir, Amicalement vôtre, Mission impossible, par exemple) ont plutôt mal vieilli. Une exception toutefois avec Le prisonnier, diffusé en 1967 sur la BBC, une série tellement avant-gardiste que le chef-d'oeuvre de Patrick Mc Goohan fut interrompu par la chaîne après le dix-septième épisode pour cause d'incompréhension du grand public (déja l'audimat !). Pourtant cette métaphore flamboyante est bien l’œuvre "télévisionnaire" annoncé par la publicité de l'époque.
"Numéro 6"(Mc Goohan himself) est un agent secret démissionnaire et vaguement britannique... mais de cela on n’est pas très sûr. Depuis cette rupture que le générique nous suggère orageuse, il est retenu dans un étrange village peuplé de personnages à la politesse mécanique – « Bonjour chez vous ! » –, aux vêtements ridicules, et amateurs de loisirs collectifs gnangnan : une sorte de Club Méd pour rentiers lobotomisés. En fait, cette mise en scène aurait pour but de lui faire avouer quelques mystérieux secrets.
C'est qu'on ne peut pas échapper à ce lieu aseptisé. Si l'envie vous saisit de prendre la poudre d'escampette, une mystérieuse structure molle en forme de ballon blanc vous aspire et vous ramène à la fois à la raison et... à la maison numérotée qui vous est attribuée.
Mais, indomptable, Numéro 6 fait de la résistance en s'attaquant à un Numéro 2 multiforme qui change d'identité à chaque épisode. Le numéro 1 quant à lui ne se dévoilera qu'au dernier épisode... mais chut !
Politique, religion, médias, éducation, l'opium du peuple a toutes les formes dans cette société oppressive qui transforme ses sujets en morts-vivants souriants. Et comme Numéro 6 veut résoudre l'énigme métaphysique du village en gardant ses secrets tout en revendiquant son individualité, il sera impitoyablement réprimé.
Mais jamais il n'abdique son humanité comme le prouve le "cultissime" dialogue que les fans de la série connaissent par cœur :
- Où suis-je ? - Au village. - Qu'est ce que voulez ? - Des renseignements. - Dans quel camp êtes-vous ? - Vous le saurez en temps utile... nous voulons des renseignements… des renseignements…des renseignements… - Vous n'en aurez pas ! - De gré ou de force vous parlerez. - Qui êtes-vous ? - Je suis le nouveau Numéro 2. - Qui est le Numéro 1 ? - Vous êtes le Numéro 6. - JE NE SUIS PAS UN NUMÉRO, JE SUIS UN HOMME LIBRE !
Et c'est au nom de cette humanité que je dédie ce soir ce post à Maxime et Michel.
24 heures chrono, dont on peut suivre actuellement la quatrième saison sur Canal +, fait partie de ces séries qui opèrent une synthèse honorable entre la HBO touch (réalisme social, refus du manichéisme, esthétique soignée) et le savoir-faire hollywoodien (simplisme psychologique, présupposés idéologiques, réalisation spectaculaire).
Elle est même la série pionnière de cette catégorie où nous retrouvons, par exemple, Lost, Prison Break, et même Desperate housewives.
En vingt-quatre heures (chrono… forcément !), le taciturne Jack Bauer (Kiefer Sutherland), machoire volontaire, regard d’acier et portable greffé à l’oreille, sauve, au choix, Los Angeles, les USA, et parfois même la planète entière.
A la façon des Envahisseurs des années cinquante, le danger vient d’ailleurs. Bien sûr, ce danger n’est plus stalino-martien mais plutôt serbo-tchétchéno-islamiste, mais la série – et c’est tout à son honneur – n’hésite pas non plus à dénoncer l’hystérie anti-terrorisme bushienne.
La fameuse cellule anti-terroriste, qui est censée aider Bauer, est à peu près aussi perméable que la défense du PSG un soir de Coupe d’Europe. Elle est d’ailleurs composée en proportion égale d’incapables et de traîtres.
Dans les derniers épisodes, on découvre que même le Président des Etats-Unis est au centre d’un complot… terroriste (pour que les gens aient vraiment peur du terrorisme, il organise un méga attentat… !!
Mais une des caractéristiques les moins aimables de 24 heures chrono est la multiplication des scènes de torture. Il ne s’agit pas de tortures par et sur des délinquants (comme dans Prison Break), mais d’une torture institutionnelle visant à arracher pour le compte des autorités des informations essentielles à la survie du monde.
Ces scènes sont particulièrement détestables, non par leur violence (depuis Reservoir dogs, on en a vu d’autres), mais parce que le contexte et les circonstances amènent le téléspectateur à dire : « Ce pauvre Jack Bauer n’a pas le choix, pour éviter la disparition de la Californie ou une guerre nucléaire, il n’y a pas d’autres solutions… ».
C’est que même le pire anti-américain ne peut souhaiter le dixième des catastrophes annoncées si Jack échoue dans sa mission. Ainsi, au nom d’une situation improbable qui est un pur cas d’école, on donne une légitimité certaine à la torture. Au nom de l’efficacité, on lui trouve un fondement moral.
Aussi, la réponse est sans ambiguïté : oui, Jack Bauer est un salopard.
Sans être HBO, « Cold case » (troisième saison, sur Canal + le jeudi soir, après les inénarrables « Desperate housewives ») est une série policière singulière et – ce qui est rare – émouvante.
Il s’agit, pour Lilly Rush (Kathryn Morris) et son équipe de la police de Philadelphie, d’enquêter sur des affaires criminelles non résolues depuis parfois dix, vingt ou cinquante ans.
Sur la forme, la première scène de chaque épisode est une séquence nostalgie (sixties, seventies, eighties…) très réussie mettant en scène le crime à l’époque de celui-ci. Mais c’est après que l’originalité de la série s’impose. Certaines scènes sont en effet proprement vertigineuses : grâce à des effets spéciaux discrets et efficaces, elles nous permettent de suivre les interrogatoires des témoins du crime qui auront, selon les séquences, leur physique d’aujourd’hui ou celui d’avant. L’effet est saisissant et quelque peu déstabilisant, provoquant chez le téléspectateur un malaise dont il a du mal à fixer la raison. Sur le fond, cette plongée dans la petite boutique aux horreurs d’une décennie nous en apprend plus sur l’évolution de notre société et des mentalités qu’un documentaire savant.
Mais l’essentiel se concentre dans la scène finale, à chaque fois répétée. Le coupable menotté déambule sous les yeux des témoins de l’époque. A un moment donné, son regard croise celui de la victime. Celle-ci, invariablement, apparaît grave mais apaisée. Une nouvelle preuve de la vertu libératrice de la Vérité. Au delà de la vengeance et de l’oubli (Sarajevo, ma vérité).
Si vous avez la HBO attitude, et que pour vous, Spartacus, Ben-Hur et éventuellement le Colosse de Rhodes figurent au panthéon des chefs d’œuvres du 7e art, réservez désormais vos soirées le jeudi : Canal + programme enfin la très attendue série « Rome ».
Le réalisateur Michaël Apted filme la guerre des Gaules, les joutes au Sénat et le repos du guerrier romain avec une vigueur et une justesse qui ne laissent aucun doute : ça devait être comme ça. Du coup, la reddition de Vercingetorix ou le passage du Rubicon (phantasme absolu de tout politique) qui auraient pu être "too much" ont une vérité incroyable. Et pourtant, après Astérix, la partie n’était pas gagnée d’avance.
Vivement le prochain épisode car si effectivement, César a franchi le Rubicon, que va-t-il se passer après ?! Cela dit – mais ça n’engage que moi – ce Brutus, avec son regard en biais, ne me dit rien que vaille !
Après le quatrième épisode de la première saison, le doute n’est plus permis : Deadwood est bien un nouveau chef-d’œuvre HBO. Peut-être même , à terme, le chef-d’œuvre (le jeudi à 21 h 35 sur Canal+, juste après le toujours fascinant et halluciné The shield.
La série a le courage et l’inventivité de revisiter totalement le mythe de l’Ouest et le genre Western. Deadwood raconte la vie d’une petite ville de pionniers à l’époque des guerres indiennes et de la ruée vers l’or. Mais nous sommes loin de… « La petite maison dans la prairie » ! La série est même en rupture totale avec l’épopée héroïque à la John Ford, elle ignore aussi les audaces idéologiques du nouveau Western à la « Little Big Man » ou les fulgurances stylisées façon Sergio Leone.
Ici, nous sommes dans un quotidien de violence sale, de prostitution esclavagiste et de cupidité sans horizon. Parallèlement, en pointillé, on voit se construire cette nation dont Einstein a dit un jour – non sans excès – qu’elle était passée de la barbarie à la décadence en oubliant la case civilisation. De temps à autre, comme une ponctuation ironique, Deadwood frôle la légende de l’Ouest. C’est ainsi que dans le cloaque de la rue centrale, on peut croiser Calamity Jane ou Wild Bill Hickock. Mais pitoyables et émouvants, ces personnages mythiques sont ramenés à leur dimension humaine.
Humaine, voilà peut-être le qualificatif que nous pouvons donner à cette série. L’épopée westernienne est ramenée à l’histoire simple d’hommes et de femmes (pauvres femmes !) qui ont terriblement souffert en oubliant leurs rêves pour construire sans le savoir l’Amérique d’aujourd’hui.
Cette après-midi, entre un rendez-vous avec des jeunes de la Madeleine qui veulent s’investir à mes côtés en politique et une réunion de la Fédération des élus socialistes et républicains présidée par mon ami Jean-François Knecht, j’ai enfin pu visionner le premier épisode de la cinquième saison de Six feet under (à voir le dimanche à 22 h 30 sur Jimmy).
Dès les premières minutes, je suis rassuré : dans le nid douillet et glauque de leur petit Funeral home famlilial, les Fisher semblent être en pleine forme… c’est à dire en pleine crise !
Une année de plus, Nate, le veuf halluciné, Ruth, la mère immature, David, l’homo parano, et Claire, l’artiste macabre, vont assumer tant bien que mal leur concubinage avec la mort sale. Celle des sous-sols des morgues et des toilettes mortuaires. Dans ce cadre – on peut l’imaginer – les névroses vont bon train…
Mais, malgré tout, les Fisher résistent. Ils résistent au désespoir, ils résistent à la fatalité, ils résistent à l’absence. Cette résistance finit par révéler l’humanité profonde de leurs personnages, qui nous font comprendre que la mort est le prix à payer parce qu’elle est l’exact envers de la vie.
"Six feet under" est probablement l’exemple le plus flamboyant de ce genre à part qui se développe depuis quelques années dans l’univers artistique de l’audiovisuel : « la série télé formatée HBO », du nom de la chaîne à péage Home Box Office, spécialisée dans les séries télés haut de gamme.
De Cold case à Sex and the city, de 24 h chrono aux 4400, ces concentrés d’humanité ont renvoyé les séries françaises au néant de leur insignifiance (à l’exception notable de la série Engrenages récemment diffusée sur Canal +).
C’est ainsi que, déjà passionné par les grands ancêtres comme Le prisonnier (souvenez-vous : « je ne suis pas un numéro, je suis un homme libre… »), Twin Peaks (mais qui a donc tué Laura Palmer ?), et même plus récemment le désopilant Friends (Central Perk contre Central Park), je pratique désormais sans modération la « HBO attitude » !
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