23 mars 2007

Liberté, égalité, Douste-Blazy…

Agée d’une soixantaine d’année, Madame A..., originaire de l’ex Yougoslavie, vit depuis de nombreuses années à Nice avec son mari et ses enfants, parfaitement intégrée à la cité.

Logiquement, elle souhaite obtenir la carte de résident de 10 ans qui donne un peu de stabilité aux immigrés qui ont un projet de vie sur notre territoire.

Pour cela, on lui fait passer à la va-vite un soit disant test d’intégration, test réussi quelques minutes auparavant par son mari. Question du fonctionnaire : « Qui est ministre des affaires étrangères ? » Quelque peu troublée par la brusquerie de la question, Madame A. ne répond pas. On lui refusera donc le précieux sésame. « La France, connais Douste-Blazy ou quitte-la », en quelque sorte…

A l’évidence, l’auteur de la question ferait une belle carrière au sein d’un ministère de l’immigration et de l’identité nationale.

Au fait, lecteurs de ce blog, qui était ministre des affaires étrangères avant Douste-Blazy ?


POUR UN COMMENTAIRE (TRÈS PERSONNEL) SUR FRAGMENTS DE NICE, VOIR LE POST SUR LE BLOG DE CLAUDIOGÈNE

19 mars 2007

Babouvisme au Conseil général

Lundi 10 h 30. Conseil général. Commission Permanente ordinaire.

La Commission Permanente, qui, dans les Alpes-Maritimes, présente la caractéristique de regrouper tous les conseillers généraux, est l’instance chargée d’étudier les dossiers d’application des délibérations votées en séance plénière.

L’assemblée ronronne quand, au détour d’un dossier, Dominique met en évidence une forme particulièrement choquante d’iniquité. En application du très médiatique « Plan jeunes 06 », on nous propose de voter 147 000 € de subventions pour aider 490 jeunes à s’installer dans un appartement en location (300 € pour chacun) et 759 313 € pour aider 78 jeunes à devenir propriétaires (10 000 € chacun). La conseillère générale du 7e canton fait remarquer que les 10 000 € ne susciteront qu’un effet d’aubaine pour des jeunes gens ayant déjà des moyens ou en tout cas une famille pouvant les aider (comment devenir propriétaire d’un logement dont le prix d’achat est parfois supérieur à 200 000 € quand on a moins de vingt-cinq ans sans l’aide des parents ?), alors que les 300 € risquent de se révéler insuffisants pour d’autres jeunes en réelle difficulté ?

Excédé par la remarque (peut-être se rappelle-t-il un certain face-à-face télévisé ?), le Ministre-Président commence par fustiger cette socialiste qui ne veut pas que les jeunes accèdent à la propriété (sic) avant de s’exalter au point d’affirmer que de toute façon, « c’est normal, la gauche est contre la propriété ». Alors que devant l’outrance de la charge j’attends un immense éclat de rire, ma surprise est grande de voir les membres de la majorité opiner gravement du chef en répétant : « C’est vrai, "ils" sont contre la propriété »…

Fichtre ! Par cette remarque, Dominique avait simplement réveillé le fantôme de Gracchus Babœuf au sein du CG 06. Pour les conseillers de droite, les « partageux » sont de retour. Avec Boy-Mottard, Concas, Vinciguerra et Mottard, les présents du jour, n’en doutons pas, la propriété, c’est le vol !!

Joli « pétage de plomb » d’autant plus spontané que la presse est absente des commissions permanentes. En tout cas, cet incident nous aura permis de vérifier deux choses :
- le Ministre-Président est bien de droite (ça, on le savait) ;
- le Ministre-Président est bien fébrile (ça, on devine pourquoi…).

17 mars 2007

De Gioffredo à Carabacel


16 heures. Librairie Masséna. Rue Gioffredo.

Première séance de dédicaces pour Fragments de Nice. D’emblée, le libraire me dit qu’il faut compter sur une trentaine de signatures pendant la séance. En réalité, c’est près d’une centaine d’ouvrages qui seront écoulés. Il faudra même reconstituer le stock en catastrophe. Le succès est donc incontestable, même si je peux regretter que la quantité de visiteurs ait forcément nuit à la qualité des échanges.

Etudiants, militants, curieux, voisins, amis, visages connus, visages inconnus, le défilé est ininterrompu et je n’ai pu me lever une seule fois de ma chaise en trois heures. Claire Legendre, ma lumineuse préfacière, me fait le plaisir de passer pour soutenir celui qui en est encore à son baptême du feu littéraire. Dans la foule, je retrouve ClauDiogène et Poisson Zèbre, les auteurs des deux « blogs amis ». Je peux voir aussi Georges « le Niçois » et Ibrahim, deux personnages de mon livre. L’ambiance est bon enfant, je suis loin de l’atmosphère du Conseil municipal de la veille, et c’est presque à regret que je prends congé de l’équipe de la librairie à la fermeture.

19 h 30. Théâtre de l’Alphabet. Boulevard Carabacel.

Ce soir, sous la houlette d’Henri Legendre, le metteur en scène, Elodie, Didier, Lucile, Bernard, Sylvain et Mikaël répètent pour la première fois Sur un air de cithare. Je suis tout de suite impressionné par la capacité que les acteurs ont « d’habiller » un texte.

Et c’est un petit miracle de voir vivre ces personnages que j’ai eu tant de mal à construire, petit matin après petit matin. Je ne sais pas si la pièce plaira au public, mais ce que je sais, après cette première séance de répétition, c’est qu’elle sera celle que j’avais imaginée.

De Gioffredo à Carabacel, que du bonheur. Il y a des jours comme ça.

Quatre hommes en colère

Vendredi 17 mars. Conseil municipal de Nice.

Par quatre fois, les élus de Nice plurielle sont obligés de hausser le ton, allant même jusqu’à provoquer une suspension de séance pour la simple et bonne raison que le Sénateur maire leur refusait… la parole. Une attitude un peu risquée de ce dernier face à des élus entraînés par les joutes nationales des Présidentielles et formés – au moins pour deux d’entre eux – dans les amphis surchauffés de leur jeunesse étudiante. C’est ainsi que Rémy Gaechter sur les normes environnementales, Bob Injey sur les expulsions de locataires, Paul Cuturello sur les réserves foncières de la CANCA, et Jean-François Knecht sur Sulzer, ont fini par avoir le dernier mot en disant ce qu’ils avaient à dire sur leurs dossiers respectifs.

Pour ma part, j’acte en séance notre victoire à propos du terrain Sulzer en précisant bien que Nice plurielle n’a pas instrumentalisé ce dossier pour faire une démonstration d’excellence juridique. Il s’agissait, bien au contraire, d’affirmer une volonté politique : voir se réaliser une opération d’intérêt général là où le maire voulait effectuer une opération purement spéculative.

Profitant de la tribune du Conseil, je mets en garde la majorité municipale sur le dossier du Palais de l’Agriculture en insistant sur le fait que pour nous, l’association qui occupe les locaux – et qui est d’utilité publique – doit être au centre des projets d’avenir de ce bâtiment attribué juridiquement, il y a quelques jours, à la mairie de Nice par la Cour administrative d’appel. La réponse de Jacques Peyrat est assez peu rassurante et nous avons le sentiment qu’une fois de plus nous allons être obligés de monter au créneau pour défendre le monde associatif si maltraité par cette majorité depuis 1995.

Par ailleurs, nous demandons et obtenons qu’un représentant du groupe soit présent au sein du Conseil d’administration du Crédit municipal qui a défrayé la chronique (lui aussi) ces dernières années. C’est Mari-Luz Nicaise qui sera l’œil de Nice plurielle. Pas vraiment un cadeau pour la majorité municipale !

Il est midi et demi quand la séance est suspendue pour permettre aux notables d’assister à une inauguration, diluant un peu plus ce qui restera un conseil municipal de transition.

13 mars 2007

Fluctuat nec mergitur

Quatre. Ce ne sont pas moins de quatre candidats différents que soutiennent les élus de Nice Plurielle présents ce soir à la traditionnelle réunion de préparation du Conseil municipal avec les militants et les sympathisants au CLAJ, avenue Scudéri, au cœur de ce 7e canton si cher à Dominique.

Avec Michèle, Paul et Jean-François, je soutiens Ségolène ; Mari-Luz et Rémy, quant à eux, militent pour Dominique Voynet, Simone pour Marie-Georges Buffet, et Bruno pour José Bové.

Et pourtant, le navire de Nice Plurielle vogue sans jamais être submergé. La diversité de l’équipage n’entame en rien la sûreté de la navigation. C’est ainsi que, d’emblée, nous actons avec fierté notre victoire commune dans le dossier Sulzer. Mais l’autosatisfaction n’étant pas le genre de la maison, nous nous sommes plongés avec sérieux dans l’ordre du jour. Nous avons précisé nos positions sur, successivement, le quartier de la Libération et sa rénovation chaotique, le Palais de l’Agriculture et l’absurde OPA de la mairie, les réserves foncières de la CANCA dans la plaine du Var, la rénovation de l’Ariane, l’éventuel et désastreux raccordement de la Voie rapide à l’A8… et bien d’autres sujets.

Ainsi, une fois de plus, grâce à cette réunion (et à celle que nous tiendrons mercredi en mairie, comme d'habitude, entre élus), nous pourrons, au Conseil municipal de vendredi, faire preuve de pertinence et de cohérence. Au service de la cité.

11 mars 2007

Une nouvelle victoire de Nice plurielle



Article paru dans Le Standard






Vingt jours. Vingt jours : c'est le temps qu'il aura fallu aux élus de Nice Plurielle pour obtenir de la majorité municipale une capitulation en rase campagne sur la question du terrain Sulzer.

Le 19 février (Pilatte va devoir trancher), l'ensemble de notre groupe avait déposé un recours auprès du tribunal administratif contre l'attribution du terrain Sulzer à un groupe hôtelier de luxe alors même que cet emplacement était réservé depuis de nombreuses années à l'aménagement d'un équipement public,en principe une mairie.

Le recours, préparé (mitonné devrais-je dire) par JFK, était juridiquement pertinent et surtout politiquement légitime : il s'agissait, disions-nous à l'époque, de laisser à la prochaine équipe municipale l'opportunité de construire enfin cette mairie tant attendue par les niçois.

Eh bien, le tribunal n'aura pas à se prononcer car la délibération du 20 décembre 2006 sera rapportée par le conseil municipal de vendredi. La raison de ce retrait ne laisse aucune place à l’ambiguïté : « Considérant que le recours en annulation, déposé le 19 février 2007 devant le tribunal administratif de Nice par des conseillers de l'opposition municipale à l'encontre de la délibération 5-29 du 20 décembre 2006, fait peser un aléa sur le projet… » (!!)

Ce paragraphe est d'ailleurs précédé d'un aveu de taille à propos de la même affaire (qui ne devrait pas rester sans conséquence judiciaire) : « Considérant que la délibération du 4 mars 2005, reçue en préfecture le 26 avril 2005 et devenue définitive, comporte une modification matérielle par rapport à celle approuvée par le conseil municipal du 4 mars 2005... », elle sera également rapportée.

Ainsi, à Nice, il semblerait qu'une délibération une fois votée puisse être modifiée par l'équipe du maire. Une nouvelle pratique qui, à l'évidence va révolutionner la jurisprudence administrative... C’est ce qu'on appelle l'Etat de Droit !

Une fois de plus Nice-Plurielle a bien travaillé dans l'intérêt de la ville et de ses habitants. Mais ce succès reste fragile : la délibération 5-21 concluant que « la ville désormais optera pour la passation directe d'un bail à construction avec le preneur à bail de son choix et...qu'il en sera délibéré ultérieuremen ». Ben voyons !

Il va de soi que nous serons particulièrement vigilants : l'emplacement Sulzer est trop utile à la collectivité pour être bradé à un groupe privé en toute opacité.

P. S. Cette question sera évidemment abordée lors de la traditionnelle séance de préparation "participative" du Conseil municipal au CLAJ, ce lundi 12 mars à 20 h.

09 mars 2007

Edith for ever

Les séances de rattrapage ne se sont pas réduites à César 1 - Oscar 0. Elles m'ont permis de vérifier, après Lady Chatterley, un regain de vitalité du cinéma français. Passons sur l'insignifiant « Je crois que je l'aime », une de ces fameuses comédies à l'américaine made in France (Lindon-Bonnaire en couple glamour on doit pouvoir faire mieux...non ?) pour se féliciter de l'excellence de « Ne le dis à personne » et surtout de « La Môme ».

- Ne le dis à personne, de Guillaume Canet, est un thriller plutôt bien ficelé avec un François Cluzet (césarisé) au mieux de sa forme. L'atmosphère étrange du film est parfois du digne de Patricia Highsmith, quelques personnages de notables forcément corrompus lorgnent du coté de Chabrol (admirable Jean Rochefort), le fil rouge de l'histoire - avec un innocent que tout accuse - est "hitchcockien" en diable. Mais ces prestigieux parrainages ne sont pas usurpés par un film qui a le double mérite d'avoir un vrai scénario et d'être, au delà de quelques défauts de jeunesse, cinématographiquement bien maîtrisé.

- La Môme, d'Olivier Dahan, qui retrace la vie d'Edith Piaf, est un grand film. On pouvait redouter un téléfilm de luxe retraçant chronologiquement l'histoire d'une icône de la chanson française avec scènes immanquables et culturellement correctes. En réalité La Môme est un film âpre, dérangeant, crépusculaire. Dahan réussit l’exploit d’être à la fois démystificateur sans être démythificateur. Le film insiste en fait sur l’enfance et les dernières années de la chanteuse : l’enfer de la misère et celui de la déchéance. Comme pour mieux nous faire comprendre dans ces conditions extrêmes, l’extraordinaire vitalité de la Môme. La vitalité de la mouche contre la vitre, celle qui fait qu’on se cogne jusqu’à la mort. L’interprétation de Marion Cotillard est hallucinante au vrai sens du terme : elle est Piaf.

Pour avoir consacré il y a trois ou quatre ans une journée d’errance parisienne à refaire le parcours de la vie d’Edith Piaf de Belleville au Père Lachaise, le film me permet de retrouver avec émotion ces lieux,ces quartiers encore habités par le souvenir de celle qui à la fin « ne regrette rien ».

Ce film est tellement bouleversant - il m’a tellement bouleversé - qu’après la séance, en rentrant chez moi, j’ai tout bonnement oublié de m’inquiéter du résultat de l’Olympique Lyonnais en Champion’s League.

Et cela, croyez-moi… c’est un signe !!!

07 mars 2007

Les ruraux sont masos


Perpignan. Lundi 5 mars. Quinze heures.

A deux pas du Castillet (« tout neuf », cher à Trenet), l’entrée de la Préfecture des Pyrénées-Orientales a triste allure. Devant ses portes, une quarantaine de tracteurs agricoles ont déversé des bennes et des bennes de … salades vertes. A l’évidence, les paysans producteurs sont en colère. Contre les notables, contre l’Etat, contre la grande distribution. Les CRS sont là, passifs comme il se doit quand il s’agit d’une manifestation agricole…

Ce mécontentement me semble étrange. Il y a à peine deux jours, on a pu voir le Président inaugurer le salon de l’Agriculture devant une profession énamourée, regrettant déjà de perdre ce Chirac qui sait si bien flatter le cul des vaches. Il y a vingt-quatre heures, un sondage démontrait que Sarkozy, l’apprenti œnologue, était le candidat des agriculteurs. Chirac, Sarkozy : il me semble pourtant que ces deux-là ont eu quelques responsabilités au cours de ces cinq dernières années…

En réalité, ce paradoxe n’est pas vraiment surprenant dans le contexte du monde agricole français. Un monde où les gros se servent des petits comme paravents, en les enrôlant sous la bannière du corporatisme, FNSEA en tête, forteresse inexpugnable contre laquelle la gauche s’est cassé les dents (je pense particulièrement aux tentatives courageuses d’Edith Cresson quand elle était ministre de l’Agriculture).

Et que dire de la PAC – maintenue et imposée sous sa forme actuelle par Chirac – qui fonctionne à peu près avec les mêmes principes. Il s’agit, là aussi, au nom de la défense de l’agriculture, de subventionner largement les gros producteurs en provoquant, non seulement l’exode rural dans nos campagnes, mais aussi et surtout la ruine des agriculteurs des pays du Sud, asphyxiés par des cours mondiaux artificiels parce que subventionnés.

Manifester avec conviction, c’est bien. Mais voter avec discernement c’est mieux. Puissent les manifestants de Perpignan s’en souvenir au mois d’avril.


Photos : Dominique BOY-MOTTARD

06 mars 2007

César 1 - Oscar 0

Double séance de rattappage cinématographique : Les infiltrés, de Martin Scorsese, et Lady Chatterley, de Pascale Ferran, qui ont respectivement reçu la semaine dernière Oscar et César du meilleur film.

Contre toute attente, compte tenu de mon admiration pour Scorsese (son génial Gangs of New York, par exemple), c'est le film français que j'ai préféré.

Plus qu'une simple adaptation littéraire, le film de Pascale Ferran nous fait vivre de l'intérieur la célèbre passion de Lady Chatterley pour son garde-chasse. Le film frissonne, vibre, palpite, à l'unisson d'un panthéisme sans mièvrerie, sans pour autant occulter le contexte social, très présent dans l'oeuvre littéraire. Un couple d'acteurs à peu près inconnus (Marina Hands, césarisée, et Jean-Louis Coulloc'h) prêtent avec talent leurs corps ordinaires à cette aventure extraordinaire. Une réussite.

Par contre, que dire du film de Scorsese ? Malgré un évident savoir-faire et une distribution béton, nous nous trouvons face à un nouvel avatar du thème éculé de l'ambiguïté des rapports entre flics et voyous. Infiltré-voyou chez les flics (Matt Damon) contre infiltré-flic chez les voyous (Leonardo di Caprio) : rien de très nouveau dans cette histoire de frères ennemis si ce n'est l'omni présence du téléphone portable qui, apparemment, dans les films récents, nourrit la paresse des scénaristes. Quant à l'hécatombe finale, elle est quasiment digne d'un Lautner de la grande époque. Mais Lautner avait au moins le bon goût de ne pas se prendre au sérieux.

Enfin, puisque la mode est au troisième homme, remarquons les belles prestations du vulnérable Hyppolite Girardot (en Lord humilié dans le Ferran) et du démoniaque Jack Nicholson (en mafieux cruel dans le Scorsese), même si, là aussi, on peut préférer la subtilité d'Hyppolite à l'esbrouffe de Jack. En effet, si la seconde est jubilatoire, la première a l'avantage de se mettre au service du film et du film seulement.

03 mars 2007

Lettre à France

Incroyable opération marketing que ce retour sur le devant de la scène de Michel Polnareff. Fan depuis toujours de l'inoubliable créateur de Love me, please love me, ce retour de flamme me comble. Il me comble sans que pour autant je sois dupe : la capacité des médias à créer artificiellement un événement est tout simplement effrayante.

C'est qu'au delà de la voix et de l'univers musical, par essence intemporels, Polnareff, ce n'est pas vraiment retour vers le futur, mais bel et bien retour vers cette France post soixante-huitarde, beaucoup plus puritaine qu'on ne le pense généralement. Il a suffi que Michel Polnareff affirme en chanson "Je veux simplement faire l'amour avec toi", pour être rejeté à l'époque dans l'enfer des programmations radiophoniques nocturnes. Aujourd'hui quand Monsieur Homais marie sa fille, les dames patronnesses se dandinent pendant le lunch dînatoire (!) en susurrant "Voulez-vous coucher avec moi ce soir" sans que cela n'émeuve personne. A l'évidence, de l'eau a coulé sous les ponts.

En tout cas, "Coucou le revoilou"... Après une longue parenthèse où, fuyant la France pompidolo-giscardienne, il séjourna aux USA. Et après quelques allers-retours sans lendemain. Notons toutefois, en 1990, le fascinant Kamasutra :

Quand la poussière aura effacé nos pas.
Que la lumière ne viendra plus d'en bas.
Ceux qui viendront visiter notre ici-bas
Ne comprendront pas ce qu'on faisait là.
Mais ça ira, ça ira.

Son retour sera-t-il autre chose qu'une opération à monnayer la nostalgie ? Saura-t-il fédérer plusieurs publics ? Réponse après cette tournée tant attendue. Nous en serons.

Quoi qu'il en soit, se replonger dans le répertoire de Polnareff est un moyen bien agréable de passer le temps en avalant les quelques centaines de kilomètres d'autoroute qui séparent Nice de Perpignan... Résultat des courses : un petit tiercé.

1 - Je suis un homme (pour la provoc')
2 - Tous les bateaux (pour l'innocence)
3 - Ça n'arrive qu'aux autres (pour l'émotion)

Et le vôtre ?


En supplément, un petit cadeau de Clotilde... !

27 février 2007

« Fragments de Nice » : le livre

Ce jour est un grand jour (pour moi...). Mon éditeur parisien a eu la délicate attention de m'envoyer en avant-première quelques exemplaires de « Fragments de Nice » qui pourtant ne sera disponible en librairie qu’aux alentours du 15 mars.

Même si je connais bien le texte (!), je ne suis pas peu fier de parcourir le produit fini. La maquette est magnifique, la préface de Claire Legendre lumineuse (*). C’est que j’ai toujours rêvé d’écrire un livre qui ne soit ni (directement) politique, ni universitaire. Aujourd’hui, c’est fait. C’EST FAIT.

Autre motif d’intense satisfaction, ces « Fragments de Nice » sont aussi une sorte de pied de nez aux médiocres xénophobes qui ne manquent jamais une occasion de rappeler que je ne suis pas Niçois de naissance. Et alors ? Ma réponse est là. Comme dit la chanson, « être né quelque part est toujours le fruit du hasard ». Aimer une ville, c’est y vivre, y aimer, y travailler, y militer, sans jamais oublier qu’elle appartient au Monde avec ses fulgurances et ses laideurs.

Deux rendez-vous me permettront d’expliquer tout cela.

Le samedi 17 mars, le livre sera officiellement lancé à la Librairie Masséna de 16 heures à 19 heures autour d’une dédicace.

Le mercredi 11 avril, c’est à la FNAC que sera organisé un débat autour du livre.

En attendant ces rendez-vous (et probablement quelques autres), voici les premières et dernières phrases du Fragment 1 :

« Quarante-deux ans. Quarante-deux ans déjà.
L’Arc-en-Ciel n’a pas changé ».
Immeuble-quartier au cœur de Pasteur, il égraine toujours son chapelet de constellations : Croix du Sud, Grande Ourse, Astrée, Gémeaux…
Dans les années soixante, années béton, années pognon, un seul promoteur avait à Nice la tête dans les étoiles et ce fut le nôtre.
»

(…)

« J’ai douze ans et ma vie commence dans cette ville inconnue et mystérieuse qui pourtant me tend les bras.
C’est que cette ville est le monde.
Et désormais le monde m’appartient.
»



(*) Samedi 3 mars à partir de 19 h, Claire Legendre et Jérôme Bonnetto fêtent la sortie de leur livre "Photobiographies" au Théâtre de l'Alphabet (10 Bd Carabacel - 04 93 13 08 88). Au programme : lecture, cocktail, signature. Entrée libre.

26 février 2007

Les villes de grande solitude


Comme nous l’avions promis avec JFK, nous sommes retournés voir les commerçants de la République, forts du dossier et des statistiques que nous avions recueillis dans la semaine, pour expliquer aux médias la situation et notre démarche auprès du Préfet et du Directeur départemental de la Police. Il s’agit pour nous de stigmatiser le chantier (mal tenu), les indemnités (injustement distribuées), et l’insécurité (endémique) : trois « hic » de taille !

Au delà de la République, je rappelle que, depuis 2001, Nice plurielle ne cesse de dénoncer et de se battre contre la fin annoncée du commerce indépendant à Nice, sous toutes ses formes.

Pour commencer, il y a bien sûr les commerces de proximité, populaires et producteurs de lien social. Je me souviens d’une bataille homérique, menée avec Lucien Fouques, pour empêcher – malheureusement momentanément – l’ouverture des grandes surfaces le dimanche matin à Nice nord. Aujourd’hui, le chantier du tramway donne le coup de grâce à beaucoup d’entre eux.

Ensuite, comment ne pas évoquer la disparition de ces petits joyaux que sont les cités marchandes niçoises, une disparition bien souvent encouragée au nom de la modernité ou de projets immobiliers comme à la Buffa.

Enfin, la situation des marchés est également désespérante. Dans quel état, par exemple, va-t-on retrouver le marché de la Libé après deux déménagements successifs ?

La Municipalité fait tout, malgré les dénégations du maire lorsque je l’interroge sur ce point en Conseil municipal, pour transformer Nice en une ville à l’anglo-saxonne, où, à 17 heures, on abandonne la place à la désespérance sociale et à la délinquance (j’ai encore le souvenir cuisant d’une agression en plein centre ville en fin d’après-midi à Pretoria, en Afrique du sud…).

Nous ne voulons pas que Nice devienne une « ville de grande solitude », mais reste une cité vivante où la rue n’est ni un zoo, ni une jungle, mais un espace public, convivial et fraternel. Et ce n'est pas parce que ma permanence a été cambriolée ce week end que je tiens ce langage...! D'ailleurs, je vous rassure : on n'a pas volé les tracts de Ségolène !

24 février 2007

Aretha après Ségo

Abandonnant lachement Mariluz Nicaise et JFK à la Canca au beau milieu d'une séance de travail sur l'extension du tramway à Nice, je rejoins Acropolis pour la premiere réunion locale depuis Villepinte. Trois cents militants plutôt sereins ont répondu à l'invitation de la Fédération. A l'évidence chacun a apprécié le contenu du pacte présidentiel ainsi que le changement de staff de l'équipe de campagne. Car, comme me l'affirme un militant chevroné : "il était temps car ce n'est pas avec une équipe de deuxième division qu'on gagne la Coupe du monde..."

Les orateurs qui se succèdent à la tribune traduisent également cette volonté de rassemblement tout en faisant des efforts de pédagogie. La réunion me semble utile.

En ce qui me concerne je fais une intervention qui vise à mettre en perspective les propositions du Pacte Présidentiel dans le domaine des Institutions et de l'Europe.

Sur les Institutions, j'insiste sur le fait que dès l'automne un référendum (de l'article 11) permettra une importante évolution de la Ve République (constitutionnalisation de la laïcité, suppression de l'article 49-3, saisine du Conseil Constitutionnel par les citoyens, droit de vote pour les étrangers...). Ce volontarisme est nécessaire car les réformes institutionnelles qui ne se font pas pendant l'état de grâce ne se font plus.

Sur l'Europe, les propositions du Pacte permettent à la fois de relancer le processus en panne depuis le référendum tout réorientant l'Union vers plus de social, de gouvernance économique et de politiques communes. De quoi réconcilier les ouistes et les nonistes.

Il est 22h30 quand, après un dernier portrait de famille (recomposée), je file vers le Méridien car je suis invité à la soirée du Syndicat des Agences de voyage.

Ma surprise est grande lorsque, pénétrant dans le salon d'honneur, je me trouve presque nez à nez avec une superbe chanteuse noire qui interprète avec beaucoup de sensualité la mythique chanson d'Aretha Franklin :"Freedom"... De Ségo à Arétha le parcours initiatique est impressionnant, mais ces petits télescopages culturels ne font-ils pas le sel de la vie ?

Alors pourquoi pas ?

"You need me and I need you
without eachother there ain't nothing people can do
freedom ! freedom ! yeah freedom !
"

... Si c'est Aretha qui le dit !

21 février 2007

Patrimoine stories

Présent comme chaque année à l’assemblée générale de la société d’Agriculture, je constate avec ravissement que les murs de la salle de réception annoncent la prochaine restauration du Palais de l’Agriculture, joyau architectural du début du siècle lové au cœur de la Promenade des Anglais à hauteur de Magnan. C’est que, pendant des années et des années, avec les sociétaires, JFK et quelques autres, nous nous sommes battus pour éviter la démolition de cette petite merveille par une municipalité vandale, prête à tout pour quelques profits immobiliers.
Tout en écoutant un des responsables de l’association affirmer que le futur maire de Nice était sûrement dans la salle (la vérité m’oblige à dire que les élus étaient peu nombreux…), je me remémore pour le plaisir quelques belles batailles patrimoniales. Des batailles pour conserver « ces repères qui permettent de s’arrimer dans l’éther du temps qui passe… ».

- La plus ancienne nous avait permis de sauver la façade du Palais de la Méditerranée. Je n’étais à l’époque qu’un simple militant, mais j’avais participé avec passion à la lutte de quelques associatifs et d’une poignée d’élus de gauche emmenés par Séraphin Pinto et Michèle Matringe pour que Jack Lang le classe malgré l’opposition de Médecin.

- La plus personnelle fut celle qui me vit consacrer quatre années de mon mandat de conseiller général à la sauvegarde de cette gare du Sud si chère au cœur des niçois. Avec Momo Rafai et Louis Delaneff dans le quartier, et Wanda Diebolt au ministère, le combat fut rude mais la victoire, actée par un ministre UMP, fut éclatante. Les Niçois qui n’ont pas la mémoire courte m’en parlent encore souvent.

- La plus spectaculaire restera celle du Port même si la dimension du projet était telle que l’aspect patrimonial (le quartier du Port défiguré) n’était pas la seule raison de notre hostilité. Avec Paul Cuturello, nous nous sommes opposés dès l’origine à cette version made in CCI de « La croisière s’amuse ». L’issue de la confrontation fut longtemps incertaine car la Région soutenait le projet. Nous fîmes donc le voyage de Marseille pour convaincre Michel Vauzelle et, avec l’aide du comité de quartier et… des posidonies, l’affaire fut pliée !

- La plus décevante, c’est quand, après des mois de mobilisation, nous vîmes avec JFK le Castel des deux Rois réduit en un petit tas de pierres par une pseudo fausse-manœuvre d’un engin de chantier. Ce jour-là, j’avais accusé le Maire de « non assistance à patrimoine en danger » devant les caméras de France 3. La formule a fait mouche et colla longtemps à la peau de Jacques Peyrat.

Maintenant c’est vers l’avenir qu’il faut diriger nos regards. Réfléchissons à quelques challenges patrimoniaux pour le prochain mandat : vos suggestions seront les bienvenues. En attendant, je vous soumets la mienne : supprimer l’absurde mur de la honte que représente le parking de la promenade du Paillon afin de permettre à la ville de se réconcilier avec elle-même.

20 février 2007

Pilatte va devoir trancher

« Six minutes » de M6 : les élus de Nice Plurielle au Tribunal Administratif

M6, France 3, la presse écrite, les radios, les photographes : le moins que l’on puisse dire est que les journalistes ont largement répondu à mon invitation et à celle de Nice Plurielle pour une conférence en plein air sur la terrasse baignée de soleil qui jouxte le Tribunal administratif de Nice.

Il s’agissait de présenter à la presse notre recours contre l’attribution du terrain Sulzer à un groupe privé pour construire un hôtel de luxe.

Si les quatorze conseillers municipaux de Nice Plurielle se sont mobilisés en cosignant ce recours, c’est qu’à l’instar du dossier du tramway, l’affaire du terrain Sulzer est révélatrice des mœurs relâchées de l’équipe en place.

Il y a plus de quinze ans, Jacques Médecin, qui n’a pas eu que de mauvaises idées, a exproprié ce fameux terrain Sulzer situé idéalement en bord de mer pour construire une mairie digne de la cinquième ville de France. Jusqu’à une période récente, plus personne – et surtout pas le maire actuel – ne se préoccupa de ce terrain transformé en parking de bus. Probablement le parking de bus le plus glamour du monde !

Pendant ce temps, Jacques Peyrat s’acharna à vouloir construire une méga mairie à la place de la Gare du Sud, déclanchant une vaste querelle patrimoniale qui se termina par notre succès avec l’aide des associations et du ministre de la Culture.

Enfin, il y a à peu près deux ans, le maire décida de céder Sulzer pour y faire construire un palace, détournant ainsi la vocation naturelle de ce terrain municipal.

Mais les conditions d’attribution étaient si peu claires que le contrat fut suspendu et deux collaborateurs importants du maire mis en examen. Sans attendre la décision de la justice, la majorité municipale, décidément impatiente, relança l’affaire en attribuant dans la précipitation une nouvelle fois le terrain à un autre groupe hôtelier.

C’est cette décision que nous attaquons pour elle-même (non-respect du droit au sol et du cahier des charges, déséquilibre économique au détriment de la Ville), mais surtout pour laisser à la prochaine équipe l’opportunité de construire enfin cette mairie tant attendue par les Niçois.

Il revient donc maintenant aux juges du boulevard Franck Pilatte de trancher dans le sens de l’intérêt général. Nous n’en doutons pas.

17 février 2007

La République est en danger !

Après mon troisième mariage de la semaine (Amira et Mohamed succédant à Christine et Jean lundi, et à Vilma et Maxime mercredi), je rencontre avec l'ami JFK, les commerçants de la rue de la République.

L'accueil est très chaleureux comme à chaque fois que je me rends dans les quartiers est de la ville (proches de Pasteur et de la Gendarmerie où j'ai longtemps habité). Par contre la rue est encore plus sinistrée que lors de mon dernier passage. Alors que le chantier touchait normalement à sa fin, "on" s'est aperçu que la dalle posée pour supporter le tramway n'est pas à niveau... Au-delà de ce problème, qui aurait dû être traité en début de chantier et qui met en danger les commerces riverains susceptibles d'être inondés à la première pluie, je peux vérifier, avec Jean-François, l'incroyable désinvolture de la mairie vis-à-vis des difficultés de nos concitoyens. Plus tôt dans la semaine nous avions fait le même constat avec Dominique en faisant le tour des commerçants de Borriglione également traités en mineurs incapables malgré, là aussi, un problème de dalle trop élevée.

En fait, le chantier du tramway est un condensé des turpitudes du "peyratisme". Ainsi, sans ordre préférentiel (!) :

- le mépris : la vie des niçois n'est qu'une valeur d'ajustement pour les "bâtisseurs visionnaires" de la majorité municipale (rappelons par exemple l'incroyable affaire du 51, avenue Borriglione) ;

- le gaspillage : opérations de pure communication comme le petit voyage du tram en décembre qui a coûté une fortune aux contribuables en retardant le chantier ;

- l'incompétence : aucune vue d'ensemble, chacun travaille de son côté, l'expérience des autres villes n'est pas prise en compte, les chantiers sont mal tenus, les fonctionnaires compétents souvent sur la touche ;

- la malhonnêteté : l'affaire Monleau a démontré que la CANCA, maîtresse d'œuvre du tramway, était surtout une machine à écarter l'opposition, laissant ainsi le champ libre à toutes les dérives ;

- la fébrilité : il faut toujours, au nom d’une prétendue urgence (en fait électorale), se précipiter ; du coup, comme on dit, « le travail n’est ni fait ni à faire ».

La quinzaine de commerçants auxquels nous avons rendu visite, nous confirmeront, par ailleurs, vivre dans un climat d'insécurité croissant et ne plus attendre que deux choses : la fin du chantier et les… élections municipales. Qu’ils soient rassurés : Nice plurielle sera présente au rendez-vous.
___________________________________________________________
ELECTIONS PRÉSIDENTIELLES - ELECTIONS LÉGISLATIVES
VOIR L'INTERVIEW DE DOMINIQUE BOY-MOTTARD SUR NICETELEWEB
__________________________________________________________________


14 février 2007

De Rascar Capac à Plékszy-Gladz

Entre deux réunions pré-présidentielles, j'ai profité d'une petite plage de liberté dans un week-end parisien bien rempli pour filer du côté de Beaubourg visiter, en bon tintinophile, l'exposition Hergé.

Une fois de plus j'ai été bluffé par le phénomène Tintin. On dit généralement que les fans du petit reporter à pantalon de golf ont entre 7 et 77 ans. Je peux témoigner que ce Dimanche, sous la pluie, parmi les centaines de visiteurs qui font la queue, nombreux sont ceux qui ont moins de 7 ans. Nombreux aussi ceux qui ont plus de 77 ans. Avec, dans les yeux, la même passion. Plus tard sous les cimaises d'une expo pourtant médiocre, l'excitation sera à son comble et chacun communiera dans une véritable tintinmania.

Je ne sais pas si nous avons tous quelque chose de Tennesee, mais je suis certain que nous avons tous... quelque chose de Tintin ! C'est ainsi que je reproduis périodiquement une scène du « Temple du soleil » : en fac de lettres une cellule doit régulièrement être réactivée pour assurer l'éclairage de mes amphis ; à cette occasion, il me plait de rejouer la scène de l'éclipse en appelant Pachacanac à la rescousse. Mes pourtant très jeunes étudiants, généralement, comprennent.

Pour évoquer le malstrom d'images, de scènes, de personnages qui se bousculent dans ma tête, je vous livre le résultat d'un petit exercice d'écriture automatique directement inspiré par Tintin…

La momie de Rascar Capac, la maquette de la Licorne, la portière de la voiture sciée pour échapper aux gangsters, le rhinocéros explosif, la marche d'escalier brisée à Moulinsart, la plainte du yéti, le chinois fou au sabre tournoyant, le petit sparadrap voltigeur, le Karaboudjan, le peu ragoûtant guano, les sarcophages en attente, le whisky bulle en apesanteur, le lama fâché qui « toujours fait ainsi », Lampion et Abdallah, les deux têtes à claques, Muller et Rastapopoulos, les odieux, Tchang et Zorrino, les gavroches exotiques, le suicide de Wolff... J'en passe et des meilleures. Chacun peut aussi se livrer à ce salutaire petit exercice : why not ?

Mais mille millions de mille sabords, par les moustaches de Pleksksy-Gladz, que le grand cric me croque, j'allais oublier les jurons du capitaine : Phylloxéra, topinambours, vermicelle, anthropopithèque, iconoclaste, moule à gaufres, nyctalopes, espèce de logarithme, ectoplasme, sapajou, zouave, cloporte, coléoptère, coloquinte, zigomar... Si je n'avais pas peur de mélanger les genres je dirais bien : ça c'est du brutal !!!

12 février 2007

Le tour de chauffe est terminé

Photo Dominique Boy-Mottard - Villepinte 11/02/2007

Après un détour, la veille, par la mairie du XXe arrondissement, j'étais à Villepinte avec une petite délégation niçoise pour assister au vrai départ de la campagne de Ségolène Royal. Comme les quinze mille participants, j'avais une candidate ; deux heures après, nous avions une candidate et un programme. Ce qui n'est pas vraiment superflu pour une campagne présidentielle...

Que ce programme reprenne, avec une lecture plutôt à gauche, les fondamentaux du projet du PS me rassure quelque peu. Fidèle à l'enseignement de François Mitterrand, je suis de ceux qui pensent qu'il vaut mieux rassembler son camp avant de penser au second tour.

Bien sûr il reste à expliquer le financement de ces mesures et surtout leurs conséquences fiscales.

Bien sûr le programme présenté aurait pu se dispenser d'intégrer quelques scories démagogiques comme l'encadrement militaire (rejeté par les travailleurs sociaux... et les militaires !), l'affaiblissement de la carte scolaire (qui a plutôt besoin "d'ordre juste") et les jurys citoyens (où ? comment ? pourquoi ?).

Mais tel qu'il a été présenté, il est cohérent et conforme à l'impérative nécéssité qui incombe à la gauche de cliver aprés un mandat de remise en cause des acquis sociaux.

Ce programme est un bon programme. Il convient désormais que Ségolène Royal le décline et l'incarne. Qu'elle l'incarne surtout. Une présidentielle est un élan, une dynamique, un désir... d'avenir ! A notre candidate de jouer. Sur ce que j'ai vu à Villepinte, elle en a les capacités. Les Niçois pourront bientôt juger sur pièces puisqu'elle a promis un beau meeting dans notre ville. Le premier d'un candidat socialiste depuis Mitterrand... Tout un symbole !

09 février 2007

Il faut soutenir la candidature de Nice


Ce vendredi, au Conservatoire, avait lieu le lancement officiel de la candidature de Nice à l’obtention du titre de capitale européenne de la culture réservé à une ville française en… 2014.

N’étant pas amateur de ce genre de grand-messe, ma présence était plutôt exceptionnelle. Mais l’enjeu justifie cette entorse à ma conception de l’élu de terrain.

Depuis 2000, c’est-à-dire depuis la campagne des municipales, je n’ai cessé de dire que Nice est une grande ville européenne et méditerranéenne, une grande ville de culture , qui n’attend qu’un peu d’imagination et de volontarisme des pouvoirs publics pour enclencher sa « movida »…

Cette candidature est justement un moyen de tirer la ville "vers le haut", en associant – dans l’esprit de la démarche de l’Union Européenne – l’ensemble de la population dans la diversité de ses quartiers autour d’un beau projet culturel.

Aussi, ce vendredi, il n’est pas anormal de retrouver une délégation significative de Nice Plurielle avec, à mes côtés, Michèle Matringe, Simone Monticelli et Mari-Luz Nicaise.

Cela dit, l’équipe municipale actuelle n’est peut-être pas la « Dream team » souhaitée pour mener à bien ce projet. Mais il faut bien faire "avec" si nous voulons recueillir les fruits d’un éventuel succès d’une vie future (!).

Après cette première présentation, la candidature de Nice me semble s’appuyer sur deux points forts :
- le couple Jean Nouvel (Président) – Bernard Faivre d’Arcier (directeur artistique) est un incontestable gage de crédibilité ;
- la démarche (projets ciblés) et les thèmes retenus (la lumière, l’esprit du baroque, le vivant et l’artificiel, les arts du rivage) sont particulièrement attrayants.

A l’inverse, le comité de soutien me semble trop niço-niçois pour emporter l’adhésion. La faible implication des responsables politiques est également de mauvais augure. Le discours du maire était très plat et l’adjoint… à la culture s’est contenté d’une envolée lyrique sur les retombées financières de l’opération.

Par ailleurs, le cinéma, point fort de notre patrimoine culturel, semble absent du projet. Certes, "l’immense" Georges Lautner (réalisateur des Tontons flingueurs…) était à la tribune, mais sa caution risque d’être insuffisante pour valoriser ce qui est pourtant, pour la candidature de Nice, un point fort.

Jean Nouvel est donc un peu dans la position de Frédéric Antonetti. Avec une équipe moyenne, il va falloir battre Lyon, Marseille, Saint Etienne et Toulouse. Mais pour la capitale européenne de la culture, il ne s’agit pas d’éviter de descendre en deuxième division, mais bel et bien de gagner la Champions League…

A nous d’avoir la foi des supporters.

08 février 2007

Et un, et deux, et trois débats participatifs

Malgré le temps chagrin et la proximité du rendez-vous de Villepinte, une trentaine de participants ont répondu à l’invitation de Dominique et de la section Nice Mangion pour un débat participatif sur « La lutte contre les violences et les insécurités ». Parmi eux, on trouve de nombreux travailleurs sociaux et un militant du MRC.

Tout le monde est d’accord pour dire qu’il ne faut pas dissocier la question de la sécurité du contexte économique et social. Unanimité également pour admettre qu’il existe déjà beaucoup d’instruments fiables pour lutter contre la délinquance. Seuls manquent cruellement les moyens et la volonté politique. Réhabilitation de la police de proximité et réévaluation du rôle des parents sont des idées qui reviennent dans plusieurs interventions.

Mais le sentiment général est que sur ces questions-là, peut-être plus que sur d’autres, c’est en restant fidèles à nos valeurs de gauche et à celles de la République que nous serons efficaces. Certainement pas en passant un compromis avec le sarkozisme ambiant.

Cela dit, chacun a conscience que nous touchons à la fin de la phase démocratie participative de la campagne. Et comme dirait François Truffaut : « Vivement dimanche ! »