30 juillet 2012

La més-Allianz du Gym


A propos du foot professionnel à Nice, cela va faire de nombreuses années que je défends la même position que ce soit dans mes programmes municipaux (2001 et 2007) ou au sein des assemblées locales.

Première remarque : la présence d’une équipe de foot professionnelle n’est pas une fatalité, même pour une grande ville. Strasbourg et Toulon, par exemple, ont décidé de s’en passer. Mais il ne me semble pas que ce soit la solution à retenir pour Nice. Le Gym, en effet, fait partie du patrimoine culturel de la ville et si le public régulier est quantitativement modeste, il peut se mobiliser pour les grandes occasions (souvenons-nous de la finale de la Coupe de la Ligue il y a quelques années…) Par ailleurs, les supporters sont particulièrement chaleureux et fidèles. 

Si on retient l’option foot pro à Nice, deux solutions s’offrent aux décideurs.

- La première consiste à faire le choix de la continuité avec une équipe « patrimoniale » composée de vieux briscards et de jeunes talents recrutés avec un budget modeste réuni par des investisseurs locaux. Cette équipe est une équipe de milieu de tableau, obligée certaines saisons de se battre pour le maintien. Elle peut toutefois saisir des opportunités comme une victoire en Coupe de France et un parcours honorable en Ligue Europa. Ainsi, les spectateurs niçois auront toujours la chance de voir défiler le gotha du foot français dans un stade de la ville tout en s’enthousiasmant pour une équipe modeste mais fière de ses valeurs et de sa tradition.

- La deuxième solution est de type Chelsea/PSG/Monaco. On fait appel a un gros investisseur extérieur : cheik qatari, oligarque russe ou, à la limite, lunetier français. Là, on bâtit franchement une équipe de Ligue des Champions. Cette solution évidemment est purement commerciale et moins respectueuse de la tradition et de la culture locale. Mais le spectacle peut y trouver son compte.

La particularité de la situation actuelle du Gym est précisément l’absence de choix. La construction d’un grand stade surdimensionné avec un partenariat public-privé (toujours hasardeux !) et la signature du décrié contrat de « naming » avec la compagnie allemande Allianz procèdent clairement de la deuxième démarche. Ainsi, le futur nom du stade squizze sans état d’âme le nom de la cité.

Par contre, le maintien d’un actionnariat local aux moyens limités (le budget de cette année étant même en retrait par rapport à celui de l’an dernier) conduit à la première solution. Avec, cette année, la perspective d’une saison difficile, les recrutements n’ayant pas compensé les départs.

Dans ce contexte, l’arrivée de Claude Puel est un message difficile à décrypter. Voilà un entraîneur XXL (voir, sur ce blog, « Etpourtant Claude Puel était le n° 1 ») qui se retrouve avec un effectif de lutte pour le maintien.

Depuis la loi Pasqua, une municipalité n’a officiellement aucun pouvoir dans la vie et le fonctionnement d’un club. Dans la réalité, la mairie de Nice, cinquième ville de France, peut beaucoup, je l’avais dit à Jacques Peyrat en son temps. Mais encore faudrait-il qu’en accord avec les amoureux du foot et les contribuables de cette ville, une option nette et un projet précis soient affirmés par le Maire. Pour le moment, c’est loin d’être le cas.

27 juillet 2012

Les Arméniens de Srebrenica




Tomislav Nikolic devant le portrait de Vojislav Šešelj

Le nouveau Président de la République serbe s’appelle Tomislav Nikolic ; il a été pendant des années le bras droit de l’ultranationaliste Vojislav Šešelj, criminel de guerre actuellement jugé à La Haye.

Le nouveau Premier ministre serbe s’appelle Ivica Dačić ; il a été pendant des années le porte-parole de Slobodan Milošević.

En résumé, deux extrémistes version balkanique, mi-facho, mi-coco, qui se sont mués en proeuropéens par opportunisme.

Hélas, nous savons depuis l’Espagne, la Pologne ou la Roumanie que les transitions démocratiques sont parfois, au moins en partie, conduites par des suppôts de l’ancien régime. Du coup, la présence de ces deux individus à la tête d’une Serbie qui a pourtant beaucoup à se faire pardonner surprend  peu.

Mais ce qui relève du compromis ne doit pas devenir une complaisance. En effet, Nikolic n’a-t-il pas affirmé, il y a quelques jours, qu’« il n’y a pas eu de génocide à Srebrenica » ? Affirmer cela, c’est nier que 8 000 hommes ont été assassinés en quelques jours, en juillet 1995, par les milices serbes. Affirmer cela, c’est du négationnisme (voir le rappel sur le blog de Dominique).

En clair, les petites frappes de Belgrade veulent nous refaire le coup de la négation du génocide arménien. Et qu’on ne m’oppose pas la différence d’échelle : c’est une question d’humanité et rien ne doit anesthésier notre vigilance.

Les chancelleries occidentales que l’on dit « étranglées d’indignation » (source Le Figaro), doivent avoir conscience qu’éradiquer le négationnisme est toujours plus difficile une fois que celui-ci s’est installé dans les bonnes consciences nationalistes. Raison de plus pour frapper fort ici et maintenant. L’UE doit suspendre les négociations avec la Serbie en attendant une clarification. Quant au peuple serbe, je le respecte mais qu’il prenne clairement ses responsabilités une bonne fois pour toutes. Le continent ne pourra que s’en porter mieux.

25 juillet 2012

Summer movies 2012


Le Vox d'Argelès plage

Chaque année, l’été permet de grappiller, de-ci de-là, loin du sérieux festival cannois, quelques toiles dans des cinémas exotiques et sympathiques. Ainsi, à ce jour, nous avons déjà vu deux comédies dans la charmante petite selle du vox d’Argelès-Plage, le dernier Woody Allen au Méga-Castillet de Perpignan, sans oublier, il y a deux semaines, le soi-disant film événement de l’été à l’UGC Paris de la place Clichy.

Adieu Berthe, Bruno Podalydes (France)

Un quinquagénaire un peu lunaire, qui n’arrive pas à choisir entre sa femme et sa maîtresse, doit assumer la responsabilité des obsèques de sa grand-mère qu’il avait pratiquement oubliée.

Ce film au burlesque humaniste irrésistible est un vrai bonheur. Le scénario et les personnages ne sont jamais où on les attend, mais ce décalage n’est pas artificiel, il est l’essence même du film.

A voir, entre autres, pour l’engueulade d’anthologie qu’essuie le héros de la part de sa maîtresse (Valérie Lemercier), un road movie funéraire hasardeux et la visite de la plus high-tech des entreprises de pompes funèbres. En prime, vous vous féliciterez, avec les personnages du film, du fait que depuis la disparition d’Haroun Tazieff, les volcans se sont tus.


Le prénom, Alexandre de la Patellière et Mathieu Delaporte (France)

Le choix d’un prénom pour un futur nouveau-né provoque un véritable psychodrame dans une famille de bobos parisiens. En fait, à l’exception d’une présentation à la Amélie Poulain – plutôt réussie – il s’agit de théâtre filmé. Le prénom est en effet la reprise d’une pièce de boulevard à grand succès. Du coup, on retrouve dans le film les qualités et les défauts du genre, avec un scénario à la fois minimaliste et tiré par les cheveux et un feu d’artifice de répliques souvent très drôles.

Au crédit du film toutefois, des personnages ayant une épaisseur psychologique un peu supérieure à la moyenne de celle que l’on trouve dans ce type de production.


To Rome with love, Woody Allen (USA)

Après Londres, Barcelone et Paris, l’European Woody Allen Tour s’arrête à Rome. Dans To Rome with love, nous suivons les aventures d’une dizaine de personnages dans le décor de la ville éternelle.

C’est léger et brillant, comme d’habitude. Mais – peut-être inconsciemment – le maître nous offre aux moins deux historiettes qui auraient pu être tournées par Nanni Moretti : un chanteur d’opéra prodige qui ne s’exprime que sous sa douche, et un parfait inconnu qui devient brusquement le chouchou des médias. Pour elles et les autres, un film à ne pas manquer (n’est-ce pas, Manu ?)

Starbuck, Ken Scott (Canada, Québec)

Dans les années 90, pour des raisons économiques, un jeune homme vend son sperme sous le nom de code de Starbuck. Du coup, il devient un peu malgré lui le géniteur de 533 enfants qui veulent le retrouver.

Le film est un peu comme la chaîne de cafés franchisée dont il a emprunté le nom : l’idée-concept de départ est plutôt excitante, mais sa réalisation est à la fois négligée et assez vite lassante. La mise en scène un peu poussive et au final submergée par les bons sentiments fait que ce film – regardable – est loin du phénomène de société qu’une certaine critique a essayé de nous vendre.

22 juillet 2012

Antoni Tàpies à Céret



Tous les ans, le Musée d’Art Moderne de Céret (Pyrénées-Orientales) offre une exposition d’importance internationale que nous nous efforçons de ne pas manquer. Cette année, c’est une rétrospective de l’œuvre de d’Antoni Tàpies qui est proposée. Une exposition – on s’en doute – en forme d’hommage puisque le peintre catalan nous a quittés le 6 février de cette année. L’évidence de cet hommage a dû s’imposer aux responsables car ce sont deux œuvres de Tàpies qui, en façade, encadrent l’entrée du musée qui fait par ailleurs une large place à l’artiste dans ses collections permanentes.

Si les dizaines d’œuvres exposées ont évidemment suscité mon intérêt, j’ai des sentiments plus mitigés sur le sens de l’œuvre elle-même. C’est valable pour Tàpies mais aussi pour nombre de ses confrères contemporains : je suis toujours un peu perplexe devant l’écart qui sépare la pertinence des propos théoriques (Tàpies : « Mon illusion est d’avoir quelque chose à transmettre. Si je ne peux pas changer le monde, je désire au moins changer la manière dont les gens le regardent ») et la pauvreté (ce n’est pas pour rien qu’on parle d’arte povera) du véhicule esthétique que l’artiste met à notre disposition pour l’illustrer.

J’ai conscience que ce que je viens d’affirmer n’est pas très « artistiquement correct », mais j’aimerais bien avoir l’avis des lecteurs de ce blog sur le sujet…

20 juillet 2012

Rendez-vous de juillet




L’été est bien entamé, mais le Conseil général est toujours en pleine activité. Le conseiller général du 5e canton aussi, que ses électeurs se rassurent.

Ainsi, cette matinée fut consacrée à un long et très intéressant entretien avec les policiers responsables du commissariat des Moulins à Nice Ouest. Il s’agissait en fait de la trentième des rencontres que nous avons initiées avec Sami dans le cadre de la mission d’observation du secteur de la prévention spécialisée qui m’a été confiée.

L’après-midi, elle, était dédiée à une réunion extraordinaire de la Commission des affaires sociales (le premier budget du CG) au sujet de la réorganisation institutionnelle des administrations compétentes. Il aurait été malséant que je n’assistasse pas à cette réunion dans la mesure où j’étais celui qui en avait demandé la tenue. En effet, je suis de très près ce secteur qui englobe l’insertion, le handicap, l’enfance, la famille et la dépendance et dans lequel Dominique s’était, pendant six ans, investie avec sa pugnacité bien connue, avant d’être évincée du CG par une Verte traîtrise.

Si l’on ajoute au cours des dernières semaines, une Commission permanente avec une centaine de dossiers, une Commission d’évaluation des marchés publics que je co-préside (et au cours de laquelle j’ai demandé une étude serrée sur les marchés de la Communication), un Conseil d’administration du collège Vernier, on peut constater que juillet n’est pas tout à fait un mois de farniente. Et je ne parle pas des nombreux rendez-vous individuels. En ligne de mire enfin, restent encore un rendez-vous au commissariat de l’Ariane et une tournée dans les établissements du Foyer de l’Enfance dont je suis administrateur.

En ce mois de juillet, je vis donc sous le signe d’une certaine schizophrénie : Gump à la campagne, élu à la ville…

PS : J’invite tous les lecteurs de ce blog à suivre les aventures du Commandant Dromard sur http://commandantdromard.wordpress.com. Politiquement correct s’abstenir !

16 juillet 2012

Forrest chez Arnaud



C’est désormais une habitude bien établie, juillet arrivant, Forrest Gump empile les kilomètres sur des bitumes de hasard au gré de ses pérégrinations estivales. Parmi ces raids, il en est un pour lequel il a une tendresse particulière, c’est celui qui lui fait sillonner les routes de sa belle Saône-et-Loire natale, département du sémillant Arnaud Montebourg, président du Conseil général, qui ne manque pas de l’interroger à l’occasion sur cette intrigante manie (voir sur ce blog). Ainsi, cette année, après deux sorties parisiennes en guise d’apéro (de 16 kilomètres chacune quand même, Gump s’est élancé pour l’édition 2012 de son «71 Tour».
Départ Clessé, petit village où nous logeons cette année (voir le blog de Dominique) qui est surtout connu comme lieu de production d’un des meilleurs Mâcon blanc : le fameux Viré-Clessé très apprécié par ma suppléante Joëlle ! Le ciel est bleu et la température qui flirte avec les 20°C parfaite. L’accompagnatrice photographe fidèle, toute de Juke équipée, est bien entendu de la partie.
Dès la sortie de Clessé, il s’agit d’aligner les kilomètres sur une route vallonnée entre les vignes. Puis c’est déjà le mystérieux bois de Péronne. Dans mes souvenirs d’enfance cétait un peu «Contes et légendes de la forêt viennoise». Aujourd’hui, en Nike, il apparaît nettement moins impressionnant. Encore que !
Un petit col, et j’enchaîne avec une descente abrupte qui me permet, d’après la Batmontre, de dépasser la vitesse ahurissante de 15 km/h. Pas de doute, je suis un super héros !
Puis c’est Lugny - El Paso (voir le blog de Dominique), le bourg où ma mère fut jadis une éphémère apprentie coiffeuse et où nous vîmes, il y a quelques années, avec une joyeuse troupe, triompher Induren dans un contre la montre du Tour de France.
Le douzième kilomètre est franchi quand je traverse Bissy-la-Mâconnaise et sa modeste mais parfaite église romane. Dans la montée qui suit, je suis dépassé par un «enjambeur» sans que mon moral soit atteint. La pente et rude, mais je connais chaque mètre de la route pour y avoir si souvent poussé le lourd tricycle de mon père. 

Juste avant d’arriver à Cruzille, le village de ma famille maternelle, je jette un coup d’oeil au cimetière à flancs de coteaux où repose Joséphine, ma grand-mère. Je fais deux fois le tour de la place pour exprimer ma fierté de la voir désormais porter le nom de mon grand-père, Edgard Ponthus, ancien maire et protecteur de la Résistance locale, fort active dans le secteur.
Direction Martailly et Brancion, un village médiéval très connu en Bourgogne. Je constate qu’une vingtaine de kilomètres ont déjà été parcourus.
A la sortie de Brancion, je passe devant un café-restaurant isolé à l’orée des bois, qui fut un important lieu de contact pour les responsables résistants. Je me souviens avoir croisé le même établissement l’année dernière, lors de ma course de juillet, en arrivant par une autre route.
Puis c’est le bois de Chapaize et ses arbres aux troncs recouverts de mousse vert tendre. Je dois encore souffrir dans une traîtresse côte (la vitesse est tombée à 8 km/h me dit goguenarde la Batmontre) pour avoir le droit d’apercevoir le but final de ma course : la tour-clocher presque toscane de l’église de Chapaize (voir sur le blog de Dominique le billet sur les églises romanes du Mâconnais), pour moi la plus belle des romanes de la région.
Le panneau indicateur dépassé, je me relève. Je viens de parcourir presque vingt-cinq kilomètres en deux heures trois-quarts, une allure soutenue pour une sortie-promenade qui m’a fait brûler 1941 calories. Trois de plus et la Libération aurait été atteinte. L’année prochaine, peut-être ?


Ajouté le 18 juillet, pour satisfaire la curiosité d'Alexandre relativement à la casquette de Forrest présente en début de course et plus ensuite :






10 juillet 2012

11, rue Campagne-Première, et cætera…

Le cinéma aime Paris. J’aime partir à la recherche des lieux de la capitale où ont été tournées des scènes mythiques de films célèbres. C’est ce que je viens de faire pendant un séjour aussi court que fructueux, vous allez pouvoir en juger.

Première étape dans le quartier Montparnasse, 11, rue Campagne-Première : Michel (Jean-Paul Belmondo), dénoncé par Patricia (Jean Seberg), sa petite amie, vient d’être abattu par la police dans la rue, précisément devant le numéro 11 qu’il venait de fuir. Il s’agit bien sûr de « A bout de souffle » de Jean-Luc Godard.

Michel
C’est vraiment dégueulasse !
Patricia
Qu’est -ce qu’il a dit ?
L’inspecteur Vital
Il a dit que vous étiez vraiment dégueulasse.
Patricia
Qu’est-ce que c’est «  dégueulasse » ?

Deuxième  étape : un peu plus au nord en plein quartier latin, place Sainte Geneviève : Saroyan vient d’exploser avec sa Rolls la frêle 2CV de Maréchal. On se souvient de l’inénarrable duo De Funes-Bourvil dans « Le corniaud ».

 Saroyan
Qu’est ce qu’il y a ?
Maréchal
Comment, qu’est ce qu’il y a ? Ben, elle va marcher beaucoup moins bien, forcement !
Saroyan
C’est pas grave !
Maréchal
C’est pas grave ? Mais qu’est-ce que je vais devenir ?
Saroyan
Un piéton.

Troisième étape : près de l’Etoile, au dernier étage d’un immeuble situé au coin du boulevard de la Grande Armée et de la rue Tilsutt, Etienne est en fâcheuse posture, en peignoir, sur le rebord de la fenêtre de la chambre de sa maîtresse. Nous nous souvenons de Jean Rochefort dans « Un éléphant, ça trompe énormément ». Il a quand même la force de philosopher en voix off :


En cette matinée grisante, où, de la position privilégiée que j’occupais, j’entendais le chant des oiseaux précédé des bruits de la ville, je songeais à tout ce qu’il m’avait fallu donner de chance, d’audace et, oserai-je le dire ? d’ingéniosité pour en arriver là. Mon imagination pourtant très ambitieuse n’aurait jamais su m’y porter seul.

Quatrième étape : elle est due à ce bon vieux Forrest Gump qui n’a pas hésité à boucler un périple de 16 kilomètres pour photographier dès 6 heures du matin une église parisienne où a été tournée la scène finale d’un film très connu. Plagiant sans vergogne « Les jeux du week end » d’un blog ami, je vous demande donc : quelle église ? quel film ? 


08 juillet 2012

Federer : he is the champion !





4-6, 7-5, 6-3, 6-4

Ça y est : Roger Federer vient de gagner pour la 7e fois Wimbledon et de redevenir numéro 1 en égalant au passage (avant de le battre dans deux semaines) le record de Sampras.

Devant ma télé parisienne, en duplex avec Dominique, j’exulte ! On le disait « usé, vieilli, fatigué ». Pleins de certitudes, les médias affirmaient que Nadal puis Djokovic  l’avaient définitivement envoyé en préretraite.

Aujourd’hui, il est (re)devenu le plus grand champion de tous les temps.

Comme quoi, avec du talent et un gros mental, on peut toujours revenir, même après une traversée du désert de trois ans.

07 juillet 2012

Des nouvelles des nouvelles



 Ma dernière publication ayant désormais plus d’un an, nombreux sont les amis et les lecteurs qui me demandent si je suis en train d’écrire « quelque chose »… La réponse est bien évidemment oui. Depuis quelques mois, je vole un peu de temps à l’Université et au Conseil général pour écrire un livre de nouvelles, un genre tout à fait nouveau pour moi.

Ces nouvelles ont pour lieu géographique – au moins au départ – Nice et leur climat est celui d’un fantastique léger. A ce jour, les trois premières sont à peu près finalisées sous les titres de La Dame de Carras, La Facel Vega et le Ruhl et L’avventura  du Mont Chauve. D’autres suivront (trois ou quatre probablement).

En attendant, voici quelques extraits pour les lecteurs de ce blog.

     « Cela arriva quelque temps après le départ de Tania, l’amie moldave avec laquelle il vivait depuis cinq ans. Gaëtan se réveillait en pleine nuit et subissait d’interminables crises d’éternuements. Si la coïncidence était troublante, il n’arrivait cependant pas à faire le lien avec cette rupture unilatérale qui l’avait plus surpris qu’affecté.
     Le phénomène était spectaculaire. La crise s’achevait au petit matin, parfois plus tard et c’est épuisé qu’il se rendait à son bureau de fondé de pouvoir dans une grande banque du centre-ville. »  (La Dame de Carras)

     « Monsieur Bernard comme l’appelaient ses rares connaissances – en général des fournisseurs et des prestataires de services – n’avait jamais travaillé de sa vie. Il n’avait pas encore vingt-cinq ans quand son père en fit un rentier. Celui-ci avait eu le talent de composer deux ou trois ritournelles à succès ayant généré de substantiels droits d’auteur et le bon goût de mourir jeune et veuf.
     Aussi, c’est très tôt qu’il put partager une existence oisive entre deux passions : les femmes et les voitures de collection. Mais, à la cinquantaine, il s’éloigna des femmes et l’idée même du libertinage le plongeait dans un ennui profond. Dès lors sa passion pour les voitures devint exclusive. » (La facel Vega et le Ruhl)

     « Les gestes de l’amour, quelle que soit l’imagination des amants, sont toujours à peu près les mêmes, et pourtant, pour lui, tout fut nouveau cette nuit-là. Son désir n’était plus qu’un prétexte pour aller au-delà de lui-même, au-delà d’eux-mêmes… Un prétexte qui jamais ne défaillit. Toute une nuit où il n’eut pas besoin de renaître car jamais il ne mourut. » (L’avventura du Mont Chauve)

04 juillet 2012

Quatre conditions pour remonter à la surface


La gauche niçoise vient de perdre sèchement les élections législatives. Ce n’est pas une nouveauté mais cette défaite-là fait peut-être plus mal que les autres car le contexte général était pour le moins favorable avec l’élection de François Hollande et la vague rose un peu partout en France. Les électeurs de gauche ont vraiment le sentiment de toucher le fond de la piscine.

Deux années nous séparent des prochaines échéances locales. Il faut sans attendre les mettre à profit pour déclancher une véritable révolution culturelle de la gauche niçoise. Révolution sans laquelle, elle restera au fond sans jamais remonter à la surface.

Pour nourrir le débat (qui ne devra pas être trop long), il me semble que les valeurs que Gauche Autrement met en avant depuis 2008 sont plus que jamais d’actualité. Pour faire simple, on peut en isoler quatre chantiers susceptibles de constituer un bon socle pour cette révolution.

1. L’élaboration d’un projet qui aille au-delà des fondamentaux de la gauche

Bien sûr, il faudra continuer à proposer le mieux vivre contre la mégalopole, la démocratie participative contre la com', la mixité sociale contre la ségrégation… Mais il faudra aller au-delà avec des propositions iconoclastes comme celle qui permettrait de sortir les quartiers populaires de la tutelle des trafiquants et des intégristes.

2. La volonté de sortir de la logique des appareils qui a fait tant de mal à la gauche

Il faut instaurer entre les électeurs et les partis des relations qui ne soient pas phagocytées par les appareils. Il est évident que des modes de désignation type « primaire » constitueraient de ce point de vue un net progrès.

3. La pratique d’une opposition constructive qui permette de positiver l’action politique de la gauche

Il faut en finir avec les discours essentiellement négatifs. Chaque critique devrait être prolongée d’un comparatif projet contre projet. Encore faut-il que ce projet existe (d’où la première proposition) !

4. L’ouverture de la gauche au-delà d’elle-même pour qu’elle devienne une force de rassemblement

En ces terres de droite extrême, la gauche a pour vocation de représenter, au-delà d’elle-même, les valeurs républicaines. Ne pas le faire conduit à l’échec électoral et à une certaine désespérance citoyenne.

Avancer sur ces quatre chantiers permettrait à coup sûr à la gauche de ne pas s’empêtrer dans des questions de personnes et de sortir du sectarisme.

Avancer sur ces quatre chantiers serait un bon point pour amorcer notre remontée à la surface.

01 juillet 2012

Martin, l’âne et les deux villas




Ce samedi après-midi fut culturel et se déroula en deux actes :

1er acte : exposition des travaux d’élèves de l’Ecole municipale d’Arts plastiques, Villa Thiole.

C’est toujours un plaisir de faire cette visite de fin d’année en compagnie de Martin Caminiti, le sympathique directeur de l’établissement que j’ai eu l’honneur de marier dans une vie antérieure. Tout en admirant peintures, sculptures et photographies des élèves, c’est en général l’occasion de faire le bilan de l’année et de constater une fois de plus que l’école pourrait accueillir le double d’élèves si elle en avait les moyens. Personnellement, les deux fois où, tête de liste, j’ai eu une responsabilité dans l’élaboration d’un programme culturel municipal, j’ai proposé de doubler le budget de ce type d’établissement. J’ai en effet la conviction que développer les pratiques amateurs est un des moyens qui permettent d’élargir les publics de la culture.

2e acte : performances Ben/Fluxus, Villa Arson

Autour d’un ring, il s’agissait pour l’ineffable Ben en bermuda rouge et ses acolytes de se livrer à quelques performances dans le cadre de l’exposition des diplômes 2012 de l’école de la Villa Arson.

C’est ainsi que nous avons eu le plaisir d’assister à un remake de la célèbre « fumisterie » de Roland Dorgeles qui, en 1910, avec ses potes du cabaret montmartrois Le lapin agile, avait présenté au Salon de peinture des Indépendants un tableau intitulé « Coucher de soleil sur l’Adriatique » peint en fait par… un âne avec sa queue ! Il s’agissait bien sûr de brocarder l’abstraction défendue à Montmartre par la « bande à Picasso ».

Eh bien, cette après-midi, c’est l’âne Feri qui s’y est collé. Avec un enthousiasme mesuré, il est vrai. Au point que le public a eu peur que Feri botte en touche (et oui Bernard, il n’y a pas que toi !). Mais au final, il nous a quand même barbouillé quelques traces de peinture jaune ressuscitant ainsi la prouesse de Lolo, l’âne de Dorgeles.

Reste à titrer l’œuvre. Moi, je proposerais « Ane-onyme »… Mais c’est à Bernard de voir !

30 juin 2012

Le temps des mémoires





 La dernière quinzaine de juin est traditionnellement pour moi le temps des mémoires, c’est-à-dire celui où je participe à de nombreux jurys pour évaluer, avec un autre collègue, les mémoires écrits par nos étudiants. Cette année la récolte fut abondante avec les travaux de deux étudiants de la licence franco-allemande, diplôme binational délivré pour la France à Nice, et ceux de quinze étudiants de Master 1 Infocom, filière spécialisée dans la Culture et la Communication, où j’effectue une partie de mon service. A raison de 100 à 150 pages par volume la tâche est rude mais ces lectures sont toujours intéressantes, parfois passionnantes. C’est un exercice que j’apprécie également car il permet un échange intellectuel furtif mais sympa avec un(e) collègue qu’on ne fait que croiser le reste de l’année. Enfin, il y a le plaisir d’accompagner un(e) étudiant(e) dans sa première recherche qui est aussi souvent son premier travail vraiment créatif.

Cette année, bien sûr, je donnerai une mention spéciale aux deux étudiantes allemandes Kerstin B. et Katrin F. pour leurs études comparatives, la première sur la laïcité, la seconde sur l’organisation du temps de travail. Deux réflexions iconoclastes qui démontrent la supériorité de la définition française de la laïcité pour affronter les défis de l’immigration et les limites sociales du modèle économique allemand tellement admiré dans notre pays. Deux mémoires que j’ai eu le plaisir de diriger pendant toute l’année et qui ont obtenu la note de 18/20. Nous allons d’ailleurs présenter ces travaux à un concours des meilleurs mémoires organisé par l’Union Européenne.

Coté Infocom, j’ai évidemment apprécié les écrits des trois étudiants qui ont travaillé sous la direction de Cristel Taillibert, notre Madame Cinéma. Avec Charles K., nous avons revisité le drame d’Ouvéa à travers le film de Mathieu Kassovitz L’ordre et la morale. Anne-Charlotte A., elle, nous a entraîné du côté de l’American dream vu par les « teens movies » (une occasion d’évoquer l’excellent mais roublard Juno). Quant à Liza P., elle nous a permis d’ausculter l’école républicaine à travers le cinéma contemporain français (l’incontournable Entre les murs par exemple). Disons que le bulletin de santé est plutôt alarmant. A la clé, un double 16/20 pour Anne-Charlotte et Liza.

Avec ma collègue Sylvie Parrini-Alemanno, spécialiste de la communication des organisations, j’ai participé au jury de mémoires assez techniques, mais où j’ai appris beaucoup de choses sur la vie des entreprises. Ce fut le cas avec El hadji Arona D., Elena M., Bakary W., mais aussi Savéria C. qui nous a parlé du déficit d’image des EHPAD, un sujet qui ne pouvait qu’interpeller le conseiller général que je suis. Le maillot jaune de ce petit peloton fut Julie V. qui, après nous avoir présenté fort pédagogiquement « Les nouveaux enjeux de la communication interne aux entreprises », s’est vue attribuer la note de 16/20.

Toujours avec Sylvie, Charlotte M. nous a présenté un travail sur « La génération Y » (un coup de vieux pour les profs !) et Kelly R., que j’ai eu le plaisir de diriger également pendant l’année, a fait une belle synthèse de la notion un peu floue de médiation culturelle avec des exemples de terrain comme « Mars aux musées » ou le CIAC de Carros.

Avec Paul Rasse, ce fut une remarquable réflexion sur l’ethnicité et les ambiguïtés de la notion d’« ivoirité » (Néné Gallé K.) et une autre sur le mouvement « graffiti » (Adrien L., encore un coup de vieux !)

Avec Nicolas Pelissier, un seul mémoire nous a réunis. Celui de Ridha B. sur les chaînes TV développées par les clubs de football (l’animateur de l’émission foot de Fréquence K ne pouvait qu’être à l’aise avec un pareil sujet).

Enfin, avec Francine Boileau, Madame développement durable de la filière, nous avons exploré les mystères du journal municipal d’une mairie du 8-3 sous l’angle de l’environnement (Clémentine H.) avant de nous intéresser à l’analyse très précise faite par Audrey S. de la communication de la candidate Eva Joly. Un vrai docudrama !

Bon ! Tout cela était fort intéressant mais là, je vais quand même me reposer un peu en me replongeant dans Walking dead !


26 juin 2012

L’hiver arabe



Après la proclamation de la charia en Lybie et la victoire des islamistes en Tunisie, la victoire des Frères musulmans en Egypte scelle définitivement le sort du printemps arabe. Définitivement n’est peut-être pas le mot juste quand on voit l’enthousiasme de l’opposition syrienne après l’annonce de la victoire de Morsi au Caire.

Il fallait une bonne dose de naïveté (ah ! BHL et ses discours enflammés devant Benghazi !) pour imaginer un autre scénario que celui-ci.

Les gouvernements occidentaux et, au premier chef, celui de la France, auraient été mieux inspirés en faisant pression sur les pouvoirs en place plutôt que de les soutenir dans leurs pires délires (ah ! la tente de Kadhafi sur les Champs-Élysées ! ah ! les tribulations de MAM’s family en Tunisie !)

Du coup, par mauvaise conscience, on est passé d’un excès à l’autre en pactisant avec le diable et l’on voit le résultat aujourd’hui : les ayatollahs iraniens et le Hamas gazaoui se frottent les mains.

Mais, me direz-vous, n’est-ce pas un procès d’intention que de stigmatiser des pouvoirs si jeunes ? Peut-être (ah ! le fantasme turc !), mais ce qui est sûr c’est que pour les forces politiques qui viennent de s’installer au pouvoir dans la foulée du pseudo printemps arabe, « l’autre moitié du ciel » est – et ils n’en font pas mystère – de toute façon condamnée à la soumission…

Sans oublier que, nucléaire iranien oblige, cet hiver arabe risque fort – et ce serait météorologiquement cohérent – de nous rapprocher d’une nouvelle guerre froide…

23 juin 2012

Le ciel découpé




Avec Marie de KKF (voir sur ce blog) en grande ordonnatrice, nous avons assisté hier soir au vernissage de l’exposition « Le ciel découpé » du Musée Matisse, en présence de la famille de l’artiste.

Ce fut une nouvelle opportunité quelques mois, après « Mars aux Musées » (voir sur ce blog), de déambuler à travers le lieu probablement le plus lumineux et le plus gai de la ville.

C’était aussi et surtout l’occasion de prendre possession en tant que Niçois des 400 éléments de papier gouaché découpés de l’artiste qui viennent d’être légués au musée par ses héritiers.

Une partie de ces découpages sont excellemment présentés grâce à un étrange meuble tourniquet ressemblant à un indicateur de chemin de fer. il permet en tout cas une incroyable proximité avec les formes et donc les gestes de l’artiste.

Petite anecdote à la clé : l’adjointe à la Culture de la ville, toujours très chaleureuse, a tenu à me présenter à la famille Matisse comme conseiller général mais aussi comme auteur de théâtre. Elle y mit tant d’enthousiasme que ces braves gens qui apparemment venaient d’assez loin (des Etats-Unis entre autres) ont probablement cru se trouver face à l’Ibsen ou – France socialiste oblige – au Bertolt Brecht local ! Ce qui, dans les deux cas – Bernard ne me contredira pas –, est très exagéré (!)


20 juin 2012

Vernier a droit de Cité


Après les collèges Saint Barthélemy (voir ce blog) et Valéri (voir le blog de Dominique), c’était au tour du collège Vernier où je siège de présenter son spectacle de fin d’année dans la chaleureuse salle du Théâtre de la Cité, rue Paganini.

Organiser une fête à Vernier, c’est forcément un peu plus compliqué qu’ailleurs car les élèves représentent… 50 nationalités. Une fois de plus, grâce à des enseignants très impliqués, à une direction efficace et à une équipe administrative très professionnelle, le miracle s’est accompli avec plus de trois heures de spectacles de qualité dans une ambiance plus que chaleureuse

C’est ainsi que les spectateurs ont eu droit à une petite comédie musicale sur Prévert et Kosma (émouvante), une séquence de hip-hop (survitaminée), de la commedia dell’arte (drôle et brillante), un film tourné dans l’établissement intitulé « une classe spéciale », avec un vampire, une femme palmée, l’homme le plus bête du monde et un riche (que des monstres en quelque sorte !). Et plein d’autres surprises.

Comme les prix de fin d’année étaient distribués en même temps, nous avons pu vérifier que les enfants les plus doués artistiquement étaient aussi les bons élèves, à l’instar de Graziella, la fille de mes voisins de salle évidemment très fiers.

Au final, une bonne soirée avec en prime une anecdote amusante. Mon voisin calabrais d’origine s’appelant Rocco, je lui fis remarquer que son prénom parlait au cinéphile que j’étais. Je pensais bien sûr au film de Visconti. Mais, à son sourire un peu gêné, j’ai tout de suite compris qu’il pensait lui à l’autre Rocco célèbre du 7e art. Je me suis donc immédiatement excusé de cette faute de goût qu’en fait je n’avais pas commise…

18 juin 2012

Les meilleurs candidats ?


Il y a deux types d’élection : l’élection à la proportionnelle sur liste (municipales, régionales) qui permet l’élection automatique d’un certain nombre de candidats choisis par les appareils du parti ; et l’élection au scrutin uninominal sur un territoire bien déterminé qui, elle, ne peut permettre l’élection que d’un candidat reconnu et bien implanté. Autant dire que dans le 06 les victoires de ce type existent mais elles sont rares. Ainsi, depuis 2005, elles ont été au nombre de sept (cantonales).

2005 : Dominique Boy Mottard PS (Nice 7), dans le canton le plus à droite de la ville.
2008 : Marc Concas PS (Nice 1), contre Eric Ciotti.
2008 : Marie-Louise Gourdon PS (Mougins, Mouans-Sartoux), dans un canton très à droite.
2008 : Antoine Damiani PS (Carros), après la conquête de la mairie.
2011 : Patrick Mottard PRG (Nice 5), troisième victoire consécutive dans le canton qui fut celui de Jacques Médecin.
2011 : Jacques Victor FDG (Nice 3), troisième victoire dans un fief de la gauche.
2011 : Jean-Raymond Vinciguerra, divers écolo (Grasse-Sud), troisième victoire également en pays grassois.

Or, sur les sept, une seule a été candidate (Marie-Louise Gourdon) pour ces élections législatives qui ne pouvaient être gagnées, compte tenu du résultat des présidentielles, que sur la base d’un supplément de notoriété des candidats locaux. Si on met de côté le cas très spécifique d’André Aschiéri (véritable locomotive de la gauche départementale), on peut noter que Marie-Louise Gourdon est de loin celle qui obtient le meilleur différentiel Présidentielle-Législatives… (voir le tableau comparatif sur le blog de Dominique Boy Mottard)

S’est-on donné les moyens de gagner en optimisant nos candidatures dans les Alpes-Maritimes ? Il est permis d’en douter…

Post-scriptum : pour mémoire,

1re circonscription : pas d’implantation territoriale depuis la perte du 12e canton
2e circonscription : André Aschiéri
3e circonscription : un mandat de liste, défaite aux cantonales
4e circonscription : deux mandats de liste, défaite aux cantonales
5e circonscription : un mandat de liste, défaite aux cantonales
6e circonscription : pas de mandat, quasi-permanente politique
7e circonscription : pas de mandat, inconnu
8e circonscription : un mandat de liste
9e circonscription : Marie-Louise Gourdon

Le seul membre connu dans le 06 du MRC a été envoyé… dans le département du Var !

17 juin 2012

Une victoire normale, une défaite anormale


A chaud.

Au niveau national, les électeurs ont amplifié la tendance du 1er tour et donné une victoire belle, nette et sans bavure à la majorité présidentielle.

Au cours de la soirée électorale, les interventions du Premier ministre, des ministres et des responsables politiques de la gauche ont été (comme ce fut déjà le cas lors des trois scrutins précédents) maîtrisées et sans triomphalisme, dignes et républicaines. J’ai particulièrement apprécié celle de Najat Belkacem : « La majorité absolue ne sera pas le pouvoir absolu », très en phase avec ce que j’ai compris de ce début de quinquennat.

Au niveau local, on ne peut que constater un nouveau grand chelem avec 9 députés UMP sur 9. Et le sentiment un peu désespérant que, même quand la gauche l’emporte au niveau national, le rapport de force reste le même dans les Alpes-Maritimes et à Nice (un coup de chapeau à l’inoxydable André Aschiéri quand même).

Si la gauche locale ne veut pas rester éternelle spectatrice d’une Histoire qui se fait sans elle, une révolution culturelle est indispensable. Au moins.

13 juin 2012

La pie au présent




Christophe André est un spécialiste de la méditation. Non seulement il anime, à l’hôpital Sainte-Anne à Paris, des groupes de méditation pour aider les patients, mais aussi il écrit de nombreux ouvrages en général assez didactiques sur la question. Le dernier « Méditer jour après jour » (Edition L’iconoclaste) développe la thèse selon laquelle notre équilibre passe par la pleine conscience du présent :

« Le passé importe, le futur importe. La philosophie de l’instant présent ce n’est pas dire qu’il est supérieur au passé ou au futur. Juste qu’il est plus fragile, que c’est lui qu’il faut protéger, lui qui disparaît de notre conscience dès que nous sommes bousculés, affairés. C’est à lui qu’il faut donner de l’espace pour exister. »

 L’originalité formelle de l’ouvrage réside dans le fait que l’auteur utilise des tableaux célèbres pour illustrer ces théories (sur les tableaux célèbres, je vous recommande la rubrique « Les tableaux de ma mémoire » sur le blog de Dominique).

Ainsi La pie de Monet qui est probablement mon tableau préféré sert d’illustration à Christophe André  pour le premier chapitre « Vivre l’instant présent » :

« C’est maintenant, juste maintenant.Tout à l’heure, ce sera autre chose : la pie se sera envolée, le soleil sera plus haut dans le ciel, l’ombre de la haie aura reculé… Ce sera ni mieux, ni moins bien ; ce sera juste différent. Alors c’est maintenant qu’il faut arrêter ses pas, sentir l’air frais qui pique l’intérieur du nez, écouter tous les bruits amortis, admirer cette incroyable lumière des  soleils de neige. Rester là aussi longtemps que possible, sans rien attendre de particulier. Surtout pas. Mais simplement rester là en faisant de son mieux pour percevoir les innombrables richesses de cet instant : les morceaux de neige qui tombent des arbres, dans un petit bruit moelleux ; la blancheur bleutée de l’ombre de la haie ; les petits mouvements de la pie qui cherche un peu de chaleur au soleil. Tout est parfait, il ne manque rien pour que cet instant nous comble. En pleine conscience, se rendre simplement présent à cet instant de grâce, ordinaire et lumineux. »

Cette explication est exactement celle que je m’étais donnée du tableau que je vais régulièrement admirer au musée d’Orsay lors de mes séjours dans la capitale… 

11 juin 2012

Le record tient toujours (!)



Patrick Allemand, probablement grisé par son résultat honorable (28,68%), affirme avoir fait dimanche le meilleur score de la gauche dans une législative à Nice…

Qu’il ait oublié les résultats mythiques de 1981, quand Max Gallo et Jean-Hugues Colonna avaient remporté les 1re et 3e circonscriptions après avoir fait respectivement, au premier tour, 30,5% et 30,8%, je peux le comprendre : ça commence à faire loin.

Par contre, il aurait dû se souvenir que Patrick Mottard, à l’occasion d’une élection législative partielle en 1998, dans la très conservatrice deuxième circonscription, avait obtenu 32,58% des suffrages ce qui constitue donc… le record ! J’ajoute que j’étais conseiller général du 5e canton depuis quelques mois et qu’à l’époque, on présentait aux élections législatives les conseillers généraux victorieux (sourire).

Cela dit, ce petit exercice comptable est un peu vain car, en matière de scrutin uninominal, seule la victoire compte…

10 juin 2012

On avance, on avance, on avance…


… Et, n’en déplaise à Alain Souchon, on devrait avoir assez d’essence pour aller dans le même sens jusqu’au 2e tour.

Confirmer l’élection présidentielle lors de ce premier tour des législatives n’était pourtant pas une fatalité. En effet, je suis de ceux qui pensent depuis longtemps que l’avènement du quinquennat n’a pas effacé toute perspective de cohabitation.

Pour en arriver à ce beau résultat, il fallait bien négocier ces quelques semaines coincées entre les deux scrutins. Ce qui a été magistralement réussi.

- François Hollande, d’emblée, a su s’imposer sur la scène internationale en fédérant autour du thème de la relance.

- La nomination du Premier Ministre et du gouvernement a également été une séquence positive. Les Français ont apprécié la personnalité de Jean-Marc Ayrault et la solidité, qui n’exclut pas la nouveauté, de l’équipe gouvernementale.

- Le sérieux et la cohérence de la majorité présidentielle… et du PS (Aubry s’est bien ressaisie) ont également pesé dans la balance. A l’exception du faux pas de Cécile Dufflot dont on peut penser qu’il n’est pas pour rien dans les résultats contrastés des candidats d’EELV lors de ce premier tour.

Grâce à tout cela, la majorité présidentielle est en pole position. Reste à réussir la campagne du deuxième tour en n’oubliant pas que la droite, en 2007, avait perdu cinquante sièges « tout cuits » à cause d’une déclaration intempestive sur la TVA sociale…