Après le 5.12 (Fontaine du Temple), le 5.03 (Vernier), le 5.02 (Joseph Garnier), le 5.13 (Gorbella), le 5.18 (Clément Ader) et le 5.01 (Dabray), restons dans le sud du canton pour explorer le bureau 5.04, à savoir Clément Roassal.
Comme son nom (celui d’un paysagiste du XIXe siècle dont on peut voir quelques toiles au musée Masséna) l’indique, ce quartier est presque essentiellement organisé autour de la rue Clément Roassal.


Nous sommes au début de mon premier mandat. Mon hôtesse sexagénaire, élégante quoiqu’un peu austère, a souhaité me rencontrer pour faire le point sur l’avenir d’un quartier qu’elle estime en déclin. Il est vrai que l’appartement, cossu sans être luxueux et étrangement « surdécoré » d’objets sixties, surplombe le parking de la Gare du Sud, point central des maux de Libération-Malauséna.
En fait, la dame un peu sévère que j’ai devant moi n’est pas une prof de grec ancien en retraite ni une veuve de colonel, mais tout simplement la célébrissime Ultra Violet, la muse de Dali et surtout l’égérie d’Andy Warhol, le maître du Pop Art.
Répondant mécaniquement à ses questions, j’imagine en réalité ce que fut la vie de la dame dans ce monde de la Factory où l’on est célèbre quinze minutes, où les femmes ont la bouche de Marilyn et où de grandes fleurs jaunes ou violettes explosent sur des murs de rencontre.
Tétanisé, je ne suis jamais sorti du cadre bien conventionnel de la conversation initiale. Je ne l’ai jamais regretté : on n’importune pas les mythes avec des questions d’humains…

Mais le bonhomme n’était pas rancunier et il continua à nous offrir tournée sur tournée pour fêter les victoires de la bande à Zidane. Aujourd’hui, quand je passe devant le « Bistro Sud » qui a succédé au Saratoga, c’est à lui que je pense.

Au-delà de Clément Roassal, le bureau 5.04 est complété par les deux sobres ruelles Pierre Piétri et Pauline qui entourent l’église Saint Etienne, une partie de la rue Miollis (du 10 au 22) et du boulevard Gambetta (du 98 au 134).
Mais le centre du quartier est constitué, à l’intersection des rues de Dijon et d’Autun, par la placette Philippe Randon, du nom de l’architecte de la perle du 7e canton, le Temple de l’Amour de Chambrun. Il y a là un mini jardin en principe interdit aux passants. Mais, si vous avez plus de trente ans et que vous ne fumez que des substances licites, vous pouvez, comme moi, enjamber la petite clôture et vous risquer dans un royaume farfelu. Après quelques pas sur le chemin de galets, agenouillez-vous au milieu des palmiers nains et là, merveille des merveilles, vous avez l’impression d’être perdu dans une jungle de Lilliputiens. Un vrai conte de fées qui peut – soyons fous – un soir de pleine lune se transformer en légende urbaine…
5 commentaires:
La jungle des Lilliputiens.
J'ai du mal à la localiser, faute au talent du photographe ?
Si c'est le jardin du palais de venise oui le photographe est talentueux.
Un aspect important de cette rue me semble être le devenir de l'hôtel "NIKAÏ"? dans l'immeuble de la MGEN.
Même si c'est privé, ne manque-t-on pas de logements sociaux, de logements pour étudiants ...?
ricciarelli
Non rien à voir avec "l'immense" jardin du Palais de Venise,il s'agit du mini jardin de 30m sur 10 qui est au centre de la placette...suis mes instructions et tu vas te trouver au pays des gnomes...où au poste de police pour avoir pénétré un jardin interdit au public...
le jaune et le gris se marient trés bien j aime beaucoup ;)
bel endroit
bon grand prix d Espagne ;)
Ah je vais aller le "visiter" ton royaume de lutins, je peux pas rater ça !!
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