08 mai 2009

5.04 Clément Roassal

La jungle des Lilliputiens


Après le 5.12 (Fontaine du Temple), le 5.03 (Vernier), le 5.02 (Joseph Garnier), le 5.13 (Gorbella), le 5.18 (Clément Ader) et le 5.01 (Dabray), restons dans le sud du canton pour explorer le bureau 5.04, à savoir Clément Roassal.

Comme son nom (celui d’un paysagiste du XIXe siècle dont on peut voir quelques toiles au musée Masséna) l’indique, ce quartier est presque essentiellement organisé autour de la rue Clément Roassal.

Que de souvenirs le long de cette artère parallèle à la rue Vernier qui débute – tramway oblige – en piétonne au pied d’un des plus beaux immeubles de la ville : le Palais de Venise.

Ainsi, cette petite heure passée dans un appartement du 16, cet étrange Palais de l’Industrie couronné d’épines qui aujourd’hui abrite, entre autres, un supermarché…

Nous sommes au début de mon premier mandat. Mon hôtesse sexagénaire, élégante quoiqu’un peu austère, a souhaité me rencontrer pour faire le point sur l’avenir d’un quartier qu’elle estime en déclin. Il est vrai que l’appartement, cossu sans être luxueux et étrangement « surdécoré » d’objets sixties, surplombe le parking de la Gare du Sud, point central des maux de Libération-Malauséna.

En fait, la dame un peu sévère que j’ai devant moi n’est pas une prof de grec ancien en retraite ni une veuve de colonel, mais tout simplement la célébrissime Ultra Violet, la muse de Dali et surtout l’égérie d’Andy Warhol, le maître du Pop Art.

Répondant mécaniquement à ses questions, j’imagine en réalité ce que fut la vie de la dame dans ce monde de la Factory où l’on est célèbre quinze minutes, où les femmes ont la bouche de Marilyn et où de grandes fleurs jaunes ou violettes explosent sur des murs de rencontre.

Tétanisé, je ne suis jamais sorti du cadre bien conventionnel de la conversation initiale. Je ne l’ai jamais regretté : on n’importune pas les mythes avec des questions d’humains…

Presque en face le supermarché se trouvait, à l’angle de la rue d’Autun, la brasserie « Le Saratoga ». C’est dans le décor kitch de ce bar qu’avec amis et habitants du quartier, nous avons suivi l’intégralité des matchs de l’équipe de France lors du Mondial 98 et de l’Euro 2000. Deux triomphes inoubliables. Le patron aujourd’hui décédé, grand géant débonnaire, était Italien et soutenait loyalement son équipe. C’est dire si le penalty de Laurent Blanc en quart de finale du Mondial et le but en or de David Trézéguet en finale de l’Euro, à chaque fois contre l’Italie, furent deux flèches qui lui transpercèrent le cœur !

Mais le bonhomme n’était pas rancunier et il continua à nous offrir tournée sur tournée pour fêter les victoires de la bande à Zidane. Aujourd’hui, quand je passe devant le « Bistro Sud » qui a succédé au Saratoga, c’est à lui que je pense.

Mais la rue Clément Roassal, c’est aussi, un peu plus loin en direction de Gambetta, la MGEN, l’école maternelle Thérèse Roméo où, dans les années quatre-vingt-dix, j’allais rendre visite à Jean-François Knecht dans son appartement de fonction, le « Village », petit théâtre de proximité où nous avions fait une fête à tout casser pour le mariage de Valentin, notre colistier de Nice Autrement avec Mirabelle. Enfin, au 49, se trouvait la permanence de Dominique pour les législatives de 2007.

Au-delà de Clément Roassal, le bureau 5.04 est complété par les deux sobres ruelles Pierre Piétri et Pauline qui entourent l’église Saint Etienne, une partie de la rue Miollis (du 10 au 22) et du boulevard Gambetta (du 98 au 134).

Mais le centre du quartier est constitué, à l’intersection des rues de Dijon et d’Autun, par la placette Philippe Randon, du nom de l’architecte de la perle du 7e canton, le Temple de l’Amour de Chambrun. Il y a là un mini jardin en principe interdit aux passants. Mais, si vous avez plus de trente ans et que vous ne fumez que des substances licites, vous pouvez, comme moi, enjamber la petite clôture et vous risquer dans un royaume farfelu. Après quelques pas sur le chemin de galets, agenouillez-vous au milieu des palmiers nains et là, merveille des merveilles, vous avez l’impression d’être perdu dans une jungle de Lilliputiens. Un vrai conte de fées qui peut – soyons fous – un soir de pleine lune se transformer en légende urbaine…

5 commentaires:

Anonyme a dit…

La jungle des Lilliputiens.
J'ai du mal à la localiser, faute au talent du photographe ?
Si c'est le jardin du palais de venise oui le photographe est talentueux.
Un aspect important de cette rue me semble être le devenir de l'hôtel "NIKAÏ"? dans l'immeuble de la MGEN.
Même si c'est privé, ne manque-t-on pas de logements sociaux, de logements pour étudiants ...?
ricciarelli

Patrick Mottard a dit…

Non rien à voir avec "l'immense" jardin du Palais de Venise,il s'agit du mini jardin de 30m sur 10 qui est au centre de la placette...suis mes instructions et tu vas te trouver au pays des gnomes...où au poste de police pour avoir pénétré un jardin interdit au public...

Anonyme a dit…

le jaune et le gris se marient trés bien j aime beaucoup ;)
bel endroit

Anonyme a dit…

bon grand prix d Espagne ;)

Wood' Leprechaun a dit…

Ah je vais aller le "visiter" ton royaume de lutins, je peux pas rater ça !!