18 août 2010

Voyage au centre de l'Europe



CARNET DE VOYAGE N°5

On peut trouver la route entre Tartu et Vilnius un peu longue. Elle réserve pourtant (plein) de bonnes surprises.

Tout d’abord, elle permet – et nous ne nous en sommes pas privés – de prendre son petit déjeuner en Estonie, son déjeuner en Lettonie et son dîner en Lituanie.

Elle peut donner l’occasion d’apercevoir un aigle ou quelques cigognes, de suivre le cours majestueux de la Daugava, ou encore, en forme de bouquet final d’admirer l’illumination spectaculaire des nombreux trésors architecturaux de Vilnius en soirée.

Mais la sensation est encore plus forte quand vous bifurquez sur la droite à quelques kilomètres de l’arrivée, pour vous retrouver… au centre de l’Europe.

En effet, dès 1989, les scientifiques du très sérieux Institut Géographique National de France ont défini les frontières de l’Europe entre l’Atlantique et l’Oural (c’est le grand Charles qui aurait été content !) et calculé l’endroit où se trouvait le centre géographique du continent : 54°54’ de latitude nord et 25°19’ de longitude est, soit à 25 kilomètres au nord de la capitale lituanienne. Malgré l’orage, malgré la nuit qui tombe, nous escaladons le petit promontoire où est matérialisé le point central avec entrain et même avec excitation. Une fois sur place, nous nous laissons aller à une certaine émotion, tout en communion esquissée avec les peuples symbolisés par les drapeaux qui flottent au vent, en arc de cercle, autour de l’esplanade.

En cédant à celle-ci, je ne peux m’empêcher de penser que la géographie physique n’est jamais anodine. Elle est le terreau dans lequel s’épanouissent les plus belles théories géopolitiques. Et tout en jetant un dernier regard complice au petit rocher symbole, je me dis que les spécialistes ont du pain sur la planche car, quand même, Vilnius, au centre de l’Europe, ça décoiffe !

 A Vilnius, coucou le revoilou !

8 commentaires:

Claudio a dit…

Voilà un billet qui me plait. Je n'aime pas les voyages mais en faire un pour me retrouver sur ce bout de rocher, pourquoi pas. A pied ? En courant ? Pourquoi pas ? Ce rocher comme unique but.
Ou penser seulement, je m'en vais jusque là-bas seulement pour prendre trois repas dans trois pays différents.
Ce sont des petites choses comme ça qui pourraient m'inciter à voyager. Rien d'autre.

Patrick Mottard a dit…

Et oui Claudio c'est un peu comme notre enthousiasme pour le bankomat des premiers euros...

cléo a dit…

Quand on dit que c'est du côté du regard que l'on voyage...il existe bien une ethnologie du quotidien, passionnante, qui déplace l'exotisme déplacé au cœur du plus familier. En fait, de ce qui semble le plus familier.
C'est ainsi qu'à St Dalmas Le Selvage, une tarte aux myrtilles partagée au goûter avec une femme évoquant le Kazakhstan, son pays natal, n'a plus vraiment le même goût, ou que dinant à Nice en découvrant Vilnius comme cœur de l'Europe, cela me donne envie de petit déjeuner à l’heure de Paris pour me recentrer autour de l’obélisque bien dressée entre la nuit et la journée. Dommage que j'y arrive à 7h45, encore que c'est l'heure idéale pour le petit déjeuner!

Carolyne a dit…

Dominique, un petit air de marie poppins :)

Dominique a dit…

Caro, bien vu ! Je n'y avais pas pensé !

Emmanuel a dit…

Enfin une photo de Dominique sur ton blog, ce n'est pas si souvent. Très content que tu exprimes l'importance de la géographoe dans la compréhension du monde. Le centre de l'Europe est-il encore aujourd'hui le centre du monde ?

Patrick Mottard a dit…

Bien j'ai compris : une photo de Doms c'est bon pour faire du buzz !

Quant à la tarte aux myrtilles ça m'évoque Nora Jones et un réalisateur chinois... comme quoi!

NoOneAthlon a dit…

Tiens Forrest (toujours aussi love de My Blueberry Nights) j'ai trouvé plus Gump que toi !! Kézako 5