02 juillet 2011

Le petit jardin abandonné

Le jardin vu du 8e étage

La proximité des lieux n’a pas grand-chose à voir avec la géographie…

J’habite depuis seize ans une résidence composée de deux immeubles séparés par un petit jardin carré d’environ cinquante mètres sur cinquante. Une herbe pas très abondante, des palmiers de taille modeste, quelques pins et cyprès, des buissons d’origine indéterminée, un chemin central dallé et deux petits escaliers latéraux… Ce n’est pas tout à fait le jardin extraordinaire de Charles Trénet mais un petit espace de verdure accueillant pour les oiseaux et reposant pour le regard des riverains.

Eh bien, figurez-vous que ce matin j’ai pris conscience que ce petit jardin, dont la porte d’entrée est située à cinq mètres de l’ascenseur que je prends une bonne dizaine de fois par jour, je ne l’ai pas visité depuis… 1995, c’est-à-dire l’année de mon arrivée à la résidence.

Pendant ce temps-là, j’ai dû parcourir plus de dix fois en long, en large, et en travers, Central Park. Strawberry Fields, le Réservoir et la fontaine de Bethesda ont moins de secrets pour moi que les quelques mètres carrés de verdure qui séparent l’immeuble A de mon immeuble B.

Je me suis promis illico de réparer cette injustice. Dès demain matin. Promis.

8 commentaires:

Emmanuel a dit…

Je vais aussi bientot gouter le luxe d'admirer quotidiennement un petit jardin...

cléo a dit…

J'avais presque envie d'en tirer la conclusion: "C'est difficile de voir ce qu'il y a juste au bout de son nez."

Patrick Mottard a dit…

Manu tu rigoles: ton jardin c'est la forêt amazonienne!

alaind a dit…

Ainsi, la lumière de la Divinité serait cachée dans le cœur des hommes, si proche et si difficile à atteindre.

Anonyme a dit…

"voir la paille dans l’œil du voisin et ne pas voir la poutre dans le sien", si je peux me permettre le //.
Mais c'est la 1ère pensée qui m'est venue à l'esprit à la lecture de ce message.
Avec mes excuses
Alexandre

Anonyme a dit…

Si on regarde bien autour de soi et qu'on est un peu curieux, il existe encore des havres de paix non loin de chez nous, il suffit parfois de faire les cent pas dans une salle d'attente, de rendre visite à des voisins habitant quelques étages plus haut, de marcher dans les petites rues et découvrir les impasses, dans notre quartier les merles nous enchantent le matin, les fauvettes zinzinulent, et le soir fait place au ballet des chauves souris et des escadrons de martinets qui vivent près de nous grâce aux petits espaces protégés pour notre plus grand bonheur. Pourquoi aller chercher plus loin un sens à nos rêves et à notre inspiration ?
« Je cultive pour mon compte mon petit jardin littéraire, comme dit Dumas, et l’expression me plaît beaucoup à moi qui suis éprise de botanique. Mes romans sont des pages d’herbier et s’ils vous plaisent, j’en suis heureuse et fière ».
George Sand, Lettre à Victor Hugo

Anonyme a dit…

Les jardins cachés sont des havres de paix pour écrivains.
« Je cultive pour mon compte mon petit jardin littéraire, comme dit Dumas, et l’expression me plaît beaucoup à moi qui suis éprise de botanique. Mes romans sont des pages d’herbier et s’ils vous plaisent, j’en suis heureuse et fière ».
George Sand, Lettre à Victor Hugo
Lecture recommandée pas le site Evene: "Îles disparues de Paris" de Jacques Damade
où on retrouve entre autres l’île des Cygnes.... autres jardins secrets... pas abandonnés.

Le Mouton Enragé a dit…

Oh, que c'est joli! Ca me rappelle mon enfance, quand il y avait des petits jardins partout. Aujourd'hui, j'ai peur qu'ils ne disparaissent tout à fait. Que ne s'envole à jamais vers un ailleurs inaccessible le doux mystère nimbant leurs bruissements de feuilles, les chants de leurs oiseaux, leur parfum juste après la pluie. Que leur simple et envoûtante beauté, lassée de nous comme jadis les fées, ne nous abandonne à notre sort terrestre pour un lointain Avalon.
Alors, quelle joie c'est toujours que d'en découvrir un! Un de plus qui persiste et, si petit soit-il, continue d'enchanter de ses verts sortilèges le fragment d'une rue, d'un quartier, d'une ville -un fragment de ce monde.
L'espoir de l'aube neuve continuera de naître avec chaque rosée, tant qu'il y aura des êtres pour s'y rafraîchir. Tant qu'il y aura des êtres pour s'y arrêter le temps d'un sourire…

Et le soleil refleurira
Comme le mimosa


Merci pour ce morceau d'espoir... qu'on ne peut qu'enrager de ne pouvoir humer de plus près. Meeeh c'est pas grave: puisque c'est comme ça, je pique la photo!