15 février 2009

Patrimoine : 2 v, 1 n, 1 d


Ce dimanche, j’étais invité à l’Assemblée générale de la SCA (Société centrale d’agriculture). Plusieurs fois, les responsables de l’association font allusion au rôle qui fut le mien dans le long combat mené pour la sauvegarde de ce fleuron du patrimoine niçois qu’est le Palais de l’agriculture sur la Promenade des Anglais.

Aujourd’hui, la restauration financée par le Conseil général va bon train et l’association a été confirmée la semaine dernière par le Conseil d’Etat comme étant la légitime propriétaire des lieux. La victoire est donc totale : les velléités de démolition ne sont plus qu’un mauvais souvenir et ma fierté est grande lorsqu’en me rendant à la fac je passe devant le bâtiment recouvert d’échafaudages prometteurs.

C’est que j’ai toujours été persuadé que la mémoire des hommes avait besoin de lieux symboliques pour s’épanouir et se transmettre. D’où les nombreux combats que j’ai menés pour le patrimoine. Des combats pas toujours victorieux.

Le premier fut celui livré dans les années quatre-vingt pour le Palais de la Méditerranée, avec les associations, avec les élus de gauche conduits par Séraphin Pinto, et avec Jack Lang, le ministre de la Culture. Malheureusement, nous n’avions pu sauver que la façade. En effet, la mode était alors au « façadisme », cette aberration dont on peut juger aujourd’hui les effets désastreux avec la construction de l’hôtel, kyste monstrueux adossé à ce qui n’est plus qu’un vestige.

Autre combat, complètement perdu celui-là : la sauvegarde du Castel des Deux-Rois entreprise en duo avec Jean-François Knecht. En effet, nous nous étions pris d’affection pour cette élégante construction qui dominait le parc si cher à notre ami Henri Cottalorda (responsable de certains aménagements). Alors que nous mobilisions associations et citoyens, un bulldozer étrangement maladroit réduira le bâtiment en un petit tas de ruines. Il ne me restera plus qu’à attaquer le maire de l’époque pour « non assistance à patrimoine en danger » devant les caméras de France 3, ce qui vaudra quelques ennuis professionnels à la courageuse journaliste qui avait réalisé le reportage.

Pour me consoler, heureusement, il y aura, à peu près à la même époque, la glorieuse épopée de la Gare du Sud. Quatre ans de combat, avec les associations, avec Wanda Diebolt, la Directrice du Patrimoine, avec Catherine Tasca (décidément, la patrimoine niçois doit beaucoup aux ministres de gauche), et ce fut la plus belle, la plus éclatante et la plus niçoise des victoires. Celle qui me libèrera de ce qui avait fini par devenir « ma tendre obsession » !

2 commentaires:

Claudio a dit…

Merci pour ce que tu fais.
J'ai un vrai regret pour le Castel des deux Rois. Pourtant tout près de la maison, je n'y mets presque plus les pieds, tellement c'est désespérant de voir ce vide. Restent les photos.

Je crois, en effet, qu'il faut préserver le patrimoine, mais pas pour les mêmes raisons que toi. Je crois aussi les hommes capables de se souvenir et d'évoluer sans symboles.

J'ai un faible pour les rénovations alliant ancien et moderne. (Tiens. Un "symbole" de lien ?)

Sylvie a dit…

Merci pour la Gare du Sud et pour le Palais de l'Agriculture, vestiges d'une époque révolue qui a vu naître nos parents.
Souvenirs d'un temps où la vie allait moins vite et où l'on prenait le temps de construire des oeuvres d'art.