02 décembre 2009

5.05 - Molière


Comme son nom l’indique ce secteur est organisé autour de la rue Molière qui d’est en ouest traverse le paisible quartier situé entre Borriglione et Auguste Rainaud avant de grimper brusquement sur les hauteurs de Bellevue. 

Pourtant Molière a bien peu mérité de Nice. On ne lui connaît aucun lien avec notre ville et n’a-t-il pas fait dire à un de ses personnages : « Hors de Paris , il n’y a pas de salut pour les honnêtes gens » (dans quelle pièce ?).

Cette rue fut longtemps celle de la Fondation Dabray, hospice dépendant du CHU reconverti un temps en résidence d’artistes avant d’être démoli pour faire place à un établissement expérimental spécialisé dans la lutte contre la maladie d’Alzheimer : l’institut Claude Pompidou financé par l’association du même nom.Et c’est à l’occasion du dépôt de la première pierre, à côté de Bernadette Chirac, que j’ai pu vérifier que le célèbre cabas n’était pas une invention du scénariste des Guignols

Notons enfin, à l’intersection nord avec Bellevue, le superbe palais Molière où, pendant quelques semaines dans les années 70, nous avions sous-loué un studio sous les toits sans jamais l’habiter, probablement découragés par notre prédécesseur, admirateur de la famille Adams, qui avait peint tous les murs… en noir !

Toujours sur les hauteurs, n’oublions pas la petite rue Eden, où, semble-t-il, quelques rats malicieux avaient un temps colonisé les palmiers pour de bruyantes raves parties nocturnes.

La rue Edouard Dalmas fait aussi partie du périmètre, avec ses deux superbes villas à fresques, fausses jumelles que nous avons sauvées, avec le soutien de la population, d’une destruction programmée par les urbanistes de la ville.

Pour le reste, le 5.05 n’est composé que de portions de rues et d’avenues contribuant à donner à l’ensemble un caractère confus et peu homogène. Ainsi, l’avenue Bellevue, dans sa partie 28-54, l’avenue Barbusse du 26 au 36, avec le Centre des Etudiants Juifs, où je me souviens avoir participé à des débats passionnés et passionnants, la partie ouest de la rue Michel-Ange, avec son hôtel St Hubert, petit deux étoiles au confort douillet et un peu suranné des établissements de province où descendent les voyageurs de commerce et le commissaire Maigret.

Reste encore, du 22 au 36, une petite partie de la rue Théodore de Banville, juste le temps de vérifier qu’à Nice Nord, existent les pistes cyclables les plus désertes de la ville et de rappeler que ce brave Théo, poète « aux rimes riches » comme le rapporte la chronique, né à Moulins (nul n’est parfait), était complètement frapadingue de notre cité : « Nice est une déesse vivante sortie des flots d’écume sous un baiser du soleil. On vient à Nice pour une semaine et on y reste toute sa vie… ».
Mascarille, prends de la graine… !

11 commentaires:

Cléo a dit…

Quand goggle nous tient lieu de mémoire,la précieuse ridicule surgit d'un inconscient collectif. Mais, n'est-il pas aussi des appartenances qui cheminent autrement, si les murs noirs d'un studio du 5 ème canton de Nice ouvrent sur le ballet de la famille Adams?! Là on se dit que cela circule, subjectivement, et on se demande si google est capable d'émotions.
A tenter: que répond Google à la question: "sous-location dans l'immeuble molière?
"j'aurai voulu être parisien"?

Claudio a dit…

J'aime toujours les expressions qui cassent le rythme, qui coupent les envolées lyriques. Anachronismes ou douches froides, ça calme les prétentions. Disons que c'est raisonnable.
Alors continue à nous régaler de "ra(t)ves parties dans les palmiers", de "Maigret à St Hubert" et de "frapadingues" qui tombent du ciel.
Quant à Théodore de Banville, la prononciation de son nom est un poème en soi. A haute voix, c'est chaud, doux ; c'est un loukoum ascendant chamallow.

Patrick Mottard a dit…

Puisqu'on en est aux "sucreries", moi j'adore le loukoum ascendant chamallow...

COTTALORDA Henri a dit…

Dans les années cinquante, soixante la rue Molière était connue de tous les niçois car elle abritait le plus célèbre gymnase de la ville . Beaucoup de sportifs s'entraînaient dans le club de l' ESPANM sous la responsabilité de Monsieur Pierre OLIVIER , cet éducateur, personnage charismatique, a formé des centaines de jeunes dont certaines sont allées en équipe de FRANCE, puis sont devenues profs de gym et responsables syndicales comme les soeurs Annie et Mireille BAILET. C'est dans ce gymnase que j'ai assisté à mes premiers meetings politiques. Je crois même que lors des élections ce lieu servait de bureau de vote

Patrick Mottard a dit…

A quel niveau de la rue Henri?

Anonyme a dit…

irene a dit

c est toujours un moment de plaisir de se ballader "avec toi" sur ton blog .. surtout quand il pleut comme aujourd' hui!!!

bernard gaignier a dit…

Je confirme bien évidemment la réponse de Cleo sur la provenance de la citation de Molière.
Pour faire le pédant ce qui est normal avec les précieuses ridicules j'ajoute que cette phrase est prononcée par Mascarille valet déguisé en "gentilhomme" pour venger son maitre rembarré par les 2 précieuses!
Doit on penser qu'un "vrai " gentilhomme n'aurait jamsis dit que "Hors de Paris il n'y a pas de salut pour les honnêtes gens!!!"???

Dominique a dit…

Aurais-tu joué le rôle de Mascarille, Bernard ?

Anonyme a dit…

Dernière photo ; une des pistes cyclables désertes de Nice-Nord (personnellement je les utilise).Première photo ; un cycliste sur une piste non CYCLable mais TRAMable,danger. Une petite adresse pour Molière (trop tard) mais pour tous les autres alors le salon de coiffure-école dans cette rue, une bonne adresse en ces temps de crise.
ricciarelli

bernard gaignier a dit…

Non je n'ai pas joué ce role mais les "précieuses" ont été souvent joué à l'Alphabet... et je l'ai vu plusieurs fois!!

Et pour faire vraiment "précieux " c'est un rôle super à jouer mais je ne pense pas que cela ait fait patie de mon "emploi" et encore moins maintenant ou j'approche plutot du stade ou je vais pouvoir jouer le Roi Lear ou "le Roi se meurt de Ionesco!!.

laura a dit…

oui les précieuses ridicules , encore une des très belles pièces de notre illustre dramaturge, mais qui me semble t'il n'est pas ou très peu étudiée dans le système scolaire.

Pourquoi n'avoir pas appelé cette rue la rue "Jean-Baptiste Poquelin"? elle aurait au moins pu rivaliser sur le nombre de caractères à la rue "Théodore de Banville" , qui possède donc une piste cyclable quasi inutilisé ayant coûté la modique somme de 40,000 euros.