15 juin 2010

Assistance à Patrimoine en danger

Dans une ville, vouloir préserver le patrimoine n’est pas un caprice nostalgique visant à empiler des vieilles pierres sur l’autel du « C’était mieux avant ! », mais une ardente obligation pour qui veut retenir l’âme de la Cité en ses murs.

A Nice, peut-être plus qu’ailleurs, ce combat est essentiel. « Nice cumule des particularités qui en font une exception urbaine » nous rappelle l’historienne Véronique Thuin-Chaudron (qui nous a fait l’amitié d’être présente à la lecture de Cinq de cœur à la Galerie Depardieu).

C’est pour cela que mon action publique a toujours été mêlée à d’homériques batailles pour le patrimoine. Certaines furent gagnées totalement (Gare du Sud, Palais de l’Agriculture) ou partiellement (Palais de la Méditerranée). D’autres furent perdues (la destruction du Castel des deux rois qui m’autorisa à accuser le maire de l’époque de non assistance à patrimoine en danger).

C’est ainsi qu’à l’occasion de l’élaboration du P.L.U., je me trouve naturellement au côté des riverains des rues Eden et Cavendish pour défendre d’admirables villas « Belle époque », leurs frises, leurs corniches, leurs bow-windows, et leurs jardins. Surtout si, au détour d’un cyprès bleu, on croit deviner, main dans la main avec son amie Colette, la sulfureuse poétesse Renée Vivien, réincarnation autoproclamée de… Sapho.

C’est aussi pour cela que j’accompagne ceux qui, du côté de la rue des Roses, veulent sauvegarder maisons niçoises à frises, écuries du Comte de Cessole et lieux de vie du peintre Cyrille Besset et de sa pittoresque épouse au snobisme flamboyant.

C’est aussi pour ces fantômes qu’il faut défendre le patrimoine, fil ténu qui rattache les morts aux vivants. A moins que ce ne soit l'inverse.

Sur le P.L.U., voir aussi le blog de Dominique Boy Mottard.

4 commentaires:

cléo a dit…

Même pour qu'on puisse dire: "c'était moins bien avant" ou juste: "c'était différent", il faut pouvoir se rapporter à quelque chose.Si les villes recueuillaient, auprès d'une certaine fleur,le déploiement de ses quatre âges, alors sans doute... qu'elles seraient plus proche de la vie.

Anonyme a dit…

Admirer ces villas « Belle époque », leurs frises, leurs corniches, leurs bow-windows (je suis moins fan car tout dépend de la tenue de l'intérieur), et leurs jardins fait partie du plaisir que j'ai à me déplacer à vélo dans Nice.
Maintenant entretenir voire rénover ces maisons de particuliers à un coût alors pour leur financement public, je m'interroge.
ricciarelli

Ségurano a dit…

Ce matin, j'ai marché. J’ai marché du Stade du Ray jusqu’à la colline du château. J’ai marché pour oublier mes déceptions, pour oublier mes colères.

J'ai marché comme les vieux le faisaient jadis pour descendre la rue, à pas lents, saccadés, avec des pas de villageois. Je revenais du Château, vous savez, la où il y a la cascade... Nice était la, sous mes yeux, entière, fragile, abondante, toute petite en bas, au loin. Aucune ville ne peut être comparée à celle qui est sous mes yeux. Elle flirtait avec les vagues, elle scintillait, elle murmurait, je l'écoutais et je parlais avec elle.

Elle me racontait des choses d'autrefois. Elle me parlait du temps d’avant. Elle chuchotait dans le creux de mon oreille qu’aujourd’hui..., elle avait peur…
Ségurano

Patrick Mottard a dit…

Très beau,Ségurano,très beau...