05 février 2012

Mon quatrième parrainage



Jeune conseiller régional, mon premier parrainage fut, eu 1988, pour François Mitterrand. Un acte quelque peu solennel qui me donnait l’impression de participer, même avec modestie, à l’Histoire avec un grand H. La victoire fut au bout du parrainage et je revois encore, au soir du deuxième tour, notre joie et la fête que nous avions organisé sur la place Masséna avec un feu d’artifice artisanal tiré par notre ami Gérard Corboli.

En 2002, c’est comme conseiller général que, la plume pleine d’espoir, j’ai signé le formulaire de parrainage en faveur de Lionel Jospin, ce Premier ministre qui nous avait fait honneur avec les 35 heures et le PACS. Quelques semaines plus tar, ce fut la désillusion et la blessure jamais vraiment refermée du 21 avril.

En 2007, le conseiller général réélu trois ans auparavant dans le 5e canton de Nice se pose beaucoup de questions mais parraine par discipline et par absence d’alternative la candidate désignée par le PS quelques semaines auparavant. Depuis, j’ai oublié et la campagne et le résultat de cette année-là.

Ce dimanche 5 février 2012 est donc le jour de mon quatrième parrainage. Je le fais en faveur de François Hollande. Avec détermination et espoir.

Bien sûr, la crise et les effets conjugués des rapports de force et de l’air du temps me conduisent à penser que le petit matin du 7 mai ne sera pas forcément le Grand Soir, mais j’ai la certitude que cet autre François est celui qui saura apaiser la République, réconcilier les Français et faire progresser la justice sociale dans notre pays.

23 commentaires:

Emmanuel a dit…

En tant que parrain je te fais confiance et en plus la raison nous pousse à suivre François Hollande en espérant qu'il ne nous roule pas dans la farine (ah, ah, ah).
Bon alors finalement le matin du grand soir il ne va rien se passer?
Ce n'est pas très motivant!
Mais Patrick, quelle est la signification de la présence de cette petite voiture bleue sur ton bureau ?

Anonyme a dit…

c'est avec ce genre de commentaire qui a déduit un comportement dans la campagne de 2007 que nous avons perdu.
j'ai choisi ROYAL au primaire par défaut et me suis investi dans la campagne et si tous les responsables du PS de l'époque avaient fait la même chose le resultat aurai peut être été different.
je fais la même chose cette année HOLLANDE n'est pas mon candidat naturel, n'étant plus membre du PS je fais la campagne pour lui a mon petit niveau pour le 2eme tour, car au premier je vote MELENCHON.
oui je veux connaitre moi aussi la signification de la presence de la voiture bleue .......cela doit être interessant a savoir.
et puis aussi pour quoi et a qui sert le stabilo bleu et le titre du livre sur la table et l'heure ..........j'ai essayé en retournant mon ordi mais je n'arrive pas lire.....
et puis est ce bien vous monsieur MOTTARD sur la photo je ne reconnais pas vos bras .....MDR
PARSUS06

bernard gaignier a dit…

Parsus quand un candidat pers c'est peut être de la faute aux autres mais c'est d'abord de la sienne.
Jospin a perdu du fait de la division de la gauche mais il a fait une très mauvaise campagne.
C'est vrai que le PS n'a pas fait de cadeau à Segolène mais elle n'a rien fait après la primaire pour favoriser ce rassemblement.
Hollande a eu l'intelligence d'"oublier" tout le mépris et l’arrogance à son égard des autres candidats de la primaire pour faire ce rassemblement. Je le dis d’autant plus volontiers que ce n'était pas mon candidat "naturel".
Quant au vote Melenchon....je me souviens trop de 2002!et de la gueule de bois de tous ceux qui avaient voté pour tous les candidats de gauche autres que Jospin...

alaind a dit…

Effectivement d'accord avec Bernard, il faut être adulte et croire au père Noël que lorsque c'est pertinent et adapté, soit dans le cadre des contes pour enfants.

Les élections, c'est que c'est du sérieux!

Il est bien d'exprimer ses idées dans un cadre associatif ou littéraire, par exemples, mais il faut prendre conscience que la diversité de "loosers" est là pour servir des causes qui ne nous appartiennent pas et qui vont à l'encontre de ce pour quoi elles militent.

Paradoxe, effectivement, mais c'est la vie, la nature qui permet de faire du froid avec du chaud, par exemple, et vice versa...

Anonyme a dit…

Je sais que la couleur préférée de PM est le bleu (grâce à l'un de ses billets).
Pour le reste il est "rose" à priori... oui à priori...
Il : Patrick l'intrigant.

Laurent Weppe a dit…

Ok Patrick, je crains que ton blog ne bugge quelque peu: normalement, celui-ci bloque les commentaires qui dépassent les 4096 caractères, et là il me bloque un texte qui en fait 3900 espaces inclus. Ceci ne me m'empêchera évidemment pas d'envoyer le texte en deux parties, mais tout de même: un bug reste un bug

***

quand un candidat pers c'est peut être de la faute aux autres mais c'est d'abord de la sienne.

À chaque fois qu'un militant fait ce type de déclaration plusieurs milliers de politologues font de leur mieux pour ne pas ricaner trop bruyamment, des fois que le microcosme militant les entende et ne se sente blessé dans son orgueil.

Ces histoires me rappellent une tragédie personnelle: je m'étais fait au fil des ans un copieux dossier personnel rassemblant plus d'une centaines d'études sociologiques portant le comportement des électeurs des deux côté de l'Atlantique et expliquant entre autres choses le pourquoi du comment de la futilité des campagnes électorales nationales, mais mon disque dur rendit l'âme en septembre 2011, et parmi les pertes se trouvent les références des études démontrant scientifiquement que les électeurs centristes sont plus idiots que la moyenne: mon cœur n'en fini pas de saigner de cette perte.

Plus sérieusement, dans le monde réel, bien différent des fantaisies fiévreuses de ceux qui veulent croire que les péripéties d'une campagne électorale décident de tout, plus l'échelle est petite (je précise pour les géographiquement solécismique que cela signifie "plus le territoire est grand"), moins les particularités du candidat pèsent sur le résultat final. Par là j'entends que si le PS avait présenté Bozo le clown comme candidat, celui-ci se serait fait battre de 12 points par Sarkozy mais aurait quand même réussi à arracher un ticket pour le second tour, et si le candidat du PS en 2007 avait été un Jason Bourne finissant le débat de l'entre-deux-tours par un Gogoplata, il aurait tout de même fini battu d'un demi-point par un Sarkozy en minerve: certes, la personnalité d'un candidat a une influence sur le résultat, mais celle-ci reste secondaire.

Cette réalité a un corollaire: comme l'a expliqué (en anglais) le politologue Jonathan Bernstein, c'est la victoire qui fabrique le charisme et non le contraire: c'est la raison pour laquelle Mitterrand est passé en l'espace d'une élection de l'état de fossile provincial has-been a celui d'invulnérable mastodonte de la politique et Jospin est passé du statut de génie modeste à celui d'eternel looser. Jospin n'a pas perdu parce qu'il a fait une mauvaise campagne: ceux qui n'ont pas voté pour lui avaient pour la plupart décidé de ne pas voter pour lui avant même qu'il ne l'entame

Laurent Weppe a dit…

Suite:


On pourrait dans le cas français dire que les conflits internes du PS dépassaient les simples problèmes de personnes et que davantage d'appels au "rassemblement" auraient pu faire la différence, mais franchement, quand la branche caméraliste de ton propre parti te proclame usupatrice, multiplier les signes de bonne foi devient un acte quelque peu inutile. Quant à Hollande, son "intelligence" a moins été d'oublier les coups qu'il a reçu que de se retenir de déclarer aux insignes élites du parti qu'ils n'étaient pas fondamentalement plus futés que le vulgum pecus (s'il y a une chose que les notables détestent, c'est qu'on leur rappelle qu'ils ne sont in fine que des gros primates glabres vivant parmi d'autres gros primates glabres).

La bonne nouvelle que l'on peut tirer de tout ceci est qu'il y a peu de chances qu'un bombardement démago de dernière minute ne vienne couler le bateau Hollande, quand bien même Hollande se contenterait de faire la plus ennuyeuse des campagnes.

La mauvaise nouvelle, c'est que les élections uninominales à l'échelle d'un pays comme la France permettent la continuation de la carrière des rentiers de la contestation: à l'échelle locale, un fumiste paresseux pour qui la politique n'est qu'un truc pour gagner beaucoup d'argent sans travailler comme Le Pen se serait vite fait chambrer, à l'échelle nationale, il a réussi à vivre sur le dos de la République et de quelques donateurs imbéciles pendant 40 ans.

laura a dit…

très intéressant ce billet

je me demandais le nombre de parrainage possible est -il un tant soit peu limité?

Patrick Mottard a dit…

oui Laura un seul par élu...là j'ai brûlé mes cartouches!!!

Anonyme a dit…

Des cartouches (d'encre) "rose" ou "bleue" ?
P.S : le rose et le bleu ensemble donnent du "violet", et trop de mélanges donnent du "marron"... Attention à vos compositions chers artistes-politiques !

bernard gaignier a dit…

Je suis désolé de ne pas avoir l'immense culture politique et sociologique de Laurent mais je persiste! Qui peut dire quand on constate le très faible écart entre les 3 candidats du premier tour de 2002 que Jospin n'a pas pas perdu sa deuxième place au deuxième tour sur sa campagne.
L'analyse des sondages d'ailleurs au fur et à mesure de cette campagne l'établit.
Quant à l'illégitimité de Hollande elle a bien été brandie par tous les "caciques", de Fabius à Aubry en passant par Segolène. Même Emmanuelli et hamon il y a peu de temps. Bon euh sont trop c... Ils n'avaient pas vu que le vent avait tourné et que Flamby avait disparu.

Les Brouillons de Cendrillon a dit…

Perdre des élections dépend de :
-un terrain fortement conquis par un adversaire
-la faiblesse (ou l'absence) des "bons" soutiens...(médias, réseaux, partenariats stratégiques, négociations...)
-de l'énergie déployée

Secondairement :
-des militants...

à en croire ce qui se pratique en France, il existe dans tous les partis des militants "bons samaritains" qui ont la foi suffisante pour offrir bénévolement leur coup de main. Leur nombre n'a pas l'air de changer...et j'ai comme l'impression que le peu suffit toujours dans les campagnes.
C'est les miracles de la politique.

Il y a surement d'autres raisons...(à compléter)

P.S : le candidat est censé avoir un minimum de qualités requises... Bozo le Clown pourrait en effet avoir ses chances, si l'on se base sur l'allure de certains élus.

Laurent Weppe a dit…

Qui peut dire quand on constate le très faible écart entre les 3 candidats du premier tour de 2002 que Jospin n'a pas pas perdu sa deuxième place au deuxième tour sur sa campagne.

Jospin A perdu sa place au deuxième tour, mais il l'a perdu bien avant de commencer sa campagne.



L'analyse des sondages d'ailleurs au fur et à mesure de cette campagne l'établit.

Trois choses au sujet des sondages
1. La quasi-totalité des électeurs décident de leur vote dans les six à dix-huit mois qui précèdent une élection, bien avant la sélection des candidats qui sont perçus comme des portes étendards.
2. Bon nombre de sondés mentent aux sondeurs: soit en leur racontant qu'ils sont indécis: la présidentielle de 2002 en est un excellent exemple: en 95, Le Pen avait obtenu les suffrages de 11,43% des inscrits et il obtint les suffrages de 11,66% des inscrits en 2002. L'évolution des sondages s'explique par les électeurs lepénistes, qui pour la plupart étaient déjà des électeurs lepénistes et n'avaient jamais eu l'intention de voter pour quiconque d'autre, qui pour beaucoup ont prétendu être indécis jusqu'aux tous derniers jours de la campagne.
3. Soit en prétendant vouloir aller voter: Un excellent exemple se trouve dans les législatives étasuniennes de 2010: pendant toute l'année 2010, les sondages ont fait le yoyo et ont amené l'essentiel du commentariat américain a proclamer que ces élections seraient serrées, tout simplement parce que les 30 millions d'électeurs d'Obama de 2008 qui ne sont pas allé voter en 2010 ont omis de dire qu'ils avaient déjà pris la décision d'aller à la pêche le jour des élections de mi-mandat.

•••

Bon euh sont trop c... Ils n'avaient pas vu que le vent avait tourné et que Flamby avait disparu

Flamby n'a jamais existé. Flamby est un personnage fictif: prend un premier secrétaire du PS en position de subalterne vis à vis de son prédécesseur devenu premier-ministre qui doit ensuite ramasser les morceaux post-2002 avant de se faire cramer par une tentative de révolution de palais en 2005 et prétend que ces événements sont dus à la pusillanimité de l'intéressé et non à l'inertie de l'histoire. Hollande aurait pu jouer les Rambos il y a cinq ans, il n'aurait pas eu l'ombre d'une chance à l'élection du concierge de l'immeuble du concierge de l'Élysée: comme je l'ai écrit plus haut, c'est la victoire -ou l'absence de défaite- qui crée le charisme et non le contraire.

Anonyme a dit…

monsieur emmanuel n'a toujours pas sa réponse sur la présence de la voiture bleue ???
parsus06

Patrick Mottard a dit…

mon cher Parsus06 il faut parfois conserver une part de mystère...

Anonyme a dit…

La voiture bleue est un message codé destiné à l'autre François...
agent 007

Anonyme a dit…

J'ai une question comme Emmanuel: Que représente le dessin sur le tee-shirt?

Anonyme a dit…

B'rrévo M'sieur M'ttard çu une bonne chose c'tte offaire là, M'ssieur H'llande ne porle po d'la Germaine, c'te mère lo est rrusée, mais faut po exagérer, pi c'est tout !
Allez l'madré à tantôt !

ANTONIN a dit…

Tout les grands politologues, analystes, journalistes, experts et consorts on tous une explication forcement pertinente, rationnelle, infaillible et incontestable sur le pourquoi du comment expliqué en dix leçons doctement énoncés les soirs d’élections au pauvre citoyen téléspectateur ou pour commenter le 1/2 point de sondage gagné ou perdu.
Au delà de toute cette mécanique langagière parfaitement huilé et sans prétendre être un spécialiste de la chose, il me semble que perdre les élections dépends aussi et surtout de l’électeur (cqfd) au delà des propositions, du charisme ou du sérieux du candidat, de la pertinence économique du programme, etc, et à contrario gagner dépends aussi de l’électeur. Parce que bien souvent, on a l'élu que l'on mérite, et dans les 53% qu'à réalisé Sarkozy, il y avait à mon avis plus de la moitié qui n'avaient aucun intérêt a avoir un tel président à la tête du pays, seulement, et pour être plus direct, les chants des sirènes attrape gogos fonctionne toujours pour qui ne veut entendre que ce qui lui fait plaisir sans chercher à comprendre.
Je ne parle même pas du pseudo contestataire qui ne veut pas voter pour le candidat au premier tour, se réservant pour le second, et qui en général finit par dire, quand il est hélas trop tard, "la prochaine fois je voterais utile".
Mais effectivement trop tard pour le sort de pas mal de français quand on à fait son petit caprice.

Concernant la petite voiture bleue, il ne vous à pas échappé que cela est un jouet et que dans ce moment grave auquel Patrick est confronté, signer pour changer le destin d'un pays et de ses 65 millions d'habitants, il avait besoin d'avoir auprès de lui un objet qui lui permette de le ramener dans le monde rassurant de l'enfance, peu importe la couleur.

ANTONIN

Patrick Mottard a dit…

Le dessin sur le T-shirt évoque la cité historique de Balmain en Australie... Mais j'ai le sentiment qu'on s'éloigne du message initial...

Anonyme a dit…

Pour le message initial il n'y a rien à dire, ou à redire, c'est pour ça que je m'en éloigne. Désolé Prof !
agent 007

Anonyme a dit…

4 parrainages.
3 candidats et 1 candidate.
A quand la parité & comme en plus même son ex l'oubli, c'est pas gagné.
Pour JOSPIN, je reste convaincu qu'à un moment donné de sa campagne, il s'est lui même éliminé sphychiquement parlant par la peur de la fonction.Maintenant certainement que d'autres facteurs plus matérialistes ont également joué.
Alexandre

Anonyme a dit…

oui oui oui ont s'éloigne du message initial.... mais au vu de la longueur de certain message ont a compris.
donc maintenant ont s'attache au détail monsieur mottard.
vous ne portez pas de montre ????
parsus06