21 janvier 2010

Ce matin, il fallait manifester...


Quelques centaines, place Garibaldi, un peu plus à l’arrivée du cortège, place Masséna : la mobilisation en faveur du service public était modeste ce matin. Les absents ont eu tort.

Même si je ne suis pas très favorable à ces journées de grève isolées et aux manifs sans lendemain, je pense qu’il est important aujourd’hui de résister à cette vaste entreprise gouvernementale visant à affaiblir les services publics et les collectivités territoriales.

Si on peut souhaiter une réforme de l’administration – y compris de ses effectifs – en fonction des fluctuations de la demande sociale, il est démagogique de vendre à l’opinion publique des solutions simplistes comme le non remplacement d’un fonctionnaire sur deux. Le faire, c’est accréditer l’idée que les services publics seraient une sorte de luxe que la société s’offre en période de croissance et qu’il faut obligatoirement délester en période de crise. Au moment précisément où la solidarité doit jouer à plein à travers les politiques publiques.

Même constat en matière de décentralisation : effectuer des transferts de compétences sans donner aux collectivités les vrais moyens d’assurer ces nouvelles responsabilités revient à surcharger les administrations locales et à réduire le service rendu à la population et singulièrement – c’est le cas au conseil général – aux plus faibles. A l’initiative d’Arnaud Montebourg, le Conseil d’Etat, qui n’est pas vraiment un Soviet, a fait ce constat en condamnant l’Etat pour transfert non compensé.

C’est pour cela que la mobilisation de ce matin était tout sauf rituelle, elle devait être un signe fort envoyé par les citoyens à un gouvernement affaibli mais sans opposition politique véritable.

Sur ce plan, disons que la démonstration n’a pas été à la hauteur de l’enjeu. Pourtant la mobilisation sociale est indispensable. Tabler sur une probable victoire de l’opposition aux régionales est illusoire : on a pu le constater la dernière fois. Le pouvoir central continuera tranquillement son travail d’affaiblissement des services publics et s’accommodera de Régions gérées par la gauche auxquelles il transférera toujours plus de charges.

Il ne reste plus qu’à espérer que, sur cette question cruciale, les citoyens se réveilleront et que chaud sera le printemps… 

P.S. Suite à l'arrestation de militants pacifiques et aux violences qui ont suivi, notamment contre des élus de la République, de la part des forces de police, les élus de Gauche Autrement protestent énergiquement et exigent la sanction de telles pratiques et les excuses de la hiérarchie.

5 commentaires:

alaind a dit…

Big Brother nous regarde...
C'est 1984 et Georges O. était un visionnaire!
Tous se disent issus de la République. Honte à eux, quelle est la définition de la République?
N'est elle pas étroitement liée à la notion de "services publics" et à la solidarité nationale sensée amener le soin, l'éducation, le transport, le travail, la communication partout sur le territoire, sans notion de "rentabilité".
Honte à la classe dirigeante qui se glorifie de ce qu'elle méprise.

cléo a dit…

De quel côté sont les potentiels casseurs? "Larvatus prodeo", Si au grand jour (sans parler du grand soir...)Il n'est plus possible de dire ou de montrer. Que ne veut-on pas que l'on puisse voir ni entendre? Le peu de bruit qu'il faut faire d'une casse souterraine et sûre par lequel s'effondrent avec des valeurs, le sens de certains actes et ce qu'il en resterait? Des espoirs?

Anonyme a dit…

Dommage que la gauche autrement se fasse manipuler à la veille d'élection par une poignée de communiste voulant faire monter la sauce, en espérant un gain électoral. La france n'est pas la chine, et ce n"est pas la connerie de 2 ou 3 flics qui nous feront croire que la france devient fasciste....

Patrick Mottard a dit…

je n'ai rien dit de tel,la police est aussi un service public...mais justement il faut dénoncer la connerie ,ce n'est pas de la manipulation mais de l'hygiène démocratique!

Pierre GRIMAUD NOW a dit…

"Toute société qui prétend assurer aux hommes la liberté, doit commencer par leur garantir l'existence."
Blum (Léon)
Cachez moi ces masques ! La marche arrière est enclenchée, je pense hélas que nous allons passer à une vitesse supérieure et ainsi seule les manifs pro-pouvoir seront autorisées !