09 novembre 2011

Les premières phrases que j’aurais aimé écrire



J’aime les premières phrases de roman quand elles sont courtes et qu’elles ouvrent presque par effraction les portes du temps et de l’espace d’un univers littéraire.

Quelques exemples :

« Longtemps, je me suis couché de bonne heure. »
(A la recherche du temps perdu, Proust)

« Aujourd’hui, maman est morte. Ou peut-être hier, je ne sais pas. »
(L’étranger, Albert Camus)

« J’appartiens à l’une des plus vieilles familles d’Orsenna. »
(Le rivage des Syrtes, Julien Gracq)

« Ridiculement seuls dans les déserts vacillants du petit matin, sur les trottoirs où pourrissait un reste de neige. »
(Place des angoisses, Jean Reverzy… un très grand roman)

« Je ne suis pas un garçon comme les autres. »
(Un adolescent d’autrefois, François Mauriac)

« Un jour, j’étais âgée déjà, dans le hall d’un lieu public, un homme est venu vers moi. »
(L’amant, Marguerite Duras)

« Toutes les familles heureuses se ressemblent mais chaque famille malheureuse l’est à sa façon. »
(Anna Karénine, Léon Tolstoï)

… Bon, à vous de jouer, amis blogueurs !

29 commentaires:

Emmanuel a dit…

A cette époque-là, c'était toujours fête.
Cesare Pavese, Le bel été.

Henri COTTALORDA a dit…

" Toute ma vie, je me suis fait une certaine idée de la France."
Général DE GAULLE: "Mémoires de guerre "

"C'est ici un livre de bonne foi, lecteur. "
MONTAIGNE " Les Essais "

" Au déclin d'une chaude journée de printemps, sur la promenade de l'étang du Patriarche, apparurent deux citoyens; "
Mikail BOULGAKOV " Le maître et Marguerite "

Henri COTTALORDA

Emmanuel a dit…

Il avait toujours confondu le silence avec le froid.
Dario Franceschini, Dans les veines ce fleuve d'argent.

Claudio a dit…

"Livia s'éveilla comme par effraction. A dix heures. Ou presque. A la suite d'une nuit métissée d'hébétude et de tension, semblable à celles passées depuis des semaines" Verdines. Pascale Madeleine.
(C'était juste pour placer "par effraction" puisqu'il semble que ce soit le jeu du moment ;-)

Plus sérieusement :
"C'est une histoire très simple, dit Védrennes, je viens de voir mourir mon père", et il se mit à rire" La nuit de Mougins Roger Vrigny.

"Il faut tout d'abord que je parle de ma femme." L'amour conjugal Alberto Moravia

Jean-Christophe Picard a dit…

"Au milieu du chemin de notre vie, je me suis retrouvé dans une forêt obscure. J'avais perdu la voie droite."

DANTE, La Divine Comédie

cléo a dit…

Ah, j'adore... Ce sont de véritables auto-portraits! D'où, un choix contemporain. Il n'y aura aucun mort dans ma liste!, Peut-être que des survivants.


"C'est maintenant qu'il faut reprendre vie".
Cercle, Yannick Haenel

"C'est à peu près à la même époque de ma vie, vie calme où d'ordinaire rien n'advenait, que dans mon horizon immédiat coïncidèrent deux événements qui, pris séparément, n'avaient malheureusement aucun rapport entre eux."
L'appareil photo, Jean-Philippe Toussaint.

"Parfois je me demande pourquoi, de toute ma vie passée, il ne me reste justement que le chien."

Chien, Paul Nizon.

"Je ne suis pas allé au lycée ce matin."
Etre sans destin,Imre kertész.

"Je rêve rarement."
La Porte, Magda Szabo.

"Quand cette femme a téléphoné, j'étais de bout dans la cuisine, en train de me faire cuire des spaghettis, et je sifflotais en même temps que la radio le prélude de La pie voleuse de Rossini, musique on ne peut plus approprié à la cuisson des pâtes."
L'éléphant s'évapore, Haruki Murakami.

véro a dit…

"Avançons dans la genèse de mes prétentions."
Mais le paragraphe qui suit est d'une importance qui ne permet pas l'omission...
"Ai-je quelque ascendant qui fut beau capitaine, jeune insolent ou négrier farouchement taciturne? A l'est de Suez quelque oncle retourné en barbarie sous le casque de liège, jodhpurs aux pieds et amertume aux lèvres, personnage poncif qu'endossent volontiers les branches cadettes, les poètes apostats, tous les déshonorés plein d'honneurs, d'ombrage et de mémoire qui sont la perle noire des arbres généalogiques? Un quelconque antécédent colonial ou marin?"
Vies minuscules, Pierre Michon.

Dominique a dit…

"Longtemps, j'ai cru m'en tirer sans éclats."
Le hussard bleu, Roger Nimier

"Peut-on vivre dans le désespoir sans désirer la mort ?"
1934, Alberto Moravia

"C'est alors que je vis le Pendule."
Le Pendule de Foucault, Umberto Eco

"C'est fini."
La promesse de l'aube, Romain Gary (y a-t-il plus court ?)

"A cette époque-là, c'était toujours fête."
Le bel été, Pavese

Anonyme a dit…

"Ca me fait quelque chose quand les jours s'allongent, que la lumière grandit et que le soleil se couche de plus en plus à l'ouest, au-dessus des collines, comme s'il allait faire le tour complet de l'horizon"
(Printemps et autres saisons, J.M.G Le Clézio)

"Désormais devenue l'Amérique de tout le monde, New York, banalisée, est la ville-terminus où s'accomplissent, puis se racornissent, les rêves courts de l'Européen".
(La pierre et le saguaro, Yves Berger)

"Il ne savait plus pourquoi il avait franchi le seuil de ce bar, pourquoi il s'était terré au fond, près de la porte qui donnait sur l'arrière-cour, de telle sorte que personne ne pût l'apercevoir".
(Après l'équinoxe, Philippe Le Guillou)

"La nuit achevait de tomber quand la longue voiture noire se présenta au bout du chemin de terre avec une impressionnante lenteur".
(Vent de Soleil, Pierre Jakez Hélias)

"Une douzaine d'années avait passé depuis que l'on ne m'appelait plus "la Petite Bijou" et je me trouvais à la station métro Châtelet à l'heure de pointe".
(La petite bijou, Patrick Modiano)

Angela a dit…

"Je vais entrer ici dans le vif du sujet, sans autre forme de procès"
(Romain Gary, Gros-Câlin)

Jean Montoya a dit…

"En un lugar de la Mancha de cuyo nombre no quiero acordarme..."
Cervantes, Don Quijote.
"Dans un village de La Mancha, dont je ne veux pas me rappeler le nom". Cervantes, Don Quichotte
Cette volonté de ne pas se rappeler le nom de l'endroit où vivait son héros a fait l'objet de nombreuses études et éxégèses...

Marianne a dit…

"C'était à Mégara, faubourg de Carthage, dans les jardins d'Hamilcar"... (Salambô, de Flaubert)

bernard gaignier a dit…

quoi ma gueule qu'est ce qu'elle a ma gueule
Johnny Hallyday

Antoine a dit…

"Il y a bien longtemps, en 1860, l'usage voulait que les femmes accouchent chez elles. Aujourd'hui, il parait que les sommités de la médecine ont décrété qu'il vaut mieux que les premiers cris d'un nouveau-né retentissent dans l'atmosphère aseptisée d'un établissement hospitalier." (F.Scott FITZGERALD, L'étrange histoire de Benjamin Button

bernard gaignier a dit…

Il est établi un impôt annuel unique sur le revenu des personnes physiques désigné sous le nom d’impôt sur le revenu.

Aticle 1 du code général des imôts

Les Brouillons de Cendrillon a dit…

"Je dormais profondément quand mon patron Beranrd jeta du sable dans ma fenêtre."
(Sur l'eau, Maupassant)
"Jeanne ayant fini ses malles, s'approcha de la fenêtre, mais la pluie ne cessait pas."
(Une vie, Maupassant)
"Madame Vauquer, née de Conflans, est une vieille femme qui, depuis quarante ans, tient à Paris une pension bourgeoise établie rue Neuve-Sainte-Geneviève, entre le quartier latin et le faubourg Saint-Marceau."
(Le Père Goriot, Honoré de Balzac)
"Le 15 septembre 1840, vers six heures du matin, la Ville-de-Montereau, près de partir, fumait à gros tourbillons devant le quai Saint-Bernard."
(L'éducatin sentimentale, Flaubert)
"Alors que paraissaient les premières lueurs de l'aube, le berger commença à faire avancer ses moutons dans la direction du soleil levant."
(L'alchimiste, Paulo Coelho)

...raconter une histoire avec plusieurs premières phrases...

Patrick Mottard a dit…

Bravo à tous ceux qui jouent le jeu de ce billet.
je n'en dirai pas autant de l'infame Bernard qui n'a peur de rien en rapprochant Johnny et l'administration fiscale...

cléo a dit…

Bernard, pas infâme... dit lui, une homme.

Anonyme a dit…

"Le malheur des autres est toujours une langue étrangère" (c'est dans une chanson, çà compte?). Je trouve en tout cas la formule très vraie.

rené.

helyette a dit…

Rien n a changé sauf la vie qui passe et ne revient pas....
Patrick Mottard ..Fragments de Nice

L œil...Tout l univers est en lui,puisqu'il reflète..
Le Horla....Guy de Maupassant.

ANTONIN a dit…

Plus tu pédales moins vite, et moins t'avances plus vite.

quelqu'un sait de qui est cette phrase?

ANTONIN

Patrick Mottard a dit…

Pierre Dac ou Raffarin,Antonin?

ANTONIN a dit…

Si Raffarin était ma source d'inspiration, je serait dans un état depressif très avancé, quasiment au bas de sa pente courte mais forte qui mène au suicide.

ANTONIN

Patrick Mottard a dit…

alors Desproges ?

Anonyme a dit…

je dirais que c'est Coluche ... Et si j'ai pédalé dans la semoule ou perdu les pédales quelques instants j'aurai peut-être le droit de rejouer ...

cléo a dit…

Cela ressemble à une tirade du professeur schadocko!

ANTONIN a dit…

J'allais dire "bravo, vous avez tous gagné une tringle à rideau" mais l'on s'éloigne trop des belles expressions littéraires dont il est question sur ce billet et les commentaires l'accompagnant.

ANTONIN

Cléo a dit…

Et notre tringle à rideaux! la littérature, ce n'est que de la littérature: "Plus on s'éloigne et plus s'approche ce qui nous rapproche". Ce n'est pas avec des premières phrases que je vais accrocher mes rideaux... Encore que! Merci pour l'idée.

Angela a dit…

http://www.ranker.com/list/100-famous-novels-with-catchy-first-lines/info-lists

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