26 mai 2012

Mud, Mississipi




Mud, de Jeff Nichols

Ce matin, nous étions bien dans la dernière ligne droite avec deux films assez représentatifs de ce qu’a été la compétition cette année :
- des films toujours – au moins partiellement – intéressants, émouvants, jubilatoires sans être de grands films (à l’exception du Carax et du film égyptien que je n’ai pas aimés du tout, pour des raisons différentes d’ailleurs) ;
- des films de deux heures toujours un peu trop longs qui auraient été plus efficaces dans le format classique d’une heure trente.

Mud, Jeff Nichols (USA)

Deux enfants de quatorze ans rencontrent, lors d’une escapade en bateau sur la Mississipi, Mud, un homme réfugié sur une île au milieu du fleuve. En fait, c’est un fugitif meurtrier d’un homme violent qui battait son amie de cœur. Très vite, il va mettre à contribution les deux adolescents pour retrouver sa belle et s’enfuir.

Mud est un itinéraire initiatique de l’adolescence doublé d’une histoire d’amour et d’un thriller avec, comme décor, l’envoûtante et inquiétante majesté du Mississipi (voir sur ce blog, mon billet du 17 septembre 2008, Mississipi blues) : trois films pour le prix d’un. Le film sur l’adolescence est juste, l’histoire d’amour ambiguë et donc pleine de surprises. Par contre, on aurait pu se passer du thriller.

L’ivresse de l’argent, Im Sang-Soo (Corée du Sud)

Youngjah est le secrétaire de la dirigeante d’un puissant empire industriel coréen. Il est le spectateur engagé, aurait dit Aron, d’un univers plus qu’impitoyable – à côté Dallas c’est le manège enchanté – où argent, sexe et pouvoir sont rois. Les turpitudes de la classe dirigeante de Corée du Sud sont telles d’après Im Sang-Soo, qu’à la moitié du film vous avez des envies de Corée du Nord… Je plaisante, bien sûr ! Sur le même sujet (une « Règle du jeu » asiatique) et par le même réalisateur, j’avais nettement préféré en 2010 Housemaid.

Reste, bien sûr, en attendant le verdict du jury de Nanni Moretti, le petit jeu des pronostics.

Ma Palme d’or : Au-delà des collines

Mes préférés « raisonnables » : De rouille et d’os ; Amour

Mes préférés « coups de cœur » : In another country ; Like someone in love ; Dans la brume.

A demain…



8 commentaires:

cléo a dit…

Jo l'indien est moins effrayant à la maturité mais toujours aussi fascinant. Le mississipi reste un mythe. j'ai apprécié l'accès à l'imaginaire et l'aller voir permanent d'un jeune garçon( trempe et sensibilité)et même si ce fut comme rester en lisière d' une langue étrangère , je me suis laissée bercée par les clapottis de l'altérité. C'est un voyage agréable dans l'île des ils en quelque sorte, non dénué d'humour de plus.

Emmanuel a dit…

Ce n'est pas franchement l'enthousiasme mais faisons confiance à Nanni pour choisir ce qu'il y a de mieux.
C'est assez amusant de suivre ainsi le festival en lisant des résumés de films que peut etre je ne verrai jamais!
A propos de Moretti, l'INA a mis en ligne plus de 20 heures de vidéo avec 90 émissions, interviews et reportages en France de l'auteur de journal intime.
A deux mains la palme!!!!

Dominique a dit…

Evidemment, il donne la palme à l'un des rares films de la compétition que je n'ai pas pu voir. Pfff !

Moi, je ne vais proposer que des choix de coeur et ce sera "Amour" de Michael Haneke, "Dans la brume" de Loznitsa, et "In another country" de Hong Sangsoo.

Cela dit, comme Patrick, et avec la même exception pour le film de Carax, j'ai apprécié l'ensemble des films de cette année. Mais seuls les deux premiers cités m'ont bouleversée. Quant au troisième, il s'est imposé à moi comme une petite musique, en partie grâce à l'omni présence d'Isabelle Huppert.

Anonyme a dit…

Pendant que des types et des nanas se battent pour devenir député, un homme politique et une femme politique de terrain discutent tranquillement de...cinéma.
Et ils ont bien raison !

(le niveau fait fuir, comme je vous comprends...)

Pépito

cléo a dit…

Merci pour l'info Manu, une vraie mine d'or! j'ai consulté le document sur sogno di oro, voilà qui met en joie pour toute la journée!

Anonyme a dit…

7emme ou 8eme billets sur le cinéma .... bon il est vrai qu'il ne se passe pas grand chose dans le monde pas plus d'ailleur dans le 5eme et 7eme canton de nice.
pas de nouveau président, pas d'éléctions en vue aie c'est vrai les mottards ne sont pas candidats.
rien en syrie rien en egypte et j'en oubli la liste est longue...
alors ont reste entre nous gens bien éduqué, bien élévé, cultivé,un bon petit groupe bien élitiste.

Patrick Mottard a dit…

Ben oui anonyme : je fais ce que je veux sur mon blog... et toi tu es là pour faire avancer les grandes causes donc tout va bien ! (anonyme ou BHL frustré ?)

Emmanuel a dit…

Patrick c'est très courageux à toi de publier tous les commentaires et surtout les critiques même quand elles ne sont pas de grande qualité.
C'est de la véritable transparence...Je te félicite!