23 mars 2010

C'est Guizot que Sarkozy doit virer


Il y a les petites manifs pour marquer le coup, les marées humaines traduisant une révolte sociale et enfin les cortèges d’importance moyenne, point de passage obligé pour une plus large mobilisation.

C’est à cette dernière catégorie qu’appartenait le défilé de ce matin à Nice : quelques milliers de personnes dont l’ardeur combative n’était en rien altérée par le soleil printanier.

Le moins qu’on puisse dire est que le petit gymkhana organisé hier dans la cour de l’Elysée a été mal ressenti par les manifestants qui ont vu là une réaction dérisoire voire provocatrice au désaveu électoral de dimanche.

Les incertitudes liées à la réforme des retraites, les inquiétudes suite au recalibrage des services publics, le désarroi devant le chômage, l’exaspération vis-à-vis de la stagnation du pouvoir d’achat, nourrissaient les slogans scandés par les manifestants. On était loin de la nomination de Monsieur Tron…

Chacun, bien sûr, a compris que nous sommes en période de crise et que le déséquilibre entre actifs et retraités s’aggrave. Mais, au moment où des sacrifices vont être nécessaires, l’exigence de justice sociale est forcément plus importante. Et personne, de Masséna à Garibaldi, ne comprenait que le Président s’entête dans sa philosophie à la Guizot en maintenant le bouclier fiscal et autres cadeaux pour les plus favorisés.

Le « travailler plus pour gagner plus », version sarkozienne du « enrichissez-vous » du ministre de Louis-Philippe, n’est plus de mise. Si le Président veut réformer qu’il vire d’abord le petit Guizot qu’il a dans la tête : en gros, c’était le message finalement très raisonnable que lui envoyaient ce matin les manifestants.

9 commentaires:

Sylvie a dit…

J'aurais bien aimé qu'il vire celui qui a si mal lancé le débat sur l'identité nationale, Eric Besson.
Et qu'il mette Rama Yade et Valérie Pécresse à des postes clés...
"Si j'étais président de la République..."
On se serait passé d'un villepiniste qui, rien qu'à l'entendre parler, semble à mille lieux des français et de leurs préoccupations.

Anonyme a dit…

Pour avoir été à tes côtés pendant un long moment au cours de cette matinée de manifestation je trouve étonnant que tu ne dises rien de l'accueil particulièrement chaleureux que tu as reçu d'un grand nombre de camarades. Est-ce timidité? modestie? ou bien habitude.?

Henri COTTALORDA

Clotilde a dit…

Je ne pense pas grand chose de bien de Yade et Pécresse, mais par contre, tu as bien raison Sylvie pour Besson.

C'est bien grâce à Besson et à ses multiples dérapages que les français racistes se sont rappelés de Le Pen, qui finalement n'apparaissait plus comme un épouvantail puisqu'on avait le droit de penser autant de choses si "belles" sur cette question de l'identité nationale que je trouve, personnellement, totalement sans intérêt et complètement dépassée (mais c'est mon point de vue, je peux comprendre qu'on y soit attaché, encore que, non, décidément, ça me dépasse de plus en plus; qu'on ne me parle pas des valeurs de la France, de la laïcité, des droits de l'homme etc, pffffff, comme si on était les seuls à y avoir pensé et comme si c'était notre pré carré).

Si ce n'était pas aussi triste que ça aille au FN, c'en serait rigolo de se faire piquer ses voix par là où on a pêché.

Sylvie a dit…

Oui, Clotilde, pour moi non plus cela ne veut rien dire "identité nationale".
Par contre, je sais que ce terme avait un sens pour mes parents et tous ceux qui se sont battus pour la "France libre" pendant la Seconde Guerre Mondiale. Il s'agissait de défendre un pays, une patrie.
Mais depuis justement, ce cataclysme et toutes les horreurs de cette guerre, être français ne veut plus dire grand-chose. Toutes les valeurs qu'on défendait et qu'on s'appropriait, on s'est rendu compte qu'elles existaient aussi dans d'autres pays. Maintenant, les frontières sont ouvertes, le commerce est mondial, les communications immenses entre les pays, et la France apparait comme un pays pacifique, constitué d'une myriade d'ethnies et allié à tous les pays qui pratiquent la même ouverture d'esprit et le même désir de paix et de justice dans le monde.
C'est pourquoi ce débat m'a semblé insensé dès le départ et comme une volonté de justifier la politique d'immigration du gouvernement.
Je crois que l'immigration n'a rien à voir avec l'identité nationale.
La France a toujours accueilli des immigrés. Nice en est un bel exemple avec tous les ascendants italiens que nous avons.
La question est de savoir où mettre des limites pour ne pas accueillir sans fin des miséreux qui ne trouveront ici qu'un malheur plus grand que dans leur pays d'origine parce-que nous n'aurons pas de travail ni de logement à leur offrir.
Si moi, qui n'ait pas fait polytechnique, j'arrive à comprendre cela, je ne comprends pas comment, au niveau de l'état on peut lancer un débat aussi insensé au risque de réveiller de vieilles haines et des rancoeurs racistes qui datent du temps des colonies.
Après, il y a encore la question de l'Islam et de la Chrétienté qui s'est invitée à ce débat et qui est une question de religion qui n'a rien à voir avec l'identité nationale puisqu'une religion est universelle par définition.
J'ai été bien longue... pardon d'encombrer ce blog, Patrick.

Patrick Mottard a dit…

Au contraire Sylvie j'aime bien tes commentaires jamais formatés,j'aime bien aussi Clotilde quand elle est dans sa période "rougnouse"...

Clotilde a dit…

Ah bon? Plus rougnouse que d'habitude?
ça doit être parce que j'ai vu plein de français avec des T-shirts "FRANCE" au marathon de Rome. Même ceux qui étaient complètement à la rue comme moi, je me suis appliquée à les doubler méthodiquement exprès quand j'en avais encore la force. Je trouvais ça complètement con ces T-shirts (par contre j'ai adoré le déguisement Astérix de notre copain, qui a fait rire tout le monde, on n'est pas à une contradiction près!!!!)

Sylvie, tu dis que tu ne comprend pas comment on peut prendre le risque de lancer ce débat lorsqu'on a fait Polytechnique. Mais ce n'est pas une erreur pour eux, ils l'ont juste fait exprès, à la fois par idéologie et par électoralisme. Il faut s'y faire, le racisme et les crispations identitaires sont quelque chose de très très répandu.

Sylvie a dit…

Clotilde,
j'ai souffert avec toi à la lecture du récit de ton marathon romain.
Je n'ai pas le dixième de ton courage.
Bravo.
Mais je vais me mettre sérieusement au vélo. Je ne supporte plus la voiture en ville surtout avec tous les travaux que notre cher Maire nous organise à chaque coin de rue.

alaind a dit…

Bonsoir,
Cette société, sous l'emprise de ses actionnaires surveillant la jauge de leurs dividendes, et comptant les gommes plutôt que leurs propres erreurs, devrait bientôt imploser, le mouvement a déjà commencé. Et, ce qui me semble attristant, c'est que même la politique nationale semble impuissante à toute résolution. La gouverne est à l'international, à la mondialisation, à la dégringolade.

bernard gaignier a dit…

D'accord avec ces commentaires. et c'est pour ça qu'il était important de flanquer une rouste à la droite aux élections régionales. Eloigné de mon ordi pendant une semaine je n'ai pu participer au débat sur le deuxième tour mais je rejoins entièrement la position développée par Lucien.
Ceci dit Clotilde rougnouse c'est un peu un pléonasme non???