09 mai 2010

Jack Bauer au Mont Chauve


C’était un challenge. Participer à l’ascension du mont Chauve n’allait pas de soi. J’ai en effet un goût très modéré pour les courses de côtes et celle-ci est plutôt impressionnante avec 11 kilomètres de grimpette sur 12. Mais la magie du lieu a fini par me convaincre de participer à cette petite Alpe d’Huez de la course à pied.

C’est ainsi que, dès 9 heures ce dimanche, j’étais présent devant la rotonde du stade du Ray sur le territoire du 5e canton.

Le temps de retrouver les copains et d’évaluer la musculature sèche et le sourire carnassier de la plupart des participants et c’est déjà le départ.

Je prends immédiatement la mesure de l’effort qui m’attend. Tout au long de l’avenue de Gairaut une mini bronchite contractée dans les amphis glaciaux de Carlone m’enflamme la poitrine. Heureusement, après quelques kilomètres, la sensation désagréable disparaît et je trouve mon équilibre dans l’effort. C’est l’occasion de jouer un peu à cache-cache dans le peloton avec Clotilde, aisément repérable dans son maillot jaune fluo, et Véro, arborant à son poignet une montre qui est en fait un ordinateur de bord digne d’un Boeing. Laurent quant à lui est déjà devant.

Vers l’aire Saint Michel, je me surprends en appréciant une route moins pentue qui est pourtant, à l’automne, la difficulté principale de la course de Gairaut.

Après la chapelle, commence l’ascension proprement dite. Le citron fluo prend son envol et je m’applique à gérer mon effort. Et si la pente est rude – comme l’aurait dit ce cher Raffarin – j’adore progresser de lacet en lacet tel un coureur du Tour de France et voir en contrebas les concurrents attardés. Pendant quelques centaines de mètres, je bénéficie même d’un relais appuyé de Nora, une de mes colistières de 2001, qui joue ce matin un rôle de spectatrice active…

Le dernier kilomètre est particulièrement difficile mais, dans un ultime effort, je rattrape deux concurrents. Hélas nous sommes tous trois bloqués par un énorme 4x4 noir aux vitres fumées semblable à celui de Jack Bauer dans 24 heures Chrono. Etre stoppé brutalement en plein effort est assez traumatisant et c’est plutôt éprouvé (et énervé) que je passe la ligne d’arrivée sous les applaudissements de mon coach Dominique qui n’allait pas rater une course qui traverse en grande partie son canton. Je suis pourtant satisfait du temps (1h 27mn 43s) conforme à l’objectif que je m’étais fixé au départ. Véro et son Boeing, Clotilde et son Laurent, dans un émouvant duo conjugal, étaient déjà arrivés bien sûr. Mais ces coureurs expérimentés ont accueilli le « rookie » avec beaucoup de chaleur…

Au final une belle course qui me fera apprécier avec beaucoup de bonheur le steak frites du réconfort arrosé d’un inestimable Château Sainte Roseline.

12 commentaires:

Claudio a dit…

Mais quelle idée de s'engager sur une course pareille ! Surtout à un certain âge. Le mien me l'interdit.
En tous cas, Bravo à vous tous. pour ma part, je m'en tiendrai, raisonnablement, pour ce mois-ci, à mon 10 kms préféré : La Ronde des Plages à Menton le 23.

bernard gaignier a dit…

Moi je suis d'accord pour le steak arrosé d'un Chateau Sainte Roseline.


Ceci dit... bravo

cléo a dit…

Moi qui croyais que le cinéma c'était ving quatre fois la vérité par seconde!Je n'imagineais pas du tout un dimanche sur le mont chauve de cette manière là. Plutôt avec le chateau sainte roseline avant la descente, le décroché qui s'ensuit:" le confort d'abord puis le réconfort ensuite". Enfin, la suppression du 4x4 et des sonneries de téléphone portable comme uniques ressorts de la contemplation. Mais c'est du mauvais esprit, d'un esprit qui a eu un problème au montage...
et il est évident que je ne dis cela que parce que je suis incapable de faire une telle ascension! Un reportage cannois sur "socialisme" par contre, peut-être que je pourrais suivre...

Dominique a dit…

L'accompagnatrice était dès 9 heures à l'arrivée afin de ne pas gêner les coureurs en montant en voiture. Et pourtant, elle n'a pas de 4x4 !

Cela m'a permis de voir la fin de course de différents copains et, en particulier, Jean-max Rolland, toujours en pleine forme : arrivé 13e (et 2e de sa catégorie), c'était sa vingtième participation à l'épreuve du Mont Chauve. En moins d'une heure, il avait encore amélioré sa performance de l'an dernier. Bravo l'artiste !

Clotilde a dit…

Claudio, la moyenne d'âge sur ce genre de courses est beaucoup plus élevée que sur bien d'autres. Simplement parce que si on ne meurt pas en route, on ne s'y blesse pas non plus.
Pour ton information Patrick, la conductrice dudit 4x4 fut rhabillée pour cet hiver qui n'en finit pas par le public présent! Ses oreilles doivent encore siffler.
Ce que tu dis de Jean-Max, Dominique, m'enchante. Dans 10 ans, à raison de 2 minutes de mieux par an, je la monte en 1h! :)))

Patrick Mottard a dit…

Clotilde... tu m'épuises, merci quand même pour la leçon de civisme au 4x4 driver !
Claudio, tu fais ta chochotte, tu aurais parfaitement réussi dans cette épreuve!
Cléo, très jolie la séquence godardienne.
Bernard tu n'es qu'un soiffard anti-sportif : espèce de Desproges, va !
Quant à Jean Max, les lecteurs de Fragments de Nice doivent savoir qu'il faisait partie des champions qui me doublaient pendant que je soufflais dans la dernière ligne droite sous l'oeil goguenard de Doms

Ségurano a dit…

J'ai honte de ne pas pouvoir être à votre hauteur... Mais je suis pardonable, moi, je suis vieux...
Bravo Bravo Bravo
Ségurano

jean pierre a dit…

bravo a tous moi qui fait cette montée a vélo réguliérement je sais de quoi je parle en terme de souffrance.encore une fois un grand bravo a tous les participants de gauche autrement.
mais le chateau sainte roseline il va falloir que j'essai dans la gourde ???

véro a dit…

merci pour les photos souvenirs, Clothilde te les as piqué pour les mettre sur courir au féminin et illustrer mon maigre récit à côté du tien
à trés bientôt pour de prochaines aventures et encore bravo.

Clotilde a dit…

Après avoir vu la photo où je suis en embuscade derrière lui, Lau a demandé pourquoi c'était lui qu'on appelait le "sournois".
Ceci dit, je ne pouvais pas prévoir qu'il accélèrerait 100 m avant l'arrivée. De toute façon, il ne m'aurait pas laissé passer! :)

Patrick Mottard a dit…

Laurent je fais amende honorable nous savons désormais qui est la reine de la sournoisitude...

Anonyme a dit…

bravo pour ta course
bon j'ai loupé ça mais j'ai pensé à vous tous quand meme

Bérengère