17 janvier 2011

Cinéma 2010 : dans le rétro

Photo DBM

Fin d’année tricolore dans les salles obscures avec quatre films français qui n’ont rien de déshonorant.

Le Président, d’Yves Jeuland

Il s’agit du documentaire réalisé en toute liberté lors de la dernière campagne électorale de Georges Frêche. Une plongée plutôt rafraîchissante dans un politiquement incorrect qui repose de l’hypocrisie des bondieuseries politiquement correctes dont on nous abreuve à longueur de temps.

Les émotifs anonymes, de Jean-Pierre Ameris

Jean-René et Angélique sont deux grands émotifs. Même en utilisant le chocolat, leur passion commune, comme métaphore, ils ont bien du mal à concrétiser leur histoire d’amour. Ce petit film drôle et émouvant est une sorte de comédie romantique artisanale qui doit beaucoup à un duo d’acteurs épatants (Isabelle Carré et Benoît Poelvoorde complètement à contre-emploi…)

Un balcon sur la mer, de Nicole Garcia

Marc, marié et père de famille, retrouve Cathy, l’amour de ses… douze ans, connue en pleine guerre dans son Algérie natale. Le passé forcément douloureux se réveille et le doute s’empare de lui : Cathy est-elle Cathy ? Le scénario est un peu cousu de fil blanc, la nostalgie de « là-bas » un peu caricaturale, mais Marie-Josée Croze arrive à donner vie à son personnage et Oran désert est très photogénique.

Potiche, de François Ozon

Tout un film pour prouver que Catherine Deneuve peut tout jouer, y compris du Jacqueline Maillan. Elle réussit évidemment son pari, mais l’entreprise apparaît comme assez vaine au final. Quant au féminisme censé inspirer le film, il doit dater de l’époque des Pierrafeu.

Au total, ce sont donc vingt-sept longs métrages que j'ai vus dans les salles obscures cette année. Une toute petite année (trente-neuf en 2009). Du coup, le top 10 est seulement indicatif :

1. Copie conforme (Abbas Kiarostami)
2. Another year (Mike Leigh)
3. Des hommes et des dieux (Xavier Beauvois)
4. Biutiful (Alejandro Gonzales Inarritu)
5. Tamara Drewe (Stephen Frears)
6. Tournée (Mathieu Amalric)
7. You will meet a tall dark stranger (Woody Allen)
8. Le Président (Yves Jeuland)
9. La nostra vita (Daniel Luccheti)
10. Rizhao Chongqing (Wang Xiaoshuai)

N.B. Les liens renvoient aux critiques faites sur ce blog.

6 commentaires:

Emmanuel a dit…

Un documentaire sur Georges Frêche, en effet ce n'est pas banal. Ce grand baron du PS avait comme tout le monde des qualités et des défauts mais il n'a pas réussi à se créer un destin national. En ce qui concerne le cinéma français, je pense qu'il est mort après Truffaut. J'en veux pour preuve ces films au titre abracadabrantesque du genre "attends moi je prend le train" ou encore très récemment "poupoupidou" ou des énormes navets à vocation internationale comme "les visiteurs", "les chtis" et autres "astérix" qui font regretter l'invention du cinéma.
Sévère mais juste, je préfère encore le sois disant moribond cinéma italien capable de produire des chefs d'oeuvre intemporels comme "nos meilleures années", "romanzo criminal", "respiro", "cento passi"....
Enfin on remarque que plus le cinéma français est mauvais mieux il s'exporte, c'est peut être aussi cela la mondialisation de la culture. Heureusement il nous reste Jea Luc Godart...ah bon il n'est pas Français ?

cléo a dit…

Rétro-retro, de mon côté... si j'en juge par la fréquentation assidue de la cinémathèque qui fait que je n'ai vu, que! 19nouveaux longs métrages cette année. Mais il est évident que les autres sont des films atemporels, qu'on peut découvrir tout en les ayant déjà vus!Très séduite cependant par "a serious man", "copie conforme" (aussi), "La bocca del lupo", "le bel et sombre inconnu" (aussi...)Qui aurait vu "les tribulations d'une amoureuse sous staline"?(rire!) ou camping 2, que je me fasse une idée...

cléo a dit…

Emmanuel, Evidemment avec truffaut en tête et Tati sous le bras, on hésite à parler d'autre chose que d'un cinéma français d'auteur... suisse.

Emmanuel a dit…

Il y a encore pire que le cinéma français actuel, il y a la télévision. Pour répéter Godart avec le cinéma on lève les yeux et avec la télé on les baisse. Bien vu Cléo et heureusement qu'il y la Fnac pour trouver les vacances de monsieur Hulot, pas Nicolas....

laura a dit…

et inception de christopher nolan? certes un peu subtil et complexe mais tellement envoutant

Patrick Mottard a dit…

oui Laura mais je l'avais trouvé plus complexe qu'envoutant ! :)