04 janvier 2012

Big brother aime le goulash


Budapest, avenue Andrassy, août 2010

Pour les manifestants de l’avenue Andrássy, les Champs Elysées de Budapest (qui m’ont servi, il y a deux ans, de piste… d’entraînement, voir, sur ce blog, « A Budapest, le beau Danube est bleu »), le vote et la promulgation de la nouvelle constitution hongroise font basculer le pays dans un monde qui s’apparente à l’univers de George Orwell.

Sous la houlette de l’ex-dissident Viktor Orban – qui a mal vieilli – le parti majoritaire FIDESZ a profité de son succès électoral de 2010 pour profondément modifier la Constitution de ce qui n’est plus officiellement la République hongroise mais la Hongrie (éternelle et chrétienne !).

Désormais, l’Exécutif peut tout contrôler : la presse, la justice, les médias, la Banque centrale, la Cour constitutionnelle et même le Parlement grâce à un article 49 local qui permet désormais l’adoption de lois sans débat.

Les privilégiés vont être avantagés par un système fiscal gravé dans le marbre de la Constitution (impôt sur le revenu à taux unique de 16% pour tous), texte où l’on considère, entre autres, que l’embryon est un être humain dès la conception.

Encore plus dangereux, les Hongrois de souche à l’étranger (notamment ceux appartenant à des minorités des pays voisins comme la Slovaquie, la Serbie ou la Roumanie) pourront voter en Hongrie, ce qui ne manquera pas de les isoler dans leur pays.

Face à une agression aussi caractérisée contre les valeurs démocratiques qui en principe cimentent l’Europe, on pouvait attendre une vigoureuse réaction de Bruxelles. Il n’en a rien été. L’Union Européenne si donneuse de leçons quand il s’agit d’économie est restée coite quand il aurait fallu défendre les libertés fondamentales et la démocratie.

Je suis de ceux qui pensent que l’Europe institutionnelle, malgré sa faiblesse et ses contradictions, a probablement accéléré le processus de démocratisation dans le Sud du continent et bien sûr dans l’Est communiste, tout en empêchant quelques guerres civiles (à la dramatique exception de la Yougoslavie).

Ne pas réagir aujourd’hui à l’agression d’Orban, ce serait tout simplement un reniement pour l’Union Européenne. Economiquement inefficace et socialement aléatoire, on peut se demander à quoi servirait le modèle européen s’il ne défendait pas l’Etat de Droit et les libertés.

Il faut exclure la Hongrie de l’Europe pour mieux préparer le retour de la République hongroise dans l’Union Européenne. Les manifestants de l’avenue Andrassy ne demandent pas autre chose. Ecoutons-les.

Voir aussi sur le blog de Dominique Boy Mottard, Syndrome de Budapest : piqûre de rappel.

21 commentaires:

Emmanuel a dit…

C'est bien la preuve d'un deficit politique dans l'UE.
Si, avec le Zollverein l'Allemagne s'est en partie unifiée sous l'impulsion de la Prusse au début du XIXéme siècle, les autres pays ont besoin de davantage de politique pour encore croire en l'Europe telle qu'elle existe et que l'ont voulu les péres fondateurs.
La Hongrie d'aujourd'hui n'est plus celle du régent Horthy, on lui préfère Imre Nagy, et plutot que de se focaliser sur le maintien ou pas du AAA, on ferait mieux de lutter pour la préservation des valeurs démocratiques sur notre continent.
Le cas de la Hongrie est très inquiétant car ce pays n'est plus une république depuis trois jours et est devenue officiellement un régime nationaliste.
C'est dommage de focaliser l'attention des gens sur le PSG alors que des choses aussi inquiétantes se passent à l'intérieur de l'UE.
Les temps sont vraiment durs...

Les Brouillons de Cendrillon a dit…

Après les tonnerres d'applaudissements du "Retroblog" j'ai du mal à revenir sur scène l'air de rien...je suis comme un peu sonnée... et je ne serai pas capable de faire un "bon" commentaire sur un sujet aussi lourd...
Ceci étant, je dirai juste que je suis d'accord avec Patrick, et que je trouve cette soupe hongroise écoeurante...
Et pour faire un enchainement à deux balles, à la noix (ou au paprika), je dirai aussi que Manu a l'estomac bien solide ! ;)

Anonyme a dit…

que vous étes naif manu et patrick de croire que les dirigeants européens sont a leur poste pour protéger les peuples.
en 2005 une majorité du peuple français avait compris ce qui ne fallait pas faire...
laisser la gouvernance de l'europe aux representants du GRAND CAPITAL, en voila le résultat la Hongrie ne represente rien pour eux.
tant que l'allemagne continura a imposer ces choix au reste de l'europe les peuples ont du soucis a se faire.

Anonyme a dit…

C'est vrai quoi Hongrois soyez sérieux et adoptez les valeurs de l'Europe démocratique et exemplaire où quand on vote non on vous fait revoter jusqu'à ce que vous disiez oui et où votre pays est dirigé par des pantins depuis la lointaine Bruxelles.

Miklós

bernard gaignier a dit…

Tu as raison Patrick. Hongrois en l'Europe démocratique alors il faut mettre ce forban d'Orban au banc des nations.

Emmanuel a dit…

Oh Bernard, ça c'est du brutal.
Musicalement, les Forbans il fallait oser...vive le rock!
Pour répondre à l'anonyme, je suis naïf peut etre, idéaliste sûrement mais en tous cas de moins en moins optimiste à propos de cette Europe qui nous a quand même apporté paix et prospérité depuis 1945.
La France, toute seule, une solution ? Je ne le pense pas!
Tout n'est pas perdu, remobilisons nous!

alaind a dit…

Mes profs de lycée avec qui je manifestait contre Franco m'avaient prévenu: "la France est un sous état des Etats Unis".

bernard gaignier a dit…

Non Emmanuel. L'anonyme Miklos a raison! Eloignons nous de cette dictature européenne sortons de cette Europe dictatoriale et adoptons la constitution démocratique hongroise.

Dominique a dit…

J'en ai vraiment marre des discours stéréotypés sur l'Europe de ceux qui n'arrivent pas à voir plus loin que le NON qu'ils ont dit un jour ! On a le sentiment qu'ils se sont arrêtés là et qu'ils voient depuis tout ce qui se passe à l'aune de leur déception.

Oui, l'Europe, ce n'est pas grand chose mais pour l'instant c'est encore beaucoup. Les valeurs démocratiques, comme celles de la liberté de la presse, ce n'est pas rien. J'aimerais bien voir ce que diraient certains si les mesures que l'excité de Budapest a fait adopter en Hongrie étaient appliquées en France.

Et c'est pourquoi l'actuelle attitude des responsables européens est particulièrement dangereuse. C'est l'essentiel qui est en jeu.

Anonyme a dit…

si je comprends bien il n'y a que madame BOY MOTTARD qui a un discours interessant sur la politique européenne.... ceux qui ont voté NON en 2005 doivent se taire.....
PARSUS06

Dominique a dit…

Il ne s'agit pas de se taire, bien sûr que non. Mais d'arrêter de ressasser pour essayer d'avancer. J'ai le sentiment que certains (heureusement pas tous) se trouvent encore aujourd'hui englués dans leur déception et systématiquement tournés vers ce passé certes encore proche. Ceux-là ont une attitude assez peu rationnelle, j'allais dire quasi sentimentale, qui me paraît freiner toute véritable réflexion. Et c'est dommage car la construction Européenne que nous souhaitons a tout à gagner au partage des idées de ceux qui, à gauche, ont voté et pour le Oui et pour le Non.

Faouzia a dit…

"L'histoire ne se répète pas, elle bégaie". Alors que certains peuples meurent pour accéder à la démocratie, dans le vieux continent certains Etats retournent à un régime totalitaire !

Comme dans un passé pas si lointain que ça, c'est par les urnes que le totalitarisme revient en force en Europe !

La crise financière actuelle est certainement un facteur aggravant, mais le plus inquiétant c'est que les leçons du passé n'ont pas été tirées !!!!
Chaque citoyen se doit d'êttre vigilent àfin d'éviter des drames tels que nous avons connu sous la seconde guerre mondiale !!!!!!

Anonyme a dit…

il n'empêche si les peuples d'IRLANDE et de FRANCE avaient été suivi nous n'en serions peut être pas la ou nous en sommes.
car le traité de LISBONNE n'aurait pas été adopté et donc de nouvelles négos auraient été nécessaire.
et qui sait ce que cela aurai donné ????
aujourd'hui l'europe est en panne politiquement et socialement.
il n'y a que l 'europe de l'argent qui fonctionne super bien au bénéfice d'une castre qui veut nous imposer sa vision du monde.
je refuse cette vision.
parsus06

Emmanuel a dit…

D'accord avec toi Dominique, il faut arreter de regarder dans le retroviseur en se lamentant sur ce qu'il fallait faire ou ne pas faire.
La construction européenne doit continuer et il faut réenchanter le rêve des pères fondateurs avec plus de démocraties et aussi parfois plus de pédagogie.
De toutes les façons la France seule dans son coin ne peut pas être un projer d'avenir...

Laurent Weppe a dit…

Sous la houlette de l’ex-dissident Viktor Orban – qui a mal vieilli –

Je ne veux pas être méchant, mais à l'époque où j'habitais à Budapest (98-2000), il y avait déjà parmi les Hongrois que je fréquentais (bon, ok, la plupart étaient soient les fréquentations de mes parents, soit mes copains de classe et leurs parents qui les avaient mis à l'école française pour bénéficier de la qualité de l'enseignement made in France, donc la tendance intello/scientifiques de gauche était largement sur-représentée) qui commençaient à se demander si la période dissidente d'Orban venait de son opposition de principe à la dictature ou au fait qu'il était simplement jaloux et rêvait de se vautrer dans le fauteuil de Kadar. Peut-être qu'Orban n'a pas mal vieillit du tout: peut-être est-ce là simplement l'imposteur qui tombe le masque aujourd'hui qu'il n'a plus rien à perdre et tout à gagner à se présenter sous son vrai jour.

***

Face à une agression aussi caractérisée contre les valeurs démocratiques qui en principe cimentent l’Europe, on pouvait attendre une vigoureuse réaction de Bruxelles. Il n’en a rien été. L’Union Européenne si donneuse de leçons quand il s’agit d’économie est restée coite quand il aurait fallu défendre les libertés fondamentales et la démocratie.

Faut pas pousser: les institutions de l'UE sont les seules à avoir quelque peu réagit et fait savoir qu'elles séviraient Sauf qu'étant ce qu'elles sont les institutions Européennes restent adeptes du langage diplomatique lourd de menaces non-dites, donc quand la Commissaire au droit fondamentale annonce en substance que la Commission se réserve le droit de tordre les deux bras à Orban pour le contraindre à respecter la charte des droits fondamentaux, elle s'abstient d'employer un vocabulaire à la Stallone. Tu préférerais peut-être qu'Herman Van Rompuy se réserve un créneau sur toutes les chaînes de toutes les Nations de l'Union pour déclarer coups de poings sur le pupitre à l'appui qu'il allait faire passer l'envie à quiconque de se changer en principule féodal, mais je doute fort qu'appliquer le style Sarko -même pour une bonne cause- à l'échelle du continent soit d'une quelconque utilité.

Je sais qu'il est frustrant de voir que le discours dominant appliquer le gantelet d'acier à pointes quand il s'agit de pays en crise pour passer au gant de velours rembourré à dentelle dès que la cause du problème est dépravation avérée d'un dirigeant politique en place (c'est au nom de cette règle tacite que Mitterrand en son temps n'a pas soutenu Delors quand celui-ci a voulu dénoncer publiquement les abus du gouvernement Grec), mais c'est un aspect de la culture politique qui n'est pas près de changer: il n'y a qu'à voir la manière dont Pasqua peut oser traîner Joly devant les tribunaux en nous rejouant la sérénade de "l'Honneur Bafoué du Grand Résistant" sans que cela ne génère un mérité déluge de quolibets. L'important est que les institutions européennes ont le pouvoir -et probablement la volonté même si on est jamais à l'abris d'une mauvaise surprise- de contrer les tentatives d'Orban de se proclamer Fönök à vie du pays avant que sa popularité ne dégonfle.

Clotilde a dit…

Restés bloqués sur leur Non?
Ha je ne crois pas. Je crois qu'il y a quand même une chose que vous ne réalisez pas. Il y a beaucoup de gens qui ne sont pas restés bloqués sur leur Oui. Des gens qui doutent. Je ne pense pas qu'ils regrettent leur choix à proprement parler, puisqu'ils ont très vite constaté que leur vote n'avait aucune espèce d'importance. Le Oui a été imposé, que vous le reconnaissiez ou non, c'est un fait. Ils n'ont donc même pas à se demander s'ils ont bien fait de voter Oui ou pas. Simplement, beaucoup se demandent s'il revoteraient de la même façon.

Je reconnais à l'Europe beaucoup de qualités, dont celle, entre autres choses, de nous garantir contre le retour de certaines hontes, telles que la peine de mort, pour prendre un extrême. C'est pour ce genre de choses que j'ai milité pour le Oui. Mais je serais sans doute beaucoup plus critique vis-à-vis du texte si on me le représentait maintenant.

Il n'y a pas lieu de s'emporter contre ceux qui regrettent la façon dont se sont déroulées les choses, que ce soit en France, en Irlande, ou dernièrement en Grèce. Un type comme Bernard Maris, pas particulièrement un excité du bocal, s'est offusqué de ce que le référendum grec soit présenté comme une lubie capricieuse d'un type "malade des nerfs", comme ils ont osé l'écrire.
Vous devez comprendre que le doute s'est immiscé dans les esprits de beaucoup de fervents supporters du Oui, pour un certain nombre de raisons qu'ils ont du mal à digérer. Ne pas s'en rendre compte serait vraiment une grosse erreur et ferait beaucoup de tort à la construction européenne, qui doit quand même faire des progrès.

Laurent Weppe a dit…

Clotilde:

Tu sais comment s'est partagé le vote de Masstricht?
75% des électeurs du PS ont voté pour
60% des électeurs RPR ont voté contre
le TCE?
75% des électeurs UMP ont voté pour
60% des électeurs du PS ont voté contre
le Non à Masstricht c'était d'abord et avant tout l'occasion pour la droite d'envoyer un pavé à la figure de Mitterrand avant les législatives
le Non au TCE, c'était d'abord et avant tout l'occasion de se payer la tête de Chirac puisque là, il n'y aurait pas l'occasion de lui imposer une seconde cohabitation.
C'est pour cela qu'une fois à l'Élysée Chirac a repris à son compte la construction Européenne qu'il avait dénoncé à grandes formules démagogiques sans que ses électeurs ne hurlent à la trahison. C'est aussi pour cela que l'extrême gauche n'a pas vu son score électoral exploser, pas plus en 2007 qu'après le traité de Lisbonne: les nonistes de Maastricht comme les nonistes du TCE, dans leur écrasante majorité, se contrefichaient des détails des textes des traités qu'ils avaient à voter: ils avaient des chats plus importants à fouetter, comme prendre le contrepied du locataire de l'Élysée du moment.
Je le sais, tu le sais, et les Nonistes de service qui 6 ans après crient au déni de démocratie le savent très bien aussi: seulement, le référendum de 2005 est leur seule victoire par les urnes, le seul moment où ils ont pu faire semblant de croire avoir le Peuple derrière eux sans que la Terre entière ne leur réplique "Non mais vous vous foutez du monde".
Donc on va continuer à entendre les mêmes pseudo-indignés ressasser le même discours sur le même référendum jusqu'à ce que l'Univers soit devenu froid et vide: le mieux est de laisser les larpeurs larper entre eux leur insipide larp.

***

Un type comme Bernard Maris, pas particulièrement un excité du bocal, s'est offusqué de ce que le référendum grec soit présenté comme une lubie capricieuse d'un type "malade des nerfs"

Si Papandréou n'était pas malade des nerfs, le reste de la classe politique grèque, par contre... C'est quand même la deuxième fois depuis son indépendance que la Grèce se retrouve le bec dans l'eau parce que leur classe politique a abusé des fonds publics pour financer des appâts clientélistes avec la bénédiction de l'opinion publique. La première fois, c'était en 1897, et les créanciers de la Grèce (la France, l'Allemagne, le Royaume Unis... ouais, déjà) n'avaient à l'époque pas pris de gants et avaient décrété que puisque la Grèce n'arrivait pas à payer ses dettes, ils géreraient la Grèce sans les Grecs, ce qu'ils firent jusqu'aux guerres balkaniques: à l'époque il n'y avait pas d'Union Européenne pour organiser 140.000 réunions de la dernière chance: sans structure continentale, la loi du plus fort s'est appliquée plein pot et la souveraineté nationale grecque a été en substance abolie par les grands empires de l'époque.
Papandréou savait que si le référendum sur la politique d'austérité échouait, les Grèce finirait par être exclue de l'Union, et aurait fini par être à nouveau gouvernée au forceps par ses créanciers, c'est à dire avec une politique d'austérité bien pire que celle préconisée par l'UE, imposée par des créanciers pouvant brandir la menace de la famine à la moindre velléité d'autonomie des Grecs: leur pays étant un importateur de nourriture, il a besoin en permanence de cash pour pouvoir nourrir sa population.
Les opposants de Papandréou n'étaient pas prêt à jouer la politique du pire jusqu'à sa conclusion logique: mais si Papandréou n'a pas perdu ses nerfs dans l'affaire, il ne faut pas être dupe: le référendum n'était qu'un moyen de contraindre les démagogues à rentrer dans le rang.

Anonyme a dit…

a la lecture des billets de Monsieur WEPPE les nonistes sont des électeurs sans convictions et qui ne representent pas grand chose a ses yeux...
excusé nous monsieur de vous avoir déranger dans votre conformiste bien pensant.
parsus06

Laurent Weppe a dit…

a la lecture des billets de Monsieur WEPPE les nonistes sont des électeurs sans convictions et qui ne representent pas grand chose a ses yeux...

Hooooo, mais la grande majorité des "électeurs" nonistes ne sont jamais allé prétendre devant les caméras, dans la presse écrite, à la radio et sur le net qu'ils avaient lu le texte du TCE à la loupe et y avaient détecté d'odieux mécanismes de soumission absolue et éternelle au grand capital: la plupart sont resté honnêtes dans leur cynisme, n'ont pas crus aux bobards des représentants de la grande bourgeoisie jouant les grands rebelles (Mélanchon, Chevènement, de Villiers de Saintignon, Dupont Aignan, Le Pen, etc...), et ils ont exprimés leur convictions en ne votant pas pour des candidats nonistes en 2007, et en préférant les écolos au PdG en 2009.

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excusé nous monsieur de vous avoir déranger dans votre conformiste bien pensant

La doxa du "conformisme bien pensant" affirme que le peuple est con et manipulable. Quand le Non est passé, cette doxa s'est exprimée de deux manières: côté "pro-européen", on décréta que puisque le peuple était assez idiot pour croire aux mensonges des démagogues, il fallait continuer... le projet européen sans leur demander leur avis; côté démagogues anti-européens et autres rentiers de la contestation, on décréta que puisque le peuple était assez idiot pour croire aux mensonges des démagogues, il fallait continuer... à leur servir de la soupe démago et les dividendes électorales et financières s'en suivraient tout naturellement.

Ma pensée est que le peuple n'est ni con, ni manipulable: le peuple est cynique (il a quelques raisons pour l'être) et par conséquent fait de temps en temps par calcul mine de croire aux fables des démagogues. Ce sont les activistes nonistes qui répètent les mêmes discours 6 ans après qui sont aussi conformistes et bien pensants que les sarkosistes.

Anonyme a dit…

a Monsieur Weppe,
votre phraséologie bourgoise et sociale démocrate ne m'emeu pas du tout.
si c'est cela votre gauche vous pouvez la garder elle ne m'interesse pas du tout.
la méluche a raison cela va mal finir car votre candidat socialiste ne ferra pas mieux que la droite libérale réactionnaire celle qui a votez comme vous en 2005 pour nous faire avaler des couleuvres
pour être un vrai candidat de gauche il faut avoir a minima un coté révolutionnaire pour faire rêvé le peuple de gauche et avoir des propositions de gauche.
et si vous pensez que c'est avec bayrou que vous allez gagner les élections vous vous trompé comme en 2005.
parsus06

Laurent Weppe a dit…

votre phraséologie bourgoise et sociale démocrate ne m'emeu pas du tout.

Elle t'émeut tellement peu qu'il t'a fallu trois jours pour trouver une réplique: et quelle réplique: un ramassis d'expressions pompées au jargon marxiste et employées à tort et à travers.

Et comme à la différence de bon nombre de révolutionnaires en peau de lapin, j'ai un tant soi peu étudié Marx, je vais me permettre d'intégrer ici un petit lexique ad-hoc:

Phraséologie Bourgeoise signifie l'ensemble des artifices rhétoriques servant à justifier la primauté de la propriété privée par rapport à la Valeur Travail: ce n'est pas une invective qu'on balance à la figure de quiconque a une meilleure maîtrise de la langue française.

Sociale Démocratie est le terme qui décrit la famille politique dont le but est d'instaurer le socialisme via des réformes légales sans passer par le massacre systématique de la classe des possédants. L'emploi du terme "social démocrate" comme une injure tout en se gardant bien de se faire l'avocat d'une révolution violente avec génocide de la bourgeoisie à la clé constitue à se jour la meilleure preuve que l'extrême-gauche française n'a rien de révolutionnaire et se satisfait grandement d'un statut quo qui offre à ses chefs célébrité et rente électorale.