25 juillet 2007

Une affaire de DUP…

Après l’annulation de la DUP du tram par la Cour administrative d’appel, les commentaires largement inspirés par la Municipalité se sont voulus essentiellement rassurants : il s’agissait d’expliquer que la décision de justice ne retarderait pas l’arrivée du dieu Tramway dans la bonne ville de Nice.

Que les choses soient claires : élu mais aussi habitant d’un quartier sinistré par le chantier, je souhaite comme une grande majorité de mes concitoyens que ces travaux mal préparés et mal séquencés s’achèvent au plus vite. Notre ville n’a que trop souffert.

Pour autant, la décision de la juridiction administrative mérite mieux que le rideau de fumée tiré par l’équipe Peyrat. En effet, c’est la question des parkings qui est la cause de ce déraillement surprise : les juges ont estimé que les parcs-relais programmés ne compensent pas le nombre de places de stationnement supprimées sur la voirie.

Or, cela renvoie à une question de fond soulevée par Nice plurielle depuis le début de l’opération (je ne compte plus le nombre d’interventions que j’ai pu faire au Conseil municipal sur le sujet). Un tram, dans une ville, a un objectif essentiel : la diminution sensible de la circulation automobile notamment en empêchant les voitures de pénétrer dans le centre urbain (d’où notre préférence pour l’axe est-ouest).

C’est dire si la question des parkings est essentielle. Mais, sur ce point comme sur d’autres, on a agi comme si le tramway était une sorte de potion magique qui allait régler miraculeusement tous les problèmes. Quand Jacques Peyrat parle du tramway, il a un peu la foi d’Harry Potter…

Or, nous le savons bien, ce coûteux investissement (250 millions d’euros d’emprunt nécessaires en 2007 et 2008… CRC dixit) ne rendra pas les services qu’on est en droit d’attendre de lui.

Voulu dans l’urgence pour des raisons politiques (faire oublier les « affaires ») et électorales (présenter un « bilan »), cette opération a généré un chantier défaillant avant de mettre en place un outil insuffisant.

Cela dit, la question posée par la Cour administrative d’appel demeure. Il faudra donc trouver au plus vite des solutions pour (tenter de) redresser les erreurs initiales d’une municipalité décidément bien peu responsable. Et c’est peut-être là que « le vrai » Harry Potter pourra être utile !

7 commentaires:

Mari-Luz a dit…

Les "histoires de Nice" viennent me tirer de ma retraite studieuse de l'autre côté de l'océan!
Oui nous nous sommes exprimés sans répit aussi bien sur le fond que sur les formes des différents parkings que la mairie n'a jamais pu initier : Notre Dame, Libération, trop chers car trop grands pour le sous-sol inondable du centre ville, tous prévus pour une gestion privée (donc pas intéressée par une politique d'hébergement prioritaire des résidents). Le plus étrange est que les techniciens de la CANCA qui ont récemment demandé à rencontrer les élus de Nice Plurielle étaient favorable (maintenant n'est ce pas ...) à des miniparkings échelonnés sur tout le trajet, mais c'est un peu tard.
Et si nous gagnons en mars - il faut rêver ;-)) - il faudra avoir ce genre de réalisations prêtes à démarrer en même temps que la prolongation sur l'Ariane.
Ceci dit je ne suis pas aussi opposée que mes amis socialistes à la ligne actuelle. Elle sera rentable d'emblée (c'est pour ça qu'elle a été choisie) et elle va apprendre aux Niçois les charmes du tram et supprimer les trajets intra muros en voiture pour "faire ses courses", les bien nommées.
C'était ma minute d'optimisme...
Mari-Luz

banjophil a dit…

Je conseille à tout les "incroyants" la lecture de Nice Matin du 26 Juillet, dans lequel il est expliqué qu'il avait été crée à Nice "1117 place de stationnements en plus"
...Mieux que le multiplication des pains, il ne manque plus à Monsieur le Maire qu'à marcher sur les eaux et Ressusciter les morts.
Nous avons un nouveau messie et ne le savions pas.

Anonyme a dit…

Les personnes (trop peu nombreuses, c'est dommage)qui suivent les réunions de préparation du conseil municipal organisées régulièrement par certains élus de Nice Plurielle peuvent faire le constat des capacités d'expertise, de diagnostic,de proposition de cette équipe... Espèrons que ce travail se traduise par une belle réussite en 2008.

Anonyme a dit…

A quand la remise en état du port de Nice ? ( Fierté de ses anciens... ). Et nouvelle niche économique ( Explosion du marché de la plaisance, plus assez de places dans les ports... ). Ou peut-être comment lier l'utile à l'agréable. Olivier

SERGE a dit…

Il est incroyable de voir autant d'incompétences dans la gestion de la ville par l'équipe Peyrat depuis ces dix dernières années est que les niçois ne réagissent pas comme si on pouvait tout lui excuser sous prétexte qu'il appartient à une majorité présidentielle dont Nice semble très attaché et j'espère qu'il y aura un sursaut républicain en votant le changement en 2008 pour l'équipe de l'actuel leader de la gauche plurielle,Patrick Mottard.

ANTONIN a dit…

Je ne suis pas tout à fait de l'avis de Mari-Luz sur cette question.

En ce qui concerne cette ligne de Tramway, un aménagement intelligent pour la circulation des bus sur ce parcours, en site propre donc, aurais été, à mes yeux moins coûteux d'une part, mais d'autre part tout aussi efficace que cette ligne de tram intramuros.
Quitte à augmenter les impôts, la mise en place en place de tarifs incitatifs et des cadences de passages plus importantes auraient fortement contribué à changer nos habitudes de modes de déplacement.

Créer des "mini-parkings" c'est nous inciter de toute façon à continuer à utiliser nos voitures car, et il ne faut pas l'oublier, nous sommes dans une région ou l'automobile représente un symbole très important pour une majorité de personnes qui ne peuvent même pas concevoir de ne pas aller chercher le pain ou les cigarettes sans l'utiliser.
Certains ne sont donc pas près de sacrifier leur "bagnole" pour les transports en communs.

Ce milliard dépensé, car je croit qu'on en est à peu près là à ce jour, eu été plus utile à la création d'une ligne est/ouest, avec parkings gratuit en périphérie couplé au billet de transport. L'avantage de cette ligne étant de pouvoir se prolonger très
rapidement aux communes avoisinantes qui déversent tout les jours quantité de leurs concitoyens venant travailler à Nice.

A tout cela, il fallait développer une "irrigation" pertinente de tous les quartiers, collines comprises, par un système de bus et navettes à cadences accélérées.

C'est à ce seul prix que Nice, compte tenue de sa topographie particulière, peu voir le volume de sa circulation diminuer.

ANTONIN

Anonyme a dit…

Franchement, s'il n'y a pas une réaction provoquant un salutaire coup de balai en 2008 ce sera vraiment à désespérer de tout...