06 août 2006

ČESKÉ BUDÉJOVICE


Carnet de voyage numéro 1
(sur ordi tchéque, donc excusez les fautes notamment d'accent)


Mille trois cents kilometres d'autoroutes italiennes, suisses, autrichiennes et allemandes, une nuit passée dans le poste avancé des mondialistes pas alter (Davos), la traversée d´un haut lieu de la spéculation internationale (le Liechstenstein), des températures en chute libre (de 32 á 6 degrés), mais la récompense était au bout : 48 heures á České Budéjovice, capitale et perle de la Boheme.

Au coeur de la ville, notre hotel donne sur la place centrale, soeur slave et délurée de la place des Vosges, une place pour Tintinophile, qui s'apelle Otakar II... Nous cherchons activement le sceptre !

Deux jours á parcourir la vieille ville et les chateaux environnants, á suivre la jeune Vlatva et ses promesses de Prague.

Deux jours dans cette République Tcheque, retrouvée apres tant d´années - insoutenable légereté de l´etre - démocratique et européenne.

Deux jours á méditer sur les caprices de l´histoire. Serbes, Croates et Bosniaques ne s´aimaient pas et cela a conduit aux guerres de Yougoslavie et á leur cortege de mort et de malheurs. Tcheques et Slovaques ne s´appréciaient pas beaucoup et cela a conduit au divorce de velours et á une séparation á l´amiable entre République Tcheque et Slovaquie.

Une pensée historique sous influence marxiste nous a trop souvent conduits á minorer le role des individus dans l´histoire ; aussi, il n´est pas inutile de rappeler que si les Yougoslaves ont subi Slobodan Milosevič, les Tchecoslovaques pouvaient compter sur Vaclav Havel.

5 commentaires:

cerca a dit…

Cher Patrick,
votre parallèle entre la Tchéquoslovaquie et la Yougoslavie est intéressant mais il me semble que votre présentation est un peu simplificatrice. Vous dîtes que les Serbes, les Croates et les Bosniaques ne s'aimaient pas, ce n'est pas vraiment ce que me disent mes amis yougoslaves (serbes en fait). Ce qu'ils me disent, c'est que la fin de la Yougoslavie est un crime parce que les Yougoslaves, Serbes, Croates, Bosniaques (Musulmans) et Slovènes (n'oublions pas les Slovènes) vivaient en bonne entente et que l'Europe, l'Europe et les Etats-Unis, l'Occident, ont laissé se défaire cette Yougoslavie. Cette façon de présenter les choses occulte certes le rôle de la politique nationaliste serbe mais quant à l'inimitié entre les peuples, celle-ci était-elle si essentiellement différente, au départ, que celle, disons, entre castillans et catalans, entre français "de souche" et français d'origine africaine ou... niçois et parisiens (c'est-à-dire pas générale, pas forcément grave, pas irreconciliable, fluctuante). Vous ne pouvez pas donner comme cause au drame yougoslave l'inimitié entre les peuples sans faire entrer dans l'équation les dissymétries, l'hégémonie d'un de ces peuples et les politiques traduisant ou exploitant cet état de fait (d'accord donc avec vous pour noter le rôle des dirigeants et la différence entre Milosevic et Havel). Il ne faut pas non plus oublier, me semble-t-il, le rôle de l'environnement politique et de l'Europe en particulier. Au moment où les Slovènes et les Croates ont exprimé leur intention de quitter une Yougoslavie dominée par la Serbie, je ne me souviens pas que nous (européens, Français... socialistes) ayions beaucoup aidé à ce que ça se fasse dans le "velours".
Votre façon de présenter les choses a l'avantage de présenter une version des faits, euphémisée sans être fausse, qui permette un consensus au sein de votre famille politique et ainsi d'éviter de gratter là où ça fait mal, où persistent des désaccords de fond sur la conduite de la politique extérieure nationale, en particulier entre ceux qui au sein du parti socialiste se sont identifiés à la diplomatie mitterrandienne pro-serbe et ceux qui ne s'y sont pas reconnus. S'il est sans doute louable d'oeuvrer pour le rassemblement, n'est-il pas dangereux de refouler les désaccords de fond (voir le référendum de l'année dernière dont la première victime, après l'Europe, a été le PS et le courant majoritaire, réformiste et pro-européen, en son sein)?
(PS. Votre voyage vous donnera sans doute l'occasion d'éprouver la réalité et l'intensité de l'inimitié entre Tchèques et Slovaques... en tous cas bon voyage et merci de nous le faire partager.)

Marion a dit…

La Boheme... c'est par cette jolie expression que Kundera nomme toujours la Tchécoslovaquie.

Parcours Kunderien que j'aimerais bien faire un jour, parcours historique aussi, parce que lorsque l'on a 18 ans, ces événements qui semblent si importants (et si passionants!) ne sont que des dates inscrites dans des bouquins d'histoire.

Patrick Mottard a dit…

Cher Cerca,
Mon analyse de la situation yougoslave ne se resume bien sur pas a l'expression de ce parallele forcement simplificateur. Aussi, je vous renvoie a trois "chroniques" de ce blog qui, vous le verrez recoupent l'essentiel de votre analyse :
- le 25 janvier, "Rugova est en voyage d'affaire"
- le 12 mars, "Nettoyage ethnique a La Haye : un mort"
- le 22 mai, "Podgorica, mon amour".

Ainsi, on pourra reprendre le dialogue...
Merci pour vos remarques.

(desole pour les accents, j'utilise un clavier anglais...)

Patrick Mottard a dit…

Chere Marion,
J'espere que la kunderienne a apprecie l'allusion a "L'insoutenable legerete de l'etre".
Par contre, appeler la Tchecoslovaquie "Boheme" pose un serieux probleme politique. Ce n'est pas seulement une licence poetique. En effet, la Tchecoslovaquie etait le reunion de la Boheme, de la Moravie et de la Slovaquie...

Anonyme a dit…

La place des Vosges est la soeur jumelle de la place Ducale à Charleville-Mezières... elles ont été toutes deux crées par deux frères en 1605 et 1606... je pense donc que vous faites allusion à une soeur "spirituelle" plutôt non?