25 août 2008

Last exit to Denver


Carnet de voyage n° 6

Ce n’est pas sans un pincement de cœur que je clignote pour prendre la bretelle qui va nous permettre de pénétrer dans l’agglomération de Denver. C’est que ce geste simple signifie la fin du voyage qui, de Chicago, nous a conduit ici, dans la capitale du Colorado. Du coup, je suis plein de reconnaissance pour notre remarquable Hyundai Sonata qui a bravement aligné les 8000 kilomètres de notre voyage à travers onze états (je suis ainsi fait que certaines voitures me rendent sentimental : par exemple, je regrette toujours ma vieille Rover verte qui amusait beaucoup les copains).

Pour autant, la longue dernière ligne droite ne fut pas une formalité ennuyeuse. Bien au contraire. Pendant deux jours, nous avons probablement traversé les plus beaux paysages du voyage.

Ce fut d’abord, dans un décor de désert à la John Ford, le Navajoland, la plus grande réserve d’Indiens des Etats-Unis, avec une superficie équivalente à deux fois celle de la Belgique. Mais, au delà des paysages, il y a les hommes : entre le massacre initial et la maladroite mauvaise conscience qui a suivi, le résultat n’est pas brillant. Les Indiens ne sont toujours pas des citoyens américains comme les autres.

Puis nous traversâmes le Colorado, où les routes sont souvent entre 2000 et 3000 mètres d’altitude. Forêts vertes et champs couverts d’une espèce locale et prolifique de marguerites jaunes créent un contraste surprenant avec le nord de l’Arizona traversé la veille.

Maintenant, nous voilà à Denver. Pourquoi Denver ? Parce que nous voulions achever ce voyage dans la ville qui recevait la Convention du Parti Démocrate, Obama oblige. Aussi, dès la première soirée, nous nous sommes mêlés, devant le Convention Center, à la foule des délégués démocrates arrivant de tout le pays. Une foule très métissée, une foule décontractée, joyeuse et étonnamment jeune, une foule apportant une contradiction tranquille aux quelques « pro life » égarés par là.

Bref, l’Amérique comme nous l’aimons.

3 commentaires:

Clotilde a dit…

et oui, avec les indiens, c'est comme le tricot, un coup du racisme à l'endroit, un coup à l'envers. On leur demande à présent de ne penser qu'à préserver leurs traditions, et on n'aime pas trop qu'ils mettent en pratique une idéologie capitaliste pourtant revendiquée dans le reste du pays, ou qu'ils s'essaient aux nouvelles technologies.

Si autrefois un bon indien était un indien mort, aujourd'hui, un bon indien doit être un "shaman" peace and love qui ne s'énerve jamais et qui se contente de ce qu'il a, c'est-à-dire pas grand chose...

Mais ce n'est pas propre aux américains, c'est une attitude retrouvée chez bon nombre de nos compatriotes en vacances là-bas, et une attitude courante vis-à-vis de tellement de pays du Tiers-Monde, qu'on est obligé de se dire que comme toujours l'enfer est pavé de bonnes intentions, et que le diable se cache dans les détails...

Anonyme a dit…

Salut Doms ,c'était du direct au tel toute à l'heure ,j'ai pu entendre l'ambiance Américaine ;
Bon retour à Nice.
l'oncle Sam

ANTONIN a dit…

Alors la, Dominique et Patrick, trop c'est trop!!!

Mes valises étaient à peine bouclées, début août, pour ma destination d'altitude préférée, pleine de fraîcheur et remplie de promesses de nouveaux sentiers à découvrir et à arpenter, ainsi que de de sommets à gravir au milieu d'une faune et flore abondante que je prendrais le temps d'observer.

Mais voila que, juste avant le départ, d'un malencontreux clic de souris, je me retrouve soudain sur ce blog qui me transporte directement de l'autre coté de l'atlantique, la bas, dans ce grand pays que vous allez traverser.

Ce fameux blog ou point n'est besoin de chaussures de montagnes, sacs à dos,cartes et boussole pour tailler la route que vous promettez de nous conter, (avec quel talent), à tel point qu'il suffirait de fermer les yeux pour s'y croire nous aussi et la voir se dérouler sous nos yeux.

Maudite souris.
Vraie tentatrice.
Comment résister?
D'ailleurs à qui résister? Dominique, Patrick, la souris, les trois à la fois?
Mais le moteur tourne déjà, les bagages sont chargés et toute la famille attends.
Alors direction les sommets.
Au voyage virtuel qui prends forme dans mon imagination, j'opte tout de même (mais avec un plaisir sans cesse renouvelé) pour un séjour plus réel mais tout autant merveilleux.
Des vacances remplies de bon moments partagés en famille et entre amis, des troupeaux de chamois, mouflons et autres compagnies de marmottes, surpris au détours d'un sentier, dans la fraîcheur d'un petit matin.
Un levé de soleil contemplé tôt, très tôt, là-haut, à près de 3000 mètres d'altitude.
Bref un séjour qui permet d'envisager avec toute la sérénité nécessaire la rentée à venir qui se profile.

Mais de retour à la maison, je la voit, elle est la, tapie sur son tapis.
Grise, inerte, comme endormie.
Obscur objet de désir.
Elle semble inoffensive;
Après tout elle n'est qu'un objet.
Un simple morceau de plastique, un bout de fil.
Les objets n'ont pas d'âme.
Mais celui-ci possède un formidable pouvoir, presque maléfique.
Et je ne peu résister.
Car cet objet que je m'empresse de saisir, cette chose insignifiante que je tiens dans ma main à le moyen, sitôt mes valises posés, de me faire repartir instantanémént dans toutes ces contrées lointaines que vous avez traversées et qui nous ont été contées à travers vos carnets de voyages que je me suis empressé de lire et relire, des rêves de grands espaces pleins les yeux.

Je m'en suis tellement régalé que j'en ai presque oublié mon séjour montagnard.

Alors s'il vous plaît, Dominique et Patrick, je vous en prie, ne me parlez plus de vos prochaines destinées dans ces contrées lointaines.
Ne me gâchez plus mes vacances.

ANTONIN