01 août 2008

Il est six heures, Paris s'éveille...


Il est six heures et, lentement, la place Clichy s'éveille: quelques livreurs, deux ou trois taxis, un passant discret de temps en temps. En ces petits matins de fin juillet, le soleil n'est pas encore levé, mais l'air est déjà doux. Le moment est donc idéal pour que, vêtu du glorieux T-shirt de la Prom'classic, je me livre à une petite séance de course à pieds à travers rues et boulevards de la fière capitale.

Mais courir dans un cadre aussi prestigieux est à la fois intimidant et euphorisant, et la séance d’entraînement standard (une heure trente pour environ une quinzaine de kilomètres) se transforme rapidement en une sorte de «Croisière Jaune» pleine de surprises et de poésie.

Cette semaine, je me suis élancé par deux fois à travers les rues désertes de Paris et, de la place de l’Etoile à Beaubourg, de la Concorde au Sacré-cœur, j’ai pu renforcer encore un peu plus cette intimité si particulière qui m’attache à cette ville depuis le début des années quatre-vingt.

Les sensations sont nombreuses, parfois inattendues. Il y a d’abord le bruit mat de mes chaussures sur ce pavé parisien qui a finalement bien survécu à Mai 1968 en dehors du Quartier Latin. Un bruit mat, obsédant, presque hypnotique, qui vous encourage à aller loin, toujours plus loin.

Et puis ce sont les ombres croisées. Travailleurs immigrés, SDF, balayeurs… : le petit peuple des humbles. Un peu plus tard, ce sera le moment de constater que, si la nuit, tous les chats sont gris, au petit matin, toutes les passantes sentent le Tahiti douche.

Petit à petit, on découvre aussi que la ville a une géographie secrète. Prenez, par exemple, le boulevard Malesherbes : haussmannien et sans surprise pour le profane, il devient pour les mollets du coureur un véritable col de première catégorie, un presque succédané de l’Alpe d’Huez…

Ça et là, ce sont aussi , malgré les efforts et la fatigue, les moments parfaits. Descendre les Champs Elysées au beau milieu de l’avenue confère un étrange sentiment de puissance, le sentiment, il faut bien le dire, d’être (un peu) le «maître du monde». Passer au milieu des pigeons sous la porte Strasbourg-Saint Denis ou faire le tour de l’Arc de Triomphe, ce n’est pas mal non plus. Retrouver, au hasard d’un itinéraire au feeling, les Halles, le Conseil d’Etat ou le restaurant niçois «Ratatouille» de la rue Montmartre, permet d’évoquer bien des souvenirs heureux.

Mais la vérité m’oblige à avouer que ces deux beaux raids s’achèvent sur une note tragique : mes vieilles Nike, fidèles compagnes de mes «exploits» sportifs depuis une décennie, vont littéralement se désintégrer dans le final de la dernière ligne droite, entre la place Blanche et la rue Caulaincourt où, heureusement, se trouve mon hôtel.

Cela dit, je ne suis pas vraiment triste car j’ai conscience de leur avoir offert, sur le pavé parisien, une fin en forme d’apothéose…

8 commentaires:

claudio a dit…

Quel lyrisme !
Le boulevard Malesherbes devenu l'Alpe d'Huez : Ah ! Ces écrivains, toujours à exagérer !
Il y a personne dans les rues, mais on s'approche assez près pour sentir le Tahiti Douche ?
Je promets de vérifier bientôt si tout cela est plausible. Chaussé de Reebok ; pas fou.

ANTONIN a dit…

Gavroche est tombé sur le pavé parisien.
Les communards aussi.

Tes Nike, en rendant leur dernier souffle sur ce même pavé sont rentrés dans l'histoire.

ANTONIN

Clotilde a dit…

Tes Nike se sont suicidées, ouf. ça tombe bien, elles étaient vraiment troooop vieilles.
Question lyrisme Claudio as-tu déjà essayé de courir dans la montagne et dans la forêt? Oh la la qu'est-ce que c'est bien (mais bon, j'avoue que c'est plus rigolo que lyrique...).

Au fait, si Flippo passe par là, pourrait-il nous inscrire au truc du 14 septembre, qu'on rigole un coup????? Youhou, Laurent??!!! (ou alors on le fait chacun de notre côté??)

Anonyme a dit…

Garde bien tes Nike,pour le musée ils resteront dans l'histoire et d'autres part pour un autre tour à Paris!!!!
Je suis daccord avec toi,Paris reste une très belle ville plein de symbole et d' histoire!
SAMI

claudio a dit…

Clotilde, ce matin, 1h15 au Plateau de la Justice, c'était un peu montagne et un peu forêt avec vue magnifique en prime et un relais téléphone en guise de Tour Eiffel.

Anonyme a dit…

Réponse à l'appel de Clotilde : pour suivre l'appel à performances collectives lancé par Irène, et pour continuer sur la lancée de la Prom'Classic, direction l'Aquathlon de Nice.
Compétition abordable par le premier quidam, y compris le célèbre nageur de "Fragments de Nice". Il s'agit, pour la distance "Découverte", de nager 100m et d'enchaîner avec 1000m de course à pied. Pour les plus courageux sur, la distance "Sprint", il vous faudra nager 300m et courir 1500m, tous cela répété trois fois (peut se faire, même sans trop d'entraînement). RDV le 14 septembre.
Vous trouverez toutes les infos sur le site de notre club (Nice Triathlon : www.nicetriathlon-club.com). Vous pouvez aussi me contacter pour tout info supplémentaire. (Merci à toi Patrick de relayer l'info).
Pour revenir sur les aventures pédestres et parisiennes de Patrick, j'espère que tes chaussures ont réellement moins de 10 ans, car, ou tu cours peu, ou alors l'amorti en avait pris un sacré coup dans les semelles !!
A bientôt donc pour la suite de la Prom'Classic.

Laurent

Patrick Mottard a dit…

A la réflexion ces Nike avaient moins de 10 ans mais elles étaient incroyablement solides.
Depuis cet aprem j'ai des SAUCONY "PRO"... Pas de doute "MOTTARD IS BACK". Va falloir vous accrocher les poètes qui aiment courrir en écoutant les ptits zoiseaux... quant à ma nage après le FOSBURY FLOP il y aura le PM crowl (comme Manaudou mais avec les cheveux secs).

Anonyme a dit…

Très jolie manière de raconter son séjour à Paris, même si tu as dû potasser la question, on a l'impression que la re-découverte de lieux communs et chargés de souvenirs cinématographiques s'est faite fortuitement au cours d'un simple jogging...