22 janvier 2009

Coué à la mairie, Afflelou au CG



Ces dernières 48 heures, les deux leaders de la droite locale se sont exprimés sur la crise et ses conséquences dans les Alpes-Maritimes. A chaque fois, conscient de son rôle d’acteur majeur de la vie politique locale, Gauche Autrement a réagi.

Mercredi, c’est Christian Estrosi qui ouvre le bal en donnant à Nice-Matin une interview qui est en fait une superbe illustration de la méthode Coué. La crise existe, elle est grave, mais elle épargnera Nice !

Dans la lignée de son intervention de novembre au CG, Christian Estrosi, minimisant au passage l’augmentation programmée des impôts directs, refuse d’initier le débat sur la nécessaire réorientation des politiques de la Ville. Ce débat, je l’appelle de mes vœux le jour même, à travers un communiqué adressé à la presse :

« Ce débat devra être mené rapidement et avec les Niçois. Encore faut-il vouloir et pouvoir les consulter. Or, nous touchons là une faiblesse, voire une absence de cette première année de mandat : la démocratie participative. Le moins qu’on puisse dire est que les propositions électorales et prometteuses en la matière (conseils de quartier, Conseil communal consultatif…) ont un certain retard à l’allumage… ! Rendre effectif le dispositif de démocratie participative et consulter les Niçois sur les priorités de la Ville dans le contexte de la crise, nous semble plus adapté à la situation actuelle que l’actuelle fuite en avant. »

Aujourd’hui jeudi, c’est au cours du Débat d’Orientation Budgétaire pour 2009 que s’exprime Eric Ciotti, au Conseil général. En fait, il s’agit du deuxième DOB depuis novembre, une première que je ne manque pas de souligner dès le début de mon discours :

« Le Conseil général des Alpes-Maritimes semble avoir adopté la technique Afflelou puisque, en quelques semaines, nous avons eu droit à deux Débats d’orientation budgétaire pour le prix d’un seul budget qui nous sera d’ailleurs présenté beaucoup plus tard. Certes, le contexte économique plutôt incertain permet de fournir une explication crédible à ce pas de deux. Mais il n’est peut-être pas iconoclaste d’ajouter que le jeu des chaises musicales auquel nous avons assisté n’a pas contribué à simplifier les choses. »

Sur le fond, le nouveau Président est moins optimiste que le maire de Nice mais reste quand même au milieu du gué et je poursuis : « Je constate que vous ne prenez pas vraiment la situation à bras-le-corps, attendant je ne sais quel retournement de conjoncture illusoire à court et même moyen terme. »

Là aussi, la hausse des impôts ne peut pas être l’unique moyen pour résoudre la crise. Des choix doivent être opérés. Gauche Autrement a joué cartes sur table en exposant les siens. C’est que nous ne voulons pas qu’ils se fassent « par défaut, sans lisibilité démocratique et sous les fourches caudines des groupes de pression. »

En tout cas, dans ces deux circonstances, Gauche Autrement aura joué son rôle de force d’opposition et démontré ses capacités à faire des propositions.

Et l’opposition « officielle » dans tout ça, me direz-vous ? Absorbée par le duel de Titans Cuturello-Allemand (encore absent du CG…), elle fut une fois de plus inaudible...

1 commentaire:

Gavroche a dit…

Julien Dray est il coupable?
Je ne porterai pas pas de jugement sur ce qui donne lieu à l'enquête le concernant. Coupable ou pas en ce domaine, c'est l'affaire de la justice et il y a la présomption d'innocence.
On verra;, même si on peut se faire une idée de la question.
Mais dans mon esprit, fût il mis hors cause, disculpé des faits dont on l'accuse, il est néanmoins coupable d'une autre chose sans doute plus grave, plus profonde et qui est en train de corrompre la démocratie: le mépris de l'électeur.
Evidemment dans ce domaine il n'est pas le seul en cause.
Mais voilà un type que nous payons de nos deniers, avec l'argent sorti de nos poches, et plutôt grassement d'autant qu'il cumule un peu: député de l'Essonne et vice-président du Conseil Régional d'Ile de France. Ce n'est pas un érémiste le mec, hein, ni même un smicard! Or lui qui a pour mission de faire des lois défendant les plus démunis, donnant leur chance aux plus faibles, atténuant les inégalités, n'arrive pas a vivre de cette rétribution pourtant confortable. Il y a là une espèce de mépris, d'arrogance, d'indécence vis à vis du traitement que nous lui accordons et de la mission dont nous l'avons chargé. Pour le moins, il n'a rien à faire là où il est, et puisque nous ne le payons pas assez pour qu'il en vive, qu'il se cherche un job ailleurs.
Les problèmes de Julien Dray ne sont, bien entendu qu'un prétexte à ma réflexion, sans doute d'autant plus choquant que l'homme se prétend de gauche.
Mais il représente un mal qui au fil du temps est en train de corrompre tout notre système démocratique et sur lequel il faudra bien revenir un jour.
En démocratie, les élus, à commencer par le Président, ne sont pas des chefs ni des propriétaires de la nation. Ils sont des représentants que le peuple désigne pour défendre au mieux ses interêts, pour que l'existence des citoyens progresse et s'améliore au fil de réformes qui le conduisent vers un bien-être et une protection plus grands.
Ils sont donc au service du peuple, ce n'est pas l'inverse!
Ceci est une donnée fondamentale et totalement oubliée. Aujourd'hui, notre seul rôle de citoyens consiste à aller tous les cinq ans déposer un bulletin dans une urne, lourdement conseillés et manipulés par les médias, trompés par les promesses électorales, pour un type qui n'en fera qu'à sa tête pendant cinq ans, piétinera allègrement les principes de base de notre société , édifiés au fil des siècles.
Et non seulement nous voterons pour ce type là, mais dans la foulée , sans recul et sans réflexion, on nous fera désigner l'armée de bénis-oui-oui qui l'accompagneront, l'appuieront, lui permettront de tripatouiller la constitution de la république à sa convenance et selon ses intérêts et ceux de ses amis..
On me dira que l'élu a obtenu une majorité. Certes, mais quelle majorité en fait? Cinquante trois pour cent de soixante dix pour cent? Et combien d'électeurs vulnérables, abusés, trompés par les promesses menteuses et par la force de conviction des grands médias?
Au fil du temps , dans ce pays qui autrefois avait abattu les privilèges, une autre caste de privilégiées est venue s'engraisser aux dépens des classes populaires et , toujours plus avide, plus insolente, plus assoiffée de privilèges et de richesse, elle s'attaque aujourd'hui largement aux classes moyennes. Son action politique prend prétexte des théories fumeuses et fausses, qui ont failli partout et qui ont conduit à force de déréglementations et de magouilles le monde là où il en est aujourd'hui.
Qu'ils soient de gauche, de droite, du centre, les Julien Dray sont légion, qui croient que leur mandat justifie que la République se mette à leur service. Plus aucun scrupule ne les tempère, .Certains agissent sans aucune vergogne ni aucune retenue multipliant les actes qui il y a juste quelques années les auraient contraints à une démission honteuse, au vu et au su d'une nation qui semble endormie, comme anéantie par ce qui se passe.
On peut bien prévoir que cela ne durera pas éternellement car un jour, inévitablement les peuples qui souffrent se réveillent..