20 mai 2007

D'Angelopoulos à Zimou

La correction de plus en plus massive de copies universitaires, la préparation du Conseil municipal de la semaine prochaine et la mise sur orbite de la campagne dans la deuxième circonscription rendent les échappées cannoises de plus en plus difficiles. Mais, en ce beau dimanche de mai, j’arrive à « sauver » deux films : « Téhilim » du franco-israélien Raphaël Nadjari et surtout « Chacun son cinéma », une énorme friandise pour cinéphile cannois.


Chacun son cinéma (trente-trois réalisateurs de vingt-cinq pays : le gratin du cinéma mondial)

Pour fêter dignement le 60e anniversaire, la direction du Festival a demandé à trente-trois cinéastes de faire chacun un petit film de trois minutes sur le thème suivant : les spectateurs arrivent dans la salle et la magie du cinéma commence à opérer...

Pendant deux heures, on passe du rire aux larmes (je vous assure que ce n’est pas un cliché), on est souvent intrigué, parfois étonné, quelquefois bluffé… et l’on se dit tout simplement : le cinéma que c’est beau ! Que c’est bon !

Mon petit palmarès perso ? Incontestablement, la séquence de Nanni Moretti intitulée (on s’en serait douté) « Journal d’un spectateur ». Un mini mais authentique Moretti : assis dans une salle de cinéma, Nanni se contente de raconter ses souvenirs de spectateur comme, par exemple, son attirance quasi fétichiste pour les… orteils d’une actrice ! Inénarrable !!!

Angelopoulos, lui, nous organise une rencontre à la fois morbide et émouvante entre un Mastroianni qui est déjà depuis quelques années de l’autre coté de l’écran et une Jeanne Moreau sans fard qui lui explique qu’elle ne tardera pas à le rejoindre.

On peut aussi citer le cow-boy des frères Coen amateur de cinéma turc, un petit chef d’œuvre gore signé Lars Von Trier, les tribulations de Elia Suleiman et de sa Peugeot, la gaieté des héros de Walter Salles qui confondent Gilberto Gil avec Gilles Jacob !

Cela dit à travers ces trente-trois petits films, on peut s’amuser à rechercher les sources d’inspirations de nos cinéastes contemporains. Pour ma part, j’en ai relevé deux au cours de cette première vision : les grands maîtres italiens (Fellini notamment ) et François Truffaut (nos joyeux brésiliens pensant que « Les 400 coups » est un film porno !). Mais je compte bien en trouver d’autres à partir de vendredi le jour où « Chacun son cinéma » sortira en DVD.


Tehilim de Raphaël Nadjari

Un père de famille disparaît mystérieusement dans un accident de voiture et, deux jours après « Les chansons d’amour », nous avons un autre film sur l’absence de l’être cher. L’épouse, le fils ado, le fils cadet, chacun tente de faire face comme il peut. Nous ne sommes plus boulevard Richard Lenoir, comme les héros de Christophe Honoré, mais dans une famille juive de Jérusalem. La gesticulation existentielle n’est donc pas tout à fait la même (la religion prend le relais du sexe), mais la béance de l’âme est identique.

Les jeunes acteurs sont très émouvants, ils seront donc chaleureusement applaudis par le public. Comment faire autrement ? Mais globalement le film est très austère. Trop peut-être.

7 commentaires:

Clotilde a dit…

Vu Polanski ce matin, sur Euronews. Il avait pas l'air content des questions pauvres des journalistes à propos de "Chacun son cinéma". Encore une fois, il semblerait que l'évènementiel prenne le pas sur le fond dans les médias traditionnels... Heureusement qu'il nous reste Télérama et le blog de PM! (et celui de sijavésu aussi!)

Claudiogène a dit…

Enfin ! Je peux intervenir. J'ai vu le 3 minutes de Moretti.
J'en suis encore muet !

Les copies, le Conseil, la campagne et Cannes. Bon, d'accord c'est beaucoup, mais, c'est quand même du Germinal de luxe... (enfin que je vous laisse quand même)
Merci

marion a dit…

Pendant qu'on buche les profs désèrtent la fac, maintenant qu'on attend nos résulats avec angoisse, les profs font le festival !!!
Quel monde injuste : )

Patrick Mottard a dit…

Clodiogène je confirme : du Germinal de luxe ( jolie formule !) j'adore le cinéma , j'aime corriger et voir ce que mes étudiants ont compris de mes cours , être le chef d'orchestre de Nice-Plurielle au cm est très gratifiant...j'ai une belle vie,comme disait Laetitia ( Bonaparte pas Hallyday):Pourvu que ça doure!!!

Patrick Mottard a dit…

J'oubliais l'essentiel :le début de campagne, même avec un contexte national plus que morose, est quasiment euphorique tant l'accueil sur le terrain est bon...rien à voir avec les présidentielles !
Marion tu es une grande fille,pas de pleurnicheries ! je suis pres à parier 20 places de cinema contre rien que tu auras une mention .

marion a dit…

rdv au rattrapage !

Marc Collette a dit…

Bonjour monsieur Mottard, j'ai enfin trouvé votre site. Je voulais vous souhaiter bon courage pour les copies à corriger et bonne chance pour les legislatives. Je ne vote pas dans votre circonscription et je ne suis pas du même parti mais d'un autre qui vient de naître et qui est de la même tendance.

Bonne continuation !