15 mai 2007

Les niçois tunisiens

Ils sont pieds-noirs tunisiens, italo-tunisiens, franco-tunisiens, tunisiens « tout court », juifs tunisiens, mais peu importe les origines, l’histoire personnelle ou la situation administrative, ce sont les niçois tunisiens. Et ils sont nombreux. Qu’on en juge.

Vendredi soir, nous sommes les invités de deux familles franco-tunisiennes de Vernier. Samedi matin, à l’inauguration de la permanence de Dominique, on peut remarquer qu’ils sont nombreux dans le staff de la candidate. Lundi, à la fac, dans mon amphi, on en retrouve un nombre substantiel parmi les étudiants. Lundi, 15 heures, je procède au mariage de Nozha et Maher. Nozha est une franco-tunisienne née à Nice, Maher, un néo-niçois tunisien « tout court ».

Effectivement les niçois tunisiens sont nombreux, très nombreux. Et c’est heureux. Synthèse parfaite de l’exubérance italienne et de la sérénité orientale, les niçois tunisiens se sont donnés une mission : au delà de tout communautarisme, ils portent un message de tolérance. Une tolérance tout enveloppée de joie de vivre et qui s’enracine dans l’histoire de la société tunisienne. Dans leur Histoire.

4 commentaires:

Claudiogène a dit…

Bien que je trouve cet article un peu communautariste malgré les précautions énoncées, j'accepte d'apporter mon grain de sel méditerranéen à ce tableau.
Couple français, néo-niçois, italo-tunisien, athée-musulman, un gendre franco-allemand, une belle-fille franco-mauricienne, une voiture française et un scooter coréen... nous ne fréquentons que des amis.
Pour le reste, vraiment, on s'en ...

ANTONIN a dit…

Petite rectification historique: les pieds noirs Tunisiens n'existent pas.
Seuls les européens, vivant en Algérie, nés ou pas dans ce pays étaient dénommés ainsi.

Par contre, leur joie de vivre, leur amitié chaleureuse, leur générosité, toutes ces qualités non feintes, et bien d'autres encore, existent réellement.

Ils savent ouvrir leur coeur et leur porte pour partager avec l'autre.

Ils savent, lors de certains évènements, préparer un peu plus du plat traditionnel, (je dirait plutôt des plats, et j'en parlerais plus loin), de pâtisseries dont ils ont le secret mielleux afin d'en faire profiter tous les gens qui ne font pas partie de leur communauté, pour le plus grand plaisir de petits, et évidemment, des grands.

Prenons du temps avec eux.
Ils savent si bien le convertir en un art de vivre qui quelque fois, embarqués dans les rythmes effrénés de la vie dans laquelle nous vivons, ne nous serait pas inutile pour l'envisager du bon coté, ne serait-ce que quelques moments. Ca nous la rendrait en tout cas moins stressante par instants.

Du temps du protectorat, les juifs-tunisiens, les italo-tunisiens, les franco-tunisiens, et les tunisiens, (liste non exhaustive), cohabitaient ensembles (à part quelques frictions nécessaires, comme un genre de soupape).
Ceci explique en partie la tolérance et la générosité actuelle des tunisiens évoquée par Patrick, mais elle tient surtout à leur culture et à leur caractère même. Ce sont des gens fascinants.

Notre nouveau président cherche l'ouverture en ce moment, il devrait regarder et s'inspirer de ce qui se passe de l'autre côté de la méditerranée.
A l'instar de la nuit,le Maghreb porte conseil.

Et puis, un peuple qui mange du couscous au poisson (galinette pour les juifs, grondin pour les italiens, mulet pour les tunisiens, dixit ma belle-mère, mais les trois sont délicieux je vous le conseille), de la chakchouka, de la meloukia (prononcer mélourrrria), des têtes de mouton au poivre rouge, des fricassés (petits pains fourrés de thon, oeuf, etc, et frits), des bricks frites (à l'oeuf ou à a la purée agrémentée de câpres), de la méchouia, des beignets tunisiens, qui boit son thé à la menthe en y mettant dans le verre des cacahuètes, etc, etc, etc, (complète cette délicieuse et appétissante liste qui veut), eh bien ce peuple ne peu qu'avoir toutes les qualités qu'énonce Patrick, et bien plus encore.

Tous les membres de ma famille ont vécu dans ce merveilleux pays. Pendant des années ils m'ont enivrés d'histoires, de souvenirs ensoleillées et gorgés de miel, remplies d'odeurs d'épices et d'enfants courants dans les rues.

Aujourd'hui encore, dans mon entourage professionnel il y a beaucoup de tunisiens avec qui j'ai toujours plaisir à partager du temps.
Je me sent donc, et nous devrions tous nous sentir un peu tunisiens.

ANTONIN

Claudiogène a dit…

Les pignons dans le thé, Antonin.
Le reste tout est parfait et parfaitement dit à l'exception selon moi de la référence politique.
Quelques films nous ont en effet bien montré la réelle complicité des communautés jusque dans les années 50 (un été à la Goulette, par exemple)
Il faut que j'arrête, je vais me prendre au jeu et finir par contredire ce que j'écrivais plus haut.

Ange a dit…

Merci Antonin! Peux pas mieux faire !! je cours chez ma mère manger un couscous au poisson maintenant que tu m'as mis l'eau à la bouche !!!