15 septembre 2007

Perseverare diabolicum est

Interviewé par France 3 dans la Salle des pas perdus de la mairie.
En arrière-plan, ironie de l'histoire, une exposition de photos
de cette gare du Sud que le maire a tant voulu démolir...

Après un jeudi consacré au quartier des Moulins, c’est un peu la rentrée municipale avec le premier Conseil de l’automne. Un seul dossier important est à l’ordre du jour, mais il est de taille : la nouvelle mairie. En effet, Jacques Peyrat s’entête à programmer son projet que j’avais qualifié en son temps (il y a maintenant dix ans) de « pharaonique ».

En séance, je rappelle donc pour la énième fois les positions traditionnelles de Nice plurielle en la matière : rénovation rapide du quartier avec la construction du parking souterrain, d’une salle de sports (notamment pour les collégiens de Vernier), d’espaces associatifs ; restauration-valorisation de cette Gare du Sud que j’ai pu sauver de la démolition il y a quelques années grâce à la mobilisation des associations et des habitants du quartier et au soutien de Catherine Tasca, ministre de la culture (avec Mari-Luz et Simone, je me souviens d’une délégation qui avait fière allure).

Mais la position de Nice plurielle, c’est aussi un refus très ferme de la construction d’une nouvelle mairie à la Libération alors même que la municipalité a exproprié à cet effet, il y a quelques années, le terrain Sulzer. Refus d’un projet extrêmement coûteux (plus de 160 millions d’euros) alors même que la Chambre Régionale des Comptes a pointé le fort endettement de la ville à la suite de la construction de la première ligne du tramway.

La réponse du Maire sera sans surprise : il persiste et signe. A quelques mois d’une échéance électorale, cette décision consiste à prendre en otage la démocratie : la prochaine équipe municipale risque d’être obligée par la délibération votée comme un seul homme par la majorité municipale. Enfin, pas tout à fait : certains courageux étaient… aux toilettes au moment du vote ! La politique comme on l’aime !!!

Retrouver la permanence de Cyrille Besset pleine à craquer pour fêter l’anniversaire de Claudie, une sympathique militante habitant justement le quartier de la Libé, sera pour moi l’antidote parfait à cette séance municipale où le mépris de la démocratie des uns s’est si bien accommodé de la tartufferie des autres.

4 commentaires:

Laurent Weppe a dit…

Cette histoire d'endettement de la ville qui sera aggravé alors que le monument à la gloire du maire doit être construit coûte que coûte (On voit d'ailleurs la grande évolution de la politique depuis Xerxes: avant, les monarques se faisaient construire des statues geantes et des bas-reliefs sur les temples à leur image; et ils obligeaient les meilleurs poètes de leur temps à écrire des odes à leur gloire. Aujourd'hui, ils se sentent obligé de faire au moins semblant de servir l'intérêt général et envoient leurs militants dire avec moultes fautes de français tout le bien qu'ils pensent de leurs chers leaders: à ce rythme là, la classe politique sera exemplaire dans 70 petits siècles) me rappelle deux anecdotes sur des conseil municipaux d'il y a quelques temps:

Il y a quelques années de cela, je me rapelle t'avoir vu faire une longue intervention, c'était l'une de tes premières, sur l'endettement de la ville qui finirait bien par revenir d'ici la fin du mandat. Bien sûr, la réponse de Peyrat fut un mélange de "Non mais pour qui tu te prend/ Ne me faîtes pas de procès d'intention/ Je suis un très bon gestionnaire/ Mes grands travaux sont tous indispensablement vitaux à notre grande ville" tout cela dit à peu près en même temps (le Peyrat Style, quoi). Mais dans le même temps, les groupies, pardon, les fidèles disciples de Peyrat, y allaient aussi de leurs commentaires, que je pourrais aisément résumer par "Mais de quel droit se permet-il de l'ouvrir? Mais depuis quand les socialo-communistes savent compter et parler d'argent?" (ça c'est plutôt le deuxième effet Peyrat).
Et, quelques années plus tard, si ma mémoire est bonne, lors du débât d'orientation du dernier budget, Madame Chichmanian est allé dans la même salle des pas perdus affirmer devant les caméras de France 3 que si l'opposition n'était pas d'accord, c'est parce que ses membres "ne savaient pas lire un budget", montrant là une belle adéquation entre militants et élus qui visiblement pensent la même chose.

Deux conclusions peuvent donc être tirées de ces anecdotes mises en lien avec la situation actuelle: soit la municipalité se met à traiter ses opposants d'incompétants dès qu'elle se sait en tort, soit les institutions qui on consentis des prêts à la ville sont en réalité des nids de bolchéviques qui commettent l'injure suprême de contredire le discours si satisfait du maire

Anonyme a dit…

pourtant sieur Peyrat a déjà fait bâtir sa grosse tête à la BMVR non! bon en mars à nous de lui faire la tête au carré...

Anonyme a dit…

Je n'ose imaginer que ce personnage soit réélu. Donc, Monsieur Mottard, si (comme je l'espère de tout mon coeur) vous parvenez à la tête de cette cité, pourrez vous stopper cette contruction aberrante et dispendieuse ? Il est totalement anormal, à quelques mois des élections, de lancer un tel projet en refilant le bébé (et ses conséquences) à la municipalité suivante.

bernard gaignier a dit…

Je ne vois pas ce que tu as contre des élus pris d'une envie pressante, peut etre des prostatiques...c'est pas bien d'avoir ainsi des a priori!!
Bon et bien voila un chantier qu'il nous faudra réorienter!
espérons que l'irreversible ne sera pas commis dans les faits. en effet une délibération peut etre remplacée par une autre. Compte tenu de l'incompétence de l'équipe actuelle et des judas qui ne manqueront pas de sévir, le premier coup de pioche ne sera sans doute pas intervenu quand une nouvelle majorité ( la notre bien sur )sera à la mairie.