26 avril 2006

La longue marche

Ce mercredi, à ma permanence, j’anime le débat hebdomadaire. Le sujet du jour est un peu austère : il s’agit de l’histoire du PS à Nice depuis le Congrès d’Epinay. Une section du PS, qu’elle s’appelle Nice Centre ou Nice Michèle Mangion, se doit d’être un intellectuel collectif. Réfléchir sur le passé – notre passé – ne consiste donc pas à brancher Radio Nostalgie mais plutôt à utiliser une méthode efficace pour comprendre le présent et préparer l’avenir.

Le renouveau d’Epinay ne touchera le PS local qu’en 1973, soit deux ans après le Parti national. Le basculement s’opèrera au cours d’un Congrès, devenu légendaire, à Menton. Un Congrès qui provoquera une rupture définitive entre les tenants de l’Union de la Gauche et les socialo-médecinistes.

Depuis Menton, le PS 06 a connu, grosso modo, trois grandes périodes.
- De 1973 à 1981, le PS s’installe dans le paysage politique local en offrant une troisième voie entre les deux partis niçois : celui des médecinistes et celui des communistes. En 1981, les victoires de Max Gallo et de Jean-Hugues Colonna acteront la percée de cette force nouvelle ancrée à gauche et soutenue par les classes moyennes.
- De 1981 à 1998, le jeune PS 06 va connaître une longue, une très longue traversée du désert. La droite locale, souvent minoritaire au plan national durant cette période, entre en résistance et utilise toutes les ressources d’une décentralisation pourtant votée par la gauche. De fait, elle se constitue un véritable petit fief à la marge de l’Etat de droit. Parallèlement, le FN devient la deuxième force locale et exclut systématiquement le PS des deuxièmes tours. C’est l’époque du syndrome du lundi matin (le lendemain du premier tour d’une élection, il faut régulièrement choisir entre un appel à voter à droite ou une abstention peste/choléra). Il n’était pas rare de vivre plusieurs 21 avril… par an ! La chute de Jacques Médecin, obtenue grâce au travail obstiné de quelques responsables de gauche, n’aura pas, faute d’une réflexion politique adéquate, une traduction électorale. Pire, elle va même préparer l’ascension d’un certain Jacques Peyrat.
- De 1998 à nos jours, le PS redevient la deuxième force politique de la ville, peut-être même la première. A force de progrès, il représente l’alternance, voir une véritable alternative.

En 1998, même si la liste régionale est encore en troisième position après la droite et le FN, de beaux succès cantonaux provoquent une sorte de déclic. Ma victoire dans le 5e canton sur Geneviève Médecin, dans le fief de Jean et Jacques Médecin, marque même symboliquement la fin d’une époque.

En 2001, après un an de campagne où, quartier après quartier, nous avons labouré le terrain, la liste Nice Plurielle, que j’ai l’honneur et le bonheur de conduire, manque de peu la victoire aux Municipales de Nice (41% contre 43%). La responsabilité d’une deuxième liste de « gauche », déposée au dernier moment, et commanditée par on ne sait qui (au fait, par qui ?) est lourde. Mais tel quel, le résultat aura l’effet d’une onde de choc sur la ville et même, avec le temps, dans la France entière (un peu partout, je suis le type de gauche qui a failli gagner à Nice…). Pour se rafraîchir la mémoire, voir quelques-uns des extraits de courriers reçus après 2001 qui avaient été repris dans mon ancien site (rubrique "réactions 2001").

Depuis, Nice Plurielle est plus qu’une opposition. Le groupe est devenu un véritable contre-pouvoir et ses succès ne se comptent plus (bataille du Port, classement de la Gare du Sud, affaire Vialatte, affaire Thales…).

En 2004, nous confirmerons collectivement notre implantation dans les cantons et en Région. Les résultats comparés de ces élections cantonales et régionales sont d’ailleurs très intéressants à étudier, et à mon sens, ils ne l’ont pas été assez. Ils indiquent pourtant très clairement la direction à suivre en 2008 pour gagner à Nice. Le succès de Dominique, à la partielle du 7e canton, l’un des plus à droite de la ville, confirme avec éclat la justesse de cette analyse.

Pour conclure victorieusement cette aventure, il faut donc impérativement que l’ego surdimensionné de certains retrouve une dimension plus conforme à notre volonté collective d’en finir avec cette classe politique qui méprise tant les femmes et les hommes de notre ville.

C’est à cette condition, et à cette condition seulement, qu’au bout de notre longue marche, nous verrons, comme l’aurait dit Mao, « cent fleurs s’épanouir ».




Les quatorze élus de Nice Plurielle en 2001

7 commentaires:

Anonyme a dit…

Monsieur Mottard celà fait de nombreuses années que je m'intéresse à la vie politique locale et que je suis votre irrésisitible ascension qui je l'espère vous amènera à la tête de la ville. A mon sens vous faites exactement ce que chaque responsable politique devrait faire. Outre votre probité (qualité naturelle pour un élu mais qu'il convient de rappeler), vous vous attachez à aller à la rencontre des gens, à les écouter, à traiter sérieusement leurs demandes (sans leur promettre n'importe quoi) et agissez en leader-animateur d'une équipe municipale et non pas, comme trop souvent on le regrette, en chef d'une équipe aux ordres et sans concertation. Ainsi votre ligne politique est-elle lisible. Et celà porte ses fruits ! En effet, vous avez raison d'indiquer qu'une étude comparée des résultats des élections régionales et cantonales (qui ont eu lieu le même jour) devrait avoir lieu car elle est très instructive : vous faites un meilleur score (tout comme Dominique) que la liste régionale. C'est un signe fort du succès de votre démarche ainsi que de l'attachement des niçois à votre personne. Cet attachement est d'autant plus fort que vous êtes élu dans l'un des cantons le plus à droite de Nice (tout comme Dominique) alors que dans le même temps la gauche n'est pas arrivée en tête pour les régionales dans les Alpes Maritimes (contrairement aux 5 autres département de la Région..., au fait la liste était conduite par qui ?). Après votre magnifique score de 2001 ("la terre a tremblé à Nice"), l'essai sera sans nul doute transformé en 2008 à condition bien sûr que comme vous le dites l'égo surdimensionné de certains fasse place à la logique collective et humble que vous incarnez.

Henri a dit…

Encore un " Mercredi Formation" passionnant avec pour thème l'histoire du PS local. Intéressant car chacun sait que celui qui ne connaît pas l'histoire est condamné à la revivre, mais intéressant aussi pour mieux comprendre les attitudes des uns et des autres et être vigilant afin de déjouer toutes les manoeuvres qui conduiraient,comme par le passé, à faire perdre la gauche . Il serait en effet utile de clarifier, encore plus, le rôle joué par certains, en particulier tous ceux qui ont suscité la "deuxième liste de gauche" qui a privé "Nice Plurielle" de quelques pour cents au premier tour des Municipales de 2001 et sûrement de la victoire au deuxième tour. Je suis curieux de connaître la vérité à ce sujet et je remercie par avance tous ceux qui voudront bien m'éclairer. J'ai appris, en lisant Karl MARX, que l'histoire ne repassait pas les plats, ce n'est pas une raison suffisante pour ne pas se méfier. Intéressant aussi l'idée d'analyser les résultats électoraux de ces dernières années.J'ai pris le temps de le faire dans le détail, aussi pour moi il n'y a pas photo. Henri.

Anonyme a dit…

Puissiez-vous, avec l'ensemble de Nice Plurielle, récolter de nombreux autres succès lorsque vous serez majoritaires au conseil municipal, dans le social ou la culture, pour ne citer que quelques exemples.
Beaucoup de membres de la communauté universitaire et scientifique niçoise espèrent également que Nice plurielle saura contribuer activement, par une politique concrète, à l'émergence de Nice comme ville universitaire et scientifique de premier plan, ce qu'elle devrait être depuis longtemps.
Mais en tant que professeur d'Université et sympathisant actif de la communauté scientifique, vous devez y avoir songé vous-mêmes!

En résumé, ce que veulent de très nombreux niçois, c'est que Nice plurielle transforme la vie niçoise, que cette vie soit riche et heureuse, tout simplement.

bernard gaignier a dit…

la longue marche je la connais accompagant Patrick (Mottard bien sur) depuis 1986 date de mon entrée au PS. Ces nombreuses soirées dont il parle ou nous finissions par appeler en nous bouchant le nez à voter pour un candidat de la droite locale pour faire barrage au FN, me laisse quand meme un bon souvenir... l'amitié qui nous soudait et qui finissait par transformer ces soirées de défaite en féte amicale avec l'idée qu'on remettrait ça la prochaine fois.
Mais la longue marche a été également parsemée de coups tordus internes, de guerre de chefs, tant certains n'avaient comme intérèt que .. le leur et non pas celui de porter la gauche au pouvoir; aujourd'hui tout a changé.. dans le rapport de force mais pas dans l'ego; et la démarche scandaleuse de Patrick Allemand entamant l'air de la division pour promouvoir un niçois socialiste (lui) préféré à un socialiste niçois est comprehensible à l'aune de son ambition mais incomprehensible à ceux qui veulent l'union pour gagner derrière celui qui a mené la dernière bataille municipale.
la dernière fois "on " nous a fait le coup de la liste dissidente. aujourd'hui on scie la branche à ceux qui mènent le combat contre Peyrat, en risquant de désespérer le peuple de gauche.Pour ceux qui veulent appuyer Patrick (mottard bien sur) c'est pas compliqué pour 20 euros vous pouvez choisir votre candidat à la presidentielle et vous pourrez vous prononcer sur la tete de liste aux municipales...alors allez y!

coeursocialiste a dit…

La gauche niçoise a deux leaders potentiels : tant mieux! Il y a une rivalité entre les deux : que le meilleur gagne! Je connais un peu les deux Patrick et les deux ont ce qu'il faut pour battre Peyrat et devenir un bon maire de notre ville.
Patrick Allemand est travailleur, compétent, honnête, fidèle, humain et fin tacticien (ça sert en politique!)
Patrick Mottard est un hommme fin, intelligent, doué pour le contact, ouvert sur le monde et les autres et plein de détermination.
Au rayon défaut puisque tout le monde en a, je dirais que Patrick Allemand est trop sérieux et trop politique et que Patrick Mottard est à l'inverse trop dilettante et un brin égocentrique (comme tous les politiques me direz vous!).
A ces deux hommes brillants, je dis : étalez vos qualités au lieu de souliger les défauts de l'autre! Les militants socialistes qui vous départageront attendent un leader, pas un diviseur, particulièrement les plus vieux qui ont tiré les leçons du passé comme moi.

Socialistelucide a dit…

Coeur socialiste,
Au-delà de l'analyse comparative de la personnalité de chacun des Patrick (dont je vous laisse la responsabilité), il y a deux choses incontestables :
- L'un a fait ses preuves dans sa capacité de l'emporter à Nice (Mottard), l'autre pas. Je dirais même, au contraire, tant les résultats qu'Allemand obtient élection après élection sont en deça de ce que l'on peut attendre dans les secteurs dans lesquels il se présente. Il est très facile de le constater en faisant la comparaison entre ses résultats personnels et ceux faits par la gauche dans les scrutins où il n'est pas impliqué à titre personnel. Il fait systématiquement moins bien, alors que Mottard fait systématiquement plus. Cela montre que ce dernier a nettement plus de chances de l'emporter contre Peyrat ou qui que ce soit d'autre à droite.
- Le diviseur, dans cette affaire, c'est bien Allemand. Pourquoi ne continuerait-il pas à développer les compétences que vous lui prêtez (peut-être est-il effectivement un bon technicien) au conseil régional ? Il y aurait là un partage des rôles dans le plus grand intérêt du PS. Non seulement diviseur, mais aussi agresseur : je pourrais vous renvoyer à certaines de ses citations dans la presse attaquant Mottard depuis plusieurs mois, ce que n'a pas fait ce dernier. Dénigrement systématique du travail de Nice plurielle, critique de la campagne municipale de 2001 (ce qui, entre nous, fait mourir de rire l'électeur moyen)... ça lui enlève au moins une des qualités que vous lui prêtez : l'honnêteté (je me situe sur le plan intellectuel).

Laurent Weppe a dit…

Aleeeeeeeeeeeeeeerte

Au cas où certains l'auraient oublié, il existe déjà une bonne douzaine de sites, blogs, forums divers et variés qui ont servit de champs de bataille entre pro-Mottard et pro-Allemand, et ce, pour le plus grand plaisir de ceux qui ne veulent voir ni l'un, ni l'autre, dans le fauteuil de maire de Nice....

Ces affrontements de militants/sympathisants sont, pour dire les choses un peu brutalement, inintéressantes au possible, elles représentent à court terme une invitation à la mauvaise foi, aux insultes plus ou moins subtiles (plutôt moins que plus) et finalement une stérilisation complète de tout débat.

D'autant plus que ni la réunion de mercredi, ni le résumé sur le blog n'avaient pour but à l'origine de conter exclusivement le fabuleux destin de Patrick Mottard, mais l'histoire du PS niçois, ce qui englobe plus qu'un ou deux élus locaux.